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Messages - mike

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L’école est de plus en plus sélective. Elle a calqué ses méthodes d’enseignement sur la logique du management d’entreprise — par exemple, en adoptant la « pédagogie par projets » ou en adoptant le discours des compétences. C’est une école qui fabrique des travailleurs adaptables et pas du tout des esprits critiques qui se syndiqueront et feront des grèves. Les méthodes pédagogiques par projets se présentent toujours sous un angle généreux (comme le travail en équipe) mais calquent complètement le modèle néolibéral de l’entreprise afin de fabriquer des individus extrêmement autonomes et pas du tout des collectifs, qui risquent de devenir contestataires et de s’organiser dans la critique, si besoin.

Pouvez-vous nous parler du projet de l’Union européenne concernant  l’école ?

Le schéma est très simple : c’est la disparition des services publics d’éducation, de toutes les éducations nationales — pas seulement en Europe, d’ailleurs, mais partout dans le monde. C’est limpide, cela apparaît partout. C’est le transfert vers ce que l’on appelle « le marché éducatif », à savoir des opérateurs privés d’éducation. Et les logiciels vont jouer un rôle majeur dans ce processus. Il est quasiment inévitable, parce que c’est déjà prêt, que les apprentissages vont se faire sur Internet via des logiciels. On voit que l’on peut effectivement apprendre des choses seul, sans maître et sur Internet (nous le faisons tous), et ce sera le logiciel qui évaluera la progression de l’élève dans l’apprentissage de la matière. Les professeurs n’ont pas du tout conscience qu’ils vont disparaître ! Cela leur semble surréaliste car ils pensent être indispensables. Mais cela arrivera tellement vite qu’ils n’auront probablement pas le temps de s’organiser pour y répondre. Décalons le problème. Il y avait jusque dans les années 2000 un service public du chômage : l’ANPE. Il y avait des conseillers qui venaient comprendre la situation du demandeur d’emploi pour tenter de l’aider, de l’orienter, et qui avaient tout le temps nécessaire pour ce faire. On a supprimé l’ANPE et fait fusionner « le crocodile » (le comptable) et « l’éléphant » (le conseiller) en associant les ASSEDIC. Et, en général, quand on associe un crocodile et un éléphant, c’est plutôt le crocodile qui a le dessus.

Aujourd’hui, le résultat est un service quasiment privé qui est Pôle Emploi, dans lequel les « opérateurs » ont exactement vingt minutes, surveillées informatiquement, pour remplir des formulaires et pour orienter les gens qu’ils entendent vers des prestataires privés de formation. Le rôle d’un conseiller de Pôle Emploi consiste désormais à faire rentrer les demandeurs d’emploi dans un algorithme, en fonction de son parcours et de ses compétences, qui l’orientera ensuite vers l’un de ces prestataires privés, qui sont financés pour réaliser des formations qui, bien souvent, ne servent à rien du tout. On a ici un excellent exemple de la façon dont un service public est transformé en un service privé. Prenons le cas de Manpower : cette entreprise peut réaliser une convention avec une mission locale et sur, par exemple, les 350 demandeurs d’emploi, repérer ceux qui sont le plus facilement et rapidement employables. Admettons qu'il y en ait 150. Elle les récupère, facture une somme tout à fait honorable à l’État pour les caser sur le marché et va sortir des résultats tout à fait meilleurs que la mission locale. Il reste 200 clampins sur le carreau, qui sont les personnes qui se trouvent dans les plus grandes difficultés sociales et personnelles. Ensuite, on pourra vous dire que le privé marche mieux que le service public. Je pense que c’est exactement comme cela que ça va se passer pour l’éducation. Il va y avoir des prestataires privés qui recruteront les bons élèves et il restera une forme d’éducation nationale pour s’occuper des mauvais élèves et leur trouver un boulot, pour balayer les cheveux chez le coiffeur. Voilà, c'est ça le projet.

Et si on vous demandait de faire des propositions de réforme de l’éducation nationale pour éviter la reproduction des inégalités de classe, quelles seraient-elles ?


« Il faudrait affirmer de façon extrêmement claire qu’il n’y a aucun rapport entre l’école et le marché du travail et qu’elle n’a pas à s’occuper de cela. »

Réouvrir toute la réflexion des années 1970. Vous voyez bien la difficulté, puisqu’il s’agirait de rechanger complètement l’école et non de constamment la rafistoler et la sauver. Il faudrait affirmer de façon extrêmement claire qu’il n’y a aucun rapport entre l’école et le marché du travail et qu’elle n’a pas à s’occuper de cela ; il faudrait refaire une école qui fabrique des citoyens critiques, et donc politiques. Bon, vous imaginez bien la réaction des parents, des enseignants et des syndicats ! Mais c’est la seule solution pour garder un service public d’éducation, sauf à vouloir que cela devienne une filiale de Pôle Emploi. Et cela suppose de revenir sur la plupart des fondamentaux :  cela devrait être le rôle de l’éducation populaire de s’occuper urgemment de l’école. Il faut par ailleurs supprimer le système des notes, qui reproduit les inégalités sociales, et supprimer le baccalauréat, afin de permettre à chaque Français d’avoir accès à l’enseignement supérieur de son choix. N’importe quelle personne de n’importe quel âge doit pouvoir accéder à l’université. Une mère de famille qui a élevé cinq gosses, si elle a envie de faire une licence de sociologie ou d’histoire, doit pouvoir le faire. Les plus conservateurs se rebiffent face à tout ceci, mais ils se réveilleront trop tard. Ensuite, ils iront adhérer aux écoles d’élites. Les conseils régionaux vont mettre de l’argent là-dessus puisqu’ils savent que l’attractivité d’un territoire est liée au nombre d’élites qui s'y trouvent. Actuellement, les conseils régionaux financent les lycées mais ils ont seulement le droit de faire de beaux bâtiments, sans pouvoir toucher à l’enseignement — ils n’attendent que ça ! Et le jour où on leur transférera la compétence éducative, ils auront de nouveau de supers professeurs, ils augmenteront les salaires pour attirer les meilleurs et cela fonctionnera, car, aujourd’hui, les professeurs sont mal payés, ne se sentent pas reconnus et travaillent dans de mauvaises conditions. On ne leur donnera que les « gosses qui vont bien » et ils pourront enfin enseigner dans de bonnes conditions la géographie ou les mathématiques. Et Finkielkraut et Debray diront : « Ah, enfin, on reconnaît les maîtres ! »

Mais il y a quand même beaucoup d’enseignants syndiqués, dans l'éducation nationale.


« N’importe quelle personne de n’importe quel âge doit pouvoir accéder à l’université. Une mère de famille qui a élevé cinq gosses, si elle a envie de faire une licence de sociologie ou d’histoire, doit pouvoir le faire. »

On prendra les syndicats dans le sens du poil. On va revaloriser le salaire des enseignants. Les syndicats d’enseignants, comme beaucoup d’autres syndicats, ne sont pas sur le fond : ils sont sur la préservation du statut. Ils sont pris dans un dilemme dans lequel, s'ils vont sur le fond, ils pensent qu’ils vont mettre en danger leur statut. Je l’ai vu avec le syndicat d’éducation populaire, celui de jeunesse et sport. Critiquer le contenu de ce que font les agents, dire que c’est aberrant, cela signifie, pour eux, mettre en danger l’existence même du corps. Ils préfèrent ne pas se positionner sur le contenu et défendre mordicus les statuts. Les syndicats sont les derniers lieux qui interrogent le sens même de l’acte éducatif, alors que cela devrait être à eux de le faire. C’est tabou ! Nous l’avons vu récemment : quand Najat Vallaud-Belkacem a suggéré d’ouvrir le débat sur les notes et de remplacer les notations sur 20 par des notations de type ABCDEF (vous voyez la révolution : au lieu d’avoir 16, vous aurez B !), les syndicats se sont immédiatement opposés en disant qu'il était impensable de toucher aux notes. Les syndicats les défendent car elles symbolisent le pouvoir de l’enseignant, alors que les syndicats devraient être les premiers à demander leur suppression. Les syndicats ne défendent pas le métier d'enseignant, mais le statut. S’ils le défendaient, ils entendraient la plainte des enseignants du primaire qui hurlent, dans les ateliers que l’on organise, leur solitude et leur désarroi de n’avoir aucun appui syndical. Ils disent faire un métier de dingue, dans des conditions atroces.



Il y a un vrai déni syndical de la souffrance. Ce que nous allons tenter de faire avec l’Ardeur, notre association, c’est précisément de refaire du syndicalisme, tel qu’il devrait être fait, c’est-à-dire de l’éducation populaire. Nous voulons travailler avec les gens à partir de ce qu’ils vivent comme souffrance, comme analyseur du métier. Nous avons été sollicités par les éducateurs en milieu ouvert, qui sont actuellement en grande souffrance. Depuis une quinzaine d’années, on a modifié leur métier en le remplaçant par des protocoles : ils doivent faire de la traçabilité, il y a tout un management par la compétence qui s’est mis en place, ils doivent travailler dans des conventions pluri-annuelles d’objectifs et de moyens, ils doivent justifier le nombre de gosses suivis et, peu à peu, cela tue le métier... Nous leur avons dit que la première chose à faire était de repartir sur ce qui fait sens pour eux : s’ils pensaient avoir un vrai métier, les conditions pour exercer vraiment ce métier et s’ils se pensaient capables de le redéfinir. Un métier, c’est quelque chose que l'on peut faire collectivement — sans cela, c’est une compétence. Et, aujourd’hui, on demande aux enseignants de se démerder seuls dans leur classe.

À quoi attribuez-vous la transformation de l’image de l’instituteur, par rapport à celle que l’on pouvait avoir dans les années 1950, qui donne parfois le sentiment que les enseignants sont davantage méprisés ?


« Cette violence du capitalisme, les gens ne la dirigent pas contre les vrais responsables,  mais contre l’école. La figure de l’enseignant devient celle de la raison pour laquelle mon fils ne réussit pas. »

Je ne suis pas sûr qu’il y ait un mépris. Je dirais presque le contraire. Il y a une attente encore plus forte vis-à-vis des professeurs, et c’est pour cela qu’ils se font engueuler, d’ailleurs. En Guadeloupe, le prof est sacré : il y a de la pauvreté, pas de perspectives d’avenir et l'on attend tout de l’école — ce qui est aberrant. Le changement de statut de l’instituteur tient, à mon avis, au fait que l’école a monté le niveau culturel. Dans une société massivement industrielle, dans laquelle la plupart des emplois sont dans ce secteur, il n’y a pas besoin d’un haut niveau culturel puisque vous allez bosser à l’usine ou dans les champs. La culture, c’est alors une chose extrêmement impressionnante. Plus on va vers une société de services (qui est une société où les métiers sont de plus en plus liés à la culture), plus l’industrie commence à être le parent pauvre — surtout lorsqu’elle est délocalisée, surtout lorsque la grande majorité des emplois sont des emplois de relation. On rentre alors dans ce qu’on appelle le « capitalisme culturel », où les gens sont tout à fait qualifiés et compétents grâce à l’école ; on arrive dans une société de services où il existe néanmoins un problème apparent, qui est celui du chômage et des difficultés d’insertion, alors que le pays regorge de richesses. Cette violence du capitalisme, les gens ne la dirigent pas contre les vrais responsables,  mais contre l’école. La figure de l’enseignant devient celle de la raison pour laquelle mon fils ne réussit pas. Les enseignants deviennent des ennemis, surtout lorsqu'ils se mettent à enseigner véritablement. Mais on se trompe d’ennemi !

La question de l’école est donc d’une ambiguïté considérable. D'où l’urgence de multiplier partout des discussions concrètes sur l’école. Il faut faire de la recherche-action et arrêter les soirées-débats qui ne font que donner bonne conscience à ceux qui les organisent. Il ne suffit pas d’être conscientisé. La pensée critique est une condition nécessaire mais non suffisante du changement. Sinon, tous les professeurs qui liraient Bourdieu, Rancière ou Badiou donneraient leur démission le lendemain, et le problème serait réglé. Pour qu’il y ait changement dans une institution, il faut pouvoir faire de l’expérimentation. Les profs qui viennent voir mes conférences peuvent en sortir convaincus par l'idée que les notes sont de la connerie, mais, le lendemain, ils recommenceront à en mettre. Ou alors, il s’agit d’un héros qui va sans tarder se prendre les parents, les élèves, les collègues, l’inspecteur et tout le monde sur la gueule ! La seule possibilité pour que des enseignants puissent cesser de mettre des notes, et négocient un autre système d’évaluation qui deviendrait intelligent, ce serait qu’ils puissent expérimenter autre chose, dans des conditions protégées — c'est-à-dire avec le droit de le faire, tout en s'inscrivant dans la durée. Dans ces conditions, on pourrait commencer à dépositionner les pratiques. Mais ça, on ne l’a jamais fait.

J’en veux aux soirées-débats. Elles fabriquent, certes, du temps de cerveau disponible pour la révolution, mais la seule utilité, pour l’instant, de gugusses comme Franck Lepage, Frédéric Lordon, Bernard Friot ou Étienne Chouard, c’est qu’il y a des centaines de milliers de jeunes qui sont en train de s’instruire sur la manière dont fonctionne le capitalisme, sur l'illégitimité de la dette, etc. Mais ça ne fait pas mouvement ! Il n’y a pas d’organisation derrière, ça ne change rien. Cela va sûrement servir quand ça va péter, et encore... Car quand ça va péter, mais c’est un autre débat, ça va péter dans les banlieues, chez les classes populaires, et, grâce à Charlie, les classes moyennes ne se solidariseront pas. Le Parti socialiste a réussi un tour de force : remplacer un problème de lutte des classes en un problème de lutte des races. On a des milliers de jeunes, y compris parmi ceux qui vont chercher des réponses chez quelqu'un comme Soral, qui « cherchent », qui tentent de comprendre un système qui n’est plus expliqué par les organisations de la « gauche » traditionnelle.


« S’il y a une insurrection, il y aura des tas de gens disponibles, et instruits sur le capitalisme (pour le meilleur — Lordon — et pour le pire — Soral). »

S’il y a une insurrection, il y aura des tas de gens disponibles, et instruits sur le capitalisme (pour le meilleur — Lordon — et pour le pire — Soral), mais, en l’absence de cette insurrection, changer l’école, transformer les dispositifs d’insertion, cela ne peut se faire qu'à l'intérieur des dispositifs eux-mêmes. Et pour que ces institutions se dépositionnent, il ne suffit pas qu’elles sachent. Quand tu vas dire à un chargé de mission d’insertion qu’il fait de la merde, tout ce que tu fais c’est le rendre plus malheureux : il le sait déjà. Et toi tu t’en vas, tu lui as mis ça dans la tête, et le lendemain il retourne faire son boulot de merde... Quand un centre social m’a invité et qu'il se montre ensuite ravi d’avoir présenté ma conférence, je leur demande s’ils vont proposer à tous les enseignants du coin de se réunir, tous les premiers lundi de chaque mois, pour continuer le travail. Parce que, si eux ne lancent pas l’invitation, ça ne se fera pas. Et ils ne le font jamais. C’est toute la fausseté de cette liberté d’expression. Cette forme de liberté d’expression qui ne sert à rien. C’est pour ça que l’on crée l’Ardeur et que Le Pavé explose. Depuis sept ans, Le Pavé ne fait que de la sensibilisation. Et maintenant, on arrête. On veut travailler dans le durée avec des gens, des institutions. On a choisi les syndicats, on va travailler avec ce levier-là. Sinon, on ne fait que de la sophrologie gauchiste. Ce n’est pas inutile, mais bon…

http://www.informaction.info/iframe-franck-lepage-lecole-fabrique-des-travailleurs-adaptables-et-non-des-esprits-critiques


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Il y a deux très grandes confusions lorsque l’on parle d’éducation populaire. Premièrement, l’éducation populaire, telle que reconnue officiellement et mise sous forme associative, ne fait pas d’éducation populaire ! Cela pose problème. Je suis bien placé pour le savoir, j’ai travaillé pendant douze ans dans une Fédération d’éducation populaire et mon travail a précisément consisté à démontrer que l’on ne faisait pas d’éducation populaire. Ils faisaient de l’animation socio-culturelle. Ce n’étaient sûrement pas des sujets qui fabriquaient du savoir politique. Mais pour convaincre une MJC (qui fonctionne par offres d’activités, avec 80 activités à 800 euros l’année) de faire du travail politique avec des jeunes, vous pouvez toujours essayer ! Allez expliquer à une dame qui a payé pour faire du yoga qu’elle doit se mobiliser contre le TAFTA, elle va vous rétorquer qu’elle a payé pour faire du yoga et vous demander de la laisser tranquille ! Le problème a été la professionnalisation de ce qu’a été l’éducation populaire dans les années 1960. Et la ringardisation progressive de l’animation socio-culturelle a mené les associations à ne plus faire du tout d’éducation populaire : il n’y a plus d’éducation populaire dans les Fédérations d’éducation populaire.

La deuxième ambiguïté, c’est que le terme « éducation populaire » est mal choisi : les gens entendent « éducation du peuple ». Alors que l’éducation du peuple, c’est l’éducation nationale qui s’en charge en tentant de faire descendre du savoir dans ce qu’ils pensent être des vases vides — dans l’esprit  « le peuple est bête, nous allons l’éduquer ». En fait, « populaire » est un adjectif qui renvoie à la forme utilisée, qui est populaire : c’est donc précisément tout sauf une forme descendante d’éducation. Les Anglais utilisent un terme approchant, « peer education » (éducation mutuelle). Ce que nous (les gens qui gravitons dans cette tentative de renouer avec l’éducation populaire telle qu’on pense qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être) faisons consiste à fabriquer ensemble des analyses de la société, donc de la pensée politique, à partir de la légitimité que l’on se donne à penser que l’on a compris des éléments de cette société. Donc c’est une posture d’illégitimité radicale et ça consiste à construire de la légitimité. Cela ne peut pas fonctionner avec un sachant et un apprenant. C’est pour cela que, à mon sens, Michel Onfray ne fait pas d’éducation populaire. Ce qu’il fait est très bien, des conférences passionnantes, libres, ouvertes à tout le monde, mais ce n’est pas de l’éducation populaire : c’est de l’université ouverte. Ce serait de l’université populaire s’il partait des gens et pas de son savoir. Il ne fabrique pas du savoir avec les autres.


Dans votre conférence sur l’éducation, vous expliquez que l’école se donne comme vocation de préparer les jeunes à entrer sur le marché du travail et que certains politiciens affirment qu’il faut augmenter le niveau de connaissance comme réponse au chômage. Pourquoi, selon vous, est-ce une erreur ?

Le fait de hausser le niveau des gens ne sert à rien, s’il n’y a pas en face la structure d’emploi pour accueillir ces compétences. Et, aujourd’hui, le problème se situe du côté du marché du travail. Le problème est que ce que l’on appelle pudiquement « marché du travail » délocalise toute la production à l’étranger — et donc tous les emplois qualifiés. Il ne reste plus que les emplois sans aucune qualification, pour lesquels il n’y a même pas besoin d’aller à l’école, ou les emplois extrêmement qualifiés. On garde les ingénieurs en recherche et développement par stratégie politique parce qu’on veut garder « l’intelligence » ici et on garde certains emplois non qualifiés (qui sont de toutes façons non délocalisables), mais tout ce qu’il y a entre les deux, on le dégage ! On voit d’ailleurs que l’école qualifie très bien des gens mais que le marché du travail est absent — et de plus en plus absent ! Le problème n’est pas du côté de l’école. Je trouve très éclairante la statistique selon laquelle un bachelier d’aujourd’hui a le niveau d’instruction d’un ingénieur de 1953 : il y a un immense saut qualitatif qui a été réalisé. Quand je travaillais en foyer de jeunes travailleurs, des électriciens me disaient qu’ils savaient ce qu’étaient des électrons et comment ils fonctionnaient, mais qu’on ne leur proposait comme emploi que d’aller changer des ampoules chez Carrefour. Ils se demandaient pourquoi on leur avait appris cela puisqu’ils ne pouvaient pas s’en servir... Le problème est du côté de l’organisation du travail et de la propriété privée des moyens de production qui permettent les délocalisations. Si nous étions émancipés de ce que Bernard Friot appelle « la propriété lucrative » grâce à la copropriété d’usage des moyens de production, nous pourrions réinvestir dans l’organisation du travail ce que nous avons appris à l’école — ce qui, pour l’instant, est impossible. Quand les politiques vont tenter de monter de niveau d’apprentissage, ce sera le cas uniquement pour quelques-uns, en créant des écoles pour des élites. On cassera complètement l’éducation nationale telle qu’on la connaît aujourd’hui — ce qui laissera encore plus de gosses, en particulier issus des classes populaires, au bord de la route.

Dans quelle mesure pensez-vous que l’école d’aujourd’hui prépare les jeunes à l’acceptation du système néolibéral et de ses valeurs ?


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Franck Lepage : « L’école fabrique des travailleurs adaptables et non des esprits critiques »

Ancien directeur du développement culturel à la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture, auteur des conférences gesticulées « Inculture(s) 1
— L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu (une autre histoire de la culture) » et « Inculture(s) 2
— Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres (une autre histoire de l’éducation) », cofondateur de la coopérative d’éducation populaire Le Pavé et de l’association l’Ardeur, militant se refusant artiste, décrit comme un « Desproges bourdieusien¹ », Lepage affirme que « la démocratie ne tombe pas du ciel, elle s’apprend et s’enseigne » et que « pour être durable, elle doit être choisie : il faut donc que chacun puisse y réfléchir ».
Il défend qu’il « incombe à la République d’ajouter un volet à l’instruction publique : une éducation politique des jeunes adultes² ».
Dans l'une de ses conférences, il explique à travers son propre parcours et ce qu’il appelle « son échec d’ascension sociale » comment le système éducatif français actuel favorise la reproduction des inégalités de classe et comment son regard sur l’éducation a été profondément influencé par ses études à feu l’Université expérimentale de Vincennes, dans les années 1970. Entretien, quelque part en Guadeloupe.



Dans votre conférence gesticulée « Inculture(s) 2 », vous parlez de l’Université expérimentale de Vincennes, qui a ouvert ses portes aux lendemains de Mai 68 pour apporter une réponse aux revendications des étudiants. Pouvez-vous décrire comment vous avez perçu cette expérience et ce qu’elle avait de révolutionnaire ?

C’était un puissant sentiment d’égalité. Comparativement aux autres facultés où j’ai étudié, je ne m’y sentais pas « élève » : je m’y sentais chez moi.
C’était un sentiment curieux où l'on se sentait complètement maître de ce que l’on avait envie de faire et d’apprendre.
Il n’y avait que des gens qui étaient là pour développer une pensée critique et non obtenir un diplôme ; il y avait une effervescence intellectuelle où tout le monde cogitait, une sorte de bouillonnement incroyable et, pour la première fois comme étudiant, j’ai eu l’impression d’être un adulte et que ce que je disais comptait.
On n’arrêtait pas de proposer des choses, de modifier les cours : nous étions tous chercheurs. Il y avait un monde fou : 32 000 étudiants !
C’était une ville. Il y avait un souk dehors, des assemblées générales tout le temps, on recevait sans arrêt des révolutionnaires : des Palestiniens, des Irlandais...
C’était un endroit où l’on formait de la pensée contre le capitalisme, dans les années 1970, puisque l’Université de Vincennes a duré de 1969 à 1980.
On pouvait circuler librement dans les salles et si on avait une après-midi à tuer, on pouvait aller assister à n’importe quel cours.
On pouvait se gaver de savoir critique.

Il y avait des départements et des filières dans à peu près toutes les disciplines des sciences humaines, mais aussi en mathématiques et en langues. On pouvait passer des diplômes mais ils étaient uniquement reconnus à Vincennes. Le contenu des cours était toujours négocié ; c’était un régime d’assemblée générale permanente. Il faut se rappeler que, dans les années 1970, tout était politique. Tout le monde était engagé et si tu ne l’étais pas, tu étais un bouffon ; aujourd’hui, c’est l’inverse : si tu es engagé, tu en es un. Il existait une forme d’égalité avec les professeurs, qui étaient sans cesse remis en question : dès qu’un truc n’allait pas, on séquestrait le président (qui était un allié). Il y avait des grèves tout le temps ; politiquement, ça n’arrêtait pas. Ça a d’ailleurs été énormément décrié par les médias, qui ne voyaient ça seulement sous l’angle du foutoir, du bordel et de la drogue. Il n’y avait que des adultes et j’y ai rencontré des gens passionnants. Curieusement, il y a eu très peu de travaux sur cette expérience de Vincennes, en tout cas, peu de travaux de fond. Il existe un film, Le ghetto expérimental, mais il donne une image bordélique et, pour moi qui l’ai vécu, il ne rend pas justice à ce qu’était Vincennes. Bien sûr, 32 000 étudiants en autogestion, ce n’était pas simple ! Il y avait des affiches révolutionnaires partout sur les murs et, pour aller d’un département à l’autre, il fallait traverser des terrains vagues — mais ce n’était pas cela qui était important... Les bâtiments avaient été réquisitionnés auprès de l’armée. Je n’y ai fait que des études intéressantes, je n’ai pas souvenir d’un seul cours dans lequel je me sois ennuyé. J’ai appris à faire du cinéma, des films d’animation, du théâtre forum… Tous les professeurs intéressants voulaient enseigner à Vincennes et ils savaient pourquoi ils étaient là.

Régis Debray a récemment déclaré sur France Inter : « Il y a deux fondamentaux, l’effort de l’élève et l’autorité du maître. Ça paraît banal mais l’enseignement est un lieu d’exigence. […] Et l’autorité du maître est fondée sur le savoir, le maître sait des choses que l’élève ne sait pas et donc il y a une hiérarchie. Elle est fondée sur le travail et sur l’effort qui sont plutôt des valeurs de gauche me semble-t-il³. » Que vous inspire cette vision de l’éducation ?

C’est complètement idiot. C’est la vision de l’éducation portée par Régis Debray, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay, Charles Coutel et toute leur clique — qui en appellent à l’école comme lieu de discipline. C’est toute la théorie du maître. On a complètement dépassé cela depuis : il suffit de lire Le Maître ignorant de Jacques Rancière pour s’en rendre compte. Pour comprendre, il faut remettre Debray dans son époque. Les années 1970 sont d’une extrême effervescence en terme de réflexion pédagogique : du fait du plein emploi (du moins pour les hommes, comme le rappelle Bernard Friot — les femmes étant alors moins demandeuses d’emploi) et que tout allait bien, on a commencé à remettre en question ce qu’était l’école. Il y avait des expérimentations pédagogiques absolument partout : c’était l’époque des écoles parallèles et tout le monde se mettait à faire de la pédagogie à la Freinet. Le système d’éducation descendant centré sur le maître, à la mode IIIe République, apparaissait comme non fonctionnel, comparativement. Mais tout ce courant novateur allait se refermer dans les années 1980, avec l’apparition du chômage. L’école allait très brutalement changer de cap pour devenir le lieu d’un fantasme des pouvoirs publics et des parents, selon lequel c’est à l’école de donner un emploi. En quelques années, toutes les expériences pédagogiques disparurent et l'on rentra à nouveau dans un schéma de l’école orientée vers les résultats et les diplômes — donc une école extrêmement sélective. Évidemment, cela n’a pas marché et a laissé quantité de gens des classes populaires sur le carreau. Le discours de Debray, qui était par conséquent réactionnaire, préconisa la restauration de l’autorité du maître. Pourtant, c’est souvent une bonne chose quand il y a désaveu du professeur. Nul besoin d’être très matérialiste ou sociologue pour se rendre compte que lorsque des élèves de banlieue envoient balader un professeur, ils ont souvent raison de le faire.





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Quand le mensonge prend l'ascenseur , la vérité prend l'escalier. Elle met plus de temps mais ne t'inquiètes pas, elle finit toujours par arriver.

https://www.facebook.com/Histoire2France/videos/272445379622085/?fref=nf

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France: «Salon au féminin» où la femme musulmane est «à l'honneur»

Mise à Jour : Les FEMEN ont perturbé l'évènement. Lire leur déclaration sur leur page Facebook :





(Le Monde) - Les «deux imams étaient en train de parler de la question de savoir s’il faut battre ou non sa femme», quand les deux militantes, âgées de 25 et 31 ans, sont montées sur la scène, a raconté Inna Shevchenko, porte-parole des Femen à Paris. Les jeunes femmes – d’origine algérienne et tunisienne, selon Mme Shevchenko – ont crié, en arabe et en français, des slogans qui étaient également peints sur leurs seins et leur dos : «Personne ne me soumet, personne ne me possède, je suis mon propre prophète.»
Aussitôt, des «Sales putes ! Il faut les tuer ! » ont fusé dans la salle, et une «quinzaine d’hommes ont sauté sur la scène et leur sont tombés dessus», a poursuivi Mme Shevchenko, reconnaissante à l’égard de la police, qui est intervenue très vite pour les protéger.

http://www.lemonde.fr/religions/article/2015/09/13/des-femen-s-invitent-au-controverse-salon-de-la-femme-musulmane-a-pontoise_4755386_1653130.html

***

Aujourd'hui et demain se déroule en France le «Salon au féminin; la Femme Musulmane à l'Honneur» — avec des prédicateurs très populaires auprès de la jeunesse islamique.



Le conférencier Mehdi Kabir prêche que la femme doit obéir à son mari.

«Lorsque le mari appelle sa femme dans son lit, et que celle-ci refuse, les anges la maudissent jusqu'au matin.»

«Nous ne disons pas que ceci est de la soumission. Mais Allah a mis cela comme 'ordre' afin que tout se passe bien dans le couple.»

«C'est lorsqu'elle sera respectueuse que tu seras honoré. Et qu'elle lui obéit lorsqu'il lui ordonne des choses. Et qu'elle se lève et se précipite vers lui lorsqu'il rentre à la maison.»

«Sache que la satisfaction d’Allah est dans la satisfaction de ton mari. Et que la colère d’Allah est dans la colère de ton mari.»

«La considération de la femme [est] envers son mari, comme les gens ont une considération envers leur roi, ou leur gouverneur ou leur empereur.»

Quant à Rachid Houdeyfa, il affirme qu'une femme sans hijab est une femme sans honneur :

«Le hijab, c'est la pudeur de la femme. Et sans pudeur, la femme n'a pas d'honneur.»

«Le hijab, c'est la pudeur de la femme. Et sans pudeur, la femme n'a pas d'honneur. Et si la femme sort sans honneur, qu'elle ne s'étonne pas que les gens, que les frères, que les personnes qui font partie même des hommes, que ça soit des musulmans ou des non musulmans, abusent de cette femme-là.»

 

***

Nader Abou Anas, connu au Québec, dit: «La femme, elle ne sort de chez elle que par la permission de son mari.»



«Les hommes ont autorité sur les femmes.»
«Qu'elle sache que les anges la maudissent toute la nuit dans le cas où elle se refuse à son mari sans raison valable.»


Lire aussi :

Une nouvelle école de la charia en ligne, pour les francophones

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Kamel Daoud: «Pour les islamistes, il faut voiler la femme, il faut voiler la vie, tout ce qui appelle à la vie, au corps, à la sensualité, et donc à l'amour et au partage. Quand le rapport à la femme est malade, le rapport à l'imaginaire est malade, et donc les rapports à la création, à l'amour, au corps et à la sexualité sont altérés.»

 
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Salman Rushdie: «Chacune des femmes de ma famille a lutté contre l'idée même du voile. Elles croyaient, comme je le crois, que le voile opprimait les femmes.»


http://www.postedeveille.ca/2015/09/femmes-musulmanes-a-lhonneur.html



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Le cousin de Mouammar Kadhafi prédit un 11-Septembre en Europe dans les deux ans



Le cousin du colonel Kadhafi prédit un attentat de la dimension du 11-Septembre en Europe dans les deux prochaines années, notamment en raison du fait que les militants de Daech tentent de se mêler aux milliers d’immigrants qui veulent rejoindre l’Europe.

Un avertissement qui survient alors que la ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May, a déclaré que la menace terroriste en Grande-Bretagne est « très sérieuse et croissante ».

Ahmed Kadhafi al-Dam, qui fut par le passé l’un des chefs de la sécurité les plus fiables de Kadhafi, estime qu’en 2015, pas moins de 500 000 immigrants vont mettre un pied en Europe en provenance de la Libye, tandis que Daech renforce ses positions dans la nation nord-africaine qu’est la Libye.



Beaucoup de terroristes se mêlent aux immigrants. Entre 10 et 50 militants de Daech pour chaque millier d’immigrants. Ils se rendent tous en Europe. D’ici un an ou deux, vous aurez un autre 11-Septembre.

— Ahmed Kadhafi al-Dam, cousin de Mouammar Kadhafi, interrogé par le Mail Online


L’ancien chef de la sécurité de Kadhafi a fait ces déclarations lundi au Caire lors d’un entretien pour le journal Mail Online. Il aurait par la suite pris la poudre d’escampette.

Suite à ses déclarations, la ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May, a déclaré que les Britanniques doivent toujours faire front à un risque d’attentat terroriste. Elle a ajouté que toute personne résidant au Royaume-Uni se doit de participer au combat contre la radicalisation et son expansion.



Daech gagne du terrain en Libye

Considéré comme alarmiste par certains, l’avertissement du cousin de Kadhafi va sans doute alerter les gouvernements occidentaux.

Suite au massacre brutal de 21 chrétiens coptes de nationalité égyptienne par des militants de Daech à Syrte (nord de la Libye), l’inquiétude est croissante en raison du risque que représente cette instabilité régionale pour l’Occident.

Les militants liés à Daech ont récemment gagné du terrain et auraient pris le contrôle de trois villes, dont Syrte.

Le cousin de Kadhafi affirme que Daech en Libye pourrait être en possession de 6 000 barils d’uranium qui se trouvaient auparavant sous le contrôle des forces armées de l’État.

« Ils ne sont plus si bêtes que ça. Ils savent comment se faire de l’argent. Ils vont tenter de les vendre », estime le cousin de Kadhafi.



La famille du colonel Kadhafi est restée à l’écart des projecteurs médiatiques depuis la mort du dictateur libyen lors de la révolution nationale de 2011. La mort de Kadhafi a marqué la fin d’un règne de 42 ans.

Des groupes d’insurrections se sont depuis lors affrontés pour le pouvoir, ce qui a provoqué l’éviction de la capitale des dirigeants reconnus par la communauté internationale, et la crainte d’une guerre civile totale.

Le mois dernier, l’ancien directeur du MI6, Sir John Sawers, a appelé à un débat concernant une intervention militaire du Royaume-Uni en Libye.

Sawers avait déclaré que le pays est plongé dans un « chaos grandissant » depuis que la Grande-Bretagne a pris part aux frappes aériennes des États-Unis pour faire tomber le régime de Kadhafi.

Cependant, le ministre des Affaires étrangères, Philip Hammond, avait rejeté l’idée d’une intervention militaire et insisté sur la nécessité de trouver une solution politique en Libye afin de contrer Daech.

Selon Hammond, l’instauration d’un gouvernement d’unité nationale aiderait la Libye à lutter contre les groupes terroristes.



Un pays en crise

La Libye est en proie à l’instabilité depuis la chute du dirigeant autocratique Kadhafi en 2011. Suite à la révolte populaire, des divisions politiques profondes sont apparues dans le pays, avec notamment deux gouvernements rivaux qui dirigent chacun leurs propres institutions et leurs propres forces armées.

Les parlements séparés, situés respectivement dans la ville de Tobrouk (à l’est) et à Tripoli, la capitale libyenne, luttent actuellement pour la suprématie sur le pays.

Depuis la révolte de 2011 en Libye et les bombardements de l’OTAN, certains affirment que le pays a été abandonné par l’Occident et privé de toute assistance étrangère pouvant l’aider à retrouver la stabilité.

Contrairement à ce qui fut le cas en Irak et en Afghanistan, aucune tentative de gérer la transition vers un nouveau système politique n’a été entreprise par l’alliance occidentale.

Suite à la publication d’une vidéo montrant la décapitation brutale de 21 coptes chrétiens en Libye en début d’année, le gouvernement égyptien a lancé des frappes aériennes contre des positions de Daech dans la région.

La Libye a également appelé le conseil de sécurité des Nations-Unies à lever l’embargo sur les armes, ce qui pourrait permettre au pays de contrer la menace que représentent Daech et d’autres groupes de militants.

http://quenelplus.com/espace-detente/monde/le-cousin-de-mouammar-kadhafi-predit-un-11-septembre-en-europe-au-cours-des-deux-prochaines-annees.html

2137
Pascal Poot, agriculteur atypique, fait pousser des légumes sans eau ni pesticides.

By VévéOn septembre 9, 2015 Posted in astuces, Non classé 4 Comments 




France 2 a rencontré un homme

qui arrive à faire pousser des légumes

sans eau ni pesticides.

Sa méthode intéresse les agronomes.

Pascal Poot sélectionne et produit ses propres semences

“Depuis 30 ans, j’ai commencé à faire de la sélection moi-même, et faire en sorte que les plantes apprennent à résister par elles-mêmes aux maladies, et ça marche”, explique-t-il.

Reportage : Y.Junka, E. Denis, F. Chevré, A. D’Abrigeon

http://lachainedevv.com/pascal-poot-agriculteur-atypique-fait-pousser-des-legumes-sans-eau-ni-pesticides/

video : http://dai.ly/x35fitq

 

 

2138
Logiciels / Comment désactiver les mouchards de Windows 7, 8 et 10
« le: 13 septembre 2015 à 22:45:28 »
Comment désactiver les mouchards de Windows 7, 8 et 10



Je ne sais pas si vous avez suivi, mais Microsoft a lancé quelques patchs via Windows Update, pour Windows 7 et 8, qui ajoutent sans spécialement vous prévenir, un service de tracking de diagnostic et de télémétrie. Officiellement, cela permet à Microsoft de collecter de la donnée pour améliorer encore un peu plus ses services, comme ils le font déjà sous Windows 10.

Voici le détail des patchs :



KB3068708 This update introduces the Diagnostics and Telemetry tracking service to existing devices. By applying this service, you can add benefits from the latest version of Windows to systems that have not yet upgraded. The update also supports applications that are subscribed to Visual Studio Application Insights.

KB3022345 (replaced by KB3068708) This update introduces the Diagnostics and Telemetry tracking service to in-market devices. By applying this service, you can add benefits from the latest version of Windows to systems that have not yet been upgraded. The update also supports applications that are subscribed to Visual Studio Application Insights.

KB3075249 This update adds telemetry points to the User Account Control (UAC) feature to collect information on elevations that come from low integrity levels.

KB3080149 This package updates the Diagnostics and Telemetry tracking service to existing devices. This service provides benefits from the latest version of Windows to systems that have not yet upgraded. The update also supports applications that are subscribed to Visual Studio Application Insights.


Mais alors que faire si vous ne les avez pas bloquées et que vous ne voulez pas de ce service de tracking supplémentaire ?

Et bien c’est simple ! Il suffit de les désinstaller. Pour cela, lancez une invite de commande en Administrateur, et entrez les commandes suivantes :
•wusa /uninstall /kb:3068708 /quiet /norestart
•wusa /uninstall /kb:3022345 /quiet /norestart
•wusa /uninstall /kb:3075249 /quiet /norestart
•wusa /uninstall /kb:3080149 /quiet /norestart

Ensuite, pour définitivement les bloquer, rendez-vous dans la liste détaillée des mises à jour Windows Update et faites un clic droit / masquer la mise à jour.



Comment débrancher le nouveau mouchard de Windows

Si vous êtes sous Windows 10, vous l’aviez déjà. Mais si vous êtes sous Windows 8.1, Windows Server 2012 R2, Windows 7 Service Pack 1 (SP1), ou Windows Server 2008 R2 SP1, sachez que lors d’une mise à jour récente, Microsoft vous a collé un petit mouchard.

Youpi !

Alors, mouchard c’est un bien grand mot… Disons plutôt un outil de diagnostic qui renvoie de la donnée à Microsoft pour améliorer leur système d’exploitation :-D. Baptisé « Diagnostics Tracking Service« , ce service n’est malheureusement pas détaillé par Microsoft et on ne sait pas quelles sont les données qu’il collecte et qu’il transmet.

Et comme bien sûr, il a été installé et activé par défaut lors de la dernière mise à jour Windows Update, méfiance.

Pour le bloquer, voici comment faire. Je vous rassure, tous ceux qui l’ont fait n’ont pas remarqué de bug ou d’instabilité de leur système. C’est donc à tenter.

Il suffit de vous rendre dans l’outil de gestion des Services (Tapez « services » dans la rechercheWindows), et double cliquez sur le service baptisé Diagnostics Tracking Service. Et passez son statut de démarrage à «désactivé» (DISABLED).



Vous pouvez ensuite le stopper ou tout simplement redémarrer votre machine. Et voilà, n’a pu mouchard !

Source: Korben


C’est bien connu, windows XP intégrait déjà quelques mouchards ou espion permettant à microsoft de récupérer quelques informations derrière votre dos. Encore aujourd’hui,Windows 7 embarque pas moins de 7 mouchards. Comptez en un de plus si vous avez installé la suite office.

Comment désactiver ses mouchards ?

Avec windows XP, pour les désactiver, il fallait taper une série de commande. Avec Windows 7, c’est plus simple. Il faut passer par le planificateur de tâches, se rendre sur des tâches spécifiques et les désactiver. Ça ne prend que quelques minutes.

•Pour commencer, rendez-vous dans le menu démarrer.



•Ensuite dans la fenêtre de recherche, tapez « planificateur de tâches », pour ensuite le voir apparaître dans la liste et ainsi le lancer.



•Dans la fenêtre de gauche, allez dans Microsoft/Windows/Customer Experience Improvement Program et désactivez les 3 tâches associées.



•Allez maintenant dans Microsoft/Windows/Application Experience et désactivez AitAgent ainsi que ProgramDataUpdater



•Ensuite, rendez-vous dans Microsoft/windows/DiskDiagnostic pour désactiver Microsoft-Windows-DiskDiagnosticDataCollector et Microsoft-Windows-DiskDiagnosticResolver



NB : Ce dernier mouchard s’adresse aux personnes qui ont un Pc portable, les personnes disposant d’un ordinateur de bureau ne sont donc pas concernées.
•Allez dans WPD et désactivez SqmUpload_S-1-5-21-3244633361-4016055161-2943779436-1000



•Et enfin passons au mouchard intégré à la suite Office !
•Cette fois, allez dans le Microsoft/Office Genuine Advantage et désactivez OGALogon



•Vous avez terminé. Vous pouvez maintenant dormir sur vos 2 oreilles. Tous les mouchards sont supprimés !(ça c’était en 2010)

Source: Winmacsofts

Désactivation des mouchards présents dans le Lecteur Windows Media

[Étape 1] – Tout d’abord ouvrez le Lecteur Windows Media (wmp), puis allez dans Organiser —> Options.



[Étape 2] – Allez dans l’onglet « confidentialité » puis décochez les cases « envoyer un identificateur… » et « je souhaite participer … » .



!! protégeons notre vie privée !!!

Source: marschall-m


Désactiver Smart Screen sous Windows 8


Windows 8 intègre un filtre appelé SmartScreen qui permet de prévenir l’installation de programmes malveillants sur votre ordinateur. Hors celui-ci a une « face cachée ».

Microsoft a repris le filtre SmartScreen d’Internet Explorer et l’a semble-t-il mis à jour et amélioré pour son nouvel OS. Mais il a été découvert récemment que cette version sous Windows 8 était un mouchard qui permet de remonter à Microsoft les téléchargements et logiciels installés sur votre système.

De plus, il semblerait que les informations remontées à Microsoft pourraient être récupérables par une personne mal intentionnée.


Nous allons donc voir comment désactiver cette fonction native dans Windows 8.

La méthode la plus simple consiste à chercher le mot « smartscreen ». Pour cela rendez-vous dans la zone de recherche de Windows 8 (sur la barre à droite de l’écran).



Ensuite recherchez dans « applications » , « smartscreen » et cliquez sur le lien qui s’affiche.



Enfin dans la console de gauche, cliquez sur « Modifier les paramètres » et sélectionnez « ne rien faire ».





Windows SmarScreen est désormais désactivé.

Source: Gtsup


Fawkes: Pour ceux qui ont déjà installé Windows 10 et qui préfèrent supprimer le superflu, je vous conseille également de désactiver l’assistant personnel Cortana qui est le logiciel espion le pire d’entre tous. On peut le faire manuellement par ici, ou sinon le logiciel gratuit DoNotSpy développé par un allemand permet (d’après son auteur) de désactiver simplement tous les paramètres qui mettent en jeu la vie privée des utilisateurs de Windows 10.

 

Malgré tout cela, je ne garantis pas que Windows 10 sera vraiment clean.

Pour les autres versions, normalement c’est OK. Enfin, pour vérifier si vous n’êtes pas personnellement visé par des logiciels de surveillance tiers, vous pouvez installer le logiciel Detekt ainsi que malwarebytes anti-malware qui est le programme anti logiciels espions numéro un de sa catégorie (et qui est gratuit en plus).


http://fawkes-news.blogspot.fr/2015/09/comment-desactiver-les-mouchards-de.html

2139
Monsanto condamné en appel pour l'intoxication de l'agriculteur charentais

La cour d'appel de Lyon vient de confirmer la responsabilité de Monsanto, une première en France. Le géant chimique américain va "vraisemblablement" se pourvoir en cassation



Paul François se bat depuis des années pour faire reconnaître la responsabilité de Monsanto
© AFP Thibaud MORITZ 

La cour d'appel de Lyon a confirmé le jugement qui avait reconnu la responsabilité du groupe américain Monsanto dans l'intoxication de Paul François, un agriculteur charentais, une première en France, dans un arrêt rendu jeudi.

"Ouf, les firmes ne sont pas au-dessus des lois. Le pot de terre peut gagner contre le pot de fer", s'est-il réjoui depuis le cabinet de son avocat à Paris.

"La décision est très surprenante eu égard aux inexactitudes et aux erreurs qui émaillent la thèse de Paul François. Mais ça n'est qu'une étape et la discussion va se poursuivre, le combat va se poursuivre", a pour sa part réagi l'avocat de Monsanto, Me Jean-Daniel Bretzner, laissant entendre que le géant américain des semences et de l'agrochimie formera "vraisemblablement" un pourvoi en cassation.

Qui est Paul François ?

Paul François est céréalier à Bernac, en Charente. Il avait été intoxiqué en 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide produit par Monsanto qu'il utilisait dans sa culture du maïs. Aujourd'hui partiellement handicapé, il souffre d'importantes séquelles.

L'agriculteur assume être issu d'une "génération tout pesticides", qui permettaient d'augmenter les rendements et de rendre le travail de la terre moins pénible.

Mais jamais on ne s'était inquiété de la toxicité des produits. Pour nous, c'était le médicament des plantes!".

Aujourd'hui il a considérablement réduit son utilisation de produits phytosanitaires, "pour remettre du vivant dans le sol". Et il est en train de convertir une centaine d'hectares en agriculture bio.

"Pour moi, il n'est plus concevable qu'une rampe de traitement passe à dix mètres d'une piscine ou d'une gardienne d'enfants!", affirme celui qui s'est vu remettre en mai la Légion d'honneur, des mains de Nicolas Hulot, et qui a fondé Phyto-Victimes, une association d'aide aux victimes des pesticides.

Il ne défend pas pour autant le 100% bio : "Il y a la place pour une agriculture alternative, de bon sens, qui appartient à ses agriculteurs et ne produit pas à n'importe quel prix. On veut en vivre, et surtout pas en crever..." 

Que s'est-il passé ?

La vie de Paul François bascule le 27 avril 2004, lorsqu'il vérifie une cuve ayant contenu du Lasso -- "un herbicide que j'utilisais depuis au moins quinze ans" -- et qu'il inhale des vapeurs toxiques.

Pris de malaise, il a juste le temps d'expliquer ce qui vient de se produire à son épouse avant de finir aux urgences, crachant du sang.

" "Tout ce qui est arrivé après, je ne m'en souviens pas"

Après cinq semaines d'arrêt, il reprend son travail mais souffre d'importants problèmes d'élocution, d'absences, de maux de tête violents. Fin novembre, il s'effondre sur le carrelage de sa maison, où ses filles le découvriront inconscient.

S'ensuit une longue période d'hospitalisation durant laquelle les médecins craindront plus d'une fois pour sa vie, sans jamais faire le lien avec l'herbicide de Monsanto.

"D'examen en examen, de coma en coma, on a fini par trouver une importante défaillance au niveau cérébral. Là, ma famille a commencé à faire son enquête sur le Lasso", à ses frais, explique l'agriculteur.

Monsanto rejette toute responsabilité

Il faudra attendre mai 2005 pour identifier le coupable de l'intoxication : le monochlorobenzène, solvant répertorié comme hautement toxique et entrant à 50% dans la composition de l'herbicide Lasso.

A peine remis, la lutte contre la maladie cède la place au combat juridique. D'abord, pour faire reconnaître sa rechute comme maladie professionnelle, officialisée en 2010. Puis pour attaquer Monsanto en justice l'année suivante.

Paul François est convaincu que la firme américaine connaissait les dangers du Lasso bien avant son interdiction en France en novembre 2007. Cet herbicide avait en effet été jugé dangereux et retiré du marché au Canada dès 1985 et depuis 1992 en Belgique et au Royaume-Uni.

Le géant chimique américain a été condamné en première instance à Lyon en 2012 à "indemniser entièrement" l'agriculteur. Le groupe américain a fait appel du jugement.

A l'audience en mai dernier, Monsanto a répété que son produit "n'était pas dangereux" et que "les dommages invoqués n'existent pas". Il semblerait que la justice ne soit pas du même avis...


http://www.sudouest.fr/2015/09/10/monsanto-condamne-en-appel-pour-l-intoxication-de-l-agriculteur-charentais-2120145-4696.php

2140
nature-ecologie / Faire pousser des légumes sans eau, c'est possible
« le: 13 septembre 2015 à 22:33:22 »
Faire pousser des légumes sans eau, c'est possible

video : http://dai.ly/x35fitq


2141
Syrie : "Les Américains mentent, l'Etat islamique est en expansion"

Les Syriens qui fuient la guerre trouvent surtout refuge dans les pays frontaliers. En Jordanie, le camp de Zaatari abrite 80 000 personnes. L'universitaire Jean-Pierre Filiu en revient. Interview.



Il y a ces migrants que l’on ne voit pas. Ces Syriens qui vivent par centaines de milliers dans des camps installés en Turquie, au Liban ou en Jordanie. Qui sont-ils, et à quoi aspirent-ils ? Souhaitent-ils eux aussi gagner l’Europe ? Ils fuient la guerre, mais que se passe-t-il sur le terrain syrien ? L’universitaire arabisant Jean-Pierre Filiu a répondu à ces questions pour francetv info. Il revient d’un séjour dans le camp de Zaatari, situé dans le nord-est de la Jordanie. Il y a là-bas 80 000 réfugiés parqués en plein désert, selon les données du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU.

Francetv info : Les images du camp de Zaatari sont impressionnantes. Une vraie ville composée de toiles de tentes. Qui sont ces réfugiés ?

Jean-Pierre Filiu : J’étais là-bas à la fin du mois de juillet. C’est l’ONU qui gère ce camp immense prévu pour abriter 120 000 personnes. Aujourd’hui, c’est l’équivalent de la population de Calais qui est rassemblée dans ce morceau de désert. J’y suis allé en tant qu‘enseignant, avec des étudiants, pour évoquer les relations internationales et l’histoire arabe. J’en ai tiré quelques leçons.

D’abord, ces réfugiés syriens qui ont vécu toutes ces épreuves sont heureux d’entendre le récit de l’histoire de leur pays. Une histoire non trafiquée, bien différente des récits de propagande du régime. C’est aussi un enjeu important de la question des réfugiés. Ces personnes ne demandent qu’une chose : rentrer en Syrie. Or, pour elles, ce retour n’est possible que si Assad s’en va ou si l'on parvient à établir une zone de sûreté effective. Car, pour l’heure, les zones dites libérées sont exposées aux frappes quotidiennes du régime de Damas.

J’ai parlé en français, car on l’enseigne aussi là-bas, avec des étudiants. Je leur ai demandé quel bon souvenir ils gardaient de la Syrie. Une jeune femme m’a répondu qu’elle n’en avait plus aucun, sa famille avait été tuée dans les bombardements. En fait, ces réfugiés sont des victimes absolues.

Est-ce que ce sont les mêmes qui franchissent à corps perdu les mers et les frontières ?

Ils sont différents de ceux que l’on voit en ce moment dans les reportages télévisés. Toutes proportions gardées, les gens qui s’accrochent aux trains, qui marchent sur les routes d’Europe, qui viennent s’échouer sur les côtes de Grèce ou d’Italie, ont un capital social. Majoritairement, ce ne sont pas des pauvres ou des déshérités, ils sont souvent professeurs, médecins, ils exercent des professions libérales.

A Zaatari, ce sont principalement des paysans misérables, originaires de Deraa, le berceau de la révolution. Ceux-là ne rêvent même pas d’aller vendre en Europe le peu de compétences qu’ils ont. Avec eux, on est bien au-delà du drame. Ces paysans sont viscéralement attachés à leurs terres, ils ne rêvent que d’y retourner, et ce sont les premières cibles de Bachar Al-Assad.




Une vue du camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie, le 16 mai 2015. (JÖRG CARSTENSEN / DPA)


Comment s’organise la vie dans un camp aussi gigantesque ?

C’est une sorte de ville qui, en trois ans, a considérablement évolué. Il y a des tentes, des préfabriqués, des magasins, des quartiers. Grâce à l’ONU et aux ONG, les réfugiés sont parvenus à se réorganiser. Il y a des activités sociales, comme des bibliothèques ambulantes. Ils ont même reconstitué sous forme de maquettes en pierre ou en bois les grands monuments de la Syrie. Par exemple, pour ne pas oublier la cité antique qui est en cours de destruction par le groupe Etat islamique (EI), il y a un Palmyre en modèle réduit. Même chose pour la citadelle d’Alep.

C’est à travers tout cela que l’on sent "l’angoisse du retour". Ils ne rêvent que de cela. Ils ne rêvent que de Syrie et ne souhaitent vraiment pas répandre leur malheur dans le monde entier. Mais tous n’avaient qu’une issue : fuir l’enfer de la guerre.

Sur ce point, où en est-on ? Qu'en est-il de la progression du groupe Etat islamique ?

Nous faisons face à une intoxication américaine. Pour mille raisons liées au calendrier électoral d’Obama, à leurs débats intérieurs, les Américains ont décidé que le Moyen-Orient en général devait être mis sous cloche, et que la progression de l'EI était censée "être contenue". Ils veulent imposer cette vision des choses. Mais ce n'est pas le cas, il ne faut pas les croire. Au contraire, on constate des avancées, comme celles, au printemps dernier, à Palmyre. De même à Ramadi et, il y a quelques semaines, dans la banlieue de Damas.

Qui plus est, en Europe, nous faisons face à cet énorme problème de la capacité des jihadistes à attirer de nouvelles recrues parmi les jeunes. Les Américains considèrent que tout cela n’est pas leur problème et, plutôt que de l’avouer, ils mentent.

Sur quoi, par exemple ?

Les Américains affirment qu’ils ont tué 10 000 jihadistes. C'est le numéro deux de la diplomatie américaine, Antony Blinken, qui, le premier, l’a annoncé en juin lorsqu’il est venu à Paris. Cela n’a aucun sens. On dénombre à peu près 40 000 combattants au sein de l'EI. Les sources sérieuses parlent au maximum de 1 500 hommes tués par les forces américaines. C’est déjà beaucoup. Mais tout se passe comme à chaque fois qu’une armée piétine. On fait des bilans faramineux qui ne correspondent plus à la réalité. Qui plus est, ces 1 500 combattants éliminés ont été largement remplacés par les milliers d’hommes recrutés pendant la même période. Qu’on ne s’y trompe pas : l'EI est en expansion.

On nous dit que le numéro deux de ce groupe a été éliminé. En fait, il s’agissait du responsable des garages. Sans doute était-il important, mais il n’était même pas le responsable de la logistique, ou de l’envoi des troupes. C'est de la propagande. Or on sait que, dans l’histoire, quand une force choisit de mentir pour amplifier ses actions, elle va dans le mur. Et les Etats-Unis nous entraînent avec eux.

Les vols de reconnaissance français annoncés par François Hollande sur la Syrie sont-ils une bonne chose ?

Je perçois cela avec respect, et j’insiste sur ce mot, car cela fait quand même plusieurs années que la France, avec constance, essaie d’obtenir des Américains qu’ils aient enfin une stratégie cohérente contre l'EI. Ce qui implique d’en avoir une aussi sur Assad. Pour moi, les récentes décisions du président français sont un ajustement tactique face à l’inertie américaine.

Ce qui explique cette évolution, ce sont également les forces que l'EI rassemble dans le nord-est de la Syrie. Il y a là des éléments qui peuvent être liés à la planification d’opérations sur le territoire français. Le chef de l’Etat a donc dû prendre ses responsabilités en se donnant les moyens de l’autonomie, grâce aux renseignements que l’on va pouvoir rassembler par nous-mêmes.

La lutte contre l'organisation Etat islamique suppose-t-elle de renouer des liens avec Bachar Al-Assad ?

C'est une autre question, dissociée de celle de la lutte contre l'Etat islamique. En réalité, le régime de Damas ne frappe pas l'EI, pas plus qu’il ne dispose de renseignements sur lui. Dans les propos de François Hollande, il y a l’expression "neutraliser Bachar". Pour moi, c’est donc clair : il n’y a pas de place pour lui dans la coalition.

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/syrie-les-americains-mentent-l-etat-islamique-est-en-expansion_1079391.html

2142
« La décision contre Monsanto ouvre une brèche pour d’autres agriculteurs malades »



La cour d’appel de Lyon a confirmé, jeudi 10 septembre, la responsabilité de Monsanto dans la maladie de Paul François, céréalier charentais intoxiqué par l’herbicide Lasso du géant américain des biotechnologies. Me François Lafforgue, avocat de l’agriculteur, analyse la portée d’une décision « sans précédent ». Même si Monsanto a annoncé, vendredi 11 septembre, son pourvoi en cassation, l’avocat estime que l’arrêt de la cour « ouvre une brèche pour d’autres agriculteurs malades qui peuvent aujourd’hui espérer être indemnisés ».

Lire : Monsanto condamné pour l’intoxication d’un agriculteur français

François Lafforgue : Sans nul doute, cette victoire historique crée un précédent. Pour la première fois, un fabricant de pesticides est condamné pour l’intoxication d’un agriculteur, et condamné à l’indemniser. C’est une première en France et en Europe. C’est même peut-être une première mondiale. Une chose est sûre, cette décision est très suivie à l’étranger, aux Etats-Unis en particulier.

Monsanto a annoncé, vendredi, qu’il allait se pourvoir en cassation. La décision de la cour d’appel ne peut-elle pas être remise en cause par ce pourvoi ?

L’acharnement de Monsanto continue. La firme nous a déjà montré qu’elle n’entendait pas lâcher prise. Elle souhaitait qu’une expertise psychiatrique soit menée dans le cadre de cette affaire en responsabilité. La cour d’appel a refusé d’ordonner cette expertise, mais cela n’a pas empêché Monsanto de se pourvoir en cassation contre ce refus. La Cour de cassation n’a toutefois pas examiné ce pourvoi.

Nous irons en cassation confiants, compte tenu de la motivation de la décision de la cour d’appel qui est peu contestable. Et même si Monsanto se pourvoit en cassation, la décision de la cour est exécutoire. Nous allons le plus vite possible saisir le tribunal de grande instance pour que soit fixé le montant de l’indemnisation. Le tribunal doit se prononcer sur l’indemnisation, sans attendre l’issue de la procédure en cassation.

Y-a-t-il beaucoup d’autres affaires d’intoxication par les pesticides en cours devant la justice ?




Nous suivons quarante-deux agriculteurs ou salariés agricoles. Pour une vingtaine d’entre eux, nous avons déjà obtenu la reconnaissance de l’intoxication comme maladie professionnelle ou accident du travail. Ou dans le cas de salariés agricoles, la reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur.

Lire aussi : Pesticides : ouverture d’une enquête préliminaire après la mort d’un viticulteur de Gironde

Pour les dossiers où il s’agit d’accident, nous avons engagé une procédure en responsabilité du fabricant. Mais la plupart du temps, la maladie apparaît après des années d’utilisation et d’inhalation de pesticides et il y a une telle multiplicité de produits et de fabricants qu’il est difficile d’objectiver la réparation contre chaque fabricant. Pour quelques cas, nous avons donc engagé des actions devant la commission d’indemnisation des victimes d’infraction (CIVI) des tribunaux de grande instance. Dans ce type de procédure, on n’est pas opposé à un fabricant en particulier mais à un fonds de garantie qui dédommage en cas de reconnaissance d’une faute.

Il serait cependant préférable, pour les pathologies identifiées comme liées aux pesticides et les produits retirés du marché, de créer un fonds d’indemnisation des victimes. Un fonds qui serait abondé par les fabricants de pesticides et non par la solidarité nationale.

L’arrêt de la cour d’appel de Lyon donne-t-il à ceux ayant saisi la justice des chances d’obtenir à leur tour gain de cause ?

Oui puisque sans même parler de jurisprudence, l’arrêt de la Cour est une décision importante dont on peut se prévaloir. Que ce soit devant la CIVI ou dans le cadre d’une affaire en responsabilité d’un fabricant, nous nous appuierons désormais sur les motivations de la cour d’appel de Lyon sur la responsabilité du fabricant et sur le non-respect de l’obligation d’information. Cette décision met un terme à l’impunité des fabricants de pesticides. Quels que soient les commentaires de Monsanto, la cour est très claire lorsqu’elle indique confirmer le jugement de première instance du tribunal de grande instance de Lyon qui, en février 2012, avait reconnu « responsable » Monsanto du préjudice subi par Paul François et l’avait condamnée à l’en indemniser. Pour toutes les victimes, cette décision est une source d’espoir de voir reconnu leur préjudice et d’être indemnisé.

Les saisines de la justice vont-elles se multiplier ? La décision de la cour d’appel va-t-elle inciter d’autres agriculteurs n’ayant pas osé le faire jusque-là à engager des actions ?

Certainement. Car les malades se comptent en milliers. Rien que l’association Phyto-victimes, lancée par Paul François, regroupe aujourd’hui 150 victimes, alors qu’elle a moins de cinq ans d’existence. Beaucoup aujourd’hui pourraient sortir de l’ombre. Cette décision ouvre une brèche pour d’autres agriculteurs malades, qui peuvent aujourd’hui espérer être indemnisés. Ce qui justifie d’autant plus la création d’un fonds d’indemnisation des victimes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/09/11/la-decision-de-la-cour-d-appel-de-lyon-met-un-terme-a-l-impunite-des-fabricants-de-pesticides_4753446_3244.html#SJOutRZ0sMcT6Dw0.99

2143
nature-ecologie / Vente directe des fruits et légumes
« le: 13 septembre 2015 à 22:27:46 »
Vente directe des fruits et légumes



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Discussions Générales / NOTRE ÉPOQUE
« le: 13 septembre 2015 à 22:22:44 »







NOTRE ÉPOQUE

Dès leur plus jeune âge on les enfermera dans des salles par 10, 20 ou 30
 On leur dira quoi apprendre, quand aller manger puis quoi devenir
 On les mettra dès le début en compétition
 Eh oui, faut bien qu’ils s’y habituent pour plus tard.


Sorti des institutions ils devront aller trouver un travail.
 C’est la loi du marché, la proportion de l’offre et la demande
 Mais des offres, il n’y en a plus beaucoup.

Ils iront vendre leurs compétences à des gens qui depuis 2008 n’ont que l’embarras du choix.
 Ils se verront proposer des salaires bien en dessous de ce qu’ils espéraient mais ils s’en contenteront
 Car ils ont vu à la télé un bon nombre d’usines se fermer.
 Et puis comme le disent leurs parents « le principal c’est d’avoir un travail »
Ces mêmes parents qui ont connu l’ère du plein emploi et qui ne se sont jamais retrouvés au chômage.

On les maintiendra sous une peur constante
 Pour leur ôter toute envie de se révolter
 Ils auront peur de perdre leur travail, de se sentir seul et de finir pauvre
 Pour évacuer leur frustration, ils iront régler leurs comptes sur facebook, twitter et instagram
 Mais du courage, ils n’en n’auront pas un gramme.
 Et de ce fait, de nos jours la révolte se pratique virtuellement.

On les fera trimer pendant 40 ans en leur faisant espérer une petite retraite dorée.
 Et ils s’en contenteront car une télé, internet et une voiture leur suffisent
 Mais ce qu’ils ignorent c’est que pendant ces 40 années ils leur auront fait gagner beaucoup d’argent
 Mais qu’eux en retour n’auront eu que les miettes.

Tous les 5 ans on leur organisera une belle petite cérémonie
 Pour leur faire croire qu’ils vivent en Démocratie.
 Ils se croiront citoyens mais ne seront devenu que de simples électeurs
 Et par leur vote une petite élite bénéficiera des plus grands privilèges
 Qu’elle défendra corps et âme.

Quand ils voudront prendre leur indépendance, ils devront faire face à des loyers trop élevés.
 Certains vivront en colocation jusqu’à un âge avancé.
 D’autres resteront chez leurs parents et verront les années défilées.
 Les plus chanceux payeront un loyer qui leur prendra la moitié de leur salaire et d’autres un crédit qui les endettera sur 30 ans.

Ils verront à la télé des peuples s’émanciper et se libérer de leurs Dictateurs.
 Mais auront peur de reproduire la même chose.
 Car petit citoyen français a peur de perdre son petit confort
 Mais il a oublié que la peur n’évite pas le danger….

THOMAS

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Oui, un pays de l'espace Schengen peut rétablir des contrôles à ses frontières

Face à l'afflux ininterrompu de migrants, l'Allemagne a décidé de réintroduire des contrôles à sa frontière avec l'Autriche. Un dispositif qui n'est pas interdit par les accords européens.



L'Allemagne a décidé de réintroduire "provisoirement" des contrôles à ses frontières, en particulier avec l'Autriche, afin "de contenir l'afflux de réfugiés". Le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, l'a annoncé lors d'une conférence de presse, dimanche 13 septembre. Une décision qui, pour l'Allemagne, équivaut à suspendre les accords de Schengen sur la libre circulation en Europe. Un pays membre de cet espace européen en a-t-il le droit ? La réponse est oui.

La convention d'application de l'accord de Schengen, signé en 1990, comporte en effet une "clause de sauvegarde", au paragraphe 2 de l'article 2. Celle-ci autorise un Etat signataire à rétablir des contrôles à ses frontières, "durant une période limitée", et "lorsque l'ordre public ou la sécurité nationale l'exigent".

La France l'a déjà fait à plusieurs reprises

Le Traité de fonctionnement de l'Union européenne (TFUE, article 78) prévoit un second cas de figure. Ce texte autorise le Conseil de l’Europe à adopter "des mesures provisoires", "au cas où un ou plusieurs États membres se trouvent dans une situation d'urgence caractérisée par un afflux soudain de ressortissants de pays tiers". Dans ce cas, le Conseil statue sur proposition de la Commission européenne, après et consultation du Parlement européen.

Il existe en la matière plusieurs précédents, rappelle Metronews. La France avait suspendu les accords de Schengen, après les attentats de 1995. Paris avait également rétabli des contrôles aux frontières de l'Hexagone, en 2011, lorsqu'après le "printemps arabe", quelque 25 000 migrants avaient débarqué en Italie, en provenance de Tunisie et de Libye. Rome leur avait donné des titres de séjour temporaires, leur ouvrant ainsi les portes du reste de l'espace Schengen et de la France voisine. Ce geste avait alors provoqué une crise diplomatique entre la France et l'Italie. Les deux pays y avaient mis fin en demandant conjointement "des modifications" de Schengen. Une réforme que beaucoup de dirigeants européens appellent de leurs vœux aujourd'hui.

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/oui-un-pays-membre-de-l-espace-schengen-a-le-droit-de-retablir-des-controles-a-ses-frontieres_1082217.html