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Messages - mike

2911
La Finlande sera le premier pays européen à introduire un revenu de base inconditionnel



Le gouvernement finlandais a l’intention d’implémenter un projet pilote de versement d’un revenu de base.
Ce projet figure dans la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement de centre droit dirigé par le Premier ministre Juha Sipilä, qui a pris les commandes du pays le mois dernier.
La Finlande serait ainsi le premier pays européen à introduire un revenu de base inconditionnel.


Les détails de ce plan ne sont pas encore connus, mais tous les citoyens auraient le droit de recevoir le même revenu, sans que l’on tienne compte de leur âge, de leur état de santé ou de circonstances sociales. Tout le monde recevra le même montant, qui devrait être suffisant pour vivre modestement. Les citoyens qui souhaiteront  avoir un niveau de vie plus élevé pourront compléter ce revenu de base en gagnant un salaire au travers d’un emploi salarié, ou de l'entrepreneuriat.

Le Premier Sipilä considère que le revenu de base est un instrument approprié pour lutter contre la pauvreté. « Même pour les gens qui perdent leur emploi, le système leur permettrait de percevoir un revenu suffisant pour satisfaire leurs besoins fondamentaux », fait-il remarquer.

L’introduction d’un revenu de base permettrait de supprimer toutes les aides sociales existantes, y compris les pensions de retraite. Par conséquent, la fonction publique pourrait être sensiblement réduite, ce qui permettrait au pays de faire de substantielles économies. Le Premier Sipilä envisage de  débuter cette expérience dans des régions confrontées à un fort taux de chômage.

Tous les partenaires de la coalition, cependant, ne semblent pas être complètement conquis par ce projet. En outre, il y aurait des divergences d'opinion concernant le montant que ce revenu de base devrait atteindre. Selon l’Alliance de gauche, il devrait s’établir à 620 euros par mois ; les Ecologistes sont plus minimalistes, avec un montant de 440 euros. Quant aux Libéraux, ce sont les plus généreux, et le député libéral Björn Wahlroos évoque une fourchette de 850 à 1.000 euros par mois. Selon David Cord, chroniqueur au Helsinki Times, le revenu de base devrait atteindre 1.166 euros pour éliminer la pauvreté.

Les sondages montrent que 79% de la population finlandaise soutiennent l'idée d'un revenu de base. En outre, 65% des députés seraient prêts à approuver la proposition. Sans surprise, cependant, on observe une grande résistance des fonctionnaires, qui y voient une menace pour leur emploi, et qui sont soutenus par de puissants syndicats.

Les opposants au projet évoquent une idée utopique, vouée à l'échec. Ils estiment que ce système va inciter la population à se détourner du travail, notamment des emplois pénibles, et qu’il provoquera  un manque de recettes fiscales.

http://www.express.be/business/fr/economy/la-finlande-sera-le-premier-pays-europeen-a-introduire-un-revenu-de-base-inconditionnel/214356.htm

2912
La France a fourni des armes à la révolution syrienne dès 2012, explique François Hollande dans un livre



Le président français s'est confié au journaliste Xavier Panon, qui révèle que François Hollande a décidé de livrer des armes lourdes aux rebelles syriens, malgré l'embargo européen.

La France a fourni des armes à des groupes rebelles syriens dès 2012 alors que l’Union européenne avait imposé un embargo sur de telles livraisons. Et c’est le président Hollande qui le dit lui-même dans un livre à paraître le 13 mai aux Editions de l’Archipel, intitulé Dans les coulisses de la diplomatie française, de Sarkozy à Hollande, écrit par le journaliste Xavier Panon.

«Nous avons commencé quand nous avons eu la certitude qu’elles iraient dans des mains sûres», explique le chef de l’Etat à l’auteur du livre, en mai 2014. Les livraisons ont débuté dès la fin de l’année 2012, alors que l’embargo européen, établi à l'été 2011, est toujours en vigueur. Il ne sera levé qu’à la fin du mois de mai 2013.

Ce cavalier seul contraint l’Elysée à la prudence. Officiellement, la France se contente d’envoyer de l’équipement non-létal: gilets pare-balles, outils de communication cryptée, masques contre les armes chimiques, lunettes nocturnes. Mais c’est un tout autre matériel qu’elle dépêche sur place: canons de 20 mm, mitrailleuses, lance-roquettes, missiles anti-chars. Seuls les missiles anti-aériens restent tabous. François Hollande n’en enverra pas car ils s’avéreraient trop dangereux si des djihadistes venaient à s’en emparer.

Mille et une précautions

Les armes sont envoyées grâce aux soins de la DGSE (la Direction générale de la sécurité extérieure). Les Français marchent sur des œufs car il s’agit de s’assurer que les armes parviendront à la bonne destination... et que ces transferts ne seront pas surpris en flagrant délit par la communauté internationale. Les dates de livraison sont donc très irrégulières et les précautions nombreuses.

Il faut, tout d’abord, trouver des fournisseurs discrets, effacer les marques de la provenance des armes avant leur départ. Et puis, comment être certain qu’elles seront bien réceptionnées à l’arrivée par des hommes de l’armée syrienne libre, alors dirigée par le général Sélim Idriss, interlocuteur privilégié de l’Elysée? Les services français utilisent leurs propres réseaux, les autres leur paraissant moins fiables.


 

Sur la scène publique, la France s’enferre dans une valse-hésitation sur la question des armes. Une fois, le 15 mars 2013, l’Elysée tente de lever l’embargo européen et d’entraîner ses partenaires à envoyer des armes mais le 28, François Hollande rétropédale:


«Nous ne fournirons pas d’armes tant que nous n’avons pas la certitude que ces armes seront utilisées par des opposants légitimes et coupés de toute emprise terroriste.»

Si la diplomatie française est aussi embarrassée, c’est qu’elle se heurte aux atermoiements de ses alliés européens, mais aussi des Etats-Unis peu désireux de prendre part à un nouveau conflit au Moyen-Orient. D’autant que celui-ci devient de moins en moins lisible au fil des mois, au fur et à mesure de la montée en puissance des groupes djihadistes. L’affirmation sur le front anti-Bachar el-Assad d’islamistes radicaux comme les soldats de Jabhat Al-Nosra par exemple fragilise la position française: il est désormais quasi impossible d’assumer la livraison d’armes en Syrie alors que ce sont les djihadistes qui tendent à incarner la révolution syrienne.

Dans son livre, Xavier Panon transcrit les propos d’un responsable du Quai d’Orsay:


«François Hollande et son ministre ont été bien imprudents sur la Syrie et l’embargo. Faute d’avoir la capacité d’influer réellement sur le rapport de forces, la posture reste morale. Or, la morale est rarement bonne inspiratrice en politique étrangère. Livrer des armes sans garantie de destination, c’est être cobelligérant. Il y a davantage de raisons de ne pas le faire que de le faire.»

L’action de la France semble, de toute façon, avoir eu peu de portée sur le terrain. En 2015, la Syrie est toujours enlisée dans une guerre meurtrière. Un conseiller de l’Elysée admet auprès de Xavier Panon:


«Oui, nous fournissons ce dont ils ont besoin, mais dans la limite de nos moyens et en fonction de notre évaluation de la situation. Dans la clandestinité, vous ne pouvez agir qu’à petite échelle. À moyens limités, objectifs limités. Au final, est-ce que notre aide permettra à la révolution de gagner? Non.»

Robin Verner


2913
Video divers / Thierry Borne vient régler ses frais d’huissier
« le: 02 juillet 2015 à 21:17:09 »
Thierry Borne vient régler ses frais d’huissier

25 tonnes de fumier bien fumant devant la maison de l’huissier.
Ceci en règlement de 75 euros de frais de contrainte pour la CMSA.
Il en a mis un peu plus car…
ils le valent bien !


2914
Si vous êtes harcelé par un huissier ou un cabinet de recouvrement, envoyez leur cette lettre.
Elle a un pouvoir…
apaisant

À l’heure actuelle, nous sommes tous confronté à ce qui est plus un racket qu’autre chose ! Nous


payons pour :
•Une dette que nous n’avons pas contracté
•Une Union Européenne dont nous ne voulons pas
•Sauver des banques qui nous ont escroqué (Dexia, Libor/Euribor, assurances sur les prêts, actifs toxiques, frais de comptes et prélèvement divers, pertes sur les marchés, etc…)
•Des conflits qui ne nous concernaient pas
•Des pays africains que nous pillons
•Des politiques qui ne travaillent ni dans notre intérêt ni dans celui de leur pays mais pour le transatlantisme
•D’autres politiques payés à frauder ou à jouer/dormir durant les séances de l’assemblée nationale (entre autre…)
•Etc…



Nous sommes étouffés par les impôts et les taxes, entre le début du mandat Sarkozy et maintenant, avec le mandat de Hollande, 84 nouveaux impôts sont apparus, (ceux de Sarkozy sont détaillés ici), et concrètement, il y en a marre de payer pour tout cela, tout n’étant qu’une vaste escroquerie dont nous sommes les vaches à lait!!!

 

Et si nous pouvions commencer à ne plus payer? Au moins certaines choses? Bien sur il y a le boycotte de certaines marques, ou de l’origine de certains pays, mais tout peut être étudier dans le domaine pour payer moins…

 

D’où l’importance de ce sujet. Et comme il faut bien commencer quelque part, pourquoi ne pas commencer par vos créances directes?

 

Un organisme, une banque, une maison de crédit, un opérateur, une assurance ou autre, estime que vous leur devez de l’argent. Vous n’êtes pas d’accord et vous contestez.


Votre créancier mandate un cabinet de recouvrement. Et le harcèlement commence. Appels téléphoniques et correspondances quotidiennes avec menaces, chantage et intimidation.


Ils vont demander votre condamnation au tribunal, ils vont venir saisir vos meubles en votre absence, ils vont bloquer vos comptes, ponctionner votre salaire et même s’en prendre à votre entourage, parents, enfants, etc.


Cet enfer est une réalité pour des millions de nos concitoyens. Pourtant, il y a plusieurs choses qu’il faut savoir. D’abord, ces démarches sont illégales.


Si vous devez réellement de l’argent, votre créancier n’a qu’une possibilité : mandater un huissier pour qu’il fasse valider la créance auprès du tribunal d’instance. Le cas échéant, il obtient une ordonnance portant injonction de payer. Ensuite, il vous présente ce document. Vous avez un mois pour faire opposition. Ce que vous faites. Puis le juge vous convoque et vous pourrez lui exposer vos arguments.


Pour obtenir une telle ordonnance, l’huissier doit avoir un dossier en béton, sans vice de forme. En réalité, il est très rare qu’un créancier puisse fournir un tel dossier.


Comme il est sûr de se faire débouter par le juge, alors il utilise des moyens illégaux comme ceux que je viens d’exposer.


Si vous êtes la cible d’un de ces organismes, je vous conseille de lui faire adresser la lettre suivante en recommandé avec accusé de réception.



Messieurs,

 

Vous m’avez prévenu que l’organisme XXX vous a mandaté pour recouvrir une certaine créance.

Cette somme étant l’objet d’une contestation de ma part, j’use de mon droit de demander l’arbitrage de l’autorité judiciaire.

Il appartient donc à cet organisme de solliciter le juge d’instance aux fins d’obtenir une « ordonnance portant injonction de payer ».

Le cas échéant, dès que celle-ci me sera signifiée par voie d’huissier, et en fonction des éléments présentés, je me réserve le droit, soit de payer, soit d’y faire opposition dans le délai d’un mois.

Le juge d’instance ou de proximité me convoquera en audience et je pourrais alors lui exposer mon point de vue, documents à l’appui.

Le juge pourra alors valablement trancher sur la validité de ladite créance ou non.

Il n’y a pas d’autres procédures. Je vous demande donc expressément de cesser vos relances et d’informer l’organisme qui vous a mandaté de ma position.

A partir de la date de réception de cette lettre, toutes relances de votre part, tant par courrier que par téléphone, seront considérées comme du harcèlement et de l’intimidation. Je n’hésiterai pas à porter plainte pour ce motif, ce qui hypothèquera sérieusement vos chances d’obtenir la validation de la dette par les voies judiciaires.

 

Je vous prie de croire, messieurs, en l’expression de mes sentiments respectueux.


www.aplombfrance.fr
http://www.chaos-controle.com/archives/2014/09/15/30594396.html

2915
Les routes belges se soulèvent à cause de la canicule: voici les endroits à éviter

Les chaudes températures actuelles ont provoqué des soulèvements de chaussée sur plusieurs voiries wallonnes, ces dernières années. Certaines portions d’autoroutes sont notamment concernées et risquent d’être fermées, le temps que la canicule traverse la Belgique...



Décidément, la canicule semble paralyser tous les moyens de transport belges actuellement... Après les retards sur le rail en raison de la lourde chaleurde, voici les routes qui se soulèvent. Plusieurs voiries sont en effet victimes de la chaleur et se soulèvent depuis mercredi.

Selon Le Soir et RTL Info, la sortie Spa sur l’E42 entre Battice et Prüm est fermée jusque ce vendredi en raison de ce soulèvement de chaussée. Sur l’E411 vers Luxembourg, deux bandes de circulation ont été bloquées durant plusieurs heures, ce qui provoque de longues files. Les travaux doivent être finis ce jeudi après-midi.

video : http://www.rtl.be/videos/video/541648.aspx

Deux bandes sont également bloquées sur l’E42 vers Battice, à Polleur. Un soulèvement de chaussée a également été constaté à hauteur de la borne kilomètre 12.0.

Notons enfin un soulèvement de chaussée sur la N25 en direction de Wavre, à hauteur de Bousval. La N4 vers Marche-en-Famenne est également concernée, à hauteur de Tenneville notamment.

Soyez prudents

video 2 : http://www.rtl.be/videos/video/541605.aspx

video 3 : http://www.rtl.be/videos/video/541603.aspx

http://www.sudinfo.be/1323890/article/2015-07-02/les-routes-belges-se-soulevent-a-cause-de-la-canicule-voici-les-endroits-a-evite

2916
Népal : les douanes ralentissent l’acheminement de l’aide




L’envoi de l’aide humanitaire dans les zones dévastées par les deux séismes survenus les 25 avril et 13 mai est ralenti par les douanes népalaises, a déclaré mercredi 1er juillet John Ging, directeur des opérations au bureau de l’Organisation des nations unies (ONU) pour la coordination des affaires humanitaires.

Alors qu’un accord entre le Népal et l’ONU avait été signé en 2007 pour garantir un passage en douane rapide pour l’aide humanitaire en cas de catastrophe naturelle, les exigences douanières restent élevées et ralentissent l’acheminement. « Il y a réellement urgence », a expliqué M. Ging. « On ne peut se permettre des retards administratifs, bureaucratiques », a-t-il ajouté en faisant référence à l’arrivée prochaine de la mousson qui risque de déclencher des glissements de terrain dans les zones montagneuses reculées. Ces mêmes zones où des villages attendent l’arrivée de l’aide humanitaire.

Lire aussi : Séisme au Népal : dans un des villages coupés du monde

Rassurer les donateurs

Selon l’ONU, environ 2,8 millions de personnes sont dans l’attente de nourriture, de soins et d’installations sanitaires. En tout, le Népal a besoin de 6,7 milliards de dollars d’aide (environ 6 milliards d’euros) pour se remettre de la catastrophe qui a fait plus de 8 800 morts et détruit un demi-million de maisons.

Si les donateurs internationaux ont promis la semaine dernière 4,4 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) pour la reconstruction, l’ONU craint que les procédures douanières strictes freinent les gens qui n’ont pas encore donné. « Les donateurs étrangers veulent être sûrs que leur argent ira aux personnes touchées, a détaillé John Ging. Ils ne veulent pas apprendre que l’approvisionnement est bloqué dans des hangars de la capitale en raison de procédures douanières bureaucratiques. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/07/01/nepal-les-douanes-ralentissent-l-acheminement-de-l-aide_4666042_3216.html#lGEIEA1HArEjQkyT.99


2917
Robots, cobots : Innorobo 2015 en images

Technologie : Cette 5e édition illustre les champs d'application concrets et tangibles de la robotique, et est organisée autour des 6 thématiques : Ville intelligente, Maison intelligente, Robotique médicale et de santé, Usine du futur et Robotique de terrain. Petit tour en images...



La science-fiction appartient au passé, la robotique se décline aujourd'hui au présent avec des cas bien concrets, dans l'industrie mais aussi dans les foyers. Telle est un peu la philosophie centrale de la 5e édition du salon Innorobo qui a lieu du 1er au 3 juillet à la Cité internationale de Lyon.

Plus de superficie, plus d'exposants (200 contre 140 l'an passé), l'événement croît avec la dynamique du marché", explique à ZDNet.fr, Catherine Simon, à l'origine de ce rendez-vous devenu majeur. Et les chiffres illustrent ce constat : "la robotique industrielle représente déjà un marché de 29 milliards d'euros tandis que la robotique de services se hisse désormais à 4,5 milliards, au global, on observe une croissance de 20 à 30% par an", précise la spécialiste.

Cette 5e édition illustre les champs d'application concrets et tangibles de la robotique, et est organisée autour des 6 thématiques : Ville intelligente, Maison intelligente, Robotique médicale et de santé, Usine du futur et Robotique de terrain.

En image : Ce robot articulé dans tous les sens est un démonstrateur pour les micro-moteurs et actionneurs.

http://www.zdnet.fr/actualites/robots-cobots-innorobo-2015-en-images-39821848.htm

2918
Les États-Unis et les puissances de l’OTAN accélèrent les préparatifs pour une guerre nucléaire



L’alliance militaire de l’OTAN se prépare à implanter une stratégie d’armement nucléaire plus agressive en réponse à la prétendue «agression russe», selon des sources provenant de l’OTAN, citées par le quotidien britannique Guardian la semaine dernière.

Selon des responsables de l’OTAN, les changements proposés comprennent une plus grande implication des forces nucléaires au sein des exercices militaires de l’OTAN actuellement en cours le long de la frontière russe et de nouvelles recommandations pour une escalade nucléaire contre la Russie.

La doctrine nucléaire de l’alliance a été le sujet de discussions informelles et discrètes «en marge» du sommet de l’OTAN qui vient d’avoir lieu. Les nouvelles politiques seront confirmées lors de la conférence à venir du Groupe des plans nucléaires (GPN) de l’OTAN. La tenue de la conférence a été devancée en raison des rumeurs qui circulaient à propos des plans secrets.

«Il y a de réelles inquiétudes par rapport à l’attitude cavalière de la Russie sur le nucléaire. Alors, il y a beaucoup de délibérations de l’alliance sur les armes nucléaires», a dit un diplomate de l’OTAN au Guardian.

La thèse voulant qu’une révision de la politique sur les armes nucléaires soit une réponse à l’agression russe tourne la réalité à l’envers. Tout de suite après le coup d’état appuyé par l’OTAN et les États-Unis en Ukraine l’année dernière, les puissances impérialistes ont enclenché une militarisation sans relâche de l’Europe de l’Est, y compris l’établissement d’une force de réaction rapide de 40.000 soldats.

La semaine dernière, le Secrétaire à la défense, Ashton Carter, a annoncé que les États-Unis déploieraient de façon permanente des chars d’assaut, des véhicules militaires et d’autres équipements dans les pays qui bordent la Russie. Il y a aussi des discussions sur la possibilité d’armer directement l’Ukraine, au-delà de l’aide considérable que ce gouvernement de droite a déjà reçue.

L’OTAN se prépare maintenant à répliquer à toute tentative russe de contenir ou de contrer les manœuvres agressives de l’impérialisme américain en Europe de l’Est par une riposte militaire encore plus massive, y compris le recours à des armes nucléaires.

Un article du Financial Times a fourni un aperçu de la pensée des stratèges de l’OTAN. Dans le cas d’un conflit impliquant l’un des pays baltes, «la Russie pourrait… accuser l’alliance d’envenimer le conflit et elle pourrait menacer d’utiliser des armes nucléaires à portée moyenne». Le Times cite Elbridge Colby, du Centre pour un nouveau siècle américain (Center for a New American Security, CNAS): «L’OTAN n’a pas besoin d’un réexamen total de sa stratégie nucléaire. Mais, il doit être réaliste sur la façon qu’il répondrait et qu’il montrerait à Poutine qu’il ne s’en tirerait pas comme ça.»

Ce scénario se base sur les allégations des États-Unis selon lesquelles la Russie aurait violé le Traité sur les forces nucléaire à portée intermédiaire, des allégations que le gouvernement russe a niées. Des responsables américains ont affirmé que le Pentagone se prépare à lancer des attaques préventives contre des missiles ou d’autres cibles en Russie, y compris avec des armes nucléaires, pour riposter à la prétendue violation du traité par Moscou.

L’annonce de révisions majeures à la stratégie nucléaire de l’OTAN est arrivée seulement quelques jours après la publication d’un rapport détaillé, intitulé «Project Atom: Defining US Nuclear Strategy and Posture for 2025-2050», par le Centre d’études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies, CSIS). Les sections principales du rapport ont été rédigées par un stratège de longue date du gouvernement américain et un analyste expérimenté du CSIS, Clark Murdock, qui avait auparavant travaillé comme haut gradé pour la CIA, le Département de la Défense, l’aviation américaine et le Collège national de la guerre (National War College). Le rapport comprend des contributions provenant d’une vaste équipe de chercheurs et d’experts, dont des conférenciers du CNAS et de l’Institut national de politique publique (Institution for Public Policy, NIPP).

L’idée centrale de l’analyse du CSIS est que les États-Unis doivent rendre leur arsenal nucléaire plus facile à utiliser dans une guerre contre la Russie, la Chine ou d’autres puissances. L’armée doit adopter «une stratégie nucléaire américaine conçue pour les réalités du 21me siècle», basées sur des nouvelles générations d’ogives tactiques et de systèmes de lancement.

Des armes nucléaires tactiques plus sophistiquées permettront à Washington de menacer et de lancer des petites guerres nucléaires, sans «s’auto-dissuader» par la crainte que ses actions ne mènent à un holocauste nucléaire, soutient le rapport du CSIS.

«Les États-Unis doivent développer et déployer des armes nucléaires plus utilisables», a écrit le CSIS, avec «moins d’effets collatéraux, une plus grande radiation, la capacité de pénétrer dans le sous-sol, des pulsations électromagnétiques, et d’autres capacités à mesure que la technologie progresse».

De telles avancées, soutient le rapport, sont la seule façon de contrer l’érosion de la supériorité technologique américaine face à la croissance de l’arsenal nucléaire chinois et russe, et au fait que jusqu’à neuf nouveaux gouvernements font maintenant partie du «club nucléaire».

Selon la théorie de la «réponse mesurée» préconisée par le CSIS et Murdock, ce type de forces nucléaires ultra mobiles pourrait servir à mener des «opérations nucléaires contrôlées», en lançant des bombes nucléaires «moins puissantes mais précises et avec effets spéciaux» sur des cibles ennemies sans provoquer la guerre nucléaire totale.

En «pré-déployant un solide ensemble d’options de réponse nucléaire ciblée», les États-Unis pourraient lancer des frappes nucléaires tactiques «à tous les échelons de l’escalade nucléaire», a écrit Murdock.

De tels conflits nucléaires «à petite échelle» causeraient inévitablement des dizaines, sinon des centaines de millions de morts, même en supposant qu’ils ne se transforment pas en guerre nucléaire mondiale.

Le territoire continental américain serait protégé, selon cette théorie, des conséquences d’une guerre nucléaire régionale par l’effet dissuasif de l’immense arsenal que détient Washington en armes stratégiques à forte puissance. De plus, tout conflit nucléaire «contrôlé» déclenché par le gouvernement américain n’impliquerait pas d’opérations nucléaires en direction ou en provenance de l’Amérique du Nord.

«Le territoire américain ne serait pas engagé si les États-Unis répondent à une attaque nucléaire contre un allié régional», a écrit le CSIS.

Dans un langage à peine voilé, le CSIS suggère que les États-Unis devraient utiliser des gouvernements alliés et fantoches comme zones d’opération pour la guerre atomique «contrôlée».

De telles propositions, provenant d’analystes en politique publique de la classe dirigeante qui collaborent au sein d’un vaste réseau, sont extrêmement inquiétantes et représentent un sérieux avertissement pour la classe ouvrière internationale.

Il y a eu d’autres appels à une expansion majeure de l’armement nucléaire américain. Dans des remarques adressées à un autre cercle de réflexion américain (Atlantic Council), le député américain Mac Thornberry, président de «conversation nationale sur la construction de nouvelles armes nucléaires».

«C’est quelque chose sur laquelle nous n’avons pas pu avoir une conversation depuis un certain temps, mais je pense qu’il faudra le faire», a déclaré Thornberry.

À la fin de l’année dernière, le gouvernement Obama a annoncé des plans pour une mise à niveau de l’armement nucléaire américain sur trois décennies et au coût de 1000 milliards de dollars.

Il y a un élément de folie dans les écrits du CSIS et les autres discussions prenant place au sein de l’appareil d’État. Les stratèges de l’impérialisme américain font des calculs à froid sur la meilleure tactique à suivre pour lancer et gagner la guerre nucléaire. Mais cette folie découle de la logique de l’impérialisme américain et de la campagne de l’aristocratie financière pour contrôler le monde entier – de plus en plus directement par la force militaire.

http://www.chaos-controle.com/archives/2015/07/01/32300250.html

2919
Europe / L’euro, ou la haine de la démocratie
« le: 02 juillet 2015 à 19:40:19 »
Comme Roosevelt se déclarait fier en 1936 d’être devenu objet de haine de l’oligarchie capitaliste qu’il avait décidé de défier carrément, Tsipras peut s’enorgueillir des tombereaux d’injures que lui réserve une oligarchie d’un autre type, le ramassis des supplétifs d’une époque finissante, et qui connaitront le même destin qu’elle, la honte de l’histoire. La première chose que Jean Quatremer a cru bon de tweeter consiste en photos de queues devant les distributeurs à billets. Et d’annoncer avec une joie mauvaise : « La Grèce sera donc en faillite mardi à minuit. Accrochez-vous ! ».

On voudrait que quelque archiviste de talent, conscient de ce qui se joue d’historique ces jours-ci, s’attache à collecter tout ce qui va se dire et qui méritera de rester, tout ce que pense et dit l’oligarchie quand, à l’épreuve d’un moment critique, elle jette enfin le masque – car cette fois-ci le masque est bel et bien jeté. « La Grèce, c’est fini » titre le JDD du 28 juin, dirigé par Denis Olivennes, l’un des Gracques à qui l’on doit cette tribune à valeur de document quasi-psychiatrique publiée dans Les Echos, où l’on apprenait qu’il était urgent de « ne [pas laisser] Monsieur Tsipras braquer les banques » [9], textuellement, alors que le refus de restructurer la dette grecque jusqu’en 2012 n’a pas eu d’autres finalités que de sauver les banques allemandes, françaises, etc., ces banques où, précisément, prolifère la racaille Gracque, en effet la vraie racaille dans la société française – pas celle de Sarkozy –, ces « anciens hauts fonctionnaires socialistes » comme ils aiment à se présenter eux-mêmes, et qui en disent assez long sur l’état réel du « socialisme » français – pour ceux qui ne s’en seraient pas encore aperçus.

“Lire Pierre Rimbert, « “Syriza delenda est” », Le Monde diplomatique, juillet 2015, en kiosques mercredi 1er juillet.” Bloomberg fait déjà des gorges chaudes de ce qu’on puisse envisager « sur les documents hautement techniques » de la Troïka de demander leur avis « aux mamies grecques » [10]. Mais c’est vrai, quelle idée ! La vraie démocratie est bien celle qui se contente de l’avis des économistes et des journalistes spécialisés de Bloomberg. Ou de Libération. Comme toujours les événements historiques, la sortie grecque sera un test de Rorschach en vraie grandeur, un bain photographique surpuissant. On peut le dire dès maintenant puisque la grande vidange est déjà à l’œuvre : l’oligarchie dégondée va montrer son vrai visage, et parler son vrai langage. Jean-Louis Bourlanges sur France Culture traite Tsipras de « terroriste révolutionnaire » [11] (sic), Quatremer relaie, écumant, les errances de Kathimerini, quotidien de droite qui qualifie le référendum de « coup d’Etat de bolcheviks », formidable moment de vérité où l’on va voir sans fard qui est qui et qui dit quoi. Oui, on voudrait vraiment que tout ceci soit méticuleusement consigné, pour qu’on sache ce qu’il en aura été de la « démocratie » en Europe à l’époque de la monnaie unique. Et pour que cette belle accumulation produise l’effet qu’elle est vouée à produire : celui du ridicule mêlé d’ignominie.

 Et nous ?

Par un paradoxe qui doit tout aux coups de fouet de l’adversité, il se pourrait que cette avalanche de haine, car il n’y a désormais plus d’autre mot, soit le meilleur ciment des gauches européennes, et leur plus puissant moteur. Car la guerre idéologique est déclarée. Et il faudra bien cet état de mobilisation et de colère pour supporter ce qu’il va falloir supporter. Il ne faut pas s’y tromper : sauf à ce que tout l’euro parte en morceaux à son tour, hypothèse qui n’est certainement pas à exclure mais qui n’est pas non plus la plus probable, les yeux injectés de sang d’aujourd’hui laisseront bientôt la place à l’écœurant rire triomphateur des Versaillais quand la Grèce passera par le fond du trou. Car elle y passera. Elle y passera au pire moment d’ailleurs, quand Espagnols et Portugais, sur le point de voter, se verront offrir le spectacle du « désastre grec » comme figure de leur propre destin s’ils osaient à leur tour contester l’ordre de la monnaie unique. Ce sera un moment transitoire mais terrible, où, sauf capacité à embrasser un horizon de moyen terme, les données économiques de la situation n’offriront nul secours, et où l’on ne pourra plus compter que sur la colère et l’indignation pour dominer toutes les promesses de malheur. En attendant que se manifestent les bénéfices économiques, et plus encore politiques, du geste souverain.

Que faire entre temps pour échapper à la rage impuissante lorsqu’on n’est pas grec ? Depuis février, on a vu fleurir des initiatives de solidarité où le réconfortant le dispute au dérisoire : c’est que la version KissKiss BankBank des Brigades internationales a surtout pour effet de dire quelque chose de l’époque… En réalité l’événement offre peut-être la meilleure occasion de redécouvrir, et pour certains de découvrir tout court, que l’internationalisme réel consiste moins dans le dépassement imaginaire des nations que dans la solidarité internationale des luttes nationales. Et dans leurs inductions mutuelles. Les Grecs sont sur le point de défier l’ordre néolibéral en son institution principale : la monnaie unique européenne. Pour nous qui souffrons des pouvoirs entièrement vendus à cet ordre, être à la hauteur de l’éclaireur grec ne réclame pas moins que de nous retourner contre nos gouvernements.

Frédéric Lordon

http://reseauinternational.net/leuro-ou-la-haine-de-la-democratie/

2920
Europe / L’euro, ou la haine de la démocratie
« le: 02 juillet 2015 à 19:40:09 »
L’euro, ou la haine de la démocratie

Forcément, ça leur a coupé la chique. Qu’on puisse jouer la carte de la démocratie, c’est la chose qui est maintenant tellement hors de leur entendement qu’elle les laisse toujours sidérés, pantois et démunis. Vraiment, à cet instant, on aurait voulu voir leurs têtes, mâchoires décrochées comme des tiroirs de commodes fraîchement cambriolées : Sapin, Hollande, Moscovici, leurs experts organiques, leurs journalistes de propagande, tous ceux qui n’ayant que la « modernité » à la bouche se sont si constamment efforcés d’en finir avec le peuple, pénible démos, et pénible démocratie quand il lui vient à l’idée de ne pas se contenter de valider ce qui a été décidé pour elle. Mais c’est une némésis et personne n’y pourra rien : il vient toujours un moment où la politique chassée par la porte revient par la fenêtre. Plus elle a été chassée obstinément d’ailleurs, et plus ses retours sont fracassants.

 Le référendum, ou le retour du refoulé

Et c’est vraiment le retour du refoulé sous tous les rapports : celui de la mauvaise conscience notamment. C’est qu’on peut difficilement porter la démocratie en bandoulière, en faire des chartes à enluminures ou des hymnes à la joie, un modèle offert au monde (éventuellement à coup de frappes aériennes), et la bafouer à ce point à domicile.

Prononcer le mot « référendum », c’est en effet immanquablement faire resurgir le spectre du Traité constitutionnel de 2005, celui de l’acharnement jusqu’à ce que ça dise oui, ou du contournement si ça persiste à dire non. Celui du putsch également, à l’image du débarquement en 2011 de Georges Papandréou, ordinaire socialiste de droite qui n’avait rien de bien méchant, mais avait fini par s’apercevoir qu’on approchait des seuils où férule macroéconomique et tyrannie politique deviennent dangereusement indistinctes, et éprouvé le besoin d’un mandat légitime en soumettant le mémorandum à son peuple… par référendum. Appliquant une doctrine en fait formée de longue date puisqu’elle est intrinsèque à l’Union monétaire même, mais dont la formulation pleinement explicite attendra 2015 et l’inénarrable Juncker – « il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens »… –, il avait suffi aux institutions européennes de quelques pressions de coulisses pour obtenir le renversement de l’imprudent, et nommer directement le banquier central Papademos premier ministre ! – c’est tellement plus simple –, qui plus est à la tête d’une coalition faisant, pour la première fois depuis les colonels, entrer au gouvernement un parti ouvertement d’extrême-droite (Laos), particularité qui n’avait pas davantage ému le journalisme d’accompagnement à l’époque (il n’a pas manqué depuis de pousser des cris de putois quand Syriza a fait alliance avec la droite souverainiste d’Anel).

C’est tout ce lourd passé, et même ce lourd passif, qui se trouve replié dans le mot « référendum », le sale petit secret de toute une construction institutionnelle qui ne se sent pas d’autre devoir vis-à-vis de la démocratie que celui du simple oblat verbal, de la célébration en mots, et en réalité n’a pas d’autre projet la concernant que d’extinction méthodique.

Comme on trouve encore des gens suffisamment acharnés pour contester que les Traités donnent à l’Europe le caractère d’une entité néolibérale, on en trouve de suffisamment bêtes pour nier qu’ils entraînent la moindre perte de souveraineté – expérience récemment faite au contact, tout à fait fortuit, d’un député socialiste dont, par charité chrétienne on ne dira pas le nom. Comme la chose est inhérente aux traités mêmes dont, rappelons-le, la caractéristique première tient au fait (monstrueux) d’avoir constitutionnalisé des contenus substantiels de politique économique, comme la chose est inhérente aux traités, donc, et qu’ils ne l’ont pas vue, ils ne doivent pas avoir davantage connaissance de la manière dont se déroulent les négociations depuis 2011, et particulièrement celles de ces dernières semaines. Car la Troïka ne se contente pas d’imposer un cadrage macroéconomique délirant, elle entend également en imposer le détail – et décider elle-même, dans le menu, des augmentations d’impôt et des baisses de dépenses, c’est-à-dire prendre en mains directement l’intégralité des commandes.

Que le gouvernement Syriza, à l’encontre de ses propres engagements électoraux, ait accepté de se couler dans la logique du mémorandum et de jouer le jeu de l’ajustement budgétaire n’était pas encore assez : car la Troïka ne demande pas qu’un objectif global, mais aussi la manière. Il n’est pas suffisant que la Grèce s’impose une restriction supplémentaire de 1,7 point de PIB, il faut qu’elle la compose comme il faut. Par exemple l’augmentation du taux d’imposition sur les sociétés de 26 % à 29 %, ainsi que la taxe exceptionnelle de 12 % sur les profits supérieurs à 500 000 euros ont été refusées par la Troïka au motif qu’elles étaient… de nature à tuer la croissance ! – ou quand l’étrangleur déconseille à ses victimes le port du foulard. En revanche la Troïka tient beaucoup à ce qu’on en finisse avec la petite allocation de solidarité servie sur les retraites les plus pauvres – le décile inférieur a perdu jusqu’à 86 % de revenu disponible de 2008 à 2012 [1] … c’est donc qu’il reste 14 bons pourcents : du gras ! Elle refuse la proposition grecque de taxer les jeux en ligne, mais demande la fin du subventionnement du diesel pour les agriculteurs – des nantis. Et tout à l’avenant.

 Les institutions de la haine politique

“Lire Sanjay Basu et David Stuckler, « Quand l’austérité tue », Le Monde diplomatique, octobre 2014.”On pourrait se perdre à l’infini dans ces détails qui disent tous le délire idéologique additionné d’instincts sociaux meurtriers – au sens presque littéral du terme, car rompre avec le fléau du gouvernement par abstractions macroéconomiques demande de prendre connaissance du tableau des conditions concrètes d’existence de la population grecque à l’époque de l’austérité, entre baisse de l’espérance de vie, explosion du taux de suicide, effondrement de la qualité des soins, etc [2]. On pourrait dire tout ça, donc, mais on n’aurait pas dit l’essentiel, qui tient à une forme de haine politique, comme il y avait jadis des haines religieuses, mais, fait inédit, une haine politique institutionnelle, une haine portée par des institutions. Depuis le premier jour, les institutions européennes n’ont pas eu d’autre projet que de faire mordre la poussière au gouvernement Syriza, d’en faire, par un châtiment exemplaire, une leçon à méditer par tous les autres pays qui pourraient avoir à l’idée eux aussi de ne pas plier, comme s’il fallait annuler l’événement de la première authentique alternance politique en Europe depuis des décennies.

Chaque régime politique, même celui qui a de la démocratie plein la bouche, a ses points d’impensable, ses interdictions formelles et ses exclusions catégoriques. La dite « démocratie parlementaire », qui fait vœu de débattre de tout, s’est en fait constituée comme le régime politique de défense de la propriété privée du capital (et de toutes les prérogatives qui y sont attachées), c’est pourquoi elle accepte qu’on débatte de tout sauf de la propriété privée du capital (et de toutes les prérogatives qui y sont attachées) [3] – et l’histoire a suffisamment montré de quoi la « démocratie » était capable quand le peuple des manants avait l’idée de s’en prendre au règne du capital. Pour autant, dans ce périmètre-là, il restait un peu de marge à explorer. C’était encore trop pour une construction néolibérale comme l’Union Européenne qui a saisi la fenêtre d’une époque pour réduire autant qu’elle le pouvait le cercle du discutable : les formes de la concurrence intérieure, le statut de la banque centrale, la nature et les cibles de la politique monétaire, les orientations de la politique budgétaire, le rapport aux marchés financiers : toutes ces choses ont été irrévocablement tranchées par inscription constitutionnelle dans les traités, à la fin expresse qu’à leur sujet le débat soit clos.

Comment s’étonner qu’une construction aussi congénitalement libérale se soit donné des institutions qui suintent à ce point la haine de tout ce qui est progressiste ? Syriza ne pouvait pas être un partenaire : elle a été d’emblée, et en fait très logiquement, considérée comme un ennemi. L’ennemi ici, c’est celui qui veut vous forcer à rediscuter de ce que vous avez décrété soustrait à toute discussion. Aussi bien le référendum (à supposer qu’il ne devienne pas sans objet d’ici dimanche) que l’imminente sortie de l’euro sont des affirmations du droit de rediscuter – des affirmations du principe démocratique.

Le droit de rediscuter se paye cher en Union Européenne. Dans un mouvement misérable qui ajoute à la considération qu’on peut lui porter, l’Eurogroupe, entité informelle à la consistance juridique d’ailleurs incertaine, met tous ses efforts à ce qu’il soit le plus coûteux possible. Mais en réalité c’est toute la construction institutionnelle qui porte la responsabilité de ce qui est en train de se passer : car, à la fin des fins, c’est bien la Banque centrale européenne (BCE) qui donnera le coup de grâce en interrompant le refinancement des banques grecques.

Faut-il qu’elle soit grande la détestation de la souveraineté populaire pour ne pas même accorder l’extension du plan d’aide à l’échéance du référendum… Tout est dit d’une passion anti-démocratique européenne devenue si écumante qu’elle ne parvient même pas à se tenir à son propre ordre légal : c’est que le refinancement des banques, grecques ou autres, est une mission de la BCE, assignée par les traités, et dont l’accomplissement est sans rapport avec les vicissitudes latérales de tel ou tel ordre, fussent-elles celles d’un plan de sauvetage. Que la terminaison du plan de sauvetage mardi 30 juin s’accompagne, comme il en est lourdement question, de la fermeture du guichet ELA (Emergency Liquidity Assistance), où la totalité du système bancaire grec est vitalement suspendu, est une connexion dont la légalité est plus que douteuse eu égard à l’autonomie des missions de refinancement de la BCE. [Il faut vraiment convoquer les aruspices pour avoir le fin mot du communiqué publié dimanche 28 juin par la BCE, car l’annonce du maintien du programme ELA pour les banques grecques n’est accompagnée d’aucune mention d’échéance… de sorte qu’il peut bien se trouver interrompu à tout moment. Cependant, contre la menace lourdement sous-entendue de fermer l’ELA en conséquence de l’arrêt du plan de sauvetage le 30 juin, il pourrait être politiquement rationnel pour la BCE de ne pas aller jusqu’à se faire l’exécuteur anticipé des basses œuvres, et de maintenir son guichet ouvert jusqu’à l’échéance du référendum : c’est qu’on doit beaucoup compter dans les institutions européennes sur le fait que le contrôle des capitaux mis en place lundi 29 juin est un repoussoir électoral, et que la restriction de l’accès des déposants à leurs encaisses monétaires est le plus sûr moyen d’aiguillonner le vote « oui ».]

En tout cas, on le sait bien, le simple fait d’avoir exclu les banques grecques des procédures ordinaires de refinancement pour les cantonner au guichet d’urgence de l’ELA n’avait d’autre propos que de leur faire sentir leur état de dépendance extrême, et de leur faire connaître le pouvoir discrétionnaire auprès duquel leur survie se renégocie quasi-quotidiennement – c’est-à-dire la possibilité qu’à tout moment le pouce s’abaisse. Comme toujours, c’est aux limites, et dans les situations de crise extrême, que les ordres institutionnels révèlent leur vérité. Ici toute la sophistication juridique de la construction européenne se ramène à un pouce levé ou bien baissé. Et la comédie du droit laisse voir à nu les rapports de force qu’elle cache ordinairement.

 Le moment du chaos

Techniquement parlant en tout cas, il est bien certain que la fermeture du refinancement auprès de la BCE, qu’elle survienne mardi 30 ou plus tard, effondrera le système bancaire grec dans la journée, et forcera, de fait, au réarmement de la Banque centrale grecque comme prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire émetteur d’une liquidité qui ne sera pas reconnue par le SEBC (Système européen de banques centrales). On l’appellera de la drachme.

Effectuée dans une pareille urgence, la sortie grecque de l’euro ne pourra pas éviter le moment du chaos, et pour des raisons dont Syriza porte une part. Il est à craindre que le refus d’envisager dès le début la sortie de la monnaie unique, et d’en faire une menace crédibilisant d’ailleurs la position grecque dans le rapport de force, laisse aujourd’hui le gouvernement dans un état de totale impréparation. Le sens stratégique possible de l’accord de prolongation passé avec l’Eurogroupe le 21 février dernier aurait dû être de mettre à profit les quatre mois gagnés pour préparer logistiquement et politiquement la sortie.

Celle-ci est vouée à présent à s’opérer dans les plus mauvaises conditions. Il est même impossible que se fassent aussi vite l’ajustement technique du système des paiements et la conversion des espèces monétaires. Si bien qu’il y aura vraisemblablement un moment bizarre de double circulation monétaire pendant lequel des espèces émises par le système bancaire grec auront toutes les apparences de l’euro mais n’en seront pas moins des drachmes… qui en principe ne seront pas reconnues comme euros à l’extérieur alors même qu’elles leur ressembleront comme deux gouttes d’eau !

Rien de tout ça ne sera fait pour décourager le run bancaire, en fait déjà bien entamé puisqu’on évalue à 130 milliards d’euros les retraits opérés depuis janvier. Que les gens retirent des espèces si ça peut les tranquilliser, ça n’est pas le problème, en tout cas pour le système bancaire [4] : dès que la situation se stabilisera, ces fonds effectueront le mouvement inverse, et entre temps c’est la Banque de Grèce qui prendra le relais de la BCE pour maintenir les banques dans la liquidité. C’est que cet argent prenne le large qui est un problème. Aussi un drastique contrôle des capitaux, avec contingentement des retraits, sera la mesure à prendre dès les toutes premières heures (elle est déjà prise au moment où ce texte est publié). Avec la dévaluation carabinée de la drachme qui suivra sa réintroduction, les Grecs y perdront du pouvoir d’achat international ? Oui, et ça sera comme ça. Par définition, la conversion est une opération purement nominale qui laisse invariant le pouvoir d’achat interne… à l’inflation importée près. Or vu la dégringolade anticipée de la drachme, celle-ci sera conséquente. La couronne islandaise qui a initialement perdu près des trois quarts de sa valeur contre l’euro a laissé derrière elle une inflation de 18 % en 2008. Mais les premières fluctuations sont toujours d’une ampleur extravagante, et vouées à s’ajuster plus raisonnablement à moyen terme : la couronne a été rapidement stabilisée 40 % en dessous de sa valeur de 2008, l’inflation est d’ailleurs redescendue en dessous des 5 % dès la mi-2009, elle est désormais proche de 0. Il en ira vraisemblablement de même avec la drachme.

Dans l’intervalle il faudra peut-être ajouter au contrôle des capitaux un dispositif de protectionnisme ciblé dans les marchés de biens et services. C’est que la balance courante grecque à très court terme va devenir déficitaire. Or l’interruption de tout flux financier entrant interdira de la financer par la partie « compte de capital » de la balance globale, et la position extérieure nette de la Grèce va se détériorer. Il faudra donc réduire la flambée des importations, alors que l’effet de renchérissement de leur prix devrait d’abord l’emporter sur celui de contraction des volumes. Evidemment il est vital que les entreprises continuent d’avoir librement accès aux biens étrangers d’équipement ou de consommation intermédiaire. Le dispositif protectionniste devra donc être ciblé sur les (certains) biens de consommation (hors énergie notamment), et ceci jusqu’à ce que les exportations « réagissent » à la dévaluation de la drachme – en général dans un délai de 12 à 18 mois (de ce point de vue, la sortie de l’euro se passe au plus mauvais moment possible de l’année puisqu’il est trop tard pour que le tourisme, qui est le secteur le plus dynamique du commerce international grec, en enregistre l’effet, et qu’il faudra attendre la saison prochaine pour en recueillir les bénéfices). L’énorme incertitude achèvera de mettre en carafe le peu d’investissement qui restait (le taux d’investissement est tombé à 12 % en 2014 [5]…). Tous ces effets ajoutés à la désorganisation initiale promettent à la croissance grecque de plonger. Il faut avoir le courage de le dire : le début va être une épreuve.

Cette épreuve n’a de sens, économiquement parlant, que parce qu’elle ouvre par ailleurs de nouvelles opportunités et restaure de nombreux degrés de liberté absolument fermés dans le cadre des institutions de l’euro. En premier lieu elle permet d’en finir avec l’austérité, dont les nouvelles mesures ne relâchaient rien : la Grèce se trouvait enjointe de dégager un excédent primaire de 1 point de PIB cette année même, puis de 2 en 2016, puis de 3 en 2017, puis de 3,5 en 2018 ! Elle se trouve également soulagée des 26 milliards d’euros dus d’ici la fin 2015 à ses créanciers de toute sorte qu’elle va envoyer élégamment se faire foutre – 26 milliards d’euros [6], ça n’est pas loin de… 15 points de PIB ! Voilà à quoi la Grèce se saigne depuis tant d’années : à payer une dette que tout le monde sait insoutenable en dépit de tous ses rééchelonnements et, plus encore, dont elle ne porte pas la responsabilité ! Car les 80 points de PIB de dette pris depuis 2008 ne sont pas, comme le répète l’éditorialisme en pilotage automatique, « la dette de la Grèce » : c’est la dette de l’impéritie européenne, la dette de la plus gigantesque erreur de politique économique de l’histoire du capitalisme, la dette de l’acharnement idéologique, dit plus brièvement : la dette de la zone euro – et par conséquent la dette dont il n’est que justice que la zone euro se la carre dans le train.

 Le vrai visage des « amis de l’Europe »

En écrivant en janvier que l’alternative de Syriza était de passer sous la table ou de la renverser [7] et qu’il n’y aurait pas de tiers terme, en particulier que l’idée d’obtenir quoi que ce soit des institutions européennes, ou pire encore d’engager leur transformation de l’intérieur, était un rêve de singe, il faut bien avouer qu’on n’était pas prêt à parier grand-chose sur l’hypothèse du renversement. Hic Rhodus hic salta [8] comme dit l’adage latin. Et c’est là qu’on voit les vrais hommes politiques. Pour toutes les erreurs stratégiques qu’il a commises jusqu’ici, il se pourrait bien que Tsipras en soit un. C’est qu’il faut une sacrée consistance pour faire face à ce mélange de périls et de chances qui s’offre à lui aujourd’hui – qui s’offre à lui ? non, qu’il a fait advenir en se tenant au plus près de l’essence de la politique : la proposition faite au peuple de décider souverainement.


2921
Podemos : « Nous nous tenons fermement aux côtés du peuple grec »




Dans la soirée du 26 juin, Alexis Tsipras a annoncé son intention d’organiser un référendum sur le plan d’austérité imposé par les créanciers de la Grèce. Depuis, les pressions politiques et médiatiques se multiplient contre ce recours démocratique.« L’économie grecque est asphyxiée, affirme le parti espagnol Podemos. Continuer de l’asphyxier est l’exact opposé de ce qui doit être fait. » Ce mouvement de gauche, qui a fait une percée fracassante sur la scène politique espagnole, exige des institutions européennes qu’elles garantissent un déroulement du référendum dans des conditions de liberté et de pleine régularité.


Au regard de la situation en Grèce, et à la suite de la rupture des négociations par l’Eurogroupe, Podemos souhaite communiquer ce qui suit :

« 1. Lundi dernier, le gouvernement grec a présenté à l’Eurogroupe une proposition d’accord qui comprenait un grand nombre de concessions et a été saluée par l’ensemble des prêteurs comme une proposition raisonnable et viable. Dans les jours qui ont suivi, cependant, les créanciers internationaux, emmenés par le FMI, ont finalement rejeté la proposition du gouvernement grec de taxer les secteurs les plus riches de la société, de restructurer la dette et de mettre en œuvre un programme d’investissement pour relancer l’économie.

Au lieu de cela, ils lui ont demandé d’augmenter la TVA sur les services de base et la nourriture et ont exigé des coupes supplémentaires sur les retraites et les salaires. Dans leur effort visant à démontrer qu’il n’existe pas d’alternative aux politiques d’austérité, les créanciers ne semblent accepter que l’argent des pauvres et s’évertuent à imposer la même logique et les mêmes mesures que celles qui ont conduit le pays à une catastrophe humanitaire. L’économie grecque est asphyxiée. Continuer de l’asphyxier est l’exact opposé de ce qui doit être fait.

2. Face à une telle extorsion et un tel chantage, le gouvernement grec a réagi à l’ultimatum de manière exemplaire : en appelant le peuple à se prononcer démocratiquement et souverainement sur son avenir. Contrairement aux gouvernements espagnols de 2011 et de 2012, le gouvernement hellénique a refusé de violer le mandat populaire issu des élections de janvier. Les tentatives visant à contraindre, intimider et influencer ce vote de la part de pouvoirs non élus et en particulier de la Banque Centrale Européenne ― qui s’emploie à étouffer le système financier grec afin d’influencer le résultat de la consultation ― constituent une violation flagrante et inacceptable du principe démocratique.
 Ce que nous disons, c’est que l’Europe sans démocratie n’est pas l’Europe : tous les démocrates doivent aujourd’hui unir leurs voix pour dénoncer cette ingérence et ces pressions insupportables. La démocratie ne peut aller de pair avec le fait de laisser des pouvoirs non élus gouverner et décider pour nous. Il en va de la démocratie même.

3. Par leur intransigeance, les créanciers ont démontré qu’ils ne se préoccupaient nullement de résoudre la crise de la dette grecque ; leur but est bien plutôt de soumettre et de renverser un gouvernement démocratiquement élu afin de démontrer qu’il n’existe pas d’alternative aux politiques d’austérité. Leur aveuglement est tel qu’ils s’apprêtent à mettre en péril l’intégrité et la stabilité du système financier et le projet européen lui-même en exposant celui-ci à des attaques spéculatives dont le prix sera également payé par les citoyens d’autres pays. Nous le disons une fois de plus : c’est eux qui seront à blâmer, eux qui porteront la responsabilité des conséquences de ce désastre.

4. Syriza n’a pas créé l’énorme crise économique qui affecte la Grèce. Ce sont les gouvernements de la Nouvelle Démocratie (conservateur, ndlr) et du PASOK (socialiste, ndlr), les amis de notre Parti Populaire et de notre PSOE, qui ont falsifié les données et les comptes, remis la souveraineté du pays entre les mains de la Troïka et laissé à Syriza un désastre économique et social qu’il est impératif et urgent d’inverser.

5. De nombreuses personnalités internationales ont d’ores et déjà pris leurs distances avec le dogmatisme des créanciers. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont exprimé leur solidarité avec le peuple grec dans sa défense du principe démocratique. Nous exigeons que le gouvernement espagnol et les institutions européennes respectent la souveraineté et la dignité du peuple grec et garantissent en conséquence que le référendum se déroule dans des conditions de liberté et de pleine régularité. La volonté démocratique et les droits fondamentaux du peuple grec, qui ont été systématiquement bafoués durant les longues années d’austérité, doivent être respectés.

Il y a en Europe deux camps opposés : celui de l’austérité et celui de la démocratie, celui du gouvernement du peuple et celui du gouvernement des marchés et de leurs pouvoirs non élus. Nous nous tenons fermement du côté de la démocratie. Nous nous tenons fermement aux côtés du peuple grec. »

Podemos

Publié initialement ici. Traduit de l’anglais par Dimitris Alexakis.

Dessins : Rodho



A noter dans vos agendas : À Paris, une grande manifestation est prévue jeudi 2 juillet 18h30 au départ de la place de la Bastille, pour dire : « Non à l’ultimatum des créanciers, oui à la démocratie ! ».

http://www.bastamag.net/Podemos-Nous-nous-tenons-fermement-aux-cotes-du-peuple-grec

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LE CONTRÔLE D'ESPRIT A TRAVERS LE TROU D'OZONE : L'AURA DE L'HOMME ET DE LA TERRE



  Pour comprendre et expliquer le problème des hommes en général, il faut retourner à la genèse d'Adam, d'Eve et du diable dans le jardin d'Eden. Que cela soit des conflits d'ordre politique ou spirituelle, tout est symboliquement résumé dans l'histoire d'Adam et d'Eve "l’orgueil". Néanmoins, sans l'intervention divine qui procure cette clairvoyance, nous ne pouvons jamais percer ces augustes dimensions. Comme le disait d'ailleurs le cheikh Imran Hussein lorsqu'il parle de la connaissance interne et externe.  Ce qui va alors suivre dans cette 2è partie, est juste une éveille de conscience pour voir le monde d'aujourd'hui sous un autre angle en ce temps catastrophique de régression spirituelle pour ce changement regrettable de la modernisation. La spiritualité étant un côté indissociable à l'être humain lorsque Allah dit : Dirige tout ton être vers la religion exclusivement [pour Allah], telle est la nature qu'Allah a originellement donnée aux hommes - pas de changement à la création d'Allah -. Voilà la religion de droiture; mais la plupart des gens ne savent pas. Coran 30/30. Mais que se passe t-il aujourd'hui dans la vie de l'homme par rapport à sa spiritualité? Est-ce les hommes ont consciemment choisi cet effondrement, ou il y a un système qui corrompe les valeurs pouvant permettre aux hommes d'atteindre la vraie connaissance spirituelle car nous sommes entrain d'entrer dans une nouvelle ère de l'énergie bleue,  celle de la domination, de la connaissance et de l'évolution spirituelle.

   A travers le Coran 7/19-26, nous avions compris et découvert dans la première partie, que le corps physique porte des vêtements et des parures, de même que l’esprit et l’âme portent également des vêtements de piété lorsqu’on est craintif, ou de l’impiété lorsqu’on est désobéissant. Le rôle important que joue le vêtement du corps physique, est approximativement le même rôle que jouent les vêtements de l’esprit et de l’âme (l’aura interne et l’aura externe) selon les dimensions dans lesquelles évolue chacun. Le vêtement matériel protège le corps physique contre le froid et nous procure parfois de la chaleur. Mais le plus important est de nous protéger contre la saleté et l’indécence, c’est pourquoi lorsque Adam et Eve ont désobéis à Allah en entrant dans l'environnement de l'arbre pour en manger son fruit haram, ils ont perdu les vêtements de l’esprit et de l’âme et son ramenés au bas niveau de la matière car le vêtement de la piété était le plus important où ils ont commencé par se couvrir de la matière (les feuilles). Par conséquent, le vêtement énergétique de l’esprit (l’aura interne), nous protège des mauvaises énergies de l'environnement et de l'alimentation, et le vêtement de la lumière de l’âme (l’aura externe), nous protège des ténèbres.

  " Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse; et ne mangez en vous deux, à votre guise; et n'approchez pas l'arbre que voici; sinon, vous seriez du nombre des injustes." Puis le Diable, afin de leur rendre visible ce qui leur était caché - leurs nudités - leur chuchota, disant: "Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des Anges ou d'être immortels ! ". Et il leur jura : "Vraiment, je suis pour vous deux un bon conseiller". Alors il les fit tomber par tromperie. Puis, lorsqu'ils eurent goûté de l'arbre, leurs nudités leur devinrent visibles; et ils commencèrent tous deux à y attacher des feuilles du Paradis. Et leur Seigneur les appela : "Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que le Diable était pour vous un ennemi déclaré ? ". Tous deux dirent : "ô notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants". "Descendez, dit [Allah], vous serez ennemis les uns des autres. Et il y aura pour vous sur terre séjour et jouissance, pour un temps". "Là, dit (Allah), vous vivrez, là vous mourrez, et de là on vous fera sortir". " Ô enfants d'Adam ! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. - Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur. - C'est un des signes (de la puissance) d'Allah. Afin qu'ils se rappellent ». Coran 7/19-26

L’IDENTITE COMMUNE ENTRE L’AURA DE L’HOMME ET L’AURA DE LA TERRE

      «Nous leur montrerons Nos signes dans l'univers et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que c'est cela (le Coran), la vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute-chose? Ils sont dans le doute, n'est-ce pas, au sujet de la rencontre de leur Seigneur? C'est Lui certes qui embrasse toute chose (par Sa science et Sa puissance).» (Coran,41:53-54).

   D'après nos différentes découvertes basées sur ces versets et développées dans nos deux derniers livres en cours d'édition, l’identité commune dans la création de l’homme et de la terre suivant le système énergétique, nous avions découvert au niveau de l’homme : les veines énergétique, les 7 centres énergétiques, l’axe énergétique en radiation autour duquel tournent les 7 centres énergétiques, la grille énergétique du système nerveux et enfin l'aura interne et externe. Au niveau de la terre, nous avions découvert les mêmes proportions comme par exemple: les lignes énergétiques, les vortex qui sont les centres de distribution énergétique terrestre, la grille énergétique terrestre, ensuite l’axe énergétique en radiation traversant le trou noir de la Kaaba et autour duquel tourne la terre et la galaxie. Au vue de tout ceci, contrairement à ceux qui égarent les gens sur le sens de rotation des 7 centres, nous nous sommes basés selon le sens de rotation de la terre et de notre galaxie, pour justifier le sens de rotation positive des 7 centres énergétiques et l’axe radiant de l’homme, des vortex et l’axe radiant de la terre traversant la Kaaba, afin de comprend pourquoi les pèlerins doivent tournés 7 fois autour de la Kaaba de la droite vers la gauche. Mais il nous reste encore une chose que nous n’avions pas encore démontré, il s’agit des auras de la terre. Où sont donc les aura de la terre ?


L’aura de la terre

Le texte suivant a été tiré du livre les miracles scientifiques du Coran d’Haruna Yahya.

   A travers le Saint Coran, Allah – sublime soit le Très Haut - attire notre attention sur une caractéristique importante du ciel quand il dit : « Et Nous avons fait du ciel un toit protégé. Et cependant, ils se détournent de ses merveilles ». (Coran 21/32), caractéristique établie par les recherches scientifiques effectuées au cours du 20ème siècle. La couche atmosphérique qui entoure la terre remplit des fonctions indispensables à la continuité de la vie. C’est ainsi que lors de la destruction des astéroïdes, grands et petits, ce toit les empêche de se heurter à la terre et les êtres vivants.

ENTRE L'AURA DE L'HOMME ET DE LA TERRE - ISLAM - ENTRE L'AURA DE L'HOMME ET DE LA TERRE - ISLAM -

   La couche de magnétosphère est constituée des champs magnétiques terrestres et forme un écran protecteur pour la terre contre les météores, les rayonnements cosmiques et les particules nuisibles. On peut voir sur la photo ci-dessus la couche de magnétosphère ainsi que la ceinture de Van Allen. Ces ceintures qui se trouvent au-dessus de la terre à des milliers de kilomètres, protègent les êtres vivants de cette énergie dont le Coran fait mention depuis plus de quatorze siècles en ces termes : « Et nous avons fait du ciel un toit protégé ».  De plus, l’enveloppe atmosphérique filtre les rayons lumineux des rayonnements nocifs pour les êtres vivants. Et le plus surprenant est que l’atmosphère ne laisse passer que les rayonnements non nuisibles, tels que la lumière visible, les rayons ultra-violets (U-V) et les ondes radio, rayonnements essentiels pour la vie.

 

ENTRE L'AURA DE L'HOMME ET DE LA TERRE - ISLAM -

   L’illustration ci-dessus montre les météorites sur le point de cogner la terre, car toute particule céleste baignant dans l’atmosphère constitue un danger réel pour la terre. Mais Allah – Sublime soit le Glorifié - qui a créé la terre, a fait de l’atmosphère un écran protecteur. Grâce à cette protection spéciale, la plupart des météorites ne nuisent pas à la terre, parce qu’ils se décomposent dans la couche atmosphérique.  Les rayons U-V dont une partie peut traverser l’atmosphère sont indispensables pour la photosynthèse chez les plantes et pour la survie des êtres vivants. La plupart des rayonnements U-V concentrés qui s’éloignent du soleil sont filtrés à travers la couche d’ozone dans l’atmosphère et seule une quantité limitée et indispensable de ce rayonnement atteint la terre.  Cette fonction protectrice de l’atmosphère ne s’arrête pas à ce stade. Elle protège la terre également du froid glacial de l’espace qui atteint moins 270 °C.  En outre, la protection de la terre contre les effets nuisibles ne provient pas de la seule atmosphère : en effet, la ceinture de Van Allen, une couche formée des champs magnétiques terrestres constitue une protection contre les rayonnements nuisibles qui menacent notre planète. Ces rayonnements, régulièrement produits par le soleil et les autres astres, ont une action fatale pour les être vivants. Sans la ceinture de Van Allen, les énormes explosions d’énergie dites ondes ou explosions solaires (qui se produisent régulièrement dans le soleil) auraient déjà provoqué la destruction de la terre.

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   L’illustration ci-dessus montre un cratère provoqué par la chute d’un météore en Arizona aux Etats-Unis. Sans l’existence de la couche atmosphérique, des millions de météores seraient tombés sur la terre la rendant impropre à la vie. Mais la spécificité de la protection atmosphérique permet la continuité d’une vie paisible sur la terre.  Le Docteur Hugh Ross souligne l’importance de la ceinture de Van Allen en ces termes : « La terre est la plus dense des planètes du système solaire. Ce grand noyau composé de nickel et de fer exerce un important champ magnétique qui forme la couche protectrice de radiation de Van Allen. Cette couche protège la terre contre des bombardements de radiation. Sans cette couche, il n’y aurait pas de vie sur terre. La seule autre planète qui a un champ magnétique et qui est formé de zones rocheuses est Mercure. Mais la force de ce champ magnétique est 100 fois moins importante que celle de la Terre. La ceinture de Van Allen est propre à la Terre.  L’énergie produite par une seule de ces explosions dont le calcul a été effectué dernièrement équivaut à 100 Milliards de bombes atomiques semblables à celle larguée sur Hiroshima. Quatre vingt cinq heures après l’explosion de cette dernière, il a été remarqué que les aiguilles magnétiques des boussoles ont eu un comportement anormal et la température au-dessus de l’atmosphère, à une altitude de 250 km, a atteint 1.500 °C.

   En somme, il existe un système parfait de protection de notre univers contre les menaces extérieures. Les savants ne l’ont découvert que récemment alors qu’Allah – Sublime soit le Glorifié – nous a informé depuis des siècles de l’existence de la couche atmosphérique protectrice.  La plupart des gens regardent le ciel sans réfléchir au  rôle protecteur que joue l’atmosphère. Et ils ne pensent pas non plus à l’état dans lequel aurait été l’univers sans cette couche protectrice.  Et lorsque nous parlons de la terre, nous trouvons qu’elle convient parfaitement à la vie humaine. Et lorsque nous traversons l’atmosphère vers l’espace extérieur, nous rencontrons une température de moins 270 °C, température dont le monde a été protégé grâce à l’atmosphère. Il explose comme une bombe extraordinaire que l’esprit humain éprouve bien du mal à imaginer. Une seule explosion est difficile à imaginer. Une seule explosion équivaut à 100 Milliards de bombes atomiques semblables à celle larguée sur Hiroshima. Le monde se trouve donc protégé contre les effets dévastateurs d’une telle énergie et ce grâce à la couche atmosphérique et à la ceinture de Van Allen[1].

   Voilà donc la relation entre l’aura interne et externe (la couche d’ozone et la ceinture de Van Allen) de la terre par rapport à l’aura interne et externe de l’homme. Ils jouent donc les mêmes rôles. C’est pourquoi Allah dit : « Nous leur montrerons Nos signes dans l'univers et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que c'est cela (le Coran), la Vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute-chose ? Ils sont dans le doute, n'est-ce pas, au sujet de la rencontre de leur Seigneur ? C'est Lui certes qui embrasse toute chose (par Sa science et Sa puissance). Coran 41/53-54.

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   Il est aujourd’hui apparent que la couche d’ozone est trouée par les gaz à effet de serre selon les recherches menés par les scientifiques, ou plutôt ce qu'ils nous affirment sauf si la vérité est ailleurs loin de ce qu'ils avancent lorsque nous méditons sur ces versets suivants.

    "Allah l'a (le Diable) maudit et celui-ci a dit : "Certainement, je saisirai parmi Tes serviteurs, une partie déterminée. Certes, je ne manquerai pas de les égarer, je leur donnerai de faux espoirs, je leur commanderai, et ils fendront les oreilles aux bestiaux; je leur commanderai, et ils altéreront la création d'Allah. Et quiconque prend le Diable pour allié au lieu d'Allah, sera, certes, voué à une perte évidente. Il leur fait des promesses et leur donne de faux espoirs. Et le Diable ne leur fait que des promesses trompeuses. Voilà ceux dont le refuge est l'Enfer. Et ils ne trouveront aucun moyen d'y échapper!". Coran 4/118/121

    Ceci étant dit, existe-il des hommes qui se sont laissés tromper par le grand séducteur Shaytane (Satan), entrain de détruire minutieusement la création d'Allah?. Puisque la terre et l'homme fonctionnent de la même manière sur le plan énergétique, si nous détectons les causes des problèmes de l'homme, nous pouvons découvrir ceux de la terre n'est ce pas?

   Par ailleurs, au niveau de l'aura humain nous avons le phénomène des brèches qui provoque la fuite de son énergie et l'expose aux mauvaises énergies de l'environnement, des diables et des sorcelleries enterrées ou accrochées. Pour découvrir ce qui a réellement créé le trou d’ozone, nous devrions explorer qu’est ce qui créé les brèches aux niveaux des auras de l’homme.

   Toutes interventions chirurgicales provoquent des brèches; toutes blessures provoquent des brèches; toutes plaies incurables sont causées par les brèches. Tous produits chimiques dans l'agro-alimentaire et cosmétique provoquent des brèches, neutralisent l'aura magnétique et affaiblissent le taux vibratoire des centres énergétiques. Le pire des cas, les émotions négatives telles que la peur, la colère, la tristesse, la haine, la dépression alarmante, provoquent des brèches qui négative et font fuir toute notre énergie positive et neutralise notre aura magnétique. Parmi ces émotions, la plus grave est celle que provoque la peur. Les effets de la peur sur l'esprit, sont comme des éclaires foudroyants qui causent parfois des séismes au niveau de la terre. Lorsque le taux vibratoire augmente brusquement à cause de la peur, nous créons des fissures aux niveaux du corps subtil. Et le pire encore, c'est la grande quantité de toxine qui innerve tous nos centres énergétiques, nos organes et principalement nos glandes endocrines. Ce qui ronge petit à petit et surement notre système immunitaire. En principe, nous n'avions pas besoin de dépenser tant d'argent pour notre santé car notre aura magnétique assume l'état positif de notre santé.

    Alors s'il en est ainsi, à quoi sert la peur que créé : le terrorisme manipulé? lorsqu'on est en face des jeux Playstation? lors des jeux de football et autres? la peur que créé les films d'actions et certains films d'horreurs hollywoodiens ? certains jeux portable s'il n'y a pas ces sorciers alliés du diable qui nous contrôlent à travers cette Matrix? A quoi servent les tremblements, séismes, tsunamis que créé la HAARP contre la terre lorsque que nous savons que le champ magnétique de la terre dépend de son noyau en fusion? A quoi servent les traînés chimique (chemtrails) dans l’atmosphère lorsque nous savons que tous les produits chimiques provoquent des brèches, neutralisent l'aura magnétique et affaiblissent le taux vibratoire des centres énergétiques humains. Le diable n'a jamais été l'ami de personne, il a un objectif précis définir dans le Glorieux Coran et Allah est très pardonneur envers l'homme. Cessez et Allah est accueillant aux repentis. Soyez en paix et construisez la paix autour de vous loin de se laisser emporter par ces émotions négative car, un seul individu saisi par ces différentes émotions, peut créer un environnement négatif dans son foyer à travers ses brèches. Voilà l'un des secrets du diable qui engendre le désordre sur la terre, dans les foyers et dans les couples pour des divorces fréquentes. Ne répondez plus à une résistance, à la rébellion qui attise votre haine et votre colère et qui vous poussent en réalité à la transgression et l'injustice. Gardez sain votre champs énergétique et celui de votre environnement. Paix sur vous

source et images:
http://w313.ek.la/le-controle-d-esprit-a-travers-le-trou-d-ozone-l-aura-de-l-homme-et-de-a117982634

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Europe / Une loi pour museler la population en Espagne
« le: 02 juillet 2015 à 16:15:42 »
Une loi pour museler la population en Espagne

Une nouvelle loi sécuritaire, qui encadre le droit de manifester, est entrée en vigueur hier en Espagne hier.
Elle prévoit notamment des amendes allant jusqu'à 600.000 euros pour certaines manifestations non autorisées.
Ses détracteurs y voient une atteinte aux libertés les plus fondamentales



Dans quel pays imaginez-vous que l’on puisse promulguer une loi pour museler la population ? Certainement pas l’Espagne. Et pourtant. Hier, la loi dite de sécurité citoyenne est entrée en vigueur. Cette loi, qui a pour but de garantir l’ordre vise, notamment, les manifestations et les réunions publiques. Et c'est la raison pour laquelle l’opposition, mais aussi plusieurs associations et même l’ONU dénoncent aujourd'hui une atteinte aux libertés les plus fondamentales. Ils ont même rebaptisé cette loi, "loi bâillon", car disent-ils, désormais les citoyens ne pourront plus exprimer dans la rue des idées allant à l’encontre de celles de la classe politique dominante.

 

De quoi s'agit-il ? Le texte comprend 45 infractions, peut-on lire sur le site de la RTBF. Les manifestations devant le parlement et autres bâtiments officiels sont notamment classées parmi les infractions les plus graves. Ainsi, le fait de protester face au Sénat, devant la Chambre nationale des députés ou tout Parlement régional pourra être puni de 30 000 euros d'amende. Idem si vous refusez de décliner votre identité à un agent des forces de l'ordre. Si vous photographiez un policier en service pendant une manifestation, il vous en coûtera jusqu'à 600 euros Et puis si vous êtes à l’origine de l’organisation d’une activité festive, dans un endroit proscrit par les autorités (par exemple les réseaux de transport), la contravention peut monter jusqu’à 600 000 euros.

 

Pour ses détracteurs, cette loi ne serait en réalité qu’un moyen, à peine déguisé, de juguler toutes les tentatives de protester contre la politique de rigueur, mise en place par le parti conservateur. Et de fait, c'est vrai qu'en se réappropriant l’espace public, les manifestants ont mis à rude épreuve le pouvoir. Avec la crise économique, des mouvements sociaux ont commencé à se consolider, la protestation sociale s’est généralisée. De ces mouvements sont même nées des formations politiques, comme Podemos, qui forment désormais partie de l'échiquier politique espagnol. En clair, le paysage politique est en train de changer, écrit la directrice adjointe du quotidien EL MUNDO. Ou dit autrement, au travers de cette loi, le gouvernement veut taire la contestation et empêcher que d’autres forces politiques émergent. Et pour ce faire, il est indispensable non seulement de limiter le droit de manifester, mais aussi le droit de relayer les informations concernant l'action citoyenne. Les témoins de brutalité policière, par exemple, ne pourront plus en rendre compte. Et pourtant, rappelle la journaliste, nous avons tous en tête les images enregistrées par des citoyens pendant des rassemblements, qui mettaient en lumière les agissements de la police. Or avec cette nouvelle loi ce ne sera plus possible. En clair, pour les détracteurs de la loi, nous ne pourrons plus être nous-mêmes et nous ne pourrons plus désormais penser librement. Car la pensée libre est liée à la possibilité de se réunir pour parler, s’exprimer dans les places, dans les marchés, dans les rues.

 

Le texte est même tellement ambiguë que tout et n’importe quoi peut désormais tomber sur le coup de cette loi. Si vous relayez l’information sur une manifestation ou si vous retweetez simplement une information, vous pouvez être considéré comme l’organisateur de ce rassemblement et donc être fautif. En clair, cette loi vise toutes les nouvelles formes de contestations qui se jouent sur les réseaux sociaux. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, il y a déjà quelques semaines, le collectif "Hologrammes pour la liberté" avait projeté sur la place des Cortes (où se trouve l'Assemblée nationale), des centaines d’images en 3D représentant des manifestants. Une manière de signifier que ce sera désormais la seule façon de manifester en Espagne, sans être inquiété par la police.

 

Et puis ce n'est pas tout, car l’entrée en vigueur de cette loi va également de pair avec une double modification du code pénal, lequel entraîne un glissement de la sphère judiciaire à la sphère administrative. En clair, si lors d’un rassemblement, un manifestant était interpellé et mis en garde à vue, il était jusqu'à présent présenté à un juge. Et dans la plupart des cas, ce dernier considérait que l’action du citoyen relevait de la liberté d’expression. Or avec ce nouveau dispositif, le citoyen est éloigné du pouvoir judiciaire. C’est l’administratif qui prendra désormais le relais. En d'autres termes, une fois que le citoyen aura reçu sa contravention, il lui sera plus difficile de la contester. C’est donc la police qui aura désormais le dernier mot, précise à son tour la responsable des enquêtes chez Amnesty international en Espagne.

 

Interrogé par PUBLICO, un juge ne dit pas autre chose : il estime que cette loi n’a rien à voir avec la sécurité des citoyens. C’est une loi sécuritaire du gouvernement qui fait face à la contestation citoyenne, dit-il, avant d’ajouter : le citoyen est devenu l’ennemi. D'où la conclusion signée cette fois-ci d'un bloggeur hébergé toujours sur le portail de gauche PUBLICO : c'est un triste jour pour la démocratie. Il s'agit d'une régression aussi dure qu'inutile au niveau de la lutte douloureuse que nous avons menée. La démocratie a perdu de sa vigueur. Et nous voilà désormais renvoyés à un passé que nous n'avons pas encore complètement oublié ; à l'époque de la main de fer, de la peur instrumentalisée comme arme politique et de la primauté de l'ordre sur toute divergence.

http://www.franceculture.fr/emission-revue-de-presse-internationale-une-loi-pour-museler-la-population-en-espagne-2015-07-02

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En Espagne, austérité et privatisations détruisent le système de santé publique et nuisent à la qualité des soins




En Espagne, la politique d’austérité s’est traduite par des coupes budgétaires et des suppressions de postes massives dans les hôpitaux et les dispensaires publics. Aux dépens du personnel soignant, maltraité par une organisation du travail dégradé, et des patients, victimes de délais d’attente à rallonge et de négligences médicales en hausse. Le secteur privé profite, lui, d’une hausse des deniers publics, et de la privatisation rampante des hôpitaux. Les fortes mobilisations syndicales et citoyennes, ainsi que la victoire du nouveau parti de gauche Podemos à Madrid, ont pour l’instant mis un coup d’arrêt à cette destruction programmée du système de soins publics et universels. Enquête.


Le spectacle n’est pas très flatteur pour la direction de l’établissement hospitalier. Des lits sont entassés en quinconce dans les couloirs et dans les chambres individuelles. Les issues de secours sont bloquées et le travail du personnel soignant entravé. Avec l’augmentation des maladies hivernales, le service est rapidement saturé. La plupart des patients sont des personnes âgées, demandant une attention particuliers. L’exiguïté interdit toute intimité. Pendant que l’on vide les flacons d’urine de certains, on sert le repas à d’autres. L’odeur ambiante est désagréable. La tension entre le personnel soignant est palpable. Le service des urgences l’Hôpital 12 de Octubre, au sud de Madrid, semble au bord du burn out.

« Je n’en peux plus ! », soupire une infirmière tout en réalisant une prise de sang sur une vieille dame. L’infirmière est aphone, malade elle aussi, mais dans l’impossibilité de prendre un congé. Si elle le fait, sa charge de travail se répercutera immédiatement sur l’une de ses collègues. « Le personnel absent n’est pas remplacé », nous explique sa collègue. « Et puis il y a aussi de nouvelles sanctions économiques. »

« La saturation des urgences est devenue permanente »

En 2012, le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, droite), a modifié le régime des indemnités journalières versées aux fonctionnaires de l’État en cas d’arrêt de travail pour les maladies et les accidents non-professionnels. Une infirmière voit ainsi ses indemnités réduites de 75% à partir du quatrième jour d’absence et jusqu’à 100% à compter du vingt-et-unième. L’infirmière enrouée ne décolère pas : « Comment voulez-vous que je récupère en étant constamment en contact avec des gens malades ? Sans compter que je dois à mon tour faire attention de ne contaminer personne. »

Ces scènes inquiétantes se banalisent. Dans un autre hôpital public de Madrid, le Clínico San Carlos, la saturation des urgences a forcé l’hôpital à annuler des interventions chirurgicales programmées de longue date afin de libérer des lits et du personnel. Quelques mois plus tôt, le personnel des urgences de l’hôpital madrilène La Paz dénonçait les graves carences de leur unité de soins : « 22 lits pour 45 malades ». La presse espagnole s’est faite l’écho du cri d’alarme généralisé des personnels soignants, mais aussi de l’indignation citoyenne face à plusieurs cas de personnes décédées. Elles avaient passé jusqu’à quatre jours aux urgences, après neuf mois sur liste d’attente !

Hausse des cas de négligences médicales

La Defensora del Pueblo – l’équivalent espagnol du Défenseur des droits –, Soledad Becerril, a publié début 2015 un rapport très critique sur la situation des services d’urgence dans les établissements hospitaliers publics [1]. Elle y signale, entre autres, que « la saturation des urgences est devenue permanente » et « augmente les cas de négligences médicales ». Reyes Gallego, infirmière à l’hôpital 12 de Octubre et membre du syndicat Syndicat unique de santé et d’hygiène (SUSH), confirme ces risques : « Quand il y trois patients dans un box prévu pour deux, les couloirs envahis par les lits et qu’un patient à besoin d’une intervention urgente, la possibilité de commettre des erreurs est exponentielle ». De leur côté, les directions des hôpitaux et les autorités sanitaires évoquent invariablement des « situations ponctuelles ».

Difficile de quantifier l’ampleur des négligences médicales. Il n’existe pas de statistiques officielles publiques. En 2005, l’Institut de statistiques espagnol a cessé de publier les indicateurs de la qualité de soins dans les hôpitaux. Seule l’association Defensor del Paciente (défenseur du patient), créée en 1987 pour venir en aide aux victimes de négligences médicales, publie chaque année un rapport sur la base des plaintes déposées contre les services d’urgences. D’après leurs données, le nombre de cas d’erreurs médicales présumées n’a cessé d’augmenter depuis 2010, passant de 12 162 cas (dont 554 décès) à 14 749 (dont 835 décès). Soit une hausse de 21% en quatre ans.

Délai d’attente moyen pour une opération : 98 jours

C’est aux experts médicaux et éventuellement aux juges de déterminer s’il y a faute professionnelle, et si ces fautes sont directement responsables des décès. « En moyenne, d’année en année, 40% des cas qui parviennent à l’association sont confirmés comme étant des négligences médicales », souligne Carmen Flores, la présidente de l’Association. Qu’en est-il des 60% restants ? Les données disponibles ne permettent pas de distinguer les plaintes rejetées de celles qui sont demeurées sans suite, les frais d’expertise juridiques à la charge du patient étant un frein pour que ces recours aboutissent.

L’association d’usagers est confrontée à un autre phénomène : les plaintes face à la longueur des listes d’attente. « Ces plaintes concernent les délais pour obtenir un traitement spécifique, pour être redirigé vers un spécialiste ou simplement avoir un diagnostic. Du total des plaintes que nous recevons, les deux tiers sont relatives aux listes d’attente », explique Carmen Flores. Et elles aussi augmentent depuis trois ans. D’après les propres statistiques du Système national de santé, entre juin 2012 et décembre 2013, l’attente moyenne pour une intervention chirurgicale est passée de 76 jours à 98 jours. Près d’un patient sur six est sur liste d’attente depuis au moins six mois, sur l’ensemble du territoire espagnol. Pour Carmen Flores, la cause de ces négligences et de ces délais ne fait aucun doute, ce sont les coupes budgétaires pratiquées par le gouvernement.

19 000 postes supprimés en deux ans

Pour les qualifier, le gouvernement espagnol a choisi un euphémisme : des « mesures urgentes pour garantir la durabilité du système national de santé et améliorer la sécurité des prestations ». Ces mesures se sont traduites par la suppression de 19 000 postes sur tout le territoire entre janvier 2012 et janvier 2014, soit 7% des effectifs de la santé publique (272 000 médecins et personnel infirmier). Le budget alloué au système de santé publique a chuté de 11 % entre 2010 et 2014. Outre la dégradation des conditions de travail et de la qualité des soins dispensée aux patients, cette politique d’austérité provoque un début d’exode du personnel soignant hors d’Espagne.

« Ces trois dernières années, 7 378 médecins [sur un total de 232 816 médecins inscrits à l’Ordre des Médecins en 2013] ont sollicité le certificat d’aptitude pour partir travailler hors de nos frontières », comptabilise l’Organisation médicale collégiale, qui chapeaute la profession. « Ce chiffre montre bien la crise qu’est en train de traverser la profession médicale en Espagne ». Le nombre de certificat octroyé a presque triplé depuis 2010. En parallèle, le nombre d’infirmiers au chômage a été multiplié par cinq, avec 20 000 personnels soignants sans emploi fin 2013.

« La Santé Publique est clairement maltraitée »

« La Santé Publique est clairement maltraitée en Espagne », s’insurge Reyes Gallego, du syndicat minoritaire SUSH. « Nous sommes surchargés de travail, et nos efforts ne sont valorisés ni par la hiérarchie ni même par la société. Comment se sentir motivés dans ces conditions ? ». Très souvent, les personnels sont directement la cible de l’énervement des usagers, qui leur attribuent la responsabilité de leur trop longue attente de soins. « Nous subissons un stress énorme. Parfois, au plus fort de l’activité des urgences, un médecin arrive et exige que nous interrompions ce que nous sommes en train de faire pour effectuer un électrocardiogramme à un patient… assis sur une chaise ! On est loin des conditions optimales enseignées à l’école d’infirmières pour faire ce genre d’interventions ! », témoigne Mar Coloma, infirmière à l’hôpital public Ramón y Cajal de Madrid. « Cette pression fait que les infirmières vivent dans la peur constante de commettre des erreurs, sans compter les lésions que cela induit ». Elle se souvient de cette infirmière surmenée dont le doigt, quelques mois auparavant, a été sectionné par une porte d’ascenseur.

Partout, l’évaluation quantitative, via la gestion des budgets, a pris le pas sur l’évaluation de la qualité des soins et de la prise en charge des patients (lire aussi notre article). « En tant que responsable d’un service, si l’on montre à la direction qu’on est capable de bien gérer le budget qu’elle nous a confiée, et mieux encore si l’on arrive à économiser sur ce budget, nous sommes récompensés », témoigne Luis Fernández, du service de cardiologie infantile de l’hôpital Ramón y Cajal. « Dans le cas contraire, nous sommes sanctionnés par une réduction de budget pour l’année suivante. »

La situation dans les dispensaires n’est guère meilleure. « L’organisation du travail a empiré ces dernières années. Avant nous avions un système d’évaluation, une plus grande participation dans la prise de décisions et un dialogue régulier avec nos supérieur. Tout cela a disparu avec le gouvernement actuel », décrit Rosa Bajo qui travaille dans le dispensaire de Campo Real, à une trentaine de kilomètres de la capitale. « Désormais, nous avons l’impression que la hiérarchie valorise davantage notre capacité à diminuer les coûts et à bien gérer le budget plutôt que d’améliorer les conditions de vie et de santé de nos patients. C’est très démotivant. »

L’austérité, prologue à la privatisation des hôpitaux

Plutôt que de « garantir la durabilité du système national de santé », le gouvernement espagnol est accusé de l’affaiblir, au profit des cliniques privées. Le processus de privatisation du secteur de la santé a commencé en 1991, sous le mandat du Premier ministre socialiste Felipe González. A l’époque, un rapport parlementaire pointe déjà « une certaine fatigue du système sanitaire ». « Depuis, les gouvernements successifs ont délibérément laissé se dégrader le système de santé publique. Ils ont sans cesse réduit ses budgets et ses effectifs et externalisé des services, de façon à orienter le public vers les opérateurs privés », accuse Juan Antonio Recio, ancien infirmier et membre de la Coordination anti-privatisation de la santé publique (CAS), qui regroupe des professionnels de santé, des usagers et des syndicats opposés aux mesures d’austérité.

C’est ce qui est arrivé à Juan José Martín. Ce patient doit subir une opération pour ôter des varices. Au préalable, il doit procéder à des examens cardiologiques et prendre rendez-vous avec un spécialiste. Or, le système public de santé madrilène est désormais équipé d’un service informatisé, géré par une société privée, qui centralise toutes les prises de rendez-vous et les redirige directement vers des médecins spécialistes en fonction de leur agenda. Initialement orienté vers un établissement privé, Juan José Martín refuse par principe, au nom du maintien des services publics. Réponse du service madrilène de santé : son rendez-vous sollicité en janvier 2015 ne lui sera accordé qu’en octobre prochain. « C’est une tactique pour décourager les patients et les diriger vers le privé où ils n’auront pas à attendre des mois pour obtenir leur rendez-vous », interprète-t-il.

Les budgets publics accordés au privé en forte hausse

Manuel Rengel, médecin néphrologue à l’hôpital universitaire Princesa confirme cette stratégie. Les patients qu’il reçoit ont initialement été systématiquement orientés vers les cliniques privées, sous contrat avec l’État, pour les premiers examens. Ce qui pose également des problèmes en matière de suivi de ces patients. Car si les prises de rendez-vous sont centralisés, la transmission des dossiers médicaux semble faire défaut. « Il n’y a aucune communication avec les médecins privés qui se sont chargés des premiers examens », déplore le spécialiste. « Donc, s’il y a un problème, je ne sais pas à qui m’adresser. Même si je le savais, je devrais demander l’autorisation à la direction de l’hôpital pour entrer en contact avec un médecin de l’extérieur au sujet d’un patient. » Le néphrologue exige donc que tous les examens aient lieu dans son service afin que le suivi de ses patients ne soit pas fragmenté.

Un rapport de la confédération syndicale CCOO (Comisiones Obreras), publié en septembre 2014, analyse en détail l’évolution des budgets octroyés au système public et aux partenariats public-privé en matière de santé [2]. Si celui destiné aux structures de soins publics diminue, l’enveloppe consacrée aux partenariats public-privé augmente. En dix ans, de 2002 à 2012, elle est passée de 3,6 milliards d’euros à 5,7 milliards en 2012. Soit une augmentation de 63 % en faveur du privé.

Huit nouveaux hôpitaux gérés par le secteur privé dans le cadre d’un partenariat avec l’État ont ainsi ouvert leurs portes dans la région de Madrid. Des personnels soignants venus du public y ont été transférés. Les conditions de travail et le niveau de qualité des soins dispensés sont-ils pour autant satisfaisants ? Une étude réalisée par la Coordination anti-privatisation il y a cinq ans ans tend à montrer le contraire, en recueillant des dizaines de témoignages [3].

« J’ai vu des médecins craquer et rentrer chez eux en pleurant »

« J’ai vécu le transfert au nouvel hôpital comme la pire année de ma vie, avec des relations entre professionnels néfastes, une qualité des soins qui se détériore. Dès que nous avons commencé à protester, nous avons eu de gros problèmes avec la direction. Certaines de nos déclarations sont sorties dans la presse et nous avons été menacés directement », décrit un médecin urgentiste de l’hôpital privatisé de Majadahonda. « Bien que l’équipe soit plutôt jeune, entre 30 et 40 ans, les arrêts de travail sont de plus en plus longs, avec carrément des dépressions. J’ai vu des médecins craquer et rentrer chez eux en pleurant », détaille une infirmière du même hôpital.

La conception même de ces nouveaux hôpitaux est mise en cause par le personnel qui y travaille. « Il y a des fuites d’eau partout, les canalisations gouttent. Quand il pleut, l’eau passe sous les portes des sorties de secours des blocs opératoires alors qu’elles devraient être obligatoirement étanches ! La seule chose que propose la direction est de placer des seaux », raconte une infirmière auxiliaire de l’hôpital Infanta Leonor. Cette privatisation rampante n’a pas non plus amélioré l’accès aux soins : d’après un rapport de Médecins du Monde publié en février 2015, 40 000 personnes se sont ainsi retrouvé privées du droit aux soins médicaux gratuits – sauf cas d’interventions vitales [4].

Premières victoires des mobilisations sociales

La réaction face à cette dégradation du système de santé espagnol est d’abord venue des mouvements anti-austérité, nés dans le sillage du mouvement des indignés. Suite à l’annonce en avril 2012 par le ministre régional de la Santé, Javier Fernández Lasquetty (Parti populaire) de plusieurs mesures – baisse du budget de la santé publique de 7%, privatisation total de plusieurs hôpitaux et dispensaires –, de nombreux collectifs de citoyens se sont créés pour protester contre ces coupes budgétaires et privatisations.

Depuis des “marées blanches”, rassemblant des professionnels de santé, des syndicats, des associations de patients, des activistes anti-austérité se succèdent dans les rues de Madrid, en faveur d’un « système de santé de gestion publique, universel et de qualité ». Une première victoire est remportée en janvier 2014 lorsque le Tribunal Supérieur de Justice de Madrid décide de suspendre de façon préventive le processus de privatisation des six hôpitaux, alléguant que les « dimensions extraordinaires » de la mesure pourraient « porter un préjudice irréparable » aux usagers et personnels médicaux de Madrid [5]. Et en mai 2015, la gauche, emmenée par le nouveau parti Podemos, a ravi la ville de Madrid aux conservateurs néo-libéraux.

Nathalie Pédestarres, à Madrid

Photo : Marches blanches à Madrid en février 2013 / © Hugo Atman
http://www.bastamag.net/En-Espagne-austerite-et-privatisations-detruisent-le-systeme-de-sante-publique

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Dans le Sinaï, « c’est la guerre » entre l’Egypte et l’Etat islamique




Les djihadistes de l’Etat islamique ont battu en retraite, mercredi 1er juillet, après huit heures de violents combats contre l’armée égyptienne dans le Sinaï. Les affrontements avaient débuté par une série d’attaques coordonnées contre quatre points de contrôle et barrages routiers dans cette région désertique.

L’une des attaques, menée à l’aube avec une voiture piégée au sud de Cheikh Zouweid, près d’Al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï, a coûté la vie à quinze soldats. « C’est la guerre », indiquait à l’AFP un haut responsable militaire plus tôt dans la journée.

Avant de se retirer, les djihadistes ont miné les abords d’un commissariat du Cheikh Zouweid pour empêcher l’arrivée de renforts, prenant position sur les toits des immeubles alentours pour attaquer le bâtiment avec des lance-roquettes, selon un colonel de police. Des chasseurs F-16 de l’armée ont alors bombardé les positions djihadistes, selon des responsables de la sécurité et un témoin. « Il y a des hommes armés dans les rues. Ils ont planté des mines partout », avait indiqué à l’AFP ce témoin depuis Cheikh Zouweid.

Bilan incertain

Au moins 70 soldats et civils ont été tués dans les violences, selon des responsables de la santé et de la sécurité. Mais dans un communiqué, l’armée a fait état de 17 soldats tués et de 100 djihadistes abattus, sans qu’il ne soit possible dans l’immédiat d’expliquer l’écart entre les différents bilans. Il s’agit quoi qu’il arrive des plus lourdes pertes subies par l’armée dans le Sinaï, bastion du groupe Ansar Beit Al-Maqdess, la branche de l’EI dans cette région.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le groupe, qui s’est rebaptisé « Province du Sinaï » pour marquer son allégeance au « califat » autoproclamé par l’EI, a revendiqué des attaques contre plus d’une quinzaine de barrages militaires, précisant que trois kamikazes avaient participé aux assauts. Les djihadistes affirment d’ailleurs agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les pro-Morsi et qui a fait plus de 1 400 morts. Et les violences de mercredi interviennent alors que l’Egypte marque vendredi le deuxième anniversaire de l’éviction du président islamiste.

Au Caire, la police a mené, dans l’après-midi, un raid dans un appartement en banlieue, dans lequel neuf « activistes islamistes armés » ont été tués. Selon des sources sécuritaires citées par Reuters, les autorités avaient été informées du fait que le groupe préparait un attentat. L’un des morts serait Nasser Al-Hafi, ex-député et avocat des Frères musulmans du président déchu Mohamed Morsi.

Législation plus dure attendue


Cette offensive de grande ampleur des djihadistes dans le Sinaï a aussi eu lieu deux jours après l’assassinat au Caire du procureur général d’Egypte dans un attentat à la bombe. Il s’agit du plus haut représentant de l’Etat tué depuis le début de la vague d’attaques djihadistes en 2013. Il y a un mois, le groupe Etat islamique, qui n’a pas revendiqué ce meurtre, a appelé ses partisans à s’attaquer particulièrement aux juges, en réaction à la pendaison de six hommes reconnus coupables d’avoir perpétré des attaques au nom de l’EI.

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, l’ex-chef de l’armée tombeur de M. Morsi, avait promis lundi une législation plus dure pour « lutter contre le terrorisme ». Mercredi, le gouvernement a alors approuvé une nouvelle loi antiterroriste qui prévoit notamment « des procédures pour assécher les sources de financement du terrorisme » et doit « offrir une justice rapide et venger nos martyrs », selon un communiqué.

Une vaste campagne militaire a été lancée contre les djihadistes dans la région du Sinaï il y a près de deux ans, mais elle n’a pas réussi à mettre fin aux attentats. Selon les autorités, des centaines de policiers et soldats ont été tuées depuis. En avril, 14 personnes, en majorité des soldats et policiers, avaient ainsi péri dans deux attaques revendiquées par Ansar Beit Al-Maqdess dans le Nord-Sinaï, région frontalière d’Israël et du territoire palestinien de la bande de Gaza, alors qu’une autre attaque avait coûté la vie à 15 soldats et deux civils.