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Messages - mike

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Allemagne : 12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record



La pauvreté a progressé de 15 % en 2013 pour toucher 12,5 millions de personnes, un record, indique l'étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband.

Vu de France, ce chiffre pourrait sembler paradoxal. Et pourtant. Outre-Rhin 12,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2013, un record depuis la réunification du pays en 1990, selon l'étude publiée hier par Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW), une fédération qui regroupe quelque 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé. Cette année là, la pauvreté a bondi de 15 % à 15,5 % par rapport à 2012, année où les chiffres avaient déjà surpris.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d'augmentation à la pauvreté (...) La pauvreté en Allemagne n'a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n'a jamais été aussi sévère qu'aujourd'hui », a déclaré au site Euractiv Allemagne Ulrich Schneider, le directeur général de Paritätischer Gesamtverband (PG). Une pierre dans le jardin du gouvernement qui assure que l'écart entre riches et pauvres diminue. Une affirmation « tout simplement fausse » pour le responsable de PG (Dans le graphique ci-dessous la courbe rouge indique la progression du nombre de pauvres dans la population. Les piles grises, la richesse du pays en milliards d'euros).


Comme en France, les mères célibataires sont particulièrement exposées, plus de 40 % d'entre elles basculent dans la pauvreté, indique le rapport.

Si la pauvreté augmente à l'échelle nationale, le fossé qui existe entre régions prospères et régions en déshérence s'est également aggravé depuis 2006. La situation s'est détériorée dans 13 des 16 Länder : les villes-Etats de Brême et de Berlin ainsi que le Land de Mecklembourg-Poméranie antérieure, dans le nord du pays, sont les plus exposés à la pauvreté; à l'inverse, la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) sont les moins touchés. Hambourg (nord) et plusieurs secteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) ont connu une forte poussée de la pauvreté, dont le taux est resté stable, voire a légèrement reculé, en Saxe-Anhalt (centre), Brandebourg et en Saxe (est).

"La pauvreté est un problème bien de chez nous", a poursuivi Ulrich Schneider pour qui l'Allemagne "a clairement un problème croissant de distribution de la richesse" . Et, alors que l'industrie allemande ne cesse de battre des records à l'exportation, cela risque de perdurer. Selon PW, le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50 € brut de l'heure), ne permet en effet pas de changer la donne.

Des seuils qui varient d'une pays à l'autre

Mais comment mesure-t-on cette pauvreté ? En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des "pauvres" (voir encadré ci-dessous). Une famille avec deux enfants intègre cette catégorie si elle vit avec moins de 1.872 euros par mois. Des chiffres qui peuvent surprendre.

Mai, en Europe le calcul du seuil de pauvreté varie d'un pays à l'autre (voir le graphique établi par Eurostat pour les pays d'Europe). Selon l'Observatoire des inégalités, cet écart allait de 1.286 euros par mois en Norvège à 180 euros en Roumanie, en passant par 500 euros en Grèce, soit près de deux fois moins qu'en France (935 euros par mois).


Pauvreté  : des calculs à géométrie variable en Europe

On n’utilise pas un seuil de pauvreté identique pour mesurer la pauvreté en Europe, mais un seuil par pays, calculé en proportion du revenu médian -le plus souvent 60 %. Les seuils varient donc en fonction du niveau de vie de chaque pays et sont calculés en parité du pouvoir d’achat. Le Royaume-Uni par exemple enregistre 16,2 % de pauvres au seuil à 60 % du revenu médian et le seuil de pauvreté est de 882 euros par mois et par personne contre 180 euros en Roumanie qui compte, à ce seuil, 22,6 % de pauvres.

En 2011, selon les calculs d'Eurostat, le seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian le plus élevé était observé en Norvège (1.286 euros par mois et pour une personne seule), devant l’Autriche (1.025 euros). La France, qui figure parmi les seuils les plus élevés avec 935 euros par mois comptait 14,4 % de pauvres en 2011, le seuil le plus faible étant celui de la Roumanie (180 euros). Les pays du sud de l’Europe se situent parmi les pays où ce seuil est le plus bas : 497 euros en Grèce, 478 euros au Portugal. L’Espagne et l’Italie sont un peu au-dessu avec respectivement 616 et 780 euros.

Pour la grande pauvreté (seuil à 40 % du revenu médian), le seuil vaut 120 euros en Roumanie, 193 euros en Bulgarie et 246 euros en Hongrie. A l’opposé, il est le plus élevé en Norvège (857 euros), en Autriche (683 euros) et en Suède (656 euros). La France, avec 623 euros, se situe devant le Royaume-Uni (588 euros) et juste derrière l’Allemagne qui affiche un seuil de 633 euros.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/20/02/2015/lesechos.fr/0204174006166_allemagne---12-5-millions-de-personnes-sous-le-seuil-de-pauvrete--un-record.htm#FO0JiMoCgXD6uSW7.99

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Jeffrey Sachs : « Les Etats puissants seront rattrapés par les souffrances qu’ils infligent»



INTERVIEW Pour l’économiste, très critique envers l’accord sur la Grèce, l’Europe «est sur le point de s’effondrer à cause des vanités et du cynisme d’une poignée de banquiers et de politiciens».

Jeffrey Sachs est directeur du Earth Institute à l’Université de Colombia et conseiller de Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, sur les enjeux de développement. Il a notamment cosigné une lettre, avec quatre économistes de renom (dont Thomas Piketty), dans laquelle ils exhortaient Angela Merkel à «rectifier le tir» en renonçant aux politiques d’austérité et en consentant un «important» effacement de la dette grecque. Présent au sommet sur le financement du développement à Addis-Abeba, il revient, pour Libération, sur les conséquences de «l’accord» scellé lundi avec la Grèce. (Photo Ilya Savenok. Getty. AFP)



Dans votre appel, vous écriviez que «le gouvernement grec est sommé de mettre un pistolet sur sa tempe et d’appuyer sur la gâchette. Malheureusement, la balle ne tuera pas simplement le futur de la Grèce en Europe». En est-on là?

Dire qu’il y a eu soi-disant six mois de brainstorming pour trouver une issue qui satisfasse tout le monde… mais il n’y a eu aucun brainstorming ! Il y a juste un choix politique, idéologique, de casser la Grèce. Il y a un choix économique, fondamentaliste, de soumettre ce pays. Il n’y a aucune raison pour que le pays s’en sorte avec la batterie de «réformes» passées en force. Imposées. Elles ne parlent pas de l’annulation d’une partie de la dette que tout le monde sait insoutenable. Elles ne mettent rien en branle pour que le pays sorte de la plus grande récession depuis la guerre. Elles ne sortiront pas les 40% d’enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté ou les 50% de jeunes au chômage, sans aucun avenir. Elles sont des ordres, pas des réformes. Où est le professionnalisme, où sont les propositions sérieuses, débattues, qui ne seraient pas jetées sur un coin de table ? Jusqu’au bout, le ministère allemand des Finances a campé dans ses positions maximalistes; jusqu’au bout, personne n’a osé y résister, au nom de la survie de la zone euro. Mais à quel prix ?

La perte de confiance dont parlaient les dirigeants de la zone euro envers la Grèce était-elle justifiée ?

La confiance doit aller dans les deux sens; elle doit être réciproque. Où est la confiance quand l’Allemagne interdit toute discussion honnête sur la faisabilité et la viabilité d’un tel plan ? Où est la confiance quand, à l’issue de l’accord, Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, reconnaît que la dette est insurmontable mais que c’est contraire aux règles d’y remédier ? La perte de confiance, au fond, se pose surtout sur la faiblesse des institutions européennes. La Commission européenne a complètement été mise sur la touche, à l’image de son commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, systématiquement renvoyé dans les cordes. Si on continue comme cela, sans solidarité, sans compromis, le rêve européen est condamné. L’Europe s’est construite sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale grâce à la vision de chefs d’Etat. Elle est sur le point de s’effondrer à cause des vanités et du cynisme d’une poignée de banquiers et de politiciens.

Que peut-il se passer en Grèce ?

Une catastrophe. Fermer un secteur bancaire pendant des semaines ne s’est pas produit depuis la Grande Dépression des années 30. Le pays est déjà au bord de l’effondrement depuis quelques semaines. Il fait des pas de plus vers la falaise. La Banque centrale européenne n’a pas voulu jouer le rôle de prêteur en dernier ressort, parce que Jens Weidmann, président de la Bundesbank, faisait partie des faucons. C’est très choquant. Cela fait quarante ans que je m’investis dans l’économie internationale et je n’ai jamais vu ça; voir cela en 2015, dans une des deux plus grandes économies du monde, tient du cauchemar. C’est la faillite, en soi, d’un système financier et économique sans réelle gouvernance politique.

Tsípras va-t-il réussir à survivre à une telle humiliation après avoir plaidé à juste titre pour qu’un référendum refuse un tel plan ?

C’est peu probable. En réalité, depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza en janvier, les responsables allemands ont à peine contenu leur fureur de voir un gouvernement de gauche radicale d’un petit pays en faillite oser défier l’une des plus puissantes économies de la planète. Ils vont gagner. Comme les mouvements de la droite radicale et de l’extrême droite, qui vont capitaliser sur la tragicomédie de ce dernier Conseil européen, qui traduit un échec absolu de la prise en compte des intérêts d’un pays vulnérable. A la façon de l’Allemagne avec la zone euro, les Etats-Unis ont tenté d’imposer, pendant des décennies, leur politique économique expansionniste dans leur zone dollar d’Amérique latine. On a vu le résultat : l’échec absolu et la déstabilisation politique…

Vous faites un parallèle entre les négociations climatiques et les négociations européennes avec la Grèce…

Oui, parce qu’elles sont marquées par la politique de courte vue, une sorte de cécité dramatique. Face au plus grand enjeu que la planète ait jamais eu à affronter, le changement climatique, les Etats campent encore sur le mode de «qui paiera moins et gagnera plus». Mais tout le monde va perdre; et tous les Etats vont être submergés par la multiplication des catastrophes qui se précisent, même avec une hausse de 1°C des températures.

Les politiques n’aiment pas le bruit, les difficultés, et font semblant de ne pas comprendre les enjeux. Surtout les Etats-Unis, dont le Congrès est totalement verrouillé par les lobbies pétroliers et gaziers. Leur responsabilité historique dans l’inaction coupable sera terrible. Idem pour la Grèce.

Plutôt que de trouver un compromis ambitieux, de chercher les moyens financiers, économiques et humains pour qu’Athènes s’en sorte et que la misère actuelle ne précipite pas un peu plus le pays vers le chaos, l’Allemagne (et accessoirement, la France) a pressé, imposé une solution, sans rien négocier.

Que ce soit sur le climat ou sur la Grèce, les Etats puissants ne veulent pas entendre ce qui est douloureux pour les plus faibles. Mais à la fin, ils seront rattrapés par les souffrances qu’ils infligent. Sauf réveil essentiel, le parallèle se terminera ainsi : une série de chocs dramatiques vont se produire et nos systèmes politiques, dominés par des élites sans vision, seront incapables d’y faire face.

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/14/jeffrey-sachs-les-etats-puissants-seront-rattrapes-par-les-souffrances-qu-ils-infligent_1347718

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Des milliers de manifestants se dirigent vers l'Arc de Triomphe, en passant par Opéra


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A Real Hoverboard? | The New York Times


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New! NASA UFO - Leaked Moon images and video!


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Alien Base And Flying Saucer Found In Antarctica? 2013 HD


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TOP SECRET STEALTH HELICOPTER US Military UH-60 Ghost hawk Hollywood Model


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SUPER FAST Piasecki X 49A Helicopter for US Military


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U.S. Army's Top Secret Killer Terminator Robots ! Future Military Technology Documentary


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Why We Don't Have Flying Cars, Yet


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Flying car developer says he's $80 million closer to making sci-fi dream a reality.


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New Invention - Hoverbike (2014)


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Real Life Hoverboard Tony Hawks Rides the next gen skateboard.


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Microsoft dévoilera ses nouveaux PC, tablettes et hybrides sous Windows 10 lors de l’IFA

Microsoft a confirmé ce lundi qu’il tiendra une grosse conférence de presse lors de l’IFA, en septembre prochain. Le groupe informatique devrait y présenter tout son catalogue de nouveautés, à l’occasion du lancement de Windows 10…



Habituellement très peu présent au salon des nouvelles technologies de Berlin, Microsoft devrait tenir une grosse conférence de presse le 4 septembre prochain, au cours de laquelle le géant de l’informatique présentera tout son catalogue de PC, tablettes et hybrides qui accompagneront le lancement de Windows 10. Devraient ainsi être présentées sur scènes des machines de HP, ASUS ou encore Acer.

“Windows 10 arrive avec de nouvelles fonctionnalités et expériences pour les consommateurs et entreprises” explique Jens Heithecker, Directeur de l’IFA.

De l’ordinateur à la tablette en passant par les machines hybrides et les PC tout-en-un, la keynote devrait être l’occasion de découvrir toutes les futures machines sous Windows.

Rendez-vous donc le 4 septembre prochain à 3h.


http://geeko.lesoir.be/2015/07/13/microsoft-devoilera-ses-nouveaux-pc-tablettes-et-hybrides-sous-windows-10-lors-de-lifa/


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La Terre a perdu la moitié de ses populations d'espèces sauvages en 40 ans





La planète est malade, et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l'humanité sur les écosystèmes est telle qu'il nous faut chaque année l'équivalent d'une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), dans la dixième édition de son rapport Planète vivante, le bilan de santé le plus complet de la Terre.

Ce rapport bisannuel, réalisé avec la société savante Zoological Society of London et les ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network, et présenté à l'Unesco mardi 30 septembre, se fonde sur trois indicateurs. Le premier, l'indice planète vivante (IPV), mesure l'évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d'animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons.

DÉCLIN MASSIF DES ESPÈCES SAUVAGES



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Déclin de la biodiversité entre 1970 et 2010.


Résultat : les effectifs de ces espèces sauvages ont décliné de 52 % entre 1970 et 2010. Autrement dit, la taille de ces populations a fondu de moitié en moins de deux générations, ce qui représente un recul beaucoup plus marqué que celui précédemment estimé (– 28 %). Dans le détail, les espèces d'eau douce sont les plus durement touchées avec une chute de 76 % entre 1970 et 2010, contre un déclin de 39 % pour les espèces marines et les espèces terrestres.

« Nous avons enrichi notre base de données d'un millier de populations, mais surtout, nous avons changé de méthodologie, explique Christophe Roturier, directeur scientifique du WWF France. Nous avions auparavant surreprésenté dans notre indice les espèces de mammifères et d'oiseaux par rapport aux reptiles, amphibiens et poissons. Nous avons donc pondéré chaque espèce par rapport à sa réelle importance dans les écosystèmes. »

Si ce déclin touche l'ensemble du globe, les pertes les plus lourdes sont observées sous les tropiques (– 56 % contre – 36 % dans les zones tempérées). L'Amérique latine est la région la plus affectée (– 83 %), suivie par l'Asie-Pacifique. Au contraire, dans les aires terrestres protégées, l'IPV a diminué de « seulement » 18 %.


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Le déclin de la biodiversité touche davantage les tropiques (– 56 %) que les zones tempérées (– 36 %).


Les principales menaces pesant sur les espèces sauvages sont la disparition et de la dégradation de leurs habitats (du fait de la déforestation, de l'urbanisation ou encore de l'agriculture), la chasse et la pêche (intentionnelle, à des fins alimentaires ou sportives, ou accidentelle comme les prises accessoires), la pollution et le changement climatique, dont les effets devraient être de plus en plus forts.

Lire : Avec le réchauffement, les espèces marines migrent vers les pôles


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Principales menaces pour les espèces.


L'HUMANITÉ CONSOMME 1,5 TERRE

Second indice du rapport, l'empreinte écologique mesure la pression qu'exerce l'homme sur la nature. Elle calcule précisément les surfaces terrestres et maritimes nécessaires pour produire chaque année les biens et services que nous consommons (nourriture, combustibles, espace pour les constructions, etc) et absorber les déchets que nous générons.

Selon le WWF, l'empreinte écologique de l'humanité atteignait 18,1 milliards d'hectares globaux (hag, hectares de productivité moyenne) en 2010, soit 2,6 hag par personne. Le problème, c'est que cette empreinte mondiale, qui a doublé depuis les années 1960, excède de 50 % la biocapacité de la planète, c'est-à-dire sa faculté à régénérer les ressources naturelles et absorber le CO2, qui elle, s'élevait à 12 milliards de hag (1,7 hag par personne). Au final, en 2010, l'humanité a utilisé l'équivalent d'une planète et demie pour vivre, et a donc entamé son « capital naturel ». La moitié de cette surconsommation est imputable aux émissions de CO2 (53 %), en grande partie dus aux combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel).


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Composantes de l'empreinte écologique.


Ce « dépassement », où ce jour à partir duquel l'humanité vit à crédit – qui intervient de plus en plus tôt dans l'année – est possible car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les océans qu'il n'en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l'atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Conséquence : les stocks de ressources s'appauvrissent et les déchets s'accumulent plus vite qu'ils ne peuvent être absorbés ou recyclés, comme en témoigne l'élévation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère.

Lire : Concentration record des gaz à effet de serre en 2013

« Si l'innovation technologique, telle que l'amélioration de l'efficacité de la consommation des ressources et de l'énergie peut permettre de réduire le dépassement, elle nous expose aussi à de nouveaux dilemmes : ainsi, la progression de la biocapacité agricole grâce à l'emploi d'engrais et à la mécanisation s'est-elle effectuée en consommant davantage de combustibles fossiles, donc en augmentant l'empreinte carbone », prévient le rapport.

LE KOWEÏT, PLUS FORTE EMPREINTE ÉCOLOGIQUE PAR HABITANT

Quels pays exercent la plus grande pression sur les écosystèmes ? Ce sont ceux qui émettent le plus de CO2 : la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, le Brésil et la Russie. A eux cinq, ils pèsent près de la moitié de l'empreinte écologique mondiale.

Ramené par habitant, cet indice donne un classement très différent. Cette fois, ce sont les pays aux revenus les plus élevés qui sont les plus fautifs. Ainsi, l'empreinte écologique record par tête est détenue par le Koweït (10,5 hag par habitant, soit 6 fois ce que la Terre peut produire), suivi du Qatar, des Emirats arabes unis, du Danemark et de la Belgique, qui se situent autour de 8 hag par habitant. La France se classe à la 23e position, avec 4,5 hag, soit bien plus que la moyenne mondiale (2,6) ou que la biocapacité de la Terre (1,7). L'Afghanistan, Haïti, l'Erythrée, la Palestine et le Timor oriental possèdent quant à eux l'empreinte la plus faible, avec environ 0,4 hag par habitant.


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L'empreinte écologique par habitant, par pays, en 2010


TROP D'EAU CONSOMMÉE

Enfin, le troisième indice du rapport Planète vivante, l'empreinte eau permet de saisir l'ampleur des volumes d'eau douce (prélevée dans les lacs, rivières, réservoirs et aquifères) et d'eau de pluie nécessaires à nos modes de vie. La production agricole engloutit 92 % de l'empreinte eau globale, devant la production industrielle (4,4 %) et les usages domestiques (3,6 %).

Si l'Inde et la Chine sont en tête (avec les Etats-Unis) des pays ayant la plus forte empreinte eau, c'est qu'elles exportent massivement des biens intensifs en eau, qu'ils soient agricoles ou industriels, à destination des pays développés. Ce qui augmente les pressions sur des zones fragiles souvent dépourvues de politiques de conservation de cette ressource rare. Aujourd'hui, plus d'un tiers de la population mondiale, soit environ 2,7 milliards de personnes, vit dans des bassins fluviaux connaissant une grave pénurie d'eau pendant au moins un mois par an.


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Les pénuries d'eau dans le monde.


Cette tendance devrait aller en s'aggravant avec l'augmentation de la population, qui a déjà presque triplé depuis 1950, pour atteindre 7 milliards en 2011, et devrait encore croître à 9,6 milliards en 2050 et 11 milliards en 2100. « L'humanité peut réussir à décorréler son développement de son empreinte écologique, assure Philippe Germa, directeur général du WWF France. Il faut pour cela préserver le capital naturel, notamment en arrêtant de surexploiter les stocks halieutiques, produire mieux, avec moins d'intrants et de déchets et plus d'énergies renouvelables, et réorienter les flux financiers, en prenant en compte les coûts environnementaux et sociaux. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/09/30/la-terre-a-perdu-la-moitie-de-ses-populations-d-especes-sauvages-en-quarante-ans_4496200_3244.html#HlIAekAJRvdh8eT3.99