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Messages - mike

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Magnet, acte deux, le retour du virus porno sur Facebook !



N

i le premier de sa catégorie, ni le dernier, le virus Magnet avait contaminé quelques 110 000 ordinateurs en deux jours au mois de février 2015. Se présentant sous la forme d'un post Facebook, il faisait semblant de relayer du porno pour finalement enregistrer chaque geste de ses victimes. Si Facebook et ses experts l'avait rapidement éradiqué, il semblerait qu'il soit plus coriace que prévu et il est apparemment temps pour lui de revenir dans la partie.

Son fonctionnement était basique, en cliquant sur une vidéo aux allures pornographiques, une fenêtre surgissait, intimant le téléchargement d’une mise à jour de Flash, qui n’avait pour seul intérêt que de télécharger Magnet sur votre machine. A partir de là, un logiciel espion pouvait à loisir enregistrer toutes les activités de l’utilisateur, en traquant les données du clavier et de la souris… Autant dire toute votre vie sur le web, du mail envoyé à maman à vos coordonnées bancaires. Qui plus est, le virus était capable de s’auto-partager sur le réseau social pour infester un maximum d’ordinateurs.

Apparemment ce petit virus est résistant et aurait été aperçu en Belgique et en Espagne, ce qui signifie qu’il est à notre porte. Méfiance et prudence donc, il n’y a pas de solution drastique pour endiguer ce problème, si ce n’est d’avoir l’intelligence de ne pas cliquer sur tout et n’importe quoi sur Facebook, et encore moins du porno en langue étrangère… On appelle ça le bon sens.

En savoir plus sur http://fr.ubergizmo.com/2015/06/16/magnet-virus-porno-facebook.html#TBBOdqprWkHApsp2.99


3377
Près de 200 camions pour manifester contre la taxe au kilomètre

Les camionneurs manifestaient, ce jeudi à Bruxelles, contre la taxe kilométrique pour les poids lourds.
Ils répondent à l’appel de l’Union professionnelle du transport et de la logistique (UPTR) et des deux autres fédérations du transport.




Il est 13h30. La manifestation des camionneurs se termine peu à peu. A coups de klaxon, ils ont manifesté leur colère face à la taxe kilométrique qui va bientôt toucher le secteur.

A peu près 200 dans les rues bruxelloises, les camionneurs, très bruyants, sont satisfaits de la mobilisation. « J'espère qu'on va voir une révision ou une annulation de la taxe au km, Hubert De Donder, patron d'une entreprise de 6 camions dans la région de Tournai. C'est à ceux qui transitante y en Belgique de payer. 10%, on ne saura jamais répercuter ça au client. C'est une attaque à main armée. »

Reste à voir si le gouvernement a été sensible à l'action de ce jeudi.

Circulation de retour à la normale pour l'heure de pointe

« Dans l'ensemble, les embarras de circulation ont été modérés dans Bruxelles », selon Hajo Beeckman du Centre flamand du trafic (Vlaams Verkeerscentrum). « Les automobilistes se sont adaptés et ont évité la capitale », ajoute-t-il.

Mais cette affirmation ne prend pas en compte ceux qui ont dû patienter derrière la colonne de camions, parfois à l'arrêt et dans le vacarme des klaxons.

« Cela prend presque une demi-heure pour traverser un carrefour, pour ceux qui suivent la colonne. Dans l'autre sens il n'y a naturellement pas de problèmes », selon M. Beeckman.

Qu'en sera-t-il durant l'heure de pointe? « En principe, il n'y aura plus d'embarras résultant de la manifestation », affirme M. Beeckman. « Les poids lourds se rassemblent sur l'avenue du port pour se diriger vers la A12 et se disperser ensuite. Vers 17h00, quand l'affluence commencera, les camions devraient être partis. Certains pourraient encore décider d'organiser certains barrages, comme ce matin à Wemmel et Asse avant la manifestation. »

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20150618_00665916&pid=2320219

3378
Loi Renseignement : une autre violation des droits de l'homme ajoutée au texte !

Lors de la négociation du texte final entre 14 sénateurs et députés, le Parlement a ajouté une disposition qui prive les étrangers et les exilés des mêmes protections que les Français contre les atteintes à leur vie privée par les services de renseignement. Une discrimination parfaitement illégale au regard du droit international des droits de l'homme.


Nous avons déjà eu l'occasion d'expliquer pourquoi le projet de loi sur le renseignement était manifestement une violation du droit international des droits de l'homme par les mesures disproportionnée d'atteinte à la vie privée qu'il autorisait, ou comment la jurisprudence de la CEDH ne laissait guère de doute sur l'illégalité de la loi au regard de la convention européenne. On sait que le gouvernement a énormément de mal à digérer cette jurisprudence et à reconnaître que les droits de l'homme s'appliquent aussi dans "le pays des droits de l'homme". Mais les députés et sénateurs ont visiblement eux aussi des difficultés à intégrer que les droits fondamentaux ne soient pas qu'un produit d'exportation.

Ainsi Next Inpact a remarqué que la version finale du projet de loi Renseignement négociée en commission mixte paritaire (CMP), que les députés devront adopter définitivement le 24 juin prochain, a intégré un amendement de dernière minute qui n'avait été discuté par aucune des deux chambres, mais qui a été intégré au texte final par une CMP composée du noyau dur des défenseurs du texte. Or cet amendement ajoute une nouvelle illégalité manifeste au texte, au regard des droits de l'homme.

En effet, l'amendement prévoit que l'avis de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) ne soit plus nécessaire "lorsque la mise en oeuvre [en France] d'une technique de renseignement ne concerne pas un Français ou une personne résidant habituellement sur le territoire français". Pour les étrangers ou les Français exilés qui ne reviennent qu'occasionnellement chez eux, le Premier ministre pourra décider de les mettre sous surveillance (eux et leurs contacts) sans le faire savoir au seul organe de contrôle institué par la loi.

UNE DISCRIMINATION DISPROPORTIONNÉE






Or c'est parfaitement interdit par le droit international. Au niveau de l'ONU tout d'abord, la France a adhéré en 1971 à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, que l'article 1er étend à "l'origine nationale". Dans sa recommandation générale n°30 concernant la discrimination contre les non ressortissants, le Comité en charge de veiller à la bonne application du traité rappelle donc que "l’application d’un traitement différent fondé sur le statut quant à la citoyenneté ou à l’immigration constitue une discrimination [illicite] si les critères de différenciation, jugés à la lumière des objectifs et des buts de la Convention, ne visent pas un but légitime et ne sont pas proportionnés à l’atteinte de ce but".

C'est la même logique qui est retenue au niveau régional par la Cour européenne des droits de l'homme, qui retient que "seules des considérations très fortes peuvent [l'] amener à estimer compatible avec la Convention une différence de traitement exclusivement fondée sur la nationalité" (voir l'affaire Gaygusuz c. Autriche).

Dit autrement, il n'est pas possible de prévoir que la proportionnalité de la violation dans la vie privée des Français soit contrôlée par la CNCTR, mais de ne pas faire profiter aux étrangers de ce contrôle, pour le seul motif que ce sont des étrangers. Selon la jurisprudence de la CEDH, une discrimination ne peut être légale que si elle poursuit "un but légitime" et s'il y a un "rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but visé". Or rien ne justifie de priver en France les étrangers des maigres garanties sur la vie privée apportées aux Français.

Rappelons à toute fin utile que Mohamed Merah était Français, que Mehdi Nemmouche était Français, que Amedy Coulibaly était Français, et que les Frères Kouachi étaient Français.

En savoir plus sur http://www.numerama.com/magazine/33433-loi-renseignement-une-autre-violation-des-droits-de-l-homme-ajoutee-au-texte.html#QTxOUyEVEYg4JZ0L.99

3379
« Arrêtons le massacre des droits et de la démocratie en Grèce et en Europe »



Des négociations sont en cours entre le gouvernement grec et les institutions européennes. « Aujourd’hui, l’Union européenne tente de faire plier la Grèce, d’étouffer les voix qui proposent une autre Europe, celle de la dignité, de la solidarité, de la justice sociale », souligne les collectifs "Avec les Grecs" et "Pour un audit citoyen de la dette publique". Ils appellent, aux côtés d’organisations associatives, syndicales et politiques, à une semaine de mobilisation européenne du 20 au 27 juin.



En Grèce et dans de nombreux pays, l’Europe de l’austérité bafoue les droits fondamentaux des populations et la démocratie pour protéger les intérêts financiers. Elle érige des murs à ses frontières et provoque ainsi de terribles catastrophes humaines. Aujourd’hui, l’Union européenne tente de faire plier la Grèce, d’étouffer les voix qui proposent une autre Europe, celle de la dignité, de la solidarité, de la justice sociale.

Du 20 au 27 juin se tiendra une grande semaine de mobilisation européenne. Ensemble, à Rome, à Berlin, à Londres, à Athènes, à Madrid, à Bruxelles, à Paris et dans de nombreuses autres villes, nous répondrons à l’appel des mouvements grecs « unis contre l’austérité et l’injustice sociale ».

En France, un appel à mobilisation a été lancé par des personnalités, organisations associatives, syndicales, politiques, sous forme d’une pétition que nous vous appelons à signer.

Des actions, débats, rassemblements se tiendront partout en France. Nous vous invitons à prendre part à leur organisation, voire à en initier dans vos quartiers, villes ou villages. Vous pouvez nous tenir informés sur l’adresse contact@audit-citoyen.org ; aveclesgrecs@gmail.com

A Paris, une manifestation aura lieu samedi 20 juin à 15h de Stalingrad à la place de la République où se tiendront ensuite des assemblées citoyennes et un rassemblement festif, avec prises de paroles et discussions citoyennes autour des thématiques : solidarités concrètes avec la Grèce, droit des migrants, luttes des femmes, dette, austérité, démocratie… Et des animations militantes, festives et musicales

Mobilisons-nous pour arrêter le massacre des droits et de la démocratie. Et pour dire aux institutions et dirigeants européens : non, vous ne nous représentez pas, cette Europe n’est pas la nôtre !

http://www.bastamag.net/Arretons-le-massacre-des-droits-et-de-la-democratie-en-Grece-et-en-Europe

3380
Opération de gendarmerie contre la secte Tabitha’s Place




Dix personnes ont été placées en garde à vue mardi soir après une importante opération de gendarmerie menée à Sus, dans les Pyrénées-Atlantiques, dans les locaux de la communauté sectaire Tabitha’s Place.

« Les activités de cette communauté font l’objet d’une information judiciaire que j’ai ouverte en mars 2014 à la suite d’informations données par un ancien adepte », a expliqué le procureur Jean-Christophe Muller lors d’une conférence de presse. L’enquête « concerne des faits d’abus de vulnérabilité dans le cadre d’un mouvement à caractère sectaire, des faits de violences sur mineurs concernant les conditions d’éducation, et des faits de travail dissimulé » et de travail des enfants, a-t-il résumé.

C’est « à l’issue de vérifications longues et minutieuses », notamment sur les ramifications de la secte en Espagne et en Allemagne, qu’une vaste opération de gendarmerie a été lancée dans la nuit contre le château appartenant à Tabitha’s Place, considérée comme une secte par la commission parlementaire d’enquête sur les sectes. La communauté est aussi connue sous le nom d’« Ordre apostolique », « Douze tribus » ou « Ruben and Brothers ». Elle fait partie du mouvement fondamentaliste américain Communauté du royaume du Nord-Est des frères de Plymouth, dont les membres affirment suivre strictement la Bible. Le mouvement compte 12 implantations dans le monde – en référence aux 12 tribus d’Israël – dont une en France, à Sus, dont on ignore le nombre de membres.

L’opération a mobilisé quelque 200 gendarmes, un hélicoptère, l’Institut de recherche criminelle et des médecins légistes. Une opération similaire a été menée parallèlement dans le secteur de Perpignan, où des membres de la secte travaillent également. Dix personnes, « hommes et femmes responsables de la communauté », étaient en garde à vue mardi soir, neuf à Pau et une à Perpignan, a indiqué M. Muller.

Quatre enfants placés

Les mineurs présents dans la communauté ont été auditionnés et examinés par des médecins. Quatre d’entre eux, frères et sœurs d’une même famille âgés de 18 mois à 13 ans, ont été placés auprès des services sociaux du Conseil général après la découverte de « traces récentes de corrections physiques », qui font partie du « mode d’éducation » dans cette communauté, a souligné le procureur de Pau.

Selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), « les punitions physiques sont réglementées et graduées » au sein de la secte, avec des coups de baguette d’osier ou de règle sur différentes parties du corps. Pour justifier ces violences, les adeptes invoquent un verset de la Bible : « La folie est liée au cœur des enfants ; le bâton qui les châtie les en éloignera. »

L’information judiciaire ouverte pour « soustraction par un parent à l’obligation légale envers ses enfants » doit permettre de savoir dans quelles conditions les « centaines de mineurs » qui transitent dans les locaux de la secte « vivent, sont éduqués et participent à l’activité économique », a affirmé Jean-Christophe Muller.

La Miviludes souligne que « les enfants sont levés à 6 heures du matin et reçoivent un enseignement toute la matinée. L’après-midi, ils travaillent avec leurs parents. Ils n’ont pas le droit de jouer, les jouets étant l’œuvre du diable ».

Plusieurs condamnations

Les membres de Tabitha’s Place, qui exploitent à Sus des terres agricoles et vendent des fruits et des légumes, sont également soupçonnés de travail dissimulé, de fraude aux prestations sociales, de blanchiment de fraude fiscale.

En mars 2002, 19 membres de Tabitha’s Place avaient été condamnés par la cour d’appel de Pau pour « soustraction aux obligations légales des parents », notamment refus de scolarisation et de vaccination de leurs enfants. En 1997, un enfant de 19 mois y était mort faute d’alimentation et de soins. Ses parents ont été condamnés, en 2001, à douze ans de réclusion criminelle.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/06/17/operation-de-gendarmerie-contre-la-secte-tabitha-s-place_4655748_1653578.html#YK5h5EUCRO80OQw3.99

3381
Les Anonymous video , info press , action / prisme slide
« le: 18 juin 2015 à 18:30:03 »

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Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir…

Auteur: Capitaine Martin / http://www.legrandsoir.info/pour-enchainer-les-peuples-on-commence-par-les-endormir-26903.html
 

10 septembre 2014

Le système capitaliste repose sur des médias de plus en plus omniprésents car parfaitement adaptés aux évolutions technologiques du XXIème siècle. Journaux et chaînes télévisées représentent aujourd’hui une arme redoutable pour ceux qui tirent les manettes de l’économie globale. Et ne parlons pas de liberté de la presse !

Tout récemment, les mésaventures de Libération, affrontant une des plus graves crises de son histoire, ont nécessité d’avoir recours à des hommes d’affaires fortunés prêts à renflouer les caisses, moyennant forcément une emprise plus ou moins directe sur l’entreprise et partant, la ligne éditoriale. On ne mord pas la main qui vous nourrit…

Malgré ceci, de nombreuses voix se font entendre pour critiquer ce système qui nous pousse inexorablement vers une crise, économique et morale, de grande ampleur. Certains, tel l’éditorialiste du New York Times Roger Cohen, estiment même que les tensions qui agitent l’Ukraine, la guerre syrienne et les conflits territoriaux en mer de Chine sont autant d’éléments qui pourraient déclencher un nouveau conflit mondial.

Plus que jamais l’Occident, qui continue à être à la traîne de ce système en n’acceptant pas de céder le témoin aux BRICS, met le feu aux poudres en alimentant les guerres et autres entreprises de déstabilisation. Et là encore, l’appareil médiatique n’a jamais autant joué son rôle de propagandiste que depuis la chute du Mur. Le principe du « deux poids et deux mesures » est à ce petit jeu-là un véritable atout dans la manche des États-Unis et de leurs alliés, une arme dévastatrice utilisée au fil des ans pour hypnotiser et tromper une opinion publique de plus en plus privée de sens critique et de profondeur culturelle. Les États-Unis ont même rendu systématique ce « deux poids et deux mesures » en trouvant le terrain d’entraînement idéal avec la Guerre froide qu’elle a menée contre l’Union soviétique au cours du XXème siècle.

Mais comment diable s’y sont-ils pris ? C’est très simple : en accusant le pays des soviets de ne pas respecter les droits humains et d’arrêter injustement les dissidents politiques. Dans le même temps, le maccarthysme battait pourtant son plein au pays des soi-disant libertés, et des milliers d’Américains suspectés d’avoir de simples sympathies pour le socialisme ont connu les foudres de la « chasse aux sorcières ». Certains, à l’image des époux Rosenberg, ont même connu la chaise électrique. Et lorsque les chancelleries dites démocratiques mettaient en cause le bloc socialiste pour son intervention en Hongrie et en Tchécoslovaquie, les États-Unis et leurs alliés écrasaient les revendications populaires en Corée, au Vietnam, en Angola, au Congo ou en Amérique du sud sans que personne n’osât alors remettre en doute la supériorité morale de l’Empire. Et peu importe si, à la même période, les États-Unis étaient en train de dépasser l’URSS en termes de taille relative de sa population carcérale… Les médias avaient déjà fait le tri.

On ne parlera même pas de la politique intérieure des États-Unis, marquée durant les années cinquante et soixante par un racisme quasi institutionnel à l’encontre des Noirs et des Hispaniques. Un racisme impensable pour un pays se faisant le chantre de la liberté. Rappelons que l’ancien président sud-africain Nelson Mandela figurait sur la liste des terroristes établis par l’Empire, et ce depuis la présidence de Ronald Reagan jusqu’en 2008. Son parti, l’ANC (Congrès national africain), était alors considéré par les autorités américaines comme une organisation terroriste en raison de son engagement contre l’apartheid. Ces éléments n’ont pourtant jamais entamé la confiance aveugle des pays d’Europe de l’ouest vis-à-vis de son allié d’Outre-Atlantique. Cela pouvait encore se comprendre tant que l’URSS était debout ; il s’agissait alors d’une guerre idéologique entre l’Ouest et l’Est, et l’Occident se retrouvait, bon gré mal gré, sous le parapluie de l’OTAN.

Avec la chute de son ennemi soviétique, les États-Unis ont perdu toute excuse. N’ayant plus d’Empire du mal à défier, la « reine des démocraties » aurait dû tenir ses promesses et délivrer au monde entier la prospérité que la présence du monstre soviétique empêchait jusque-là d’offrir. Force est de constater que la chute de l’URSS n’a pas conduit à une amélioration des conditions sociales. Pis, les droits des travailleurs ont commencé à être malmenés et le bien-être ne s’est pas propagé si ce n’est par le développement de nouveaux biens technologiques, mais au prix d’un processus de fragmentation de la richesse aboutissant à la capitalisation par quelques-uns de sommes considérables d’argent au détriment du plus grand nombre.

Quant aux guerres, elles sont loin d’avoir disparu. L’Iraq, la Yougoslavie, le 11 Septembre, l’Afghanistan, les Printemps arabes et l’Ukraine nous rappellent que le monde entier verse chaque jour un peu plus dans le chaos. Le « deux poids et deux mesures » figure toujours en pointe de la propagande de guerre que les médias ont mise en place pour apporter un soutien diplomatique et moral aux interventions militaires de l’Occident. De la Libye de Kadhafi à la Syrie d’Assad, les médias ont orchestré sans discontinuer un gigantesque martèlement visant à identifier l’ennemi de la liberté et de la démocratie, le méchant pourrait-on dire, pour le jeter en pâture à l’opinion publique et justifier du même coup leurs prétentions impérialistes.

Ces manipulations, grossières au demeurant, sont d’autant plus possibles que les masses sont littéralement gavées par la propagande d’État. Il est facile dans ces conditions pour les dirigeants occidentaux de ne présenter qu’une analyse sommaire et manichéenne des faits, une analyse n’appelant aucune réflexion. Pourtant, les militants djihadistes qui combattent Assad après avoir combattu contre Kadhafi sont présentés par les médias comme des combattants de la liberté, alors que les moudjahiddines qui luttent contre les États-Unis en Afghanistan deviennent subitement des terroristes. Plus près de nous, Hollande affirme que le président Assad n’est pas un partenaire fiable contre le terrorisme, alors que ces mêmes terroristes étaient les interlocuteurs de l’Élysée dans ses velléités de destitution des dirigeants syrien et libyen.

En Ukraine, le mouvement de contestation, baptisé « Euromaïdan », montre comment un coup d’État contre un gouvernement démocratiquement élu peut être fomenté avec succès avec un appui étranger et sans intervention militaire. Il dévoile, une fois de plus, la partialité des médias occidentaux qui, avec une argumentation fallacieuse, appuient aveuglément l’interventionnisme occidental et, avec une vision dichotomique, qualifient là aussi les uns de bons et les autres de méchants. Parmi ceux-ci, les séparatistes de la République populaire du Donetsk… comme si cette appellation suffisait à faire d’eux des terroristes.

L’Occident n’a eu de cesse de rendre ces ennemis inaudibles, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de créer non des illettrés ou des incultes, mais des êtres en phase de « désorientation », psychologiquement conditionnés et réorientés dans le sens souhaité. Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir…

7 septembre 2014

»» http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-enchainer-les-peuple

http://www.forumdesalternatives.org/fr/pour-enchainer-les-peuples-on-commence-par-les-endormir

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Coin amérique / La grande imposture de la lutte antiterroriste
« le: 18 juin 2015 à 18:28:14 »
La grande imposture de la lutte antiterroriste

Auteur: Capitaine Martin / http://www.legrandsoir.info/la-grande-imposture-de-la-lutte-antiterroriste.html
 

4 mai 2015

« La vérité est que le risque pour un Américain d’être tué par un terroriste est presque égal à zéro ; pour être plus précis, il est estimé à un pour vingt millions ». Cette phrase, que les medias dominants qualifieraient d’iconoclaste, a été prononcée par John Chuckman, ancien employé d’une grande entreprise pétrolière canadienne et auteur du livre : « The Decline of the American Empire and the Rise of China as a Global Power » (Magpie Book).

Si d’aucuns s’inscrivent en faux par rapport à cette analyse, admettons qu’un peu de pensée critique ne fait pas de mal. « En 2001, avant le 11-Septembre, la police étasunienne avait tué plus du double au moins de citoyens qui sont morts dans cette tragédie », explique-t-il. « Chaque année, entre 30 à 40 000 Étasuniens meurent dans un accident de la route, 15 000 sont assassinés (ils étaient 25 000 à l’avoir été il n’y a pas si longtemps que ça). Chaque année, ce sont près de 100 000 Étasuniens qui décèdent des suites d’erreurs médicales et un peu plus de 40 000 mettent fin à leurs jours. En replaçant ces chiffres sur une période de quatorze ans, on peut dire que 420 000 personnes ont perdu la vie sur la route, 210 000 ont été tuées au cours de faits divers, 1,4 millions ont été victimes d’erreurs médicales fatales et 560 000 ont décidé pour une raison ou une autre d’arrêter de vivre ». En ne prenant en compte que ces derniers chiffres, on obtient un total de 2,6 millions de personnes… soit 867 fois le nombre de victimes causées par les attentats du World Trade Center.

« Pourquoi devons-nous donc dépenser des fortunes contre le terrorisme dans la mesure où ce danger est pour ainsi dire insignifiant ? », se demande Chuckman avec ce qui pourrait ressembler de prime abord à de la provocation. Depuis le 11-Septembre, les États-Unis ont en effet dépensé au bas mot quelque 1 600 milliards de dollars (1 300 milliards d’euros !) dans la lutte contre le terrorisme au Proche-Orient, en Amérique du Nord et aussi en Afrique, a révélé un rapport du Congrès. Malgré l’ampleur de l’estimation, plusieurs universitaires considèrent encore ces chiffres comme sous-évalués. Le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz et la professeure Linda Milmes avancent dans un livre désormais célèbre « The three trillion dollar war » le chiffre de 3 000 milliards de dollars. Et derrière le coût financier, d’autres rappellent l’impossibilité d’évaluer le coût humain. « Une comptabilité exhaustive des coûts de la guerre ne pourrait tenir dans un livre de compte. Des civils blessés ou déplacés par la violence aux soldats tués ou blessés, en passant par les enfants qui jouent sur des routes et des champs parsemés de dispositifs explosifs improvisés et de bombes à sous-munitions, aucune série de chiffres ne peut retranscrire le bilan humain des guerres en Irak et en Afghanistan, ni comment elles se sont étendues aux États voisins et sont revenues aux États-Unis », estime Neta Crawford, enseignante en sciences politiques à l’université de Boston.

S’il y a bien fort peu de risques de tomber dans un attentat en Europe, la guerre contre le terrorisme n’a quant à elle pas fait dans la dentelle ailleurs. Le mois dernier, Physicians for Social Responsability (PSR), une ONG basée à Washington, a publié une étude clef démontrant que le bilan humain de plus d’une décennie de guerre contre le terrorisme depuis les attaques du 11-Septembre s’élève à au moins 1,3 millions de morts et pourrait même atteindre les deux millions. Cette étude a été presque totalement ignorée par les media anglophones, bien que constituant la première tentative de produire un calcul scientifiquement crédible du nombre de personnes tuées dans cette guerre qu’ont menée les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Puisque la guerre est déclarée, il faut bien entendu avoir une communication à la hauteur. Dès le début du XXème siècle, Henry Louis Mencken, journaliste, écrivain, célèbre critique de la culture étasunienne, considérait que « le but de la politique est de garder la population inquiète et donc en demande d’être mise en sécurité en la menaçant d’une série ininterrompue de monstres, tous imaginaires ». Il faut croire que la population a entendu cinq sur cinq le message du gouvernement si on en juge les sondages qui donnent deux tiers des Français favorables à une restriction de leurs libertés individuelles pour lutter contre le terrorisme. La dernière loi sur le renseignement ratisse très large avec des formulations très floues puisqu’il s’agit de « prévenir des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». On passe insensiblement de la présomption d’innocence à la présomption de dangerosité. Mais la palme de l’extension infinie de la surveillance revient au ministre de l’intérieur qui estime que la vie privée n’est pas une liberté.

L’autoritarisme politique et la négation de l’esprit critique sont devenus la norme de gouvernements ayant perdu toute crédibilité économique et sociale et foulant au pied les valeurs qu’ils prétendent défendre. Victime collatérale de la guerre contre le terrorisme, la liberté d’expression vit ses derniers moments.

 

http://www.forumdesalternatives.org/fr/la-grande-imposture-de-la-lutte-antiterroriste

3384
Le Ramadan commence aujourd'hui, l'occasion d'en savoir plus sur ce mois sacré

   Le mois sacré du jeûne a commencé pour les millions de français musulmans. Une occasion de rappeler les origines du Ramadan, ce qu'il représente, et ses bienfaits pour l'esprit mais aussi pour le corps.









Quand a commencé le Ramadan ?

 
   "Le jeûne n'est pas quelque chose de nouveau. Personne ne sait depuis quel descendant d'Adam (Que la paix soit sur lui), le premier homme musulman, la prescription du jeûne a commencé. Mais nous savons que c'était une pratique commune à tous les prophètes." écrit IslamFrance sur son site internet.





Le jeûne pourquoi?

 
   "La première raison pour laquelle un musulman jeûne est pour obéir à Dieu. Ce mois de Ramadan peut être perçu comme une bénédiction de Dieu. Dieu nous commande de le suivre et nous indique que nous avons en nos prophètes (Que la paix soit sur eux) de beaux exemples."

   La deuxième raison pour laquelle un musulman veut pratiquer le jeûne est "son désire de suivre la tradition des prophètes de l'Islam, modèles de piété pour tout être humain vivant sur terre. Cette piété, souvent référencé dans le Coran, nous essayons tous de l'atteindre et le jeûne effectué pendant le mois de Ramadan nous y aide." toujours d'après IslamFrance.

 Nous avons demandé à un musulman Qu'est ce que ça représente pour toi le mois du Ramadan?
"C'est un mois sacré qui nous permet de nous rapprocher de Dieu, donc on en profite pour l'adorer, réaliser des bonnes actions et si Dieu accepte notre jeûne tout le mois, il nous efface nos péchés" a t-il
Au delà de l'aspect spirituel et religieux, le jeûne, bon ou mauvais pour le corps?

 
   Peu d'études encore sur le sujet, cependant le jeûne est présent dans la plupart des religions ainsi que dans les anciennes médecines et serait un moyen de purger l'organisme de ses impuretés, en puisant dans les réserves du corps ( de manière forcée ). Prenons également en compte le fait que vue le peu de preuves scientifiques, le scepticisme envers le jeûne est tout autant de la spéculation, à ceci près que si il était aussi dangereux pour la santé les dégâts seraient bien plus visibles surtout en période de Ramadan ou de Carême.


Toute l'équipe La pause Solid-R souhaite un excellent Ramadan à tous les musulmans !


Lire l'article SantéNatureInnovation sur le sujet : http://www.santenatureinnovation.com/lincroyable-force-du-jeune/
 Lire l'article Le Monde sur le sujet : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/15/le-jeune-en-vogue-mais-controverse-est-il-si-bon-pour-la-sante_3443212_3244.html#

3385

Si PSA réussit à passer en force, le patronat sera encouragé pour récidiver. La colère gronde à PSA
Auteur: Vincent Duse, CGT Peugeot Mulhouse, et Nicolas Rossel / http://www.legrandsoir.info/la-colere-gronde-a-psa.html
 

18 juillet 2012

 « Des menteurs ! ». « Des salauds ! ». Le mot était sur toutes les bouches jeudi matin, sur le parking, devant les tourniquets de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. En plus des 3000 postes directs en production que représenterait la fermeture du site à l’horizon 2014, ce sont 1.500 postes qui sont menacés sur le site de Rennes-La Janais et 3.500 autres hors production, à savoir parmi les personnels administratifs, techniciens, ingénieurs et cadres. Personne ne sera épargné par PSA. L’ensemble des salariés le sentent depuis des mois maintenant.

 

 On connait la musique pour justifier l’injustifiable. Les arguments du groupe sont toujours les mêmes. « Le coût de production en France est de 10% plus élevé qu’en Europe orientale ». « PSA traverse des difficultés ». « C’est la crise ». Et pourtant, jamais les caisses du groupe n’ont été aussi pleines, remplies entre autres par de l’argent public. Jamais les rémunérations des « dirigeants » n’ont été aussi élevées. Jamais on n’a aussi grassement payé les actionnaires.

On comprend d’autant plus l’émotion des travailleurs. Et pourtant le plan avait été révélé l’an dernier déjà par la CGT. Cela n’a pas empêché la direction de nier son existence pendant douze mois. Lors du quart d’heure d’informations qui s’est tenu dans les ateliers jeudi matin à Aulnay, les chefs ont égrené les nouvelles que leur avait communiquées la direction avant le CCE extraordinaire convoqué le 12 juillet. Comme si de rien n’était, au milieu de la liste ces mêmes chefs, qui depuis un an relaient le discours de Varin selon lequel Aulnay n’est pas menacé, ont glissé que le site allait fermer. La réaction a été immédiate. Dans de nombreux ateliers, les chefs n’ont pas demandé leur reste et sont partis immédiatement. Les chaines n’ont pas démarré. Prévu à 13h30, le rassemblement à l’appel des syndicats a duré toute la matinée et s’est étendu pendant une partie de l’après-midi. Tant jeudi que vendredi, la production a hoqueté sur les sites d’Aulnay et de Rennes, avec un débrayage sauvage jeudi sur Aulnay et un débrayage massif le jour suivant sur Rennes.

Sur le parking du site de Seine-Saint-Denis, les cars continuaient à amener les travailleurs de l’équipe de l’après-midi qui apprenaient la nouvelle. Nombreux sont ceux qui badgeaient pour ressortir immédiatement après pour rejoindre leurs collègues de l’équipe du matin rassemblés avec d’autres délégations syndicales venues de plusieurs autres centres de production (PSA Saint-Ouen, Renault Cléon, etc.) ainsi que du département (CGT Plaine Commune, Roissy, etc.).

La colère était palpable, non seulement contre la direction du groupe, bien entendu, mais également contre les représentants locaux du PS, en la personne de Gérard Segura, maire d’Aulnay. Les travailleurs n’avaient toujours pas avalé que le gouvernement du « changement, c’est maintenant », leur ait envoyé les CRS lors de la manifestation devant le siège du groupe, avenue de la Grande-Armée, le 28 juin, alors qu’ils étaient soutenus par des délégations venues de tout l’Hexagone [1]. Quelques œufs ont volé, de l’autre côté des grilles, où se trouvaient quelques agents de maitrise et des chefs. « Ce n’est rien par rapport à ce qui va se passer en septembre [après la pause estivale qui commence le 27 juillet] » avertissaient plusieurs travailleurs, devant les journalistes présents. Sur les 3.000 salariés d’Aulnay, la moitié serait reclassée en interne, notamment à Poissy, où 700 licenciements sont également annoncés. Cherchez l’erreur ! L’autre moitié serait reclassée sur le bassin d’emploi, déjà sinistré. Varin a même inventé un nouveau concept : la revitalisation du site d’Aulnay après sa fermeture ! Sans oublier l’ensemble des emplois touchés directement ou indirectement, au niveau de la sous-traitance, sur le département, etc. Trop c’est trop, et la colère, cette fois-ci, risque bien de déborder.

C’est la CGT d’Aulnay qui a donné le ton du rassemblement qui s’est tenu devant les 600 travailleurs présents, ainsi que de nombreux soutiens syndicaux et politiques, notamment d’extrême gauche (NPA et LO), venus du département et au-delà. A part Marie-Georges Buffet, députée de la circonscription, et Segura, maire de la ville, la « gauche plurielle nouvelle mouture » brillait par son absence, Front de Gauche compris. L’heure est à la résistance et la perspective, c’est de faire reculer Varin. C’est le message qu’a délivré Jean-Pierre Mercier à la tribune, sans pour autant lever l’ambigüité sur ce que veut dire « nous vendrons cher notre peau » : interdiction des licenciements sur Aulnay en particulier et le groupe en général ou négociation d’indemnités de départ, comme cela s’est fait lors du cycle de luttes ouvrières contre les fermeture entre 2008 et 2009 ?
 Des adversaires multiformes pour les travailleurs

La CGT a dressé cependant un bilan de l’annonce de la direction et a démonté un à un tous les arguments avancés par le groupe. Les syndicalistes ont également fait la liste des ennemis et des adversaires auxquels allaient avoir à faire face les travailleursdans les prochains mois : Varin et les siens bien entendu ; mais aussi le gouvernement qui, comme l’opposition de droite, s’époumone et feint la surprise : « PSA a attendu la fin des élections pour annoncer la fermeture », a déclaré François Hollande lors de son interview du 14 juillet, alors que c’était écrit noir sur blanc dans le plan secret de la direction que la CGT a publié l’été dernier ; « C’est un choc pour la nation », a surenchéri Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, « l’Etat n’acceptera pas en l’état le plan de PSA ». L’ensemble du gouvernement, au final, en appelle à davantage de concertation et ne dit pas refuser le plan en tant que tel, mais le plan « dans l’état ». Nuance. On sait comment ce genre d’atermoiements finit en général. On a tous en tête Lionel Jospin, en 1997, qui après avoir juré ses grands dieux que Renault Vilvorde n’aurait pas fermé, finissait par dire que « l’Etat ne peut pas tout », condamnant de ce fait des milliers de familles ouvrières belges à la misère.

C’est pour cela que les travailleurs de PSA, à commencer par les salariés des sites concernés, ainsi que de l’ensemble des sous-traitants, doivent s’organiser, immédiatement, à la base, pour exiger le retrait du plan de suppression, la non-négociation des licenciements en « échange » d’une dégradation des conditions de travail (comme Varin voudrait l’imposer sur SevelNord), voire même pour exiger, si nécessaire, la nationalisation, sous contrôle des salariés, des sites menacés, et leur mise en production au service des besoins socialisés de la population (transports en commun, voitures collectives, etc.). Pour ce faire, les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces. Le jour de l’annonce du plan, aucun responsable syndical national n’était présent aux côtés des travailleurs, et pour cause. Sans doute cuvaient-ils leurs deux journées de discussions avec Hollande et Ayrault lors du Sommet des 9 et 10 juillet au cours duquel ils ont négocié la paix sociale pour la rentrée. A entendre leurs déclarations, à commencer par celles de Bernard Thibault, plus intéressé par sa succession à la tête de la centrale cégétiste que par le sort des sites menacés, on a l’impression d’entendre une « version bis » du gouvernement : il faut envoyer des experts et renégocier les PSE. Voilà en substance ce qu’a déclaré Thibault à la matinale de France-Inter le 12.
 Coordination et comité de grève

A la tribune sur le parking, à Aulnay, Philippe Julien, responsable CGT, a indiqué combien il était nécessaire que les travailleurs du site s’adressent à l’ensemble de leurs collègues ainsi qu’à l’ensemble des travailleurs, à commencer par ceux dont l’emploi est menacé [2]. A quelques encablures de l’usine, à Roissy, Air France prépare une saignée à blanc de ses effectifs. La coordination des sites menacés et des équipes syndicales combatives doit être effectivement mise sur pied, dans l’unité, afin de se préparer à contrer, au moins dès la fin de la pause estivale, les plans du patronat.

Sur un site comme Aulnay où seule une minorité des salariés sont syndiqués, dans plusieurs syndicats différents de surcroit, il est aussi parfaitement juste qu’une équipe d’animation de la lutte soit mise en place, ouverte aux syndiqués comme au non syndiqués, révocable et agissant sur mandat des travailleurs en lutte. Cette proposition a également été votée par les travailleurs réunis sur le parking.
 Pour un grand mouvement de solidarité avec les travailleurs de PSA : les licenciements ? « No pasarán » !

Reste à savoir maintenant comment dans l’ensemble des départements concernés, la Seine-Saint-Denis et l’Ille-et-Vilaine, mais aussi sur les sites du groupe, au sein même des équipes combatives, des comités de soutien vont pouvoir se structurer, pour appuyer les travailleurs qui ont voté la mise en place d’une coordination et d’un comité de grève, mais aussi pour appuyer leur lutte, les soutenir politiquement et financièrement, dans l’action militante et dans les rassemblements. C’est un embryon de tissu de solidarité qui nous sera nécessaire pour affronter ce que Hollande a eu le culot d’appeler lors de son interview du 14 juillet « l’effort partagé », c’est-à-dire larigueuret l’austérité, et qui va tous nous concerner, travailleurs du privé comme du public, jeunes, retraités et pensionnés. Sur l’ensemble des autres sites, même si les syndicats maison, toutes couleurs confondues, s’ingénient à dire aux collègues que nos sites ne seront pas touchés, la solidarité aussi doit se renforcer, à l’image de ce que nous avons fait le 28 juin, avec les cars de soutien qui sont venus des quatre coins de la France, et même d’Opel Bochum et de PSA Madrid.

C’est en ce sens que les luttes d’Aulnay et de Rennes sont centrales et qu’il faut poursuivre sur la voie du 28 et du 12, avec un plan de lutte pour l’ensemble des salariés du groupe. On veut donner aux délégués 15 heures de délégation supplémentaires pour étudier en détail les 500 pages de documents confidentiels communiqués par la direction en vue des CE de fin juillet, qui devraient préciser les découpages et les licenciements. Mais ce sont 15 heures qui devraient être utilisées à discuter avec les collègues, pour se cordonner, pour réfléchir tous ensemble comment s’organiser pour faire reculer Varin.

Si PSA réussit à passer en force, le patronat se sentira d’autant plus fort pour avancer dans d’autres secteurs (et déjà de nombreux plans sont annoncés, dans l’aérien, chez Sanofi, etc.). Si la solidarité s’élargit, elle pourra servir d’école de formation pour toute une génération de militants, ainsi que pour les plus anciens, celles et ceux qui bataillent depuis des années contre les mauvais coups des gouvernements successifs et du patronat. C’est en ce sens qu’Aulnay est la bombe sociale que craignent le patronat et le gouvernement. A nous de tout faire pour aider les travailleurs à en allumer la mèche.

Vincent Duse, CGT Peugeot Mulhouse, et Nicolas Rossel (93)

Source : http://www.ccr4.org/La-colere-gronde-a-PSA

14/07/12.

[1] Voir V. Duse, « Premier bilan à chaud du rassemblement des travailleurs de l’automobile du 28 juin », 29/06/12, http://www.ccr4.org/Premier-bilan-a-chaud-du-rassemblement-du-28-juin-des-travailleurs-de-l-automobile

[2] Au sujet de la nécessité de mettre en place une coordination des équipes syndicales combatives et des sites en lutte, voir notamment V. Duse, « Dans l’automobile comme ailleurs, les menaces se précisent : la coordination des travailleurs doit se renforcer », 26/06/12, http://www.ccr4.org/Dans-l-automobile-comme-ailleurs-si-les-menaces-se-precisent-la-coordination-des-travailleurs-doit-se-renforcer

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PM Je voudrais revenir sur la position de Syriza vis-à-vis de l’appartenance de la Grèce à la zone euro et même à l’UE. Que veut-il vraiment sur ce plan-là ?

SK Il y a deux niveaux d’analyse. Il y a un premier niveau, le plus apparent : on peut d’abord dire que la position de Syriza par rapport à l’Europe est similaire à celle du Front de gauche, de Die Linke ou des autres composantes du Parti de la gauche européenne, c’est-à-dire une opposition à l’Europe néolibérale et un appel à sa transformation de l’intérieur, qui passe par une rupture avec les traités fondateurs de Maastricht et de Lisbonne, et leur remplacement par de nouveaux traités en rupture avec le néolibéralisme. Il y a un deuxième niveau d’analyse qui met l’accent sur l’inflexion de la position de Syriza depuis quelques mois, voire quelques semaines à peine. Syriza met au cœur de son discours la dénonciation du Mémorandum et insiste sur le fait que le premier acte qu’il prendra s’il parvient à former le prochain gouvernement, sera son abrogation. Pour Syriza, c’est un point qui n’est pas négociable, quelles que soient les conséquences que cela puisse entraîner. D’un côté Syriza dénonce le dilemme entre la poursuite du Mémorandum et la sortie de l’euro conduisant à un retour à la drachme. C’est la manière selon laquelle les médias grecs, les principaux partis et les gouvernements européens présentent la situation. Syriza rejette ce type de chantage. Quelles que soient les conséquences, Syriza ne reculera pas et rejettera toute poursuite en l’état du Mémorandum. Paradoxalement, à l’inverse de la loi qui voudrait que la pente vers la modération soit irrésistible quand on s’approche du pouvoir, cette position s’est précisée au prix de vifs débats internes dans la foulée des résultats du 6 mai, au fur et à mesure que Syriza est paru porté par une dynamique électorale majoritaire.

Tsipras a présenté la feuille de route de Syriza de façon extrêmement claire. Premier acte : abrogation immédiate du Mémorandum par voie législative, qui supprimera donc l’ensemble des dispositifs d’application des deux Mémorandums. Deuxième acte : demande de renégociation de la dette publique grecque dans le cadre européen. S’il y a un refus de l’UE ou s’il y a une rupture du financement de la Grèce par la BCE, un gouvernement Syriza interromprait de manière unilatérale le remboursement de la dette. Implicitement, même s’ils ne le disent pas publiquement, on peut penser que les dirigeants de Syriza savent qu’il y aurait dans ce cas une sortie de l’euro de facto, mais ils insistent pour ne pas présenter cela comme un objectif ou leur propre choix. La cessation de paiement ne sera donc pas d’emblée annoncée, mais c’est une arme en cas de refus de renégociation du Mémorandum visant à annuler la dette dans sa plus grande partie. Si les gouvernements européens font barrage à l’objectif de Syriza qui vise à obtenir l’annulation de la dette en partie, l’idée d’un plan B – c’est-à-dire la sortie de la zone euro – gagnera du terrain.

Le succès politique et électoral de Syriza s’explique justement par le fait que ce parti s’est d’emblée opposé au Mémorandum et à la thérapie de choc austéritaire. Le parti, de manière concrète et pratique, a su s’investir dans les mouvements sociaux et les actions collectives qui se sont développées ces dernières années en Grèce. Syriza l’a fait en respectant l’autonomie de ces mouvements, y compris les formes les plus spontanées et nouvelles des mobilisations. Il a, par exemple, soutenu le mouvement d’occupation des places que nous avons vu au printemps dernier, alors que le KKE a dénoncé ce mouvement, disant qu’il était « anti-politique » et dominé par des éléments petits-bourgeois. C’est un parti qui a aussi beaucoup œuvré dans les réseaux de solidarité à l’échelle locale pour faire face au traumatisme de la crise civile et de ses effets concrets dans le quotidien des populations. C’est également une formation qui possède suffisamment de visibilité dans les institutions pour apparaitre comme capable de transformer le rapport de forces au niveau de la vie politique nationale. Ceci dit, Syriza n’a décollé dans les sondages qu’au cours des dernières semaines de la campagne. Le véritable décollage s’est fait au moment même ou Tsipras a focalisé son discours sur le thème : « Un gouvernement de gauche anti-austérité maintenant », en présentant cela comme une offre ouverte d’alliance avec le KKE, les forces de l’extrême gauche, de la gauche parlementaire, et avec les petites formations dissidentes du PASOK. C’est cela qui a littéralement changé le cours de la campagne électorale et réorienté son agenda. A partir de là, l’ensemble des partis politiques ont dû se situer par rapport à la proposition de Syriza, qui est apparue comme une perspective politique concrète, à portée de main, qui permettrait de mettre fin au joug du Mémorandum et de la troïka.

PM C’est un discours très unitaire à gauche…

SK Absolument. Syriza est particulièrement crédible pour porter ce type de proposition à cause de ses pratiques dans le mouvement social, mais aussi à cause de sa forme de front politique, et d’une pratique de coexistence entre des cultures politiques différentes au sein même de Syriza. Pour répondre à ta question, je dirais que Syriza est un parti-hybride, un parti-synthèse, à cheval entre la tradition qui vient du mouvement communiste grec et des nouvelles radicalités, telles qu’elles sont apparues dans la nouvelle période.

PM Comment Alexis Tsipras est-il perçu en Grèce ?

SK L’aspect principal de l’image de Tsipras, c’est son âge : il est jeune. Mais dans la composition de ses cadres et de ses groupes dirigeants, la gauche radicale grecque est encore dominée par la génération qui approche la soixantaine, ou qui l’a dépassée, et qui est auréolée du prestige de la lutte contre la dictature des colonels. Alékos Alavános, l’ancien président de Synaspismós, a organisé la passation de pouvoir à Tsipras pour marquer une rupture avec cette sorte de sclérose générationnelle qui marque la gauche radicale grecque. C’était un geste d’un très grand volontarisme politique. Tsipras est populaire car, avant d’être élu à la tête de Synaspismós, il avait conduit la liste du parti aux élections municipales à Athènes. Alexis Tsipras n’est pas exactement un tribun charismatique. Ce n’est pas un mauvais orateur, mais il n’a certainement pas l’efficacité tribunitienne d’un George Galloway ou d’un Jean-Luc Mélenchon. Il a également fait des erreurs, notamment en sous-estimant au début – comme une grande partie de la gauche radicale – la gravité de la crise et la question de la dette publique comme justificatif de la mise en place de politiques d’austérité. Il est apparu assez dépassé par les événements. Puis il a développé un style pugnace au parlement ; d’opposition au gouvernement du PASOK et à Papandreou, en particulier. Il a alors amélioré son profil tribunitien. Ce qui lui a permis de décoller, ça a été sa proposition d’un gouvernement d’unité de la gauche radicale et de toutes les forces anti-austérité, il y a quelques semaines. Il a fait évoluer l’image, hier encore dominante dans la société grecque, d’une gauche radicale perçue comme une force estimable, intègre, utile dans les mouvements sociaux, mais qui ne cherche pas à assumer la tâche historique d’offrir une issue à la crise. C’est un bouleversement considérable pour une gauche radicale encore traumatisée par la défaite du communisme du siècle précédent. Celle-ci veut aujourd’hui rompre avec une posture d’éternel minoritaire ; celle qui renvoie à une force vouée à ne faire que de la « résistance ».

PM Il n’y a aujourd’hui aucune relation entre Syriza et le PASOK…

SK En dehors de la Grèce, on peut difficilement imaginer le gouffre qui sépare le PASOK, non seulement de la gauche radicale, mais aussi de la société grecque. Depuis les années 1990 pour le KKE et depuis le milieu des années 2000 pour Syriza, il n’y a aucune alliance qui soit possible ou désirable entre le PASOK et le reste de la gauche radicale, à quelque niveau que ce soit.

PM S’il existe un tel cordon sanitaire autour du PASOK, c’est que ce parti n’est plus considéré comme un parti de gauche par les autres formations de la gauche grecque…

SK Il y a une spécificité de langage qu’il faut avoir en tête. Jusqu’en 1974, il n’y avait pas de parti socialiste en Grèce. Dans le lexique politique grec, quand un Grec dit : « Je suis de gauche », il veut dire : « Je suis à gauche du PASOK ». D’ailleurs, le PASOK ne s’est jamais considéré comme un parti de gauche dans le sens grec du terme. La gauche en Grèce renvoie à la tradition communiste, au sens large du terme. Cela exclut la social-démocratie de type PASOK.

Bloomsbury, Londres, 22 mai 2012.

http://www.forumdesalternatives.org/fr/syriza-est-lexpression-dune-nouvelle-radicalite-a-gauche

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« Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche »

Auteur: Entretien avec Stathis Kouvélakis par Philippe Marlière / http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article128353
 

Stathis Kouvélakis est maître de conférences en philosophie politique au King’s College de Londres. C’est aussi un intellectuel public bien connu dans les gauches française et grecque. Il a été candidat (en position non-éligible) sur les listes de Syriza lors de l’élection du 6 mai 2012 et l’est de nouveau au prochain scrutin du 17 juin. A quelques jours de nouvelles élections législatives, alors que la plupart des sondages donnent l’avantage à Syriza sur la Nouvelle Démocratie (droite), il apparaît utile d’en savoir plus sur Syriza, une formation de la gauche radicale qui reste relativement méconnue hors de Grèce. Dans cet entretien, Stathis Kouvélakis analyse Syriza et revient sur les origines de cette coalition partisane. Il décrit la sociologie de ses membres et de son électorat, et aborde ses références idéologiques. Il explique les raisons de la percée électorale remarquable de Syriza en mai dernier, ainsi que sa position vis-à-vis de la dette et des partenaires de la zone euro.

Philippe Marlière Pourrais-tu présenter Syriza : quand et comment cette coalition de partis de la gauche radicale a-t-elle vu le jour ?

Stathis Kouvélakis Syriza se constitue en tant qu’alliance électorale entre plusieurs formations distinctes en 2004. Ses principales composantes sont, d’un côté, Synaspismós – la Coalition de la Gauche (qui s’appelle maintenant la Coalition de la Gauche, des Mouvements et de l’Écologie), c’est le parti d’Alexis Tsipras, qui existe en tant que formation distincte depuis 1991. Ce parti est issu de scissions successives du mouvement communiste. D’autre part, il existe dans Syriza d’autres formations beaucoup plus petites. Certaines sont issues de l’extrême gauche grecque classique. C’est notamment le cas de l’Organisation Communiste de Grèce (KOE), la principale organisation maoïste en Grèce, qui est la deuxième composante en terme de poids numérique à l’intérieur de Syriza. Ce parti a élu trois députés aux élections de mai 2012. C’est également le cas de la Gauche Ouvrière Internationaliste (DEA), de tradition trotskyste, ainsi que d’autres groupes qui viennent pour la plupart de la matrice communiste. C’est notamment le cas de la Gauche Communiste Écologique et Rénovatrice (AKOA), qui est issue de l’ancien Parti Communiste Grec de l’intérieur.

La coalition Syriza se constitue en 2004 et elle remporte un succès que l’on peut qualifier au départ de relativement modeste. Elle réussit néanmoins son entrée au parlement en dépassant la barre des 3%, ce que Synaspismós n’avait pas toujours réussi à faire par le passé. Syriza est l’aboutissement d’un processus de recomposition relativement complexe au sein de la gauche radicale grecque. Cette gauche radicale est clivée depuis 1968 en deux pôles. Le premier, c’est le Parti Communiste Grec (KKE) qui subit deux scissions : la première, en 1968, pendant la dictature des colonels, qui donne naissance au Parti Communiste Grec de l’intérieur (KKE esotérikou), d’inspiration eurocommuniste, et une seconde, en 1991, après l’effondrement de l’URSS. Ce qui reste après ces deux scissions, c’est un parti particulièrement traditionnaliste, accroché à une matrice stalinienne, considérablement durcieaprès la scission de 1991. C’est un parti qui va se reconstruire sur une base à la fois combative et sectaire. Il réussit à gagner une base militante relativement importante dans les milieux ouvriers et populaires, ainsi que parmi les jeunes, notamment dans les universités. L’autre pôle, Synaspismós, s’élargit en 2004 en se construisant autour de Syriza, qui vient d’une jonction des deux scissions issues de la matrice communiste. Synaspismós a connu une évolution sensible au cours de son histoire. Au début des années 1990, c’est un parti qui vote en faveur du traité de Maastricht, qui se situe dans le cadre d’une gauche modérée dans son orientation majoritaire. Mais c’est aussi un parti hétérogène, composé de courants distincts. Des luttes internes très vives opposent son aile gauche et son aile droite. Par étapes successives, l’aile droite va perdre de son emprise. La constitution de Syriza va sceller le tournant de gauche de Synaspismós. Synaspismós a maintenant fait l’autocritique de sa position à l’égard du traité de Maastricht et a milité fortement, comme toutes les formations de la gauche radicale européenne, contre le traité constitutionnel européen de 2005.

PM Quelle influence a la tradition communiste au sein de Synaspismós ?

SK Cette composante communiste est clairement majoritaire. Elle est issue de cette aile qui a été marquée par l’eurocommunisme et qui s’est ouverte depuis les années 1970 aux nouveaux mouvements sociaux. Elle a su ainsi renouveler ses références organisationnelles et théoriques, en greffant sur la matrice communiste, les traditions des nouvelles radicalités. C’est un parti qui est à l’aise dans les mouvements féministes, les mobilisations des jeunes, les courants altermondialistes, l’antiracisme, les courants LGBT, tout en gardant une intervention assez importante dans le mouvement syndical. Notons que l’ossature des cadres et des militants du parti est constituée de couches salariées éduquées, de titulaires de diplômes. C’est un électorat très urbain, et c’est un parti qui est très implanté parmi les intellectuels. Jusqu’à très récemment, Synaspismós avait la majorité absolue au sein du syndicat des enseignants du supérieur, à l’inverse du KKE qui a lui perdu tout rapport privilégié avec les milieux intellectuels. Quant à sa direction, elle porte également l’empreinte de la matrice communiste. Malgré son jeune âge, Alexis Tsipras lui-même a commencé à militer dans l’organisation de jeunesse du KKE au début des années 1990. Les cadres et les dirigeants plus anciens ont souvent milité ensemble dans la clandestinité, ils ont connu les prisons et les camps de déportation. De ce fait, il y a une atmosphère de guerre fratricide et une culture de division profonde à l’intérieur de la gauche radicale grecque qui est actuellement entretenue de manière unilatérale par le KKE qui considère que Synaspismós, puis Syriza sont des « traîtres » et constituent, par conséquent, « l’ennemi principal ». C’est la raison pour laquelle le KKE a refusé de rencontrer Syriza dans le cadre des contacts bilatéraux que Syriza a eu avec la quasi-totalité des partis représentés au parlement, quand Syriza s’est vu confier le mandat de former un gouvernement en mai 2012.

PM Comment expliques-tu l’intransigeance du KKE ? Est-ce dû au désaccord sur la question européenne ?

SK Les divergences sur l’Europe n’expliquent pas tout. Sur la question européenne, les positions des deux partis se sont en réalité beaucoup rapprochées ces derniers temps parce que Syriza et Synaspismós ont une attitude de plus en plus critique vis-à-vis de l’Union européenne (UE). Le KKE a toujours été un parti très hostile vis-à-vis de l’UE, mais en ce moment, il ne focalise pas sa position sur la question de la sortie de l’UE ou de la zone euro. Ce qu’il met en avant, ce sont des objectifs qu’on pourrait qualifier de directement anticapitalistes, exigeant l’abolition du capitalisme comme solution aux problèmes immédiats de la situation. Le KKE poursuit une ligne assez gauchiste, sur le plan de sa rhétorique, mais qui permet de justifier un positionnement isolationniste et sectaire.

PM Comment qualifies-tu la ligne de Syriza ? Dirais-tu également que la coalition poursuit une ligne anticapitaliste ou inscrit-elle son action dans une approche plus graduelle, plus réformiste ?

SK Syriza a une ligne clairement anticapitaliste, et se distingue très nettement de la social-démocratie. C’est un aspect d’autant plus important que par le passé d’importantes luttes au sein de Synaspismós ont opposé des courants favorables à une alliance avec la social-démocratie, à d’autres courants qui étaient hostiles à tout accord ou à toute coalition à quelque niveau que ce soit, y compris au niveau local, ou même dans le mouvement syndical. L’aile « sociale-démocrate » de Synaspismós a perdu le contrôle du parti en 2004 quand Alékos Alavános en a été élu président. Cette aile droite, emmenée par Fotis Kouvelis, a fini par quitter Synaspismós et a constitué un autre parti, la Gauche Démocratique (DIMAR) ; une formation qui se veut intermédiaire entre le PASOK et la gauche radicale. Syriza est donc une coalition anticapitaliste qui aborde la question du pouvoir en mettant l’accent sur une dialectique d’alliances, de conquêtes et de succès électoraux, et de mobilisation par en bas et de luttes. Syriza et Synaspismós se veulent des partis de lutte des classes, des formations qui représentent des intérêts de classe spécifiques et qui se conçoivent comme des partis porteurs d’un antagonisme fondamental par rapport au système actuel. D’où le titre « Syriza » : la « coalition de la gauche radicale ». Cette revendication de « radicalité » est un élément extrêmement fort du parti. Quand l’aile gauche a remporté la majorité en 2004, l’une des premières modifications qu’elle a apportée aux statuts du parti était la revendication explicite de la filiation au mouvement révolutionnaire et communiste grec, et à l’héritage de la révolution d’Octobre.

PM Quels sont les rapports de force sur le plan militant au sein de Syriza, et combien y a-t-il de militants dans les formations qui composent la coalition ?

SK Synaspismós comprend à peu près 16000 membres. L’Organisation Communiste de Grèce, maoïste, doit avoir entre 1000 et 1500 militants et il y en à peu près autant pour la Gauche Communiste Rénovatrice et Écologique. Synaspismós est un parti qui a connu une évolution, dans ses pratiques et ses formes d’organisation, qui épousent les évolutions qu’a connu son positionnement idéologique. Traditionnellement, Synaspismós était un parti qui était peu militant, qui comprenait beaucoup de « notables » et qui avait une pratique essentiellement électoraliste. On a observé une évolution considérable de la substance organisationnelle et militante du parti à deux niveaux. Premièrement, une « aile jeune » très dynamique s’est développée à travers les mouvements altermondialistes et antiracistes. Cela a permis au parti de renforcer sa présence parmi les couches jeunes, notamment en milieu étudiant où il était traditionnellement faible. Son organisation de jeunesse compte plusieurs milliers de membres à l’heure actuelle. Ce sont les cadres issus de cette jeunesse qui forment une bonne partie l’entourage rapproché d’Alexis Tsipras à l’heure actuelle. Cette jeunesse se caractérise par un grand radicalisme idéologique et se veut d’une affiliation marxiste, d’obédience althussérienne, pour la plupart. Deuxièmement, les syndicalistes au sein de Synaspismós se sont affirmées à partir des années 2000, comme le point d’ancrage de son aile gauche. Largement issue du KKE, cette aile gauche représente un courant plus ouvrier, qui est sur des positions de type lutte des classes relativement traditionnelles et très critiques par rapport à l’UE. Ces deux éléments-là, ainsi que la rupture de toute initiative d’alliance avec le PASOK, ont entraîné une transformation de Synaspismós qui lui a permis d’impulser et d’épouser la recomposition qui avait lieu au sein de Syriza. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas actuellement des courants plus modérés au sein du parti, notamment autour de la figure de proue en matière d’économie, Yanis Dragasakis, et de certains cadres naguère proches de Fotis Kouvelis qui ont refusé de le suivre quand il a quitté le parti. Après les élections du 6 mai, ces courants ont fait entendre leur différence, tout particulièrement en suggérant qu’il n’y aurait pas de dénonciation unilatérale du Mémorandum, donc de ligne de confrontation avec la Troïka. Mais ils ont dû céder sur ce point fondamental. Il parait évident en tout cas que ces contradictions vont resurgir si Syriza accède aux responsabilités gouvernementales.

PM Tu as dit que Syriza avait jusqu’à présent un ancrage militant et électoral essentiellement urbain. Est-ce que cette tendance a été bouleversée par la percée électorale de Syriza aux élections législatives de mai 2012 qui a permis à Syriza de devenir le deuxième parti grec avec 16,7% des voix, devant le PASOK ?

ST Complètement. Il est essentiel de comprendre la sociologie du vote du 6 mai 2012. La transformation qualitative est aussi sismique que le bond quantitatif. Un parti qui oscillait entre 5 et 6% des voix ces dernières années est passé à 16,7% des voix. Aujourd’hui, les sondages le créditent de plus de 20% – certains lui donnent même plus de 30% des voix. Ce qui s’est passé le 6 mai est relativement facile à analyser : c’est essentiellement un vote de classe. L’électorat populaire salarié des grands centres urbains qui votait de manière majoritaire pour le PASOK s’est transféré d’un coup vers Syriza. Synaspismós est le premier parti dans le grand Athènes, dans lequel vit près de la moitié de la population grecque, ainsi que dans tous les grands centres urbains du pays. Il atteint ses meilleurs scores dans les quartiers ouvriers et populaires qui étaient les bastions du PASOK, mais aussi du KKE. Dans ces zones électorales, le KKE amorce son déclin qui va s’accentuer, comme l’indiquent les sondages pour l’élection de juin. On observe un transfert des voix du KKE vers Syriza. C’est un vote populaire, mais aussi un vote des couches salariées éduquées, et c’est un vote d’actifs. Syriza fait un score équivalant à sa moyenne nationale chez les 18-24 ans, et chez les 24-30 ans. Mais il fait un score supérieur à sa moyenne nationale chez les populations qui forment le cœur de la population active (+ 30 ans). Ces scores les plus faibles sont parmi les inactifs, la population dans les zones rurales (dont la paysannerie), les retraités, les femmes au foyer, les professions libérales et les indépendants. La dynamique de Syriza repose donc sur un de vote de classe du salariat, y compris de ses franges supérieures, des couches populaires et des chômeurs des grands centres urbains de la Grèce.

PM Dans quelle mesure le vote pour Syriza est-il un vote du salariat du secteur public ?

SK La sociologie électorale indique que Syriza reçoit 24% des voix du salariat public et 22,5% du salariat du privé ; des scores à peu près similaires, avec un léger avantage pour les salariés du secteur public. Mais ses meilleurs scores sont dans la deuxième circonscription du Pirée – une grosse circonscription industrielle et ouvrière – ainsi que dans le nord de la Grèce, dans le département de Xánthi, au sein de la population à majorité musulmane turcophone ; dans lequel un député Syriza issu de la minorité musulmane turcophone a été élu.

PM Pour la première fois en Europe depuis l’après-guerre, un parti de la gauche radicale a dépassé dans les urnes le parti représentant la social-démocratie. C’est un dépassement dû à la percée impressionnante de Syriza, mais aussi à l’effondrement du vote en faveur du PASOK. Penses-tu que ce dépassement soit durable ?

SK La thérapie de choc qui a été appliquée à la Grèce a entraîné les mêmes résultats politiques que dans les autres pays où elle a été appliquée. L’ancien système politique s’est effondré. Les deux partis principaux ont été touchés : le PASOK, mais aussi, dans une moindre mesure, la Nouvelle Démocratie qui a perdu 20% de ses voix, ce qui constitue le plus faible score pour un parti de droite depuis que la Grèce existe en tant qu’Etat indépendant. En réalité, l’effondrement qualitatif du PASOK est encore supérieur à ce qu’indiquent les chiffres au niveau national. Dans les grands centres urbains, le PASOK vient en sixième ou septième position. Dans la plupart des quartiers populaires qui étaient naguère ses bastions, il est devancé par Aube dorée, le parti néo-nazi. Son score parmi les 18-24 ans atteint 2,6%. La plus grande partie de son électorat (13,4% des voix) est constituée de retraités et d’habitants des zones rurales et des petites villes de province. Les sondages portant sur les intentions de vote lors du scrutin du 17 juin montrent que cette tendance va encore s’amplifier.

PM On peut dire qu’aujourd’hui le PASOK est un parti totalement discrédité aux yeux des Grecs…

SK Le parti est entièrement détruit. Il ne regroupe en réalité que les résidus des anciens réseaux du parti-Etat. Les deux partis qui ont successivement occupé le pouvoir depuis la chute des colonels étaient des partis de masse, mais aussi des partis-État, c’est-à-dire des partis extrêmement liés à l’Etat, et à la distribution de ressources obtenues grâce à l’accès à l’appareil d’Etat. Le PASOK et la Nouvelle Démocratie avaient des pratiques clientélistes, qui n’étaient plus tellement celles de notables à l’ancienne dans la mesure où elles étaient assurées par des appareils bureaucratiques, y compris dans le mouvement syndical. La Nouvelle Démocratie était en effet un « parti populaire de droite », un Volkspartei comparable à la démocratie-chrétienne allemande qui comptait une aile syndicale relativement substantielle.


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Europe / Europe : un vague air de démocratie participative
« le: 18 juin 2015 à 18:23:01 »
Europe : un vague air de démocratie participative

Auteur: Rachel Knaebel / http://www.bastamag.net/article2304.html
 

18 avril 2012

C’est une petite dose de démocratie participative dans les rouages technocratiques de l’Union européenne : la possibilité d’une « initiative citoyenne » est entrée en vigueur début avril. Bruxelles sera obligée d’étudier les propositions recueillant le soutien d’un million d’Européens. Des initiatives sur le droit à l’eau, contre le nucléaire, sur la protection des données ou le mariage gay sont déjà en cours. Mais les lobbies pourront eux aussi s’en saisir.
« L’initiative citoyenne est quelque chose de merveilleux, s’est réjoui le président du Parlement européen, le social-démocrate Martin Schulz. C’est un grand jour pour la démocratie participative. Je connais des exemples où des signatures ont changé toute une orientation politique. » Entrée en vigueur ce 1er avril, l’initiative citoyenne européenne (ICE) permet à des comités de citoyens, s’ils réunissent un million de signatures, d’obliger l’exécutif de Bruxelles d’étudier leurs propositions de lois ou de directives. Une révolution participative dans les rouages technocratiques de l’Union ? « Il ne faut pas y investir des espoirs irréalistes », nuançait Martin Schulz. Une précision utile. Car, en pratique, l’ICE a peu de chance de bouleverser les politiques de l’Union.

Adopté dans le cadre du traité de Lisbonne en 2009, il a fallu près de deux ans de tractations entre pays membres pour que l’initiative entre en vigueur [1]. Mais cette dose de démocratie participative nécessite bien des préalables bureaucratiques… Avant même de commencer à collecter les soutiens, il faut passer par la case Commission européenne. Celle-ci juge de la recevabilité des demandes avant de les enregistrer. Première limite : la demande ne doit être « ni abusive, ni fantaisiste, ni vexatoire ». Des critères « assez vagues pour que la Commission refuse ce qui la dérange, sans explication », estime Michael Efler, de l’association allemande Plus de démocratie.

Impossible de réviser les traités

Les initiatives doivent aussi relever des compétences de l’Union (agriculture, affaires sociales, éducation, énergie, environnement, fiscalité, transports…) et, surtout, aller dans le sens des traités européens. Impossible, donc, de demander une révision des traités par cette voie. Autre obstacle, de forme : le groupe qui propose l’initiative doit se composer de sept citoyens – pas de députés européens, ni d’organisations, qui peuvent toutefois la soutenir – de sept pays membres différents.

Une fois cette première barrière passée, les initiateurs ont un an pour collecter le million de signatures, sur papier ou par Internet. Ces signatures doivent en outre provenir d’au moins sept États, avec un nombre minimal de soutiens par pays, en fonction de leur poids démographique : 54 000 pour la France et l’Italie, 74 250 pour l’Allemagne, 37 500 pour l’Espagne et la Pologne, 16 500 pour la Grèce, 9 000 pour l’Irlande… [2]

Pas de signature sans numéro de passeport

Un million de signatures en un an, c’est beaucoup. « C’est un énorme défi, cela revient à plus de 2 700 signatures par jour », poursuit le militant allemand. Mais l’outil déjà existant des pétitions au Parlement européen laisse penser que c’est possible. En février, les députés de Strasbourg ont ainsi reçu 2,5 millions de signatures contre le traité anticontrefaçon Acta. La pétition déposée par Greenpeace fin 2010 pour demander un moratoire sur les OGM et la modification des règles d’autorisation avait, elle aussi, réuni plus d’un million de soutiens. « C’était déjà assez difficile pour une organisation comme Greenpeace de récolter ces signatures. Alors, pour des citoyens, ce sera très compliqué », estime Mark Breddy, du bureau européen de l’ONG.

Greenpeace critique aussi les règles trop restrictives d’enregistrement des signatures. En plus des noms, adresses ou dates de naissance, la plupart des pays (18 sur 27), dont la France, l’Espagne et l’Italie (mais pas le Royaume-Uni ni l’Allemagne), demandent un numéro de pièce d’identité pour valider les soutiens. « C’est tout à fait excessif, juge Mark Breddy. Il faut évidemment demander des informations pour vérifier le sérieux, mais à ce niveau-là, ce n’est pas raisonnable. Les lobbyistes de Bruxelles n’ont pas, eux, à enregistrer leur nom et adresse, sans même parler de leur pièce d’identité. L’ICE peut être utile pour engager les citoyens européens, mais ces règles risquent de décourager la participation. »

Déjà quelques projets en cours

Greenpeace n’a pas l’intention de relancer une initiative citoyenne dans l’immédiat. Mais la Commission en avait déjà reçu six dès le dimanche 1er avril, et de nombreuses organisations ont annoncé les leurs. Des syndicalistes espagnols demandent la reconnaissance d’un droit à l’eau et une gestion publique de la ressource ; une association environnementale autrichienne envisage de collecter des signatures contre le nucléaire ; d’autres citoyens européens souhaitent défendre le pluralisme des médias ou le mariage gay.

Les libéraux et les conservateurs du continent ne sont pas en reste ! Le parti libéral allemand (FDP) souhaite passer par l’ICE pour lutter contre la conservation préventive des données personnelles. Un député de la droite bavaroise veut lancer une initiative pour le dimanche chômé. Et Radio Vatican a même mentionné un projet des Pro-Life du Parlement européen contre le droit à l’avortement.

OGM, droit du travail, conservation des données…

En France, onze économistes, dont Bernard Cassen et Jacques Sapir, préparent une initiative pour un protectionnisme européen. Jacques Attali veut recueillir un million de signatures pour aller vers une Europe fédérale et l’ancienne ministre des Affaires européennes du gouvernement de Villepin, Catherine Colonna, envisage d’y recourir pour donner le droit aux Européens de voter à toutes les élections de leur pays de résidence.

Il faudra attendre plusieurs semaines avant de savoir lesquels de ces nombreux projets seront jugés recevables. La Commission dispose de deux mois pour en décider. « Beaucoup des initiatives annoncées ne seront pas enregistrées tout simplement parce qu’elles supposent une réforme des traités. C’est le cas du projet pour la sortie du nucléaire, qui va à l’encontre d’Euratom (Communauté européenne de l’énergie atomique, ndlr), explique Michael Efler. Mais il y a bien des thèmes qui rentrent dans les clous, comme des propositions sur les OGM, les standards du droit du travail ou la conservation des données. »

Le Parti de la gauche européenne (PGE) veut, de son côté, se saisir de l’ICE pour demander la création d’un fonds européen de développement social, écologique et solidaire. Il pourrait emprunter à bas coût auprès de la Banque centrale européenne (BCE) pour prêter aux États à des taux faibles, à condition que les investissements visent à développer les services publics. Pour la gauche européenne, cette proposition permettrait de susciter le débat sur l’argent de l’Europe tout en allant « dans le sens des traités », comme le veut le cadre restrictif de l’ICE. Le parti veut déposer l’initiative à la fin de l’été. Avant ça, il doit trouver des organisations, associations, syndicats de différents pays de l’UE pour la soutenir, et des personnalités européennes susceptibles d’attirer les signatures.

Pas d’obligation, juste un débat

Pour Jack Hunter, de Greenpeace, « l’ICE pourrait être un outil excellent pour améliorer la législation européenne en matière d’environnement. Car le mandat de la Commission couvre de nombreux domaines environnementaux. Mais tout dépend de la volonté de celle-ci de prendre les initiatives au sérieux ». À la différence des procédures d’initiative citoyenne qui existent dans certains pays du continent (comme en Italie, en Suisse ou en Allemagne au niveau des États-régions), la version européenne n’oblige pas les instances politiques de l’UE à mettre au vote les propositions qui ont récolté un million de soutiens, mais juste à les débattre. « Si une ICE aboutit malgré tous les obstacles, il n’y a aucune garantie que la Commission agisse en conséquence, regrette Mark Breddy. Et si c’est un sujet qu’elle ne veut pas aborder, comme les OGM, c’est peu probable. » La Commission devra toutefois justifier son refus le cas échéant, et les porteurs de l’initiative seront reçus en audition publique devant le Parlement européen.

Dernier accroc au tableau : la procédure de l’ICE n’exclut pas les lobbies. Le président du Parlement européen disait lui-même, fin mars, ne se faire « aucune illusion à ce sujet ». Les porteurs d’initiative doivent certes fournir toutes les données concernant leur financement (qui seront visibles sur le site Internet de l’ICE), ce qui devrait permettre de distinguer les intérêts économiques en jeu. « Mais il n’y a pas de règle qui stipule qu’une initiative citoyenne doit être dans l’intérêt public », souligne Mark Breddy. Des consultants bruxellois en lobbying proposent déjà à leurs clients de les aider à lancer une initiative (ici par exemple). « Dans le fond, un million d’euros marchera toujours plus qu’un million de votes », déplore Jack Hunter. À quand une initiative contre l’influence des lobbies ?

Rachel Knaebel

Notes

[1] L’outil a été créé par le traité de Lisbonne, adopté fin 2009. Il a ensuite fallu plus de deux ans pour que Parlement et Commission s’accordent sur ses modalités et que les pays membres transposent le règlement dans leur droit national.

[2] Le nombre de signatures par pays est calculé en fonction du nombre de députés européens de chaque pays, multiplié par 750.

http://www.forumdesalternatives.org/fr/europe-un-vague-air-de-democratie-participative

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Haski et Schneidermann victimes de «swatting»: Que peut faire la justice française contre Ulcan?

Ulcan, ou ses proches, ont encore frappé. Le pseudo-hacker franco-israélien s’en serait pris coup sur coup, mardi et mercredi, à Daniel Schneidermann, directeur de la publication d’Arrêt sur Images, et Pierre Haski, le cofondateur de Rue89. Les journalistes ont été victimes de « swatting », un canular qui consiste à envoyer les forces d’intervention de la police chez les victimes.

Ulcan, Grégory Chelli de son vrai nom, réside en Israël. En l’absence d’accord d’extradition entre les deux pays, le pseudo-hacker n’est pas inquiété. Ce que regrette Pierre Haski, qui considère que le problème est « celui de l’impunité dont bénéficie cet homme, né à Paris mais vivant aujourd’hui en Israël, et qui n’est pas inquiété même pour les faits qu’il a amplement revendiqués ». Explications.

Les procédures en cours

Actuellement, deux informations judiciaires sont en cours d’instruction au parquet de Paris. La première, ouverte il y a un an, concerne des faits de piratage informatique revendiqués par Ulcan contre Rue89. Et la seconde a été ouverte en octobre 2014 sur des faits de « violences volontaires avec préméditation », « dénonciation de crimes et délits imaginaires », « usage de données d’identification d’autrui en vue de porter atteinte à sa tranquillité ou son honneur » et « détention et diffusion de documents portant atteinte à l’intimité de la vie privée ». Ces faits concernent les actes commis contre des journalistes de Rue89.

Le juge enquête sur le possible lien entre les faits de harcèlement et le décès du père d’un des journalistes, victime d’un canular.

Pas d’accord d’extradition…

Entre la France et Israël, aucun accord d’extradition n’existe. Selon son compte Facebook, il résiderait à Ashdod, une ville balnéaire d’Israël située à une quinzaine de kilomètres au nord de la bande de Gaza. Si au niveau diplomatique, les choses coincent, les juges français qui enquêtent sur les faits qui lui sont reprochés peuvent toujours prononcer un mandat d’arrêt international.

… mais des recours possibles

Ce document permettrait aux autorités policières d’émettre, via Interpol, une « notice rouge ». Dans ce cas, toutes les polices membres de l’organisation seraient tenues de localiser et d’arrêter Ulcan si ce dernier venait à se rendre dans les pays concernés. Cependant, cela ne garantirait pas la remise à la France du hacker puisque les autorités policières de chaque pays conservent leur propre indépendance.

Accords diplomatiques

Seule la volonté politique permettrait de débloquer la situation. « Les plaintes qui s’accumulent, l’ouverture de deux informations judiciaires avec la nomination de deux juges d’instruction, les démarches diplomatiques, finiront-elles par réveiller un gouvernement israélien qui ne peut plus ignorer cette affaire ? Ou devra-t-on, à un certain moment, se demander si ce silence ne devient pas complice ? », écrit Pierre Haski.

Parfois, les échanges entre la France et Israël aboutissent à la remise à la justice d’individus condamnés. Comme en début d’année, lorsqu’Israël a extradé vers la France un Franco-israélien qui avait fui une condamnation à 20 ans de prison pour avoir provoqué la mort d’un homme dans une tentative d’escroquerie à l’assurance.

http://www.20minutes.fr/societe/1634359-20150618-haski-schneidermann-victimes-swatting-peut-faire-justice-francaise-contre-ulcan

3390
Monsanto : les produits à boycotter + Liste des marques à connaître

De très nombreux articles de consommation courante sont élaborés à partir de cultures OGM mises au points par Monsanto, géant américain de la biochimie.
Bio à la Une fait la liste de quelques unes des marques à éviter afin de ne pas mettre n’importe quoi dans son assiette.

Monsanto, titan de la biotechnologie, est tristement célèbre pour les scandales sanitaires à répétition dans lesquels il est mis en cause. On le sait moins, mais les marques qui contiennent des produits Monsanto envahissent nos rayons.

Pour mieux savoir ce que l’on met dans son assiette et dans celle de ses enfants, il est bon de connaître les multinationales, propriétaires de nombreuses marques, qui ont recours à des composants Monsanto.

Parmi celles-ci, les sociétés Kraft Philipp Moris, Unilever, General Mills, Coca-Cola, Pepsico ou encore Procter & Gamble.

Boissons
◾Les boissons de la marque Coca-Cola: Coca-Cola, Fanta, Dr Pepper, Minute Maid…
◾Les jus de fruits Capri-Sun et Topricana.
◾Le boissons Ocean Spray, les sodas Pepsi-Cola, Seven Up, Schweppes ou les boissons énergisantes Gatorade.
◾Les thés Lipton et les cafés Maxwell.
◾Le lait Gloria de la firme Nestlé

Produits sucrés
◾Les chocolats Poulain, Lindt, Côte d’Or, Dam, Milka, Suchard et Toblerone.
◾Les biscuits Lu, Oreo, Cadbury et les cookies Pepperidge Farm.
◾Les produits Brossard ou Savane.
◾Les bonbons Carambar, Krema et La Vogienne.
◾Les chewing-gums Hollywood ou Malabar.
◾Les barres de chocolat Bounty.
◾Les glaces Häagen Dazs, Miko et Ben & Jerry’s.
◾Les céréales Kellogg’s, parmi lesquelles Special K, Trésor, Miel Pop’s, Froties ou encore All Bran.
◾Les yaourts Yoplait.

Produits salés
◾Les chips Lay’s, Pringles et Doritos.
◾Les biscuits apéritif Benenuts et Bahlsen.
◾Les spécialités fromagères Philadelphia.
◾Les plats préparés Marie, Findus, Tipiak.
◾Les pains Jacquet.
◾Les soupes et bouillons Liebig, Knorr, Royaco, Alvale.
◾Les préparations mexicaines Old El Paso.
◾Les sauces Heinz, Amora, Benedicta.
◾Les produits Uncle Ben’s.

Hygiène et entretien
◾Les couches pour bébé Pampers.
◾Les protections féminines de la marque Always.
◾Les gels douche, shampoings et déodorants Pantene, Axe, Monsavon, Dove, Rexona ou Timotei.
◾Les dentifrices Signal.
◾Les produits nettoyants Cif, Omo, Dash, Skip, Cajoline et Sun.
◾Ou encore les désodorisants Febreze.

Cette longue liste, loin d’être exhaustive et qui ne concerne que les produits présents sur le marché français, permet de se donner une idée du nombre d’articles de consommation courante dans lesquels on peut retrouver des produits Monsanto, afin de faire le tri dans sa consommation.



http://www.sante-nutrition.org/monsanto-les-produits-boycotter-liste-marques-connaitre/