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Messages - mike

1906
Des soldats russes se mutinent contre leur déploiement en Syrie



Ces militaires, qui ont appris leur destination finale la veille de leur départ, risquent selon leur avocat jusqu'à 20 ans de prison pour ne pas avoir suivi les ordres de leurs supérieurs.

Ils n'ont appris qu'à la dernière minute l'objet de leur mission. Ces soldats russes ont refusé d'être déployés sur le front syrien, rapporte le site Gazeta.ru. Ils faisaient partie d'un détachement d'une vingtaine d'hommes, tous jugés prometteurs par leurs supérieurs. Fin août, ils sont envoyés à Novorossisk, sur le bord de la mer Noire. Eux pensaient aller combattre dans l'Est de l'Ukraine, où d'autres militaires russes opèrent en toute clandestinité. Seulement, mercredi dernier, un supérieur leur apprend la destination finale: le port syrien de Lattaquié. L'embarquement est programmé pour le lendemain. La durée de la mission, elle, n'est pas précisée. La majorité du détachement s'y oppose. Quatre soldats ont même tenté de faire valoir leurs droits auprès d'un procureur militaire. En vain.

«Nous ne voulons pas aller en Syrie, nous ne voulons pas mourir là-bas, témoigne l'un des concernés, Aleksei N., interrogé par le site d'information russe. Depuis le début de cette mission, il y avait beaucoup de bizarreries et de sous-entendus.» En effet, quand il faut habituellement plusieurs semaines pour se procurer des armes, les soldats auraient dès leur arrivée reçu leur équipement, expliquent les militaires. Au cours de leur entraînement, leurs supérieurs les ont prévenus: ils seront confrontés à un environnement qu'ils ne connaissent pas et à de fortes températures. Ils n'auront pas le droit de mettre un seul pied en dehors de leur base. Ils apprennent aussi la marche à suivre et les réponses à donner en cas de capture par l'ennemi.


«Ils sont tenus de suivre les ordres, bien sûr, mais ces derniers doivent être clairs et légaux.»

Ivan Pavlov
 
Aujourd'hui, ces réfractaires sont l'objet de pressions. D'après leur avocat Ivan Pavlov, cité par Radio Free Europe, ils risquent jusqu'à vingt ans de prison pour trahison. «Ils sont tenus de suivre les ordres, bien sûr, mais ces derniers doivent être clairs et légaux afin qu'ils puissent s'assurer que ce combat est bien le leur, précise l'avocat. Si des hommes sont envoyés quelque part sans connaître leur destination finale et, au dernier moment, ils apprennent qu'ils sont envoyés hors de Russie, il s'agit sans aucun doute d'une violation de leur contrat et de la loi.» En l'absence d'ordre de mission écrit, ajoute Ivan Pavlov, si un militaire venait à être tué, ses proches ne percevraient aucun dédommagement. Devant le tollé provoqué par ce témoignage, l'armée chercherait à renvoyer les soldats concernés dans leurs unités.

Selon le porte-parole du Kremlin, aucune plainte de militaires craignant d'être envoyés en Syrie n'a été reçue par le Conseil des droits de l'Homme du Kremlin, qui avait également été saisi par les militaires et leur famille. Et, pour cause, Moscou ne reconnaît pas la présence de soldats russes auprès des troupes de Bachar el-Assad. Mais, dans un contexte de tension croissante avec les Occidentaux, plusieurs citoyens russes ont été inculpés de haute trahison, espionnage ou divulgation de secrets d'État ces derniers mois. Un autre client d'Ivan Pavlov, un ancien ingénieur des services secrets militaires russes, a été condamné à 14 ans de prison pour haute trahison. À croire le FSB, il avait divulgué «des informations sur les activités russes de renseignement dans l'espace» dans une lettre de candidature envoyé en 2010 à une branche du ministère suédois de la Défense.

http://www.lefigaro.fr/international/2015/09/24/01003-20150924ARTFIG00179-des-soldats-russes-se-mutinent-contre-leur-deploiement-en-syrie.php#xtor=AL-202

1907
coin sexualité-intimes / Les 4 étapes d'une fellation parfaite
« le: 26 septembre 2015 à 22:21:45 »
Les 4 étapes d'une fellation parfaite

Voilà la marche à suivre pour le faire grimper aux rideaux.



Le plus important, est de montrer qu'on a envie. Alors on prévoit de prendre son temps, on s'installe de façon confortable et on attaque les quatre étapes.

1. L'éveil

Ne mettez pas son sexe en bouche s'il n'est pas en érection, ce ne sera pas agréable pour lui. Il faut des préliminaires avant une fellation! Pour ce faire, vous pouvez vous occuper de ses zones érogènes comme le nœud rachidien se trouvant à la racine des cheveux, dans la nuque. Vous pouvez aussi créer des vibrations à travers son pantalon avec vos ongles ou le caresser tendrement.


2. Les massages de geisha

Avant la bouche, les mains entrent en scène. Pensez à les avoir douces et à user de lubrifiant si besoin. Pour masturber votre homme, pensez à exercer une plus forte pression en descendant qu'en remontant son sexe et veillez à ce que le rythme soit suffisamment soutenu.


3. La bouche entre en scène

À cette étape, le pénis ne doit plus avoir de contact avec les mains. Cela réduirait la sensation du contact avec les lèvres. Évitez de changer la position du sexe, adaptez plutôt votre position.

•Commencez par des baisers doux, du bout des lèvres, le long de l'urètre et jusqu'au frein. Prenez conscience de votre souffle, il joue un rôle, lui aussi. Vous pouvez ensuite faire passer le bout de votre langue entre vos lèvres pour des baisers plus mouillés.
•La langue va maintenant caresser tout le pénis. Arrêtez-vous toujours avant le gland pour créer une frustration et donner envie de plus à votre homme.
•Amorcez la fellation en passant la langue sur le frein et tout autour de la couronne. Léchez ensuite le gland tout doucement.
•Une fois que vous avez fait tout cette préparation, sucez un peu le gland et recalottez-le avec votre bouche. Occupez-vous ensuite du reste du corps, ça le rendra fou d'envie.
•Revenez en dessous de la ceinture et décalottez le gland avec les lèvres. Vous n'êtes pas obligée de faire des va-et-vient. Vos mains ont maintenant un rôle à jouer comme prolongement de la bouche le long du pénis.

4. L'après

Quand un homme va éjaculer, le gland se gonfle et il y a une contraction le long de l'urètre. Apprenez à reconnaître ces signes pour ne pas être surprise. À moins que vous ayez choisi d'accueillir le sperme de votre partenaire en bouche.

http://www.villagehebdo.com/Les-4-etapes-d-une-fellation-parfaite_a1313.html

1908
Une femme ensanglantée s'échappe d'une villa à Beverly Hills: un prince saoudien l'aurait forcée à lui faire une fellation



Un prince saoudien a été arrêté à Los Angeles, soupçonné d'avoir forcé une femme à lui faire une fellation dans sa propriété de Beverly Hills, a indiqué vendredi la police locale.

La police a arrêté le prince Majed Abdulaziz mercredi en début d'après-midi après avoir reçu un appel de témoins près de la propriété, a affirmé la police de Los Angeles. Des témoins ont rapporté avoir vu une femme en sang appelant à l'aide alors qu'elle essayait d'escalader le mur entourant la maison, selon le quotidien local Los Angeles Times. Le prince, âgé de 28 ans, a passé la nuit en prison avant d'être remis en liberté jeudi moyennant une caution de 300.000 dollars.

Il est également accusé de séquestration, coups et blessures et "menaces criminelles" (menace de tuer ou blesser quelqu'un). Il risque jusqu'à huit ans de prison et 10.000 dollars d'amende. Le prince est convoqué devant la justice le 19 octobre. La police a précisé ne pas savoir pour l'instant s'il bénéficie d'une immunité diplomatique, ajoutant que le département d'Etat prêtait assistance aux forces de l'ordre à ce sujet.


Pas une première pour un membre d'une monarchie du Golfe

Ce n'est pas la première fois qu'un membre des monarchies du Golfe, qui possèdent de nombreuses luxueuses propriétés à Los Angeles, a affaire aux autorités. La semaine dernière, un membre de la famille régnante du Qatar, cheikh Khalid bin Hamad al Thani, a été interrogé par la police de Beverly Hills après la diffusion d'une vidéo montrant une Ferrari jaune franchissant à grande vitesse des panneaux "stop" et frôlant des piétons. Prévenue par des habitants, la police a déterminé qu'il en était le propriétaire. Bien connu des circuits de course automobile, il a confirmé avoir été au volant mais bénéficier d'une immunité diplomatique.

En 2013, une princesse saoudienne avait été accusée à Los Angeles d'avoir traité en esclave une Kényane, comme employée de maison. Mais les charges contre Meshael Alayban avaient finalement été abandonnées.


http://www.rtl.be/info/monde/international/une-femme-ensanglantee-s-echappe-d-une-villa-a-beverly-hills-un-prince-saoudien-l-aurait-forcee-a-lui-faire-une-fellation-757394.aspx

1909
Les commerçants sont invités à refuser les paiements par Bancontact jusqu'à dimanche



De nombreux commerçants ne reçoivent pas les paiements effectués par Bancontact depuis le vendredi 18 septembre. Worldline, l'entreprise qui gère le trafic des paiements électronique, rencontre des problèmes. Le Syndicat Neutre pour Indépendants conseille désormais aux commerçants de refuser les paiements par Bancontact jusqu'à ce que le problème soit résolu.

De nombreux commerçants dont les clients ont payé par cartes bancaires n'ont pas encore reçu les montants dus, en raison d'un retard dans le traitement des transactions, a indiqué un porte-parole de Worldline, la société qui gère ce type de paiements électroniques. L'entreprise a mis en place, en concertation avec les fédérations du secteur, une cellule d'aide et d'accompagnement pour les commerçants touchés par le problème technique.

Les commerçants seront dédommagés

De son côté, le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) conseille aux commerçants de n’accepter que les paiements en cash jusqu’à ce que le problème soit résolu. D'après le SNI, qui s'en entretenu avec Worldline, les problèmes devraient être résolus dimanche soir. "Étant donné que le problème se présentera encore demain et dimanche, le SNI appelle donc les commerçants à inciter leurs clients à payer en liquide. Ainsi, ils seront certains d’avoir des revenus et pourront peut-être payer leurs salariés et fournisseurs à la fin du mois", explique le SNI dans un communiqué.

D'après le syndicat, Worldline devrait proposer une compensation aux commerçants victimes du problème. "Nous insistons également pour que Worldline communique beaucoup mieux avec ses clients. C’est seulement aujourd’hui que les commerçants ont reçu un email insignifiant de Worldline alors que les problèmes ont commencé vendredi dernier", ajoute le syndicat.


Worldline assure à l'Unizo que le problème sera résolu samedi

Le problème technique sera résolu samedi, a assuré vendredi Worldline au président de l'organisation patronale flamande Unizo. Tous les versements arriveront au plus tard lundi sur les comptes des commerçants affectés.

L'entreprise devra également rendre des comptes au ministre de l'Économie, Kris Peeters, qui l'a convoquée la semaine prochaine, et à la Banque nationale de Belgique.

http://www.rtl.be/info/belgique/societe/les-commercants-sont-invites-a-refuser-les-paiements-par-bancontact-jusqu-a-dimanche-757319.aspx

1910
Pèlerinage à La Mecque: Vingt-huit personnes considérées comme responsables du drame seront décapitées



Le gouvernement saoudien a décidé de frapper un grand coup après la tragédie de Mina où plus de sept-cent personnes ont trouvé la mort lors d’un mouvement de foule lors du pèlerinage traditionnel.

Vingt-huit personnes considérées comme responsables de ce drame ont fait l’objet d’un procès-éclair et seront décapitées en public samedi.

Les autorités saoudiennes disent vouloir faire un exemple afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise à l’avenir. Après la chute d’une grue il y a quelques semaines dans la cour de la grande mosquée de la Mecque, qui avait fait plus de cent morts et ce qui s’est passé mercredi à Mina, la Cour royale saoudienne craint que de nombreux fidèles renoncent à venir lors des prochains pèlerinages.

Mais d’autres informations en provenance de Riyad indiquent que le mouvement de panique dans la foule aurait été créé par l’arrivée du cortège du prince héritier Mohammed ben Nayef.


http://www.europe-israel.org/2015/09/pelerinage-a-la-mecque-vingt-huit-personnes-considerees-comme-responsables-du-drame-seront-decapitees/

1911
Le mot "race" disparaît de la législation

Les députés ont voté jeudi soir la suppression du mot "race" de la législation française, un premier pas avant une révision constitutionnelle



L'Assemblée nationale a adopté jeudi une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot "race" de la législation française. La majorité PS s'est ralliée à cette proposition soulignant qu'il s'agissait d'"une première étape". François Hollande s'était en effet engagé pendant la campagne présidentielle à supprimer le mot "race" de la Constitution.

Le texte, débattu dans le cadre d'une "niche" parlementaire réservée aux propositions du Front de gauche, se propose donc de supprimer le mot "race" du Code pénal, du Code de procédure pénale et de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Le rapporteur de la proposition, Alfred Marie-Jeanne, a fait valoir que le mot "race", "ce concept aberrant, ayant servi de fondement aux pires idéologies, n'a pas sa place dans notre ordre juridique".

Pour ne pas risquer de faire tomber l'incrimination de racisme, les députés socialistes ont fait adopter un amendement affirmant explicitement, dans l'article premier, que "la République combat le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Elle ne reconnaît l'existence d'aucune prétendue race."

Des avis contrastés


Pour les députés PS, Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois, la suppression du mot dans la législation "n'est qu'une première étape". À l'Élysée, on a récemment assuré que la promesse de François Hollande n'était "pas enterrée", mais qu'elle ne pouvait être insérée dans la première révision constitutionnelle prévue pour le 22 juillet.

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a salué "un acte nécessaire, noble, fort, dans une période où l'on voit une résurgence, une désinhibition du rejet de l'autre". "Le message est bienvenu", a-t-elle dit.

Jean-Frédéric Poisson (UMP), avant d'annoncer que "personnellement", il s'abstiendrait, a pour sa part jugé : "Évidemment, votre proposition a du sens (...) mais supprimer ce mot dans la législation sans l'éliminer dans le bloc constitutionnel pose un problème juridique." Il a aussi soulevé la question sémantique du remplacement du mot. "Vous proposez origine ou ethnie mais je ne suis pas sûr que ce soit satisfaisant."

Lionel Tardy (UMP), qui s'est prononcé contre, a pour sa part stigmatisé "une démarche qui aboutit aux idéologies totalitaires". "On ouvre une boîte de Pandore (...) les juges ont assez de travail comme ça !" "On ne change pas la réalité en changeant les mots", a-t-il ajouté avant de lancer : "Vous gaspillez beaucoup de temps et d'énergie pour des chimères."

Philippe Gomes (UDI) a voté le texte même s'il a émis des doutes : "Pensez-vous que supprimer un mot fera s'envoler la peste brune de la haine ordinaire ?" D'autres députés UDI se sont abstenus jugeant que le texte risquait affaiblir l'appareil juridique existant pour lutter contre le racisme. Comme ses collègues de la majorité, l'écologiste Sergio Coronado a salué "une première étape". "Il faut débarrasser notre législation de ce terme", a-t-il dit.

http://www.lepoint.fr/politique/le-mot-race-disparait-de-la-legislation-17-05-2013-1668852_20.php

1912
Déchets nucléaires à Bure : L’Anonymous « emburé »


Dix ans de prison et la menace de 150 000 euros d’amende : c’est la peine qu’encourra Loïc, un Anonymous de 19 ans, en novembre prochain, au tribunal correctionnel de Nancy. Accusé d’« accès et maintien frauduleux » dans un système informatique « commis en bande organisée », l’hacktiviste a surtout commis le crime de dénoncer, via des piratages de sites Internet, le gaspillage d’argent public et le déni de démocratie liés au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).


« C’était un mercredi matin, il devait être six heures. Ma petite sœur essaye de me réveiller pour m’avertir qu’on vient de sonner chez nous et que c’est certainement la police qui veut m’arrêter. Mais pas moyen de me réveiller… Les flics entrent dans la chambre, écartent ma petite sœur, et tentent de me réveiller à leur tour. Au même moment, j’entends un grand BOUM, c’est mon père qui, en bas, fait un malaise et tombe par terre. Moi je crois tellement être dans un rêve, un cauchemar plutôt, que... je trouve le moyen de me rendormir. Les flics croient que je fais un malaise aussi. »

Mais Loïc finit par revenir à la réalité, ce 8 avril 2015, et prend conscience de la gravité de la situation lorsque les sept agents de la DGSI le menottent et l’emmènent au commissariat, à Nancy, pour 48 heures de garde à vue. Débarqués spécialement de Paris la veille, les policiers recherchaient notamment son matériel informatique. Perquisition. Arrestation. Un gros quart d’heure à peine d’intervention et tout est terminé. Une opération réglée comme du papier à musique [1].






Au poste, Loïc subira neuf interrogatoires, « qui duraient chacun entre deux et quatre heures » : « Je leur répondais le plus sincèrement possible, croyant que ce serait réciproque, qu’ils auraient un soupçon d’humanité derrière leur uniforme, mais, au contraire, plus ils en savaient sur moi, plus ils en jouaient. Tout était manipulation. » En faisant parfois allusion à des éléments de la vie privée de Loïc en plein interrogatoire, comme une «  lettre très personnelle » ou d’autres intimités dénichées dans son disque dur, les policiers exerçaient un chantage constant sur l’Anonymous pour retrouver l’identité de ses complices. « Les policiers m’ont montré qu’on reconnaissait le visage d’un ami qui se trouvait dans ma chambre au moment où je tournais une vidéo. Le flic me lance : “Écoute, on va faire un deal. Tu nous donnes les pseudos des gens qui font partie du comité restreint [2] ou ton ami va avoir des ennuis... T’as cinq minutes pour y réfléchir.” » Et si Loïc donne des pseudos, les policiers répondent que cela ne suffit pas, qu’il leur faut davantage d’informations…

Un défi lancé aux élus

En novembre prochain, deux autres personnes impliquées dans l’Opération contre les grands projets inutiles imposés encourront la même peine que Loïc (dix ans d’emprisonnement et/ou 150 000 euros d’amende). L’un, arrêté à Reims, a subi également 48 heures de garde à vue. L’autre a passé « seulement » dix heures au commissariat, à Nantes, mais au prix d’une arrestation encore plus impressionnante que celle de Loïc. En marge d’un procès pour récupération de denrées dans des poubelles de supermarché, une dizaine de policiers et gendarmes lui ont sauté dessus, en pleine rue, dans sa voiture, avant de l’enfourner dans leur camionnette [3].

Des peines encourues et des arrestations ahurissantes qui reflètent la crainte des autorités devant l’étendue des grands projets inutiles ciblés [4] et surtout l’efficacité des hacktivistes. Pour dénoncer les dangers liés à la « poubelle nucléaire » de Bure, les sites Internet d’acteurs institutionnels de l’Andra, de Cigéo [5], du conseil général de la Meuse ou encore du conseil régional ont été piratés plus d’une dizaine de fois en l’espace d’un mois à peine, en décembre 2014. Pendant que les uns se chargeaient de lancer des DDoS, une sorte de sit-in, de blocus en mode numérique, Loïc endossait le « rôle de communicant » et s’occupait de la rédaction des textes revendicatifs, avant de les relayer sur les réseaux sociaux ou dans les médias sous formes de communiqués.

Ensemble, les Anonymous rappelleront le « déni de démocratie » inhérent au projet d’« implantation d’un laboratoire » de l’Andra, en 1993, approuvé par les conseils généraux de la Meuse et de la Haute-Marne, alors que, « dès cette époque, la population s’est plainte de n’avoir pas été consultée pour ces décisions, ni même informée au préalable ». Ils souligneront que, en 2006, une pétition restée sans suite de plus de 60 000 signataires réclamait un référendum sur l’enfouissement des déchets radioactifs. Ils balanceront les tentatives d’influence du lobby nucléaire sur les collectivités territoriales, ces « dizaines de millions d’euros déversés chaque année en Meuse et en Haute-Marne. 30 millions s’infiltrant dans tous les projets sans que les habitants le sachent ».

Suivi à la trace

Décembre 2014, se sentant « trop vulnérable », Loïc décide de tout arrêter. Plus tard, il découvrira dans le dossier d’enquête préliminaire (de 1 400 pages) que « le budget correspondant aux recherches des personnes à l’origine des attaques contre le conseil général de la Meuse aurait été d’environ 10 000 euros ». Le moindre de ses déplacements a été géolocalisé, chacune de ses données minutieusement recueillie par le service du renseignement depuis le mois d’octobre 2014, date de ses premières participations à des opérations contre le conseil général du Tarn destinées à contester le projet du barrage de Sivens.

Autant dire que les pandores réduits à la collecte du moindre déplacement de la souris de Loïc connaissent ce dernier par cœur  : « En garde à vue, se rappelle Loïc, la magistrate me dit  : “Je pense vraiment que vous pouvez oublier l’idée de devenir avocat, mais vous pouvez toujours continuer vos études…” Et là, l’agent qui se trouve à côté complète, d’un ton méprisant : “Vous pourrez toujours devenir maraîcher…” Ils savaient même que j’hésitais entre ces deux métiers  ! » Loïc devrait effectivement se tourner vers le maraîchage, à la rentrée, le temps de repasser le bac en candidat libre la saison prochaine. Car l’Anonymous démasqué n’a pas laissé tomber son objectif de devenir avocat en droit de l’environnement, même s’il a loupé sa capacité en droit, ses démêlés judiciaires y étant pour beaucoup.

Pour autant, il ne regrette pas d’avoir abandonné le lycée où il se sentait « rejeté, méprisé » aux côtés « des fils de haut-placés ». Il en a profité pour découvrir les ZAD de Notre-Dame-des-Landes et du Testet tout en créant sa chaîne YouTube « Anonymous France ». Une mouvance qui a su le séduire davantage que n’importe quelle autre organisation politique. Et ce, pour une raison claire  : « Face à des pros de la com’, il faut vraiment une forme d’action bien plus directe, conclut-il. Il y a trop de débats avant l’action. De plus, on est dans une société dans laquelle l’apparence des gens compte beaucoup trop. Je rejette l’idolâtrie. Justement, dans l’approche militante des Anonymous, j’aimais avant tout cette façon de rester dans l’ombre, de rester dans la représentation de la majorité, de ne pas se monter la tête, et d’être plus connecté sur les idées que sur les identités. »



Notes



[1] Le PV relatant l’arrestation, évidemment, est tout à fait différent du récit de Loïc : celui-ci n’aurait pas été réveillé en sursaut (la police aurait toqué à la porte de sa chambre), on ne lui aurait pas passé les menottes, le malaise de son père ne serait jamais arrivé, etc.


[2] Comité restreint  : modérateurs du tchat, soient les Anonymous les plus impliqués dans le projet.


[3] « À Nantes, les méthodes de western de la police pour interpeller un suspect », Isabelle Rimbert, Reporterre, mis en ligne le 5 mai 2015.


[4] Parmi les autres cibles de l’opération : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le Center Parcs de Roybon (Isère), le barrage de Sivens (Tarn), la ligne de à grande vitesse Lyon-Turin et la nouvelle route littorale de La Réunion.


[5] Cigéo est l’acronyme du Centre industriel de stockage géologique censé s’implanter à Bure. Ce projet de stockage profond de déchets radioactifs français est mis en œuvre par l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs.

http://cqfd-journal.org/Dechets-nucleaires-a-Bure-L

1913
Hors europe / Qui connait Alternatiba ?
« le: 26 septembre 2015 à 22:06:36 »
Qui connait Alternatiba ?





Samedi 26 septembre et dimanche, le mouvement citoyen Alternatiba investit la place de la République, à Paris, pour son grand village des alternatives contre le changement climatique. 50 000 visiteurs sont attendus pour les concerts, débats et animations de cette grande fête citoyenne. Mais le mouvement mobilise-t-il au-delà des cercles militants ?



Connaissez-vous Alternatiba ? Deux jours avant l’arrivée du Tour Alternatiba et le grand village des alternatives organisé samedi et dimanche place de la République à Paris, nous sommes allés poser la question aux habitants du quartier. Mi-curieux, mi-inquiets, parce que nous avons parfois l’impression que le mouvement citoyen peine à mobiliser en-dehors du cercle des convaincus.

Assis au pied du monument à la République, mercredi vers 17 h 30, Théo, 21 ans, et Axel, 24 ans, partagent une bière en discutant. « Alternatiba ? Je ne connais pas du tout. Pourtant, Axel habite à cinq minutes à pied de République,  souligne Théo, en tortillant une dreadlock échappée de son chapeau. Est-ce qu’ils ont communiqué ? C’est dommage, parce que je connais plein de squats de musicos dans le XIe qui seraient sensibilisés. La Petite Maison de Charonne, par exemple : ils sont à fond là-dedans, ils font de grands repas bio et végés. »

« Les passants vont être séduits »

Axel, lui, n’est pas inquiet. « Les gens qui vont passer au hasard seront séduits,  assure-t-il. On va de plus en plus se mettre au ’vert’, maintenant qu’on voit que le système actuel ne marche pas. En plus, on entend de plus en plus parler de la hausse des températures. »

Assis à deux mètres d’eux, penché sur son smartphone, Marc, lycéen de 17 ans, avoue lui aussi son ignorance. De même que Jérôme, consultant santé–travail de 37 ans, « pas du tout au courant ». Aveu identique chez Lucile, 23 ans, en recherche d’emploi dans le design. « Il ne me semble pas avoir vu d’affiches, hasarde Danièle, 68 ans, retraitée. Pourtant, je vis dans le quartier. A moins que je n’aie pas fait attention parce que je ne connaissais pas ? »

Informés par les parents, les copains...

Debout près du monument, Juliana, 21 ans, attend un rendez-vous. « Alternatiba ? Oui, ils sont passés dans ma ville de Carbonne [Haute-Garonne, NDLR] le 13 juin dernier », déclare-t-elle. L’étudiante en cinéma connaît le mouvement par son père, « très porté sur l’écologie » et membre de l’Asso’s Epicée qui réunit musiciens et amateurs de musique de la commune



Violaine, étudiante de 24 ans, a également entendu parler du week-end Alternatiba via son réseau amical. « J’ai une pote qui a voyagé en Amérique latine et en Inde, en soutien à la Fondation Nicolas Hulot, indique-t-elle. Elle est hyper intéressée, je vais peut-être y aller avec elle. Mais je dois dire que si je n’avais pas cette amie, je n’en aurais pas entendu parler ! »

« Il n’y a pas eu beaucoup de communication »

Assises à une trentaine de mètres, sur les marches encore ensoleillées, Alexandra, étudiante en langues de 21 ans, et Mouna, étudiante en écologie tropicale de 20 ans, répondent aussi positivement. « Alternatiba, oui, bien sûr ! C’est ce week-end. Moi, je vais participer en organisant quelque chose en décembre à Montreuil, s’exclame Mouna. Est-ce que les gens que vous avez interrogés connaissent ? Parce que c’est bientôt, s’ils ne sont pas au courant... »

Alexandra secoue la tête. « Il n’y a pas eu beaucoup de communication, estime l’étudiante. J’en ai juste entendu parler rapidement sur Internet, en cherchant. Dans les milieux étudiants, on n’en parle pas vraiment. » Une constatation que partage Mouna, un peu navrée. « C’est un peu l’impression que j’avais. Les gens à qui j’en ai parlé et qui étaient au courant pour ce week-end, connaissaient déjà le mouvement. »



Comment faire bouger les citoyens sur l’écologie ?

Quentin, 33 ans, conseiller Europe Ecologie Les Verts (EELV) dans le IIIe arrondissement de Paris, participe en organisant un « atelier citoyen pour la transition énergétique (Acte) ». Ce dispositif, plus centré sur la COP 21, s’intégrera cependant à Alternatiba dans le village « démocratie », dimanche de 11 h à 15 h. « L’idée, c’est de voir comment on fait bouger les citoyens sur l’écologie, comment on peut les aider à trouver leur place et à mettre en œuvre des actions », explique-t-il, assis au soleil, une cigarette entre les doigts.

Pour lui, le fait que la plupart des gens ne connaissent pas Alternatiba est symptomatique d’un désintérêt plus profond pour les questions climatiques. « C’est toujours le même problème, observe-t-il. La COP 21 va arriver, et on se rend compte que les gens, en-dehors des réseaux militants, ne sont pas au courant. Ils ne saisissent pas l’importance de l’événement. »

« Si tous les acteurs ne sont pas en mouvement en même temps, ça ne marche pas »

Il évoque également une raison plus politique : « A Paris, il existe une triade citoyens – militants – forces publiques – services de la Ville. Si tous ces acteurs ne sont pas en mouvement en même temps, ça ne marche pas. Il arrive que des événements organisés par les arrondissements fassent un flop quand ils ne sont pas également portés par l’Hôtel de Ville. »

Côté commerçants, difficile de savoir. L’accueil n’est pas enthousiaste. Un des kiosquiers, Simon, âgé de 54 ans, n’en a « pas entendu parler » même s’il travaille le week-end. « Mais quand je suis là, je ne sors pas, je travaille », tranche-t-il. Pour Frédéric, barman au Café République, « personne n’est au courant ».

« A part ceux qui sont dedans, personne ne sait »

Le mouvement Alternatiba fédère de très nombreuses associations. Mais arrive-t-il à mobiliser au-delà du petit monde écolo ? Rencontré sur un autre sujet, Dominique Brousse, responsable de la maison de la vie associative de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en doute. « A part ceux qui sont dedans, personne ne sait qu’il y a quelque chose ce week-end à République, regrette-t-il. Il n’y a pas d’affiches, pas grand-chose dans les médias, rien. Il ne faut pas partir du principe que les gens s’en foutent, mais constater qu’on n’arrive pas à les mobiliser. »

De fait, les associations qui ne sont pas directement écolos, mais qui pourraient ramener du public au village des alternatives, ne semblent guère au courant. « Non, je ne connais pas », indique quelqu’un à l’accueil de la boutique Emmaüs Turbigo, qui refuse de donner son prénom et souligne qu’il n’a « pas le temps » de parler. De même, les deux salariés du comité du Xe arrondissement de la Croix-Rouge n’ont pas entendu parler du mouvement.

700 articles sur le mouvement dans la presse

Cette faible notoriété serait-elle la faute des médias ? Christophe, attaché de presse du Tour Alternatiba, a compté 700 articles sur le mouvement en comptant les blogs, dont 500 dans la presse quotidienne régionale. « Il y a eu un article dans Le Monde, une double-page dans Libération, énumère-t-il. On a aussi vu Elle, Femme Actuelle, Pèlerin et La Vie. BFM a prévu de filmer l’arrivée du Tour Alternatiba en direct et on a eu des demandes d’interviews de la télévision et de la presse nationales. France 3 sera à l’arrivée. Si on a suffisamment de vélos samedi à l’arrivée, on espère être au 20 heures ! »

Pourtant, il reste des journalistes peu intéressés, voire peu informés. « Oui, on connaît Alternatiba, c’est intéressant mais c’est vrai qu’en ce moment on suit plutôt ce qui se passe en Grèce, admet Gaylord Van Wymeersch, journaliste à Là-bas si j’y suis et à France Inter. J’ai l’impression que c’est plutôt un mouvement local mais qui n’arrive pas à faire sens au niveau national. »

« Les journalistes sont plus avides de catastrophes que de nouvelles positives »

Alice Rougerie, qui présente le journal télévisé du week-end sur iTélé, n’a pas entendu parler d’Alternatiba. « Pourtant, on a des fiches préparatoires qui arrivent pendant la semaine pour préparer le week-end, mais je n’ai rien vu à ce sujet », souligne-t-elle.

« Alternatiba ? je ne vois pas bien ce que c’est, avoue Daniel Schneidermann, qui passe la petite lucarne au crible sur son site Arrêt sur Images. 500 articles dans la presse locale, c’est un succès. Mais de manière générale, les alternatives, ce ne sont pas des sujets médiatiques. Les journalistes sont plus avides de catastrophes que de nouvelles positives... Or une alternative, c’est un train qui arrive à l’heure. »


Alternatiba Paris, c’est samedi 26 et dimanche place de la République

Le mouvement citoyen Alternatiba Paris organise un grand village des alternatives, place de la République les 26 et 27 septembre 2015. Deux mois avant la COP 21, ce festival rassemblera des centaines d’alternatives avec des débats, concerts, ateliers ludiques et animations artistiques. 50 000 personnes sont attendues sur le weekend !

Venez y rencontrer l’équipe de Reporterre tout dimanche dans le quartier "Culture et médias"

http://www.reporterre.net/Qui-connait-Alternatiba

1914
Voici comment Areva laisse mourir ses travailleurs au Niger



Les Français s’éclairent et se chauffent grâce à leur travail : ces centaines de mineurs nigériens qui ont passé 20 ou 30 années de leur vie à extraire de l’uranium pour Areva. De l’uranium qui, importé en France, alimente ensuite nos 58 réacteurs nucléaires.

Souvent victimes des effets des radiations, ils souffrent et meurent aujourd’hui dans l’indifférence. Pas question de reconnaître leurs maladies professionnelles. Combien de temps le leader français du nucléaire continuera-t-il à les mépriser ?

L’extraction minière d’uranium au Niger serait-elle l’une des activités les plus sûres au monde ? Areva y exploite deux mines depuis le début des années 1970 [1], et emploie aujourd’hui 2 600 personnes. Or, en un demi-siècle, seuls sept dossiers de maladies professionnelles d’employés travaillant dans les mines d’uranium d’Arlit et Akokan, dans le Nord-Niger [2], ont été validés par la sécurité sociale nigérienne. Et sur les sept travailleurs victimes de pathologies professionnelles, cinq sont des expatriés français, indique Ousmane Zakary, du Centre de sécurité sociale de Niamey. Seuls deux mineurs nigériens sont concernés, alors que le personnel nigérien constitue 98% des employés d’Areva sur place. Une performance sanitaire !

L’extraction d’uranium ne serait-elle pas plus dangereuses pour la santé des travailleurs que la culture d’oignon ou de mil ? Les Français, dont une large part de l’électricité est produite grâce au minerai nigérien – qui alimente un tiers des 58 réacteurs nucléaires – doivent-ils se réjouir de l’attention portée par Areva à la santé de ses salariés ? « Les mineurs d’uranium sont exposés à des radiations ionisantes tant par irradiation externe qu’interne. Ils sont exposés dans les carrières d’uranium, les mines souterraines, les usines d’extraction de l’uranium, mais aussi à leur domicile et en ville », décrit pourtant Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission d’information et de recherche indépendantes sur la radioactivité (Criirad). L’organisme a réalisé de nombreuses analyses sur la présence de gaz radioactifs dans l’air, l’eau et l’alimentation à Arlit. Dans cette zone, 35 millions de tonnes de déchets radioactifs sont empilés à l’air libre depuis le début de l’exploitation. Au gré du vent, du gaz radon et ses dérivés s’en échappent. Des substances « classées cancérigènes pour l’homme par l’IARC [Centre international de recherche sur le cancer] dès 1988 », précise l’ingénieur en physique nucléaire.

Pas de suivi médical pour les anciens mineurs
 
Pourquoi n’y a-t-il pas plus de maladies professionnelles déclarées ? Soit Areva est effectivement exemplaire, soit ces maladies professionnelles sont dissimulées, écartées des études et des statistiques. Au Centre de sécurité sociale de Niamey, la capitale nigérienne, Ousmane Zakary esquisse une réponse. C’est le médecin des filiales d’Areva en charge de l’extraction (la Somaïr et la Cominak) qui doit alerter la sécurité sociale de l’existence d’une maladie professionnelle au sein de son personnel. Puis un médecin du travail mène une contre-expertise.

Or « de nombreux ouvriers se plaignent que le médecin de la Cominak leur pose des problèmes pour déclarer leur maladie professionnelle. On essaye de leur cacher leur situation de santé », témoigne Ousmane.

Pire : seuls les mineurs en activité peuvent recevoir une prise en charge sanitaire de l’État nigérien. « Il n’y a pas de suivi médical pour les anciens mineurs. Pourtant les maladies liées à la radiation se déclarent souvent des années plus tard, décrit Ousmane. « Il y a quatre ans, le directeur adjoint d’Areva au Niger et son DRH sont venus pour en savoir plus sur la situation des anciens mineurs ». Cette visite n’a rien changé : les anciens travailleurs des mines d’uranium du Niger ne sont toujours pas couverts par leur ancienne entreprise ou par l’État.
 
« Ils sont tous morts ! »


Pourtant, les témoignages de malades ou de familles d’anciens mineurs décédés affluent. « Mon mari faisait partie des premiers agents de la Somaïr. Tous ses collègues sont morts, de cancers, de problèmes de reins, de foie… Parmi ceux qui sont restés, beaucoup sont malades ou paralysés. Mais on ne peut pas dire que c’est lié directement à l’irradiation, il aurait fallu faire des études ! », se désole Hamsatou Adamou, sage-femme, responsable de la maternité du centre médical d’Arlit, puis de la Cominak.
 
Elle participe chaque semaine à la réunion de l’Association des anciens travailleurs du secteur minier et leur famille (ATMSF), créée en 2009 par Boureima Hamidou. Cet ancien échantillonneur de la Cominak, victime de ce qu’il considère comme un licenciement abusif, cinq ans avant sa retraite, a décidé de se mobiliser pour les mineurs. Dans le local exiguë de l’association, des sexagénaires patientent, tous atteints de paralysie, souffrant d’insuffisance rénale ou de troubles pulmonaires. Des survivants. La plupart des mineurs d’Arlit et Akokan qui ont travaillé entre les années 1970 et 1990 pour le compte d’Areva ne sont plus là pour témoigner. « Ceux qui ont pris leur retraite début 1990 n’ont pas tenu deux ans. Ils sont tous morts ! C’était comme une épidémie ! », décrit Cissé Amadou, qui a travaillé vingt ans comme cadre pour la Somaïr à Arlit.
 
De l’uranium à pleines mains
 
Ancien ouvrier de la Cominak, Mamane Sani fait partie de ces chanceux qui ont survécu. Mais à quel prix… C’est l’heure de la prière. Le frêle homme vêtu de son boubou ne parvient pas à laver son pied gauche, selon le rituel musulman des ablutions. Depuis 1992, il est paralysé du côté gauche. Une maladie qui s’est déclarée « trop tard » pour être reconnue. La Cominak n’a pris en charge aucun frais de santé, malgré 25 ans passés à travailler pour la société minière. Dans son travail, Mamane était au contact direct avec le « yellowcake », un concentré d’uranium qui, une fois enrichi, permet de produire de l’énergie nucléaire.
 
Plusieurs anciens mineurs pointent l’absence de protection : « Je maniais directement l’uranium. Au début, les gants, on ne savait même pas ce que c’était. Il n’y avait pas non plus de masques. Tout ça est venu après », raconte Islam Mounkaïla, président de l’ATMSF, et opérateur de fabrication dans l’usine de transformation de la Cominak pendant 20 ans. Des témoignages assez éloignés des déclarations d’Areva, premier employeur privé du pays, qui affirme avoir « intégré la sécurité comme une composante de son métier et [mettre] en place une politique de prévention depuis le début de son implantation au Niger. »

Areva condamnée pour « faute inexcusable »
 
Areva a bien créé un comité de santé et sécurité au travail… En 1999, 45 ans après l’ouverture de sa première mine. Le port de gants et de masques de protection est aujourd’hui obligatoire pour tous les travailleurs miniers, souligne Boureima Hamidou, qui dénonce cependant le manque de formation chez les employés. Un progrès bien tardif. « Pour une maladie professionnelle reconnue chez un salarié français ayant travaillé au Niger, combien de morts et de malades dus à la radioactivité – rendus invisibles par les choix d’organisation du travail – chez les travailleurs du Niger et dans la population riveraine des mines et des usines d’uranium dans ce pays ? » s’interroge Philippe Billard, de l’association Santé sous-traitance du nucléaire-chimie. L’ancien « nomade du nucléaire » réagissait à la mise en accusation d’Areva, devant le tribunal des Affaires sociales de Melun, concernant le décès de Serge Venel, cadre de la Cominak de 1978 à 1985, mort d’un cancer. Areva a été jugée coupable de « faute inexcusable » par la justice française. L’entreprise s’est empressée de faire appel.
 
Vers une action juridique d’envergure ?
 
Islam Mounkaïla, le président de l’ATSMF, se souvient bien de Serge Venel : « C’était mon chef opérateur. Nous étions beaucoup plus exposés que lui : en tant que mécanicien, il n’intervenait qu’en cas de panne ou d’incident, tandis que nous étions en permanence en contact avec le minerai », explique-t-il, entre deux crises de toux.
Si les anciens mineurs nigériens ont souffert des mêmes pathologies que celle qui a emporté Serge Venel, une action juridique d’envergure serait envisageable pour obtenir réparation.

« S’ils dédommagent la veuve de Serge Venel, nous sommes des milliers de personnes au Niger à partager son sort, en pire », avertit Boureima, qui attend avec impatience le résultat du procès en appel, qui aura lieu le 4 Juillet 2013 à la Cour d’appel de Paris.
 
Ce procès servira-t-il la cause des travailleurs nigériens ? « La jurisprudence du Tribunal des Affaires de sécurité sociale de Melun pourrait parfaitement être transposée (…). Dans ce cas, la juridiction compétente serait le Conseil de Prud’hommes, en considérant, comme l’a fait le tribunal de Melun, que la société Areva était leur co-employeur. Cette demande pourrait être présentée par les travailleurs eux-mêmes ou par leur famille en cas de décès », explique l’avocat Jean-Paul Teissonnière, spécialisé sur ces questions.
 
Toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium
 
Une véritable bombe à retardement qu’Areva s’est empressé de désamorcer en créant en décembre 2010 l’Observatoire de Santé de la région d’Agadez (OSRA), en réponse aux revendications croissantes de la société civile d’Arlit, de Médecins du Monde et de l’association Sherpa. Ces ONG dénoncent depuis 2003 les atteintes à l’environnement et à la santé des travailleurs des mines d’Areva au Gabon et au Niger. L’objectif : offrir « un suivi post-professionnel des anciens collaborateurs exposés à l’uranium », décrit Areva sur son site internet. Avec une consultation médicale – examen clinique, radiographie pulmonaire pour ceux exposés au minerai, analyse sanguine – tous les 2 ans. L’OSRA doit également assurer un suivi sanitaire des populations de la zone minière, avec une analyse des données indépendantes et scientifiques (registres médicaux des maladies constatées, rapports des hôpitaux, études de cas…) disponibles. Et doit conduire « une étude sur la mortalité des mineurs de 1968 à 2005 afin d’assurer une totale transparence sur l’impact sanitaire de l’activité minière actuelle et passée ».
 
Transparence, donc. Mais après un an de consultations médicales, toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium ! « Nous avons relevé quatre dossiers problématiques, dont deux révélant des anomalies. Après analyse, le comité médical de l’OSRA a indiqué qu’il n’y avait pas de lien avec l’exposition à l’uranium, mais nous avons souhaité les prendre en charge tout de même. Et là, on entre dans l’action de santé publique, car on leur un offre un suivi médical, même s’il s’avère qu’ils n’ont pas de maladie professionnelle », se félicite Alain Acker, directeur médical d’Areva.
 
Le sable, plus dangereux que l’uranium...
 
Dans un rapport [3], Greenpeace met pourtant en évidence une pollution radioactive dans l’air, dans l’eau et dans les nappes phréatiques, et un manque de sensibilisation de la population à Arlit, où « le taux de mortalité des maladies respiratoires (16%) est deux fois plus élevé que la moyenne nationale (8,5%) ». Areva réagit en publiant son propre rapport, Areva et le Niger, un partenariat durable. On y apprend que « la communication de Greenpeace repose essentiellement sur les peurs du public et la désinformation », tandis que les affections allergiques sont dues « aux actions agressives du sable pour les yeux et les poumons et non à l’activité minière comme le laisse supposer Greenpeace » !
 
Quand le journaliste Dominique Hennequin revient du Niger et du Gabon avec un reportage à charge, Uranium, l’héritage empoisonné, diffusé sur la chaîne Public Sénat, il est rappelé à l’ordre par le porte-parole d’Areva pour avoir osé affirmer que l’accueil organisé par la société minière lui rappelait la Corée du Nord… Mais comment parler de transparence, quand l’OSRA est financé à 100 % par Areva ? « Moins d’un tiers des anciens travailleurs des mines a été recensé : 472 à Arlit et 39 à Agadez. Sur ce tiers, seule une centaine a reçu une visite médicale, décrit Cissé Amadou, l’ancien cadre de la Somaïr.
 
Opération de communication
 
« Le pire, c’est que les visites ont été supervisées par le docteur Barazé, médecin de la Cominak pendant des années. Comment un docteur qui n’a jamais relevé de pathologie liée à l’irradiation chez des ouvriers, qui ont tous trépassé deux ans après leur départ de la mine, pourrait revenir sur son diagnostic aujourd’hui ? », poursuit Cissé Amadou. Après trois ans de partenariat avec l’OSRA, l’association Sherpa a annoncé le 18 décembre 2012 son retrait.
 
Pour l’ONG, la nouvelle direction d’Areva a « réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage. ». L’avenir de ce « dialogue exemplaire et sans précédent entre des Autorités nationales, les organisations non gouvernementales (ONG) et un partenaire industriel responsable », selon les mots d’Alain Acker, directeur médical d’Areva, semble bien compromis.

Pour Bruno Chareyron, de la Criirad, le suivi post-professionnel de l’Observatoire de santé est de toute manière biaisé, Areva ne prenant en compte qu’une « liste périmée et incomplète » de maladies professionnelles induites par la radioactivité, estime l’ingénieur. « Les connaissances actuelles sur les effets des expositions chroniques à de faibles doses de rayonnement montrent que les atteintes à la santé concernent de nombreux types de cancers et l’ensemble des fonctions vitales. Il peut s’agir d’atteintes cardiovasculaires, de maladies rénales ou d’affections neurologiques, et pas seulement de cancer broncho-pulmonaire, de sarcome osseux ou de leucémie. » Autant de mots posés sur les maux d’Islam, qui souffre de « lourdeur dans la joue, la main et le genou droit », de Mamane, à moitié paralysé, d’Aboubacar Ilitimine, foreur à la Somaïr depuis 1976, qui souffre d’insuffisance rénale… Comme de nombreux anciens travailleurs miniers nigériens.
 
Ces anciens travailleurs pourraient aussi faire jouer leur « préjudice d’anxiété », pour obtenir des dommages et intérêts, comme ceux reconnus [4] pour les salariés non malades exposés à l’inhalation de poussières d’amiante. « Dans l’hypothèse où le lien de causalité serait trop difficile à établir, nous pourrions envisager devant le Conseil de Prud’hommes des demandes au titre du préjudice d’anxiété lié à une exposition fautive à la radioactivité, dans des conditions de danger que l’employeur, en l’occurrence Areva, ne pouvait ignorer », expose Jean-Paul Teissonnière. L’avocat, spécialisé sur les questions sanitaires vient d’obtenir entre 5.000 et 30.000 euros de dommages et intérêts pour les salariés de la société Eternit non malades exposés à l’amiante. Qu’elle soit juridique ou politique, la solution qui permettra aux anciens travailleurs miniers nigériens d’obtenir une prise en charge médicale doit être trouvée au plus vite.

Emmanuel Haddad

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-12994.html

1915
Verviers: le CPAS aussi se fournira en lait auprès de Fairebel, pour soutenir les agriculteurs de la région

Rédaction en ligne


Après le CHR Verviers East Belgium, c’est au tour du CPAS de Verviers d’annoncer une collaboration avec Fairebel. 42.000 litres de lait par an seront ainsi acheminés des agriculteurs vers les différentes entités du CPAS de Verviers au travers de Fairebel. La décision sera actée par le prochain Bureau permanent. Malgré un surcoût de 12.600 euros, le CPAS de Verviers a fait le choix de soutenir les agriculteurs en proie à une grande détresse



« Le CPAS Verviers, conscient des enjeux sociaux à venir et mis au fait de la détresse et du désarroi des agriculteurs, se devait en âme et conscience, de s’interroger sur les différentes pistes d’aide à apporter à nos agriculteurs. Ceux-ci travaillant à perte et luttant contre une imposition de tarif toujours plus importante », fait savoir le président du CPAS de Verviers, Maxime Degey.

« Conscient de l’impact budgétaire inhérent à cette modification de consommation au sein des différentes entités du CPAS Verviers, celui-ci a néanmoins décidé de privilégier le sauvetage d’un secteur qui se trouve au cœur de notre alimentation et de ce fait de venir en aide à des centaines de familles qui œuvrent chaque jour dans ce secteur afin de nous fournir des produits de qualités essentielles à notre bon développement et à celui de nos enfants. »



« Nos agriculteurs, qu’ils soient de la région ou d’ailleurs méritaient notre soutien car ils sont la base et les valeurs premières de notre société. Le CPAS Verviers se réjouit donc de contribuer à venir en aide aux agriculteurs et espère vivement que cette chaîne d’union continuera a touché d’autres institutions privées ou publiques », dit encore le président de CPAS.

http://www.lameuse.be/1382474/article/2015-09-24/verviers-le-cpas-aussi-se-fournira-en-lait-aupres-de-fairebel-pour-soutenir-les

1916
Guidel (56) : recherche désespérément couturières !

Les derniers chiffres du chômage viennent d’être publiés, il progresse de 0,5% au mois d’aout pour la Bretagne soient 810 personnes. Pourtant, des entreprises peinent à recruter, exemple dans une usine de confection à Guidel.



Alors que le chômage progresse de 0,6% sur un mois en France, il progresse de 0,5% en Bretagne et concerne donc désormais 810 personnes supplémentaires qui se sont inscrits entre fin juillet et fin août.

 Paradoxalement, des entreprises recherchent des ouvriers qualifiés pour s'adapter à des marchés de plus en plus exigeants et des clients qui le sont tout autant quand ils viennent acheter du Made In France. A Guidel, l’usine de confection morbihannaise « Le Minor » cherche à recruter des couturières chevronnés.

video : http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/guidel-56-recherche-desesperement-couturieres-815529.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/guidel-56-recherche-desesperement-couturieres-815529.html

1917
Denise a des kilos de vêtements à donner mais personne ne semble en vouloir

Romain Goffinet



Le magasin gratuit d’Arlon, la « donnerie », déborde de vêtements. Denise Grewiese aimerait se débarrasser de plusieurs caisses de vêtements. Le hic : personne ne semble en vouloir.


http://www.sudinfo.be/1377967/article/2015-09-17/denise-a-des-kilos-de-vetements-a-donner-mais-personne-ne-semble-en-vouloir

1918
Eclipse totale et "super lune" : un phénomène rare dans le ciel lundi matin

Dans la nuit de dimanche à lundi, la lune nous apparaîtra environ 14% plus grande, 30% plus lumineuse et teintée de rouge



Parvenue au plus de près de la Terre, la lune - exceptionnellement grosse et lumineuse - va s'habiller de rouge dans la nuit de dimanche à lundi lors d'une éclipse totale, un phénomène magnifique et rare qu'on ne reverra pas avant 2033.

Toutes les conditions sont réunies pour que l'éclipse soit spectaculaire", s'enthousiasme Pascal Descamps, astronome à l'Observatoire de Paris. Du continent américain au Moyen-Orient, l'éclipse totale de Lune sera observable pendant plus d'une heure de 4h11 à 5h23 (heure française).

La lune ne produit pas sa propre lumière mais la reçoit du soleil. Lundi, aux premières heures, l'astre sera parfaitement aligné avec le soleil et la Terre


"Nous aurons une éclipse totale car toute la lune sera engloutie par l'ombre de la Terre. Le cône d'ombre de la Terre fait environ trois fois la taille apparente de notre satellite, toute la lune pourra être absorbée par ce cône d'ombre"
- Pascal Descamps

"Lune de sang" et pollution atmosphérique

Sous nos yeux, la lune disparaîtra, privée des rayons du soleil, pour réapparaître teintée de rouge, d'où son nom de "lune de sang". Ce rouge, elle le doit à un phénomène lumineux. Les rayons du soleil qui traversent l'atmosphère sont "diffusés", à l'exception des rayons rouges. Ces derniers vont subir un autre phénomène : l'atmosphère va les dévier et ils vont venir éclairer la surface lunaire.

" "C'est intéressant car la couleur de la lune va dépendre de l'état de l'atmosphère terrestre. Si elle est chargée en particules, par exemple à cause d'une pollution importante, les rayons rouges seront, eux aussi, diffusés et n'atteindront pas la lune. Si l'astre est rouge sang, on pourra se rassurer sur l'état atmosphérique de la terre. S'il est très sombre, voire quasi-invisible, c'est que c'est vraiment catastrophique"

Cerise sur le gâteau, la lune sera, lundi, à son point le plus proche de notre planète, son périgée, et sera donc particulièrement grosse et brillante dans le ciel. "La lune nous apparaîtra environ 14% plus grande et 30% plus lumineuse", explique Sam Lindsay de la Société royale d'astronomie de Londres.

La dernière "super lune" remonte à 1982

" "C'est rare, une génération entière n'en a jamais vu"

Le phénomène, appelé aussi "super lune", est lié à l'orbite légèrement elliptique de la lune : ce satellite tourne autour de la Terre non pas en cercle mais le long d'une sorte d'ovale, s'éloignant et se rapprochant constamment de notre planète. La dernière combinaison d'une éclipse lunaire et d'une super lune remonte à 1982, selon la Nasa, et la prochaine ne se reproduira pas avant 2033. "C'est rare, une génération entière n'en a jamais vu", souligne Noah Petro du projet Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la Nasa.

Bon à savoir, es éclipses de lune ne présentent aucun risque pour nos yeux, contrairement aux éclipses solaires. "Ce n'est pas comme regarder le soleil", précise Sam Lindsay. "Vous pouvez utiliser des jumelles, des télescopes, tout ce que vous voulez". "C'est un spectacle pour tout le monde, c'est gratuit. Il suffit juste de mettre la tête dehors", conclut Pascal Descamps.


http://www.sudouest.fr/2015/09/24/eclipse-totale-et-super-lune-un-phenomene-rare-dans-le-ciel-lundi-2133821-4725.php

1919
Vie privée : la bêta de Firefox 42 vous protège contre le pistage



La dernière bêta du navigateur open source renforce ses outils pour protéger votre vie privée en bloquant les sites qui cherchent à vous pister…

Alors que Firefox 41 a été lancé hier, Mozilla vient de mettre à disposition la bêta de la version 42 de son navigateur pour Windows, Mac OS X, Linux et Android. En cette nouvelle mouture colle parfaitement à sa nouvelle stratégie qui veut que les utilisateurs aient davantage de contrôle sur leur logiciel. Plus de contrôle notamment pour mieux protéger leur vie privée.



Firefox 42 bêta renforce en effet la protection de vos sessions de surf grâce à une évolution de la fonction de navigation privée. Désormais, quand vous l'activez, non seulement votre historique de navigation n’est plus mémorisé mais les sites visités ne peuvent plus non plus vous traquer, vous suivre.



La fonction est disponible sur les quatre plates-formes. La « protection contre le pistage » joue un rôle de « physionomiste ». La navigation privée ne bloquera en effet pas les publicités basiques, mais stoppera celles qui cherchent à vous tracer, à glisser des cookies dans votre navigateur.

Afin de permettre à l’utilisateur de voir quand opère cette fonction, un bouclier s’affiche à gauche de la barre de navigation. Mais il sera pour le reste difficile de voir la protection contre le pistage à l’œuvre. Elle se manifeste simplement par l’apparition de zones « blanches » là où les contenus bloqués sont purement et simplement manquants, quand ils servent à vous pister.

Evidemment, Firefox insiste sur le fait qu’il est aisé de désactiver la protection contre le pistage, à tout moment, depuis une fenêtre vierge de navigation privée ou depuis les réglages de vie privée.



Par ailleurs, cette bêta introduit une fonction bien pratique déjà présente dans Chrome et dans la version de Safari intégrée dans la bêta de Mac OS X El Capitan. Les onglets dans lesquels tournent un fichier son ou une vidéo sont marqués d’un petit haut-parleur. Après avoir sauvé votre vie privée, Firefox pourrait ainsi vous sauver de la folie. Quoi de pire que de se demander d’où vient cette musique horripilante ?

Télécharger Firefox 42 Beta (Windows 32 bits)

http://www.01net.com/telecharger/windows/Internet/navigateur/fiches/104780.html

Télécharger Firefox 42 Beta (Windows 64 bits)

http://www.01net.com/telecharger/windows/Internet/navigateur/fiches/129987.html

Télécharger Firefox 42 Beta (Mac)

http://www.01net.com/telecharger/mac/Internet/fiches/104781.html

Télécharger Firefox 42 Beta (Linux)

http://www.01net.com/telecharger/linux/Internet/fiches/104782.html

Télécharger Firefox 42 Beta (Android)

http://www.01net.com/telecharger/linux/Internet/fiches/122073.html



http://www.01net.com/actualites/vie-privee-la-beta-de-firefox-42-empeche-que-vous-soyez-piste-en-ligne-917425.html

1920
Poutine est-il capable d'employer l'arsenal nucléaire russe ?


Par Camille Caldini
Mis à jour le 05/09/2014 | 22:31 , publié le 05/09/2014 | 14:54


"Nous sommes une des plus grandes puissances nucléaires", rappelait Vladimir Poutine, fin août, lors d'un forum de la jeunesse, en Russie. Dans le même temps se tenait une réunion de crise de l'Otan, qui cherche encore, lors de son sommet britannique des 4 et 5 septembre, un moyen de mettre fin au conflit en Ukraine, où des milliers de soldats russes soutiennent les séparatistes.

La menace de Vladimir Poutine est-elle crédible ? De quel arsenal dispose le pays ? La Russie oserait-elle l'employer ? Eléments de réponses.

Le plus grand arsenal nucléaire du monde est russe

Vladimir Poutine n'exagère pas. Malgré une réduction significative du nombre de têtes nucléaires dans le monde, il en reste au total près de 16 500 connues, selon la Federation of American Scientists (FAS, lien en anglais), qui publie chaque année le décompte le plus précis possible, malgré le secret qui entoure certaines données. L'essentiel de cette puissance est partagé entre la Russie et les Etats-Unis, devant la France, la Chine et le Royaume-Uni. Ces ogives sont réparties sur 98 bases, dans 14 pays, précise la FAS.

Au total, Moscou dispose toujours de 8 000 têtes nucléaires, dont 1 600 déployées, c'est-à-dire placées sur des missiles ou stockées sur des bases opérationnelles. Les Etats-Unis possèdent 1 920 ogives opérationnelles, sur un arsenal d'environ 7 300, toujours selon la FAS. Engagée auprès des Etats-Unis par le traité de désarmement nucléaire New Start, entré en vigueur en 2011, après expiration des précédents accords, la Russie démantèlerait approximativement 1 000 têtes nucléaires par an. En comparaison, la France compte environ 300 têtes nucléaires opérationnelles, et pas ou peu de stock.

Tout en réduisant progressivement son arsenal nucléaire, la Russie, comme les autres puissances, n'a cessé de le moderniser. L'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) en déduit qu'aucun pays n'a l'intention de se débarrasser totalement de ses armes nucléaires. "Les programmes de modernisation à long terme, en cours dans ces Etats, suggèrent que les armes nucléaires restent au cœur de leurs calculs stratégiques", analysent les chercheurs du Sipri Shannon Kile et Phillip Patton Schell, dans leur rapport de 2014 (en anglais).

La Russie peut mener des "frappes nucléaires ciblées"

Dans son large arsenal, la Russie compte des missiles intercontinentaux, armes stratégiques qui participent à la logique de dissuasion qui subsiste depuis la fin de la guerre froide. Comme les Etats-Unis, la Russie est équipée de bombardiers, de sous-marins lance-missiles et de toutes les technologies nécessaires pour des tirs de précision. Mais "ce qui inquiète le plus, en Europe, ce sont les armements non-stratégiques, ou tactiques, de courte portée", explique Isabelle Facon, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), spécialiste des politiques de sécurité et de défense russes. Ces équipements sont plus facilement "utilisables dans le cadre d'un conflit régional classique", précise-t-elle.

En théorie, ce sont surtout ces armes tactiques qui doivent permettre à la Russie de réaliser ce qu'elle envisage dans sa doctrine nucléaire, à savoir mener des "frappes nucléaires ciblées", aux dégâts calculés, dans le cadre d'un conflit conventionnel, dans lequel les forces russes ne parviendraient pas à faire face. Toutefois, il ne s'agit pas d'atteindre "des centres de population, ni des centres économiques, mais plutôt de porter une frappe sur une infrastructure militaire, un centre de commandement", tempère Isabelle Facon pour francetv info.

Sa doctrine militaire est à géométrie variable

Depuis la fin de la guerre froide, en raison de son infériorité sur le plan de l'armement conventionnel face aux Etats-Unis et à l'Otan, la Russie a placé son arsenal nucléaire au centre de sa politique de défense. Depuis 2010, la doctrine militaire russe prévoit le recours à l’arme nucléaire en réponse à une attaque conventionnelle, lorsque "l’existence même de l’Etat est menacée". Pas dans les cas d'attaques limitées ou contre ses alliés. Le Kremlin appelle ces principes la "doctrine de la désescalade", et fait le pari risqué qu'une seule frappe nucléaire ciblée suffirait à faire reculer ses adversaires.

En août, Moscou a toutefois annoncé un "ajustement de sa doctrine militaire" d'ici la fin de l'année. Aujourd'hui, cette ligne considère l'Otan comme un "risque" pour la sécurité russe, sans exclure des possibilités de coopération dans certains domaines. "Le statut [de l'organisation] pourrait évoluer vers celui de 'menace', mais cela dépendra probablement des annonces de l'Alliance atlantique à l'issue de son sommet", estime Isabelle Facon. L'Otan prévoit en effet d'adopter un plan de réactivité (Readiness action plan, RAP), dont les contours ne sont pas encore précisés, en réponse à l'attitude de la Russie dans la crise ukrainienne, perçue comme une menace directe par certains membres de l'organisation (Etats baltes, Pologne, Roumanie, Bulgarie).

Faut-il pour autant prendre ces menaces au sérieux ?

Pour l'intellectuel et dissident russe Andrei Piontkovsky, traduit par The Interpreter (en anglais), Vladimir Poutine serait "évidemment" capable d'avoir recours à des frappes nucléaires limitées "sur des capitales européennes. Pas Paris, ni Londres", en pariant sur l'absence de réponse de l'Otan, "pour prouver que [l'Alliance atlantique] est une coquille vide, qui n'osera pas répliquer par crainte d'une plus grande catastrophe".

Pour la spécialiste Isabelle Facon, toutefois, les menaces du Kremlin tiennent de la "diplomatie coercitive". "Toute la mise en scène autour de la crise ukrainienne, les exercices militaires, les tests de missiles, servent surtout à rappeler que la Russie possède l'arme nucléaire, ce que ses adversaires du moment, les pays occidentaux, ne peuvent que prendre en considération", explique-t-elle. "Les Russes savent évidemment qu'on n'emploie pas ces armes à la légère, qu'il s'agit d'un cap dans un conflit", cap qui n'a pas été franchi depuis 1945. "Vladimir Poutine reconnaît lui-même que le poids du nucléaire dans la défense russe a vocation à diminuer", conclut la chercheuse.

En face, les Etats-Unis et l'Otan restent réfractaires à toute intervention militaire, même conventionnelle, en Ukraine, préférant les voies diplomatiques. Aucun responsable occidental n'a d'ailleurs fait référence à l'arme nucléaire en réponse aux rappels de Vladimir Poutine. Ce silence, aussi diplomatique que les menaces russes, témoigne du refus des Occidentaux de revenir à l'équilibre de la terreur qui a miné les relations entre l'Est et l'Ouest pendant la guerre froide.

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