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Messages - mike

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info - média france / Visite éclair en Israël pour Sarkozy
« le: 08 juin 2015 à 15:50:55 »
Visite éclair en Israël pour Sarkozy



@@JeudyBruno












Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, effectuera une visite lundi à Jerusalem. Un déplacement diplomatique et très politique pour l’ancien chef de l’Etat.

 
 

Nicolas Sarkozy à la rencontre de l’Orient compliqué. Le président du tout nouveau parti des Républicains effectue lundi (il arrivera dimanche soir) une visite en Israël. L’ancien chef de l’Etat a programmé plusieurs rencontres diplomatiques de haut rang. Il s’entretiendra avec le premier ministre Benjamin Netanyahou. Il verra aussi le nouveau président israélien Reuven Rivlin, et son prédécesseur et prix Nobel de la Paix Shimon Peres. Il visitera un incubateur de start-ups installé à Jerusalem et sera l’invité d’honneur de la rencontre économique annuelle Herzliya devant laquelle il délivrera un discours. Ce sera une «conférence non rémunérée», fait savoir l’entourage de Nicolas Sarkozy. La séquence sera complétée par une rencontre avec les représentants du parti Les Républicains en Israël.

Trois visites depuis 2012 

En marge ce programme déjà chargé, l’ex-Président pourrait se rendre, selon des sources en Israël, à Ramallah, en territoire palestinien. Une étape non confirmée par la direction des Républicains, de même qu’une éventuelle rencontre avec Mahmoud Abbas. Nicolas Sarkozy se présente régulièrement comme «un ami d’Israël», un pays où il se rend très régulièrement. Il avait effectué une visite d’Etat à l’été 2008. Depuis son départ de l’Elysée, il s’y est rendu à deux reprises. En 2013, il était à Netanya pour recevoir le diplôme honorifique de la Netanya Academic college. Il avait été reçu par les dirigeants de l’Etat hébreu. L’an passé, il avait accompagné son épouse Carla qui a donné un concert. 

http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Visite-eclair-en-Israel-pour-Sarkozy-777136

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Les responsables américains envisagent des frappes nucléaires contre la Russie

Hier, au siège de l’US European Command à Stuttgart, le secrétaire à la Défense américain Ashton Carter a rencontré des dizaines de chefs militaires américains et de diplomates européens pour discuter de l’intensification de leur campagne contre la Russie. Ils ont évalué l’impact des sanctions économiques actuelles, ainsi que leur stratégie d’exploiter les combats dans l’est de l’Ukraine afin de déployer davantage de troupes et de matériel en Europe de l’Est.

Un responsable militaire américain a déclaré à Reuters que l’objectif principal de la réunion était «d’évaluer et de planifier comment États-Unis et leurs principaux alliés doivent réagir aux tensions accrues avec la Russie au cours de la dernière année ». Il a ajouté qui Carter était prêt à fournir des armes létales au régime ukrainien, une proposition mise en avant plus tôt dans l’année.

Une information même plus provocatrice publiée par l’Associated Press jeudi rapporte que le Pentagone envisage de lancer des frappes nucléaires contre la Russie pour punir de prétendues violations russes du traité de 1987 sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire (INF). La Russie nie les allégations américaines selon lesquelles elle aurait violé l’INF en effectuant des vols d’essai de missiles de croisière d’une portée interdite.

Le Pentagone envisage trois stratégies possibles : le placement de défenses anti-missiles en Europe pour détruire des missiles russes en vol; une option « antiforces », avec des frappes préventives non-nucléaires sur des sites militaires russes; et enfin, des « frappes compensatrices », impliquant le lancement de missiles nucléaires contre des cibles à l’intérieur de la Russie.

Selon l’AP, « Parmi les options, il y a une stratégie implicite, mais non déclarée explicitement, qui améliorerait la capacité des armes nucléaires américaines à détruire des cibles militaires sur le sol russe ». Les États-Unis préparent donc activement une guerre nucléaire agressive contre la Russie.

Robert Scher, l’un des conseillers de stratégie nucléaire de Carter, a déclaré au Congrès en avril que les mesures « antiforces » signifieraient que « nous pourrions effectivement aller et attaquer ce missile là où il se trouve en Russie ».

Selon d’autres responsables du Pentagone, ceci entraînerait le déploiement de missiles de croisière à travers toute l’Europe.

Le lieutenant-colonel Joe Skewers, porte-parole du Pentagone, a dit à l’AP : « Toutes les options à l’étude visent à garantir que la Russie ne gagnera aucun avantage militaire significatif de leur violations ».

La criminalité et l’irresponsabilité de la politique étrangère de Washington et de l’OTAN sont stupéfiantes. Une frappe nucléaire préventive contre les forces russes, souvent à proximité de zones peuplées, pourrait détruire instantanément des millions de vies et déclencher une guerre nucléaire qui anéantirait l’humanité. Même si l’on suppose que les responsables américains qui menacent la Russie ne veulent pas un tel résultat, et qu’ils ne font qu’essayer d’intimider Moscou, ces menaces ont une logique objective sinistre.

Le bellicisme nucléaire de Washington augmente énormément le danger de l’éruption accidentelle d’une guerre dans un contexte stratégique tendu. L’OTAN lance des exercices militaires tout autour de la Russie, de l’océan Arctique et de la mer Baltique en passant par l’Europe de l’Est jusqu’à la mer Noire et la Méditerranée. Toutes armées de la région sont en état d’alerte.

Les responsables américains qui menacent la Russie ne savent pas comment le Kremlin va réagir. Si le Kremlin craint le danger d’une frappe soudaine de l’OTAN, il sera de plus en plus susceptible de répondre à des signes perçus d’une action militaire de l’OTAN en lançant ses missiles, pour éviter qu’ils soient détruits au sol. Le danger que des erreurs de calcul et de malentendus pourraient déclencher une guerre est immensément renforcé.

Les déclarations de Scher et de Carter confirment les analyses du WSWS l’année dernière, qui avertissait que le soutien de l’OTAN au putsch à Kiev et sa décision de rendre la Russie responsable de la destruction du vol MH17, sans preuves, posaient le risque d’une guerre. « Êtes-vous prêt pour la guerre, y compris éventuellement la guerre nucléaire entre les États-Unis, l’Europe, et la Russie? Telle est la question que tout le monde devrait se poser à la lumière des développements intervenus depuis la destruction du vol MH17 de Malaysian Airlines », a écrit le WSWS.

En mars, Poutine a déclaré qu’il avait mis l’armée russe, y compris ses forces nucléaires, en état d’alerte suite au putsch de Kiev, craignant une attaque de l’OTAN. A présent, les chefs militaires américains confirment eux-mêmes que leur politique risque de déclencher une guerre nucléaire.

Ces menaces se sont développées largement derrière le dos du prolétariat mondial. Les travailleurs aux États-Unis, en Europe et à travers le monde ont à maintes reprises manifesté leur hostilité aux guerres en Irak ou en Afghanistan. Pourtant, presque 15 ans après le début de ces guerres, les médias et les élites dirigeantes tentent de cacher que le monde est au bord d’un conflit encore plus dévastateur.

Le président Barack Obama intensifiera vraisemblablement la pression sur la Russie lors du sommet du G7 ce week-end, en sommant les dirigeants européens d’intensifier les sanctions imposées à la Russie l’année dernière, suite à l’annexion russe de la Crimée. La dernière flambée de violence en Ukraine cette semaine servirait de prétexte pour la poursuite des sanctions.

Jeudi, au parlement, le président ukrainien Petro Porochenko a souligné la «menace colossale de reprise des hostilités à grande échelle par les forces russes et terroristes.» Il a affirmé sans preuve que 9.000 soldats russes sont déployés dans les zones rebelles de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine.

« Les forces armées de l’Ukraine doivent s’apprêter à une nouvelle offensive de l’ennemi, ainsi qu’à une invasion à grande échelle tout le long de la frontière russe », a-t-il déclaré. « Nous devons être vraiment prêts pour cela ». Il a dit que l’armée ukrainienne avait stationné au moins 50.000 soldats dans l’est pour défendre le pays.

Il prononçait ces remarques un jour après la reprise des combats dans l’est de l’Ukraine entre les forces de Kiev et les séparatistes soutenus par le russes, qui ont fait des dizaines de victimes. Ces combats marquent la plus grande violation à ce jour du cessez-le-feu signé en février.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré jeudi que la Russie croyait que Kiev avait provoqué ces hostilités pour influencer les prochaines discussions au sommet du G7 ce week-end et au sommet de l’UE à Bruxelles à la fin du mois. « Ces actes provocateurs sont organisés par les forces armées de l’Ukraine, et nous sommes préoccupés par cela », a-t-il déclaré.

Chaque côté accuse l’autre d’avoir initié les combats à Marinka, à environ 15 kilomètres à l’ouest du bastion rebelle de Donetsk. Yuriy Biryukov, un conseiller de Porochenko, a indiqué jeudi que les combats avaient fait cinq morts et 39 blessés parmi les soldats ukrainiens. Eduard Basurin, ministre de la Défense adjoint et porte-parole de la République populaire de Donetsk (RPD), a déclaré à Interfax que 16 combattants rebelles et cinq civils avaient trouvé la mort.

L’artillerie ukrainienne a également tiré sur Donetsk mercredi. Des obus sont tombés dans les districts de Kirovsky et de Petrovsky, faisant 6 morts et au moins 90 blessés. Le feu a gravement endommagé le marché de Sokol et détruit plusieurs rangées de boutiques.

La Secteur droit fasciste mobilise ses membres pour combattre. Andrey Stempitsky, qui commande son bataillon paramilitaire, a affiché un message sur Facebook appelant ceux qui sont rentrés chez eux pendant le cessez-le-feu à « retourner à leurs unités de combat.» Il a averti que le Secteur droit « mènera la guerre, en ignorant ceux qui soutiennent la trêve ».

http://www.mondialisation.ca/les-responsables-americains-envisagent-des-frappes-nucleaires-contre-la-russie/5453856

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Santé / Dépendance alcoolique : l’engrenage infernal
« le: 08 juin 2015 à 15:49:05 »
Dépendance alcoolique : l’engrenage infernal

La dépendance alcoolique concernerait 2 millions de français. On déplore près de 50 000 décès et pas moins de 800 000 hospitalisations par an. L’alcoolisme demeure un fléau. L’engrenage infernal de cette maladie répond à un mécanisme destructeur puissant.



La dépendance alcoolique est une pathologie neurologique. Une maladie contre laquelle une prise en charge spécifique et des traitements existent. Il est encore important de le rappeler même si le regard de la société a bien évolué depuis vingt ans.

Aujourd’hui la personne alcoolique est reconnue dans ce statut et à droit à une prise en charge médicale et psychologique adaptée.

Reconnue certes, mais trop peu de malades sont actuellement pris en charge, plus de 90% d’entre eux vivent un enfer cloîtrés dans la honte et l’isolement.

Une prise en charge avant cinq ans

alcoolismeQuand la dépendance alcoolique est installée, le temps joue contre le malade. Plus tôt la prise en charge intervient, plus grandes sont les chances de s’en sortir. Un sentiment de honte profonde est le principal obstacle. La culpabilité résulte du regard que la société a porté sur ce « problème » depuis trop longtemps.

Le statut de « malade » reconnu

Avant d’entamer une démarche de soin, il faut que le sujet en proie à l’alcool se reconnaisse lui même le statut de « malade ». L’entourage a un rôle à jouer. Prendre un peu de son temps pour parler et, chaque jour, renouveler cette attention semble peu de choses. Mais c’est ce qui peut permettre d’établir et de garder le contact.

C’est seulement après,  quand le statut de malade est établi et indiscutable, que la personne en détresse sera capable de parler de son problème, d’accepter de l’aide et un traitement médicamenteux. Une hospitalisation dans un service d’addictologie est souvent inévitable.


Personne n’est à l’abris

En France, trois personnes sur dix traverseront une partie de leur vie sous l’emprise d’une dépendance alcoolique. Personne n’est à l’abri.

Le mieux donc est de ne pas tomber malade, ne pas devenir alcoolo-dépendant. Cela peut vous paraître facile, tant mieux. Mais croyez bien qu’il est tout aussi facile d’acquérir des habitudes néfastes avec l’alcool.

Un produit psychotrope



Même s’il n’est pas reconnu comme un « stupéfiant » par les pouvoirs publics, l’alcool n’en reste pas moins un produit psychotrope, une drogue donc.

On aurait tort de sous estimer cet ennemi qui ne dit pas son nom. D’autant plus que l’usage de l’alcool est bien souvent festif (au début tout du moins). Trop souvent, nous ne reconnaissons son côté destructeur et incontrôlable, que lorsqu’il nous affecte déjà.

La drogue provoque une dépendance psychologique. L’alcool a aussi cette propriété qu’ont les psychotropes, de modifier le psychisme de l’individu.


L’alcool : un médicament puissant contre l’angoisse

L’alcool rend euphorique et permet de vivre comme dans un rêve et d’esquiver la réalité. C’est aussi un « médicament » que l’on utilise contre l’anxiété et la dépression,  l’un des plus utilisés malheureusement.

Ainsi, le petit verre partagé avec un ami de temps en temps va remplir sans le dire son rôle d’alcool-médicament. Il efface les soucis, rend à l’aise pour communiquer. L’alcool diminue le stress et les tensions psychologiques.

La dépendance psychologique s’installe

dépendance alcoolique

L’alcool ne résout pas les problèmes. Tout au plus met-il un pansement sur les blessures de la vie. Cela permet d’oublier un temps la cause du malheur. C’est là le danger qui guette l’alcoolique en devenir : prendre l’habitude d’esquiver les petits problèmes qui deviendront grands.

Ce cumul de problèmes non résolus pèse de plus en plus lourd psychologiquement. Les doses d’alcool de médicament sont augmentées. Les soucis s’effacent, avec eux l’angoisse disparaît. Le piège se referme : la dépendance s’installe rapidement.

Des troubles graves apparaissent…

On assiste alors à un phénomène caractéristique. Le malade opère une régression psychologique et adopte une attitude puérile. Cette démarche incontrôlable est souvent insupportable pour le malade lui-même. En résulte l’apparition de troubles du caractère qui peuvent être importants.


le manque alcoolique est l’un des pires supplices que l’on puisse infliger à un organisme

Au delà d’un certain seuil, propre à chacun, apparaît la dépendance physique. Le manque se fait ressentir, il est terrible. On entre dans ce qu’il faut bien appeler par son nom : la toxicomanie.

La toxicomanie alcoolique



Comme dans d’autre cas de toxicomanie, rapidement on voit le malade alcoolique développer des symptômes multiples qui le mènent vers sa désocialisation.

Les troubles du caractère s’amplifient. Il se désintéresse de ses proches. Un état dépressif latent laisse ensuite la place à une dépression nerveuse bien réelle, qui apparaît systématiquement.

Longtemps, le malade lutte. Il refuse de se considérer comme un alcoolique, cet être méprisable que tous rejettent. Accepter ce statut le plongerait dans la dépression.

Le déni maintient le malade dans l’utopie

Un mécanisme d’autodéfense se met donc en place pour empêcher cette dépression : c’est le déni. Il permet au sujet dépendant de se convaincre qu’il n’est pas alcoolique. Il essaie, en toute franchise, d’en convaincre également son entourage.

Plus tard, le malade se compare à plus alcoolique que lui pour se maintenir dans l’illusion. Il peut ainsi continuer d’affirmer qu’il n’a pas de problème d’alcool.

La dépression nerveuse inévitable

dépendance alcoolique

C’est encore assez peu connu et admis dans l’opinion publique, tous les alcooliques deviennent un jour des déprimés profonds. Et malheureusement, tous tenteront de « soigner » cette dépression par leur médicament anti-stress habituel : l’alcool.

Le cercle vicieux est enclenché

De plus en plus de problèmes, de plus en plus d’alcool, un état dépressif qui s’aggrave… Briser ce cercle vicieux n’est pas facile. Il conduit le malade alcoolique vers la solitude et l’isolement social.

Il faut souvent plusieurs années pour parvenir à s’en sortir. Seul, le problème est insurmontable. Sachez également que les rechutes sont inévitables, elles font partie du processus de guérison.
•Sources pour les chiffres : le Parisien -édition du 23 mars- dans « Dépendance à l’alcool : osons en parler » de Claudine Proust, citant une étude des Journées de la Société française d’alcoologie)
•Une mine d’information et de soutien possible sur : alcoolassistance.net
•Consulter l’annuaire des structures de soins en alcoologie édité par la Société Française d’Alcoologie


http://www.mieux-vivre-autrement.com/dependance-alcoolique-lengrenage-infernal.html?utm_campaign=shareaholic&utm_medium=facebook&utm_source=socialnetwork

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A Lisbonne, les parcs deviennent des potagers urbains





A Lisbonne, la municipalité a réagi à la crise en faisant le pari que l’agriculture urbaine pouvait avoir un rôle social. Des hectares d’espaces verts sont devenus des potagers urbains, et les parcelles attribuées sur critères sociaux à 500 familles. Une façon d’augmenter leurs revenus, tout en améliorant la résilience de la ville et en répondant au changement climatique.




Et si l’agriculture urbaine pouvait avoir un rôle social ? C’est le pari qu’a fait la mairie de Lisbonne. Car avec la crise, « les gens quittaient la ville et la qualité de vie baissait », observe Duarte Mata, architecte et conseiller auprès du maire en espaces verts et développement durable.

Depuis 2008, la municipalité a décidé de revoir son approche. Au programme : jardins, vergers et potagers urbains, parcs, corridors verts et pistes cyclables pour relier tous ces espaces de respiration.

Sur 32 hectares d’espaces verts, 7 sont devenus des potagers ou des jardins urbains. Des parcelles de 50 mètres carrés pour les plus petites, 1500 mètres carrés pour les plus grandes, ont été attribuées à 500 familles. Le but est de doubler ce chiffre d’ici 2017.



Compléter les revenus, améliorer l’alimentation

Les plus grandes parcelles sont distribuées en priorité aux chômeurs ou personnes habitant des logements sociaux. « Elles ont vraiment un rôle social, insiste Duarte Mata. Elles permettent de compléter des revenus insuffisants et d’améliorer la qualité de l’alimentation de la famille. »

Mais cela a aussi transformé le visage de la ville. Les pelouses vertes laissent peu à peu place à des jardins riches en biodiversité. Les occupants de parcelles ont l’obligation de laisser le passage aux promeneurs dans les allées. « Les parcs ont désormais plusieurs fonctions : récréative, mais aussi de production alimentaire, se félicite l’architecte. Et la présence de personnes dans les jardins crée un sentiment de sécurité pour tous. »

Forte de ce succès, la ville est donc en train d’augmenter la surface des parcs, tout en diminuant les coûts d’entretien. Plus besoin d’arroser les pelouses tout l’été pour les garder bien vertes, ou d’arroser d’herbicides les allées. « Désormais, ce sont les citoyens qui s’occupent des parcs », se réjouit Duarte Mata. Des formations à l’agriculture biologique sont même proposées aux heureux occupants de parcelles.

Faire face aux pénuries alimentaires et au changement climatique

De quoi créer une ville plus verte, mais aussi plus résiliente. C’est ce que souligne un article des Centres de ressource en agriculture urbaine, qui résume le plan stratégique d’Agriculture urbaine de la capitale portugaise :

« Ce plan souligne combien l’agriculture urbaine est importante pour une ville, principalement à cause de sa dépendance aux légumes frais, de la montée des cours internationaux, et du revenu supplémentaire que cela apporte aux familles. Un autre facteur (…) est que cela permet de faire face aux éventuelles pénuries alimentaires. (…) Vous ne savez jamais ce qui peut arriver – événements soudains, catastrophes naturelles ou guerres (…). Par exemple, Lisbonne est située dans une région sismique et subit fréquemment des tremblements de terre, dont un en 1755 qui fût l’un des pires de l’histoire humaine. »

Résilience, et donc également adaptation au changement climatique. « Chaque année les pluies sont plus intenses, nous avons eu cinq inondations rien que cet hiver », souligne Duarte Mata. Les sols cultivés permettent d’absorber le trop plein d’eau et d’atténuer les conséquences des fortes averses. L’été, les jardins permettent à l’inverse de lutter contre les vagues de chaleur, elles aussi de plus en plus fréquentes.


Lisbonne n’a donc pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. Trois hectares de vigne, situés dans la ville, sont entretenus par un vigneron de la région. « C’est beau, c’est agréable pour la population, et cela permet à la mairie de produire du vin de la ville », explique le conseiller.

Mais surtout, d’ici un an c’est carrément une ferme urbaine qui devrait voir le jour. Six hectares de maraîchage seront consacrés à la formation des chômeurs. La production sera vendue sur le marché local.

De quoi transformer le paysage social de la ville, mais aussi de « faire vivre les gens au rythme des saisons, de la nature », espère l’architecte

http://www.reporterre.net/A-Lisbonne-les-parcs-deviennent

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Ne pouvons-nous pas freiner et reprendre le contrôle de la voiture, de notre civilisation ?

Notre volant est bloqué. C’est le verrouillage socio-technique : quand une invention technique apparaît – le pétrole et ses dérivés par exemple –, elle envahit la société, la verrouille économiquement, culturellement et juridiquement, et empêche d’autres innovations plus performantes d’émerger. Notre société reste bloquée sur des choix technologiques de plus en plus inefficaces. Et nous appuyons à fond sur l’accélérateur car on ne peut se permettre d’abandonner la croissance, sauf à prendre le risque d’un effondrement économique et social. L’habitacle de notre voiture est aussi de plus en plus fragile, à cause de l’interconnexion toujours plus grande des chaînes d’approvisionnement, de la finance, des infrastructures de transport ou de communication, comme Internet. Un nouveau type de risque est apparu, le risque systémique global. Un effondrement global qui ne sera pas seulement un simple accident de la route. Quelle que soit la manière dont on aborde le problème, nous sommes coincés.

Les manières dont l’effondrement pourraient se produire et ce qui restera de la civilisation post-industrielle est abondamment représentée au cinéma – de Interstellar à Mad Max en passant par Elysium – ou dans des séries comme Walking Dead. Cet imaginaire est-il en décalage avec votre vision du « jour d’après » ?

Parler d’effondrement, c’est prendre le risque que notre interlocuteur s’imagine immédiatement Mel Gibson avec un fusil à canon scié dans le désert. Parce qu’il n’y a que ce type d’images qui nous vient. Nos intuitions ne mènent cependant pas à un monde version Mad Max, mais à des images ou des récits que nous ne retrouvons que trop rarement dans les romans ou le cinéma. Ecotopia, par exemple, est un excellent roman utopiste d’Ernest Callenbach. Publié aux États-Unis en 1975, il a beaucoup inspiré le mouvement écologiste anglo-saxon, mais n’est malheureusement pas traduit en français. Nous ne pensons pas non plus que ce sera un avenir à la Star Trek : nous n’avons plus suffisamment d’énergies pour voyager vers d’autres planètes et coloniser l’univers. Il est trop tard.

Il y a une lacune dans notre imaginaire du « jour d’après ». L’URSS s’est effondrée économiquement. La situation de la Russie d’aujourd’hui n’est pas terrible, mais ce n’est pas Mad Max. A Cuba, le recours à l’agroécologie a permis de limiter les dégâts. Mad Max a cette spécificité d’aborder un effondrement à travers le rôle de l’énergie, et de considérer qu’il restera encore assez de pétrole disponible pour se faire la guerre les uns contre les autres. Les scientifiques s’attendent bien à des évènements catastrophistes de ce type. Dans la littérature scientifique, l’apparition de famines, d’épidémies et de guerres est abordée, notamment à travers la question climatique. L’émigration en masse est déjà là. Il ne s’agit pas d’avoir une vision naïve de l’avenir, nous devons rester réalistes, mais il y a d’autres scénarios possibles. A nous de changer notre imaginaire.

Existe-t-il, comme pour les séismes, une échelle de Richter de l’effondrement ?

Nous nous sommes intéressés à ce que nous apprennent l’archéologie et l’histoire des civilisations anciennes. Des effondrements se sont produits par le passé, avec l’Empire maya, l’Empire romain ou la Russie soviétique. Ils sont de différentes natures et de degrés divers. L’échelle réalisée par un ingénieur russo-américain, Dmitry Orlov, définit cinq stades de l’effondrement : l’effondrement financier – on a eu un léger aperçu de ce que cela pourrait provoquer en 2008 –, l’effondrement économique, politique, social et culturel, auxquels on peut ajouter un sixième stade, l’effondrement écologique, qui empêchera une civilisation de redémarrer. L’URSS s’est, par exemple, arrêtée au stade 3 : un effondrement politique qui ne les a pas empêchés de remonter la pente. Les Mayas et les Romains sont allés plus loin, jusqu’à un effondrement social. Cela a évolué vers l’émergence de nouvelles civilisations, telle l’entrée de l’Europe dans le Moyen Âge.

Quels sont les signes qu’un pays ou une civilisation est menacé d’effondrement ?

Il y a une constante historique : les indicateurs clairs de l’effondrement se manifestent en premier lieu dans la finance. Une civilisation passe systématiquement par une phase de croissance, puis une longue phase de stagnation avant le déclin. Cette phase de stagnation se manifeste par des périodes de stagflation et de déflation. Mêmes les Romains ont dévalué leur monnaie : leurs pièces contenaient beaucoup moins d’argent métal au fil du temps. Selon Dmitry Orlov, nous ne pouvons plus, aujourd’hui, éviter un effondrement politique, de stade 3. Prenez le sud de l’Europe : l’effondrement financier qui a commencé est en train de muter en effondrement économique, et peu à peu en perte de légitimité politique. La Grèce est en train d’atteindre ce stade.

Autre exemple : la Syrie s’est effondrée au-delà de l’effondrement politique. Elle entame à notre avis un effondrement social de stade 4, avec des guerres et des morts en masse. Dans ce cas, on se rapproche de Mad Max. Quand on regarde aujourd’hui une image satellite nocturne de la Syrie, l’intensité lumineuse a diminué de 80% comparé à il y a quatre ans. Les causes de l’effondrement syrien sont bien évidemment multiples, à la fois géopolitiques, religieuses, économiques… En amont il y a aussi la crise climatique. Avant le conflit, des années successives de sécheresse ont provoqué des mauvaises récoltes et le déplacement d’un million de personnes, qui se sont ajoutées aux réfugiés irakiens, et ont renforcé l’instabilité.

Même simplifiée, cette classification des stades nous permet de comprendre que ce que nous sommes en train de vivre n’est pas un événement homogène et brutal. Ce n’est pas l’apocalypse. C’est une mosaïque d’effondrements, plus ou moins profonds selon les systèmes politiques, les régions, les saisons, les années. Ce qui est injuste, c’est que les pays qui ont le moins contribué au réchauffement climatique, les plus pauvres, sont déjà en voie d’effondrement, notamment à cause de la désertification. Paradoxalement, les pays des zones tempérées, qui ont le plus contribué à la pollution, s’en sortiront peut-être mieux.

Cela nous amène à la question des inégalités. « Les inégalités dans les pays de l’OCDE n’ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons », a déclaré, le 21 mai à Paris, le secrétaire général de l’OCDE. Quel rôle jouent les inégalités dans l’effondrement ?

Les inégalités sont un facteur d’effondrement. Nous abordons la question avec un modèle nommé « Handy », financé par la Nasa. Il décrit les différentes interactions entre une société et son environnement. Ce modèle montre que lorsque les sociétés sont inégalitaires, elles s’effondrent plus vite et de manière plus certaine que les sociétés égalitaires. La consommation ostentatoire tend à augmenter quand les inégalités économiques sont fortes, comme le démontrent les travaux du sociologue Thorstein Veblen. Cela entraîne la société dans une spirale consommatrice qui, au final, provoque l’effondrement par épuisement des ressources. Le modèle montre également que les classes riches peuvent détruire la classe des travailleurs – le potentiel humain –, en les exploitant de plus en plus. Cela fait étrangement écho aux politiques d’austérité mises en place actuellement, qui diminuent la capacité des plus pauvres à survivre. Avec l’accumulation de richesses, la caste des élites ne subit l’effondrement qu’après les plus pauvres, ce qui les rend aveugles et les maintient dans le déni. Deux épidémiologistes britanniques, Richard Wilkinson et Kate Pickett [3], montrent aussi que le niveau des inégalités a des conséquences très toxiques sur la santé des individus.

Le mouvement de la transition, très branché sur les alternatives écologiques, s’attaque-t-il suffisamment aux inégalités ?

Le mouvement de la transition touche davantage les classes aisées, les milieux éduqués et bien informés. Les classes précaires sont moins actives dans ce mouvement, c’est un fait. Dans le mouvement de la transition, tel qu’il se manifeste en France avec Alternatiba ou les objecteurs de croissance, la question sociale est présente, mais n’est pas abordée frontalement. Ce n’est pas un étendard. La posture du mouvement de la transition, c’est d’être inclusif : nous sommes tous dans le même bateau, nous sommes tous concernés. C’est vrai que cela peut gêner les militants politisés qui ont l’habitude des luttes sociales. Mais cela permet aussi à beaucoup de gens qui sont désabusés ou peu politisés de se mettre en mouvement, d’agir et de ne plus se sentir impuissant.

Le mouvement de la transition est venu du Royaume-Uni où, historiquement, le recours à l’État providence est moins fort. « N’attendons pas les gouvernements, passons à l’action », est leur leitmotiv. Il s’agit de retrouver des leviers d’action là où une puissance d’agir peut s’exercer, sans les politiques ni l’État : une rue, un quartier, un village. Le rôle des animateurs du mouvement est de mettre chacun, individu ou collectif, en relation.

Le mouvement de la transition semble être configuré par les espaces où un citoyen peut encore exercer sa puissance d’agir : la sphère privée, sa manière de se loger ou de consommer, son quartier... Le monde du travail, où cette puissance d’agir est actuellement très limitée, voire empêchée, mais qui demeure le quotidien de millions de salariés, en est-il de fait exclu ?

Pas forcément. C’est ce qu’on appelle la « Re-economy » : bâtir une économie qui soit compatible avec la biosphère, prête à fournir des services et fabriquer des produits indispensables à nos besoins quotidiens. Cela ne se fait pas seulement sur son temps libre. Ce sont les coopératives ou l’entrepreneuriat tournés vers une activité sans pétrole, évoluant avec un climat déstabilisé. Ce sont aussi les monnaies locales. Tout cela représente aujourd’hui des millions de personnes dans le monde [4]. Ce n’est pas rien.

La transition, c’est l’histoire d’un grand débranchement. Ceux qui bossent dans et pour le système, qui est en voie d’effondrement, doivent savoir que cela va s’arrêter. On ne peut pas le dire autrement ! Il faut se débrancher, couper les fils progressivement, retrouver un peu d’autonomie et une puissance d’agir. Manger, s’habiller, se loger et se transporter sans le système industriel actuel, cela ne va pas se faire tout seul. La transition, c’est un retour au collectif pour retrouver un peu d’autonomie. Personnellement, nous ne savons pas comment survivre sans aller au supermarché ou utiliser une voiture. Nous ne l’apprendrons que dans un cadre collectif. Ceux qui demeureront trop dépendants vont connaître de grosses difficultés.

Ce n’est pas un peu brutal comme discours, surtout pour ceux qui n’ont pas forcément la capacité ou la marge de manœuvre d’anticiper l’effondrement ?

La tristesse, la colère, l’anxiété, l’impuissance, la honte, la culpabilité : nous avons successivement ressenti toutes ces émotions pendant nos recherches. Nous les voyons s’exprimer de manière plus ou moins forte au sein du public que nous côtoyons. C’est en accueillant ces émotions, et non en les refoulant, que nous pouvons faire le deuil du système industriel qui nous nourrit et aller de l’avant. Sans un constat lucide et catastrophiste d’un côté, et des pistes pour aller vers la transition de l’autre, on ne peut se mettre en mouvement. Si tu n’es que catastrophiste, tu ne fais rien. Si tu n’es que positif, tu ne peux pas te rendre compte du choc à venir, et donc entrer en transition.

Comment, dans ce contexte, faire en sorte que l’entraide et les dynamiques collectives prévalent ?

Le sentiment d’injustice face à l’effondrement peut être très toxique. En Grèce, qui est en train de s’effondrer financièrement, économiquement et politiquement, la population vit cela comme une énorme injustice et répond par la colère ou le ressentiment. C’est totalement légitime. La colère peut être dirigée, avec raison, contre les élites, comme l’a montré la victoire de Syriza. Mais elle risque aussi de prendre pour cible des boucs émissaires. On l’a vu avec le parti d’extrême droite Aube dorée qui s’en prend aux étrangers et aux immigrés. Traiter en amont la question des inégalités permettrait de désamorcer de futures catastrophes politiques. C’est pour cela que les syndicats et les acteurs des luttes sociales ont toute leur place dans le mouvement de la transition.

Recueilli par Ivan du Roy
http://www.bastamag.net/L-effondrement-qui-vient

3786
« Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements » : la fin annoncée de la civilisation industrielle




Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ». Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ». Entretien.


Basta ! : Un livre sur l’effondrement, ce n’est pas un peu trop catastrophiste ?

Pablo Servigne et Raphaël Stevens : [1] La naissance du livre est l’aboutissement de quatre années de recherche. Nous avons fusionné des centaines d’articles et d’ouvrages scientifiques : des livres sur les crises financières, sur l’écocide, des ouvrages d’archéologie sur la fin des civilisations antiques, des rapports sur le climat… Tout en étant le plus rigoureux possible. Mais nous ressentions une forme de frustration : quand un livre aborde le pic pétrolier (le déclin progressif des réserves de pétrole puis de gaz), il n’évoque pas la biodiversité ; quand un ouvrage traite de l’extinction des espèces, il ne parle pas de la fragilité du système financier… Il manquait une approche interdisciplinaire. C’est l’objectif du livre.

Au fil des mois, nous avons été traversés par de grandes émotions, ce que les anglo-saxons appellent le « Oh my god point » (« Oh la vache ! » ou « Oh mon dieu ! »). On reçoit une information tellement énorme que c’en est bouleversant. Nous avons passé plusieurs « Oh my god points », comme découvrir que notre nourriture dépend entièrement du pétrole, que les conséquences d’un réchauffement au-delà des 2°C sont terrifiantes, que les systèmes hautement complexes, comme le climat ou l’économie, réagissent de manière abrupte et imprévisible lorsque des seuils sont dépassés. Si bien que, à force de lire toutes ces données, nous sommes devenus catastrophistes. Pas dans le sens où l’on se dit que tout est foutu, où l’on sombre dans un pessimisme irrévocable. Plutôt dans le sens où l’on accepte que des catastrophes puissent survenir : elles se profilent, nous devons les regarder avec courage, les yeux grand ouverts. Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide.

Pic pétrolier, extinction des espèces, réchauffement climatique… Quelles sont les frontières de notre civilisation « thermo-industrielle » ?

Nous avons distingué les frontières et les limites. Les limites sont physiques et ne peuvent pas être dépassées. Les frontières peuvent être franchies, à nos risques et périls. La métaphore de la voiture, que nous utilisons dans le livre, permet de bien les appréhender. Notre voiture, c’est la civilisation thermo-industrielle actuelle. Elle accélère de manière exponentielle, à l’infini, c’est la croissance. Or, elle est limitée par la taille de son réservoir d’essence : le pic pétrolier, celui des métaux et des ressources en général, le « pic de tout » (Peak Everything) pour reprendre l’expression du journaliste états-unien Richard Heinberg. A un moment, il n’y a plus suffisamment d’énergies pour continuer. Et ce moment, c’est aujourd’hui. On roule sur la réserve. On ne peut pas aller au-delà.

Ensuite, il y a les frontières. La voiture roule dans un monde réel qui dépend du climat, de la biodiversité, des écosystèmes, des grands cycles géochimiques. Ce système terre comporte la particularité d’être un système complexe. Les systèmes complexes réagissent de manière imprévisible si certains seuils sont franchis. Neuf frontières vitales à la planète ont été identifiées : le climat, la biodiversité, l’affectation des terres, l’acidification des océans, la consommation d’eau douce, la pollution chimique, l’ozone stratosphérique, le cycle de l’azote et du phosphore et la charge en aérosols de l’atmosphère.

Sur ces neuf seuils, quatre ont déjà été dépassés, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité, la déforestation et les perturbations du cycle de l’azote et du phosphore. L’Europe a par exemple perdu la moitié de ses populations d’oiseaux en trente ans (lire ici). La biodiversité marine est en train de s’effondrer et les premières « dead zones » (zones mortes) apparaissent en mer. Ce sont des zones où il n’y a carrément plus de vie, plus assez d’interactions du fait de très fortes pollutions (voir ici). Sur terre, le rythme de la déforestation demeure insoutenable [2]. Or, quand nous franchissons une frontière, nous augmentons le risque de franchissement des autres seuils. Pour revenir à notre métaphore de la voiture, cela correspond à une sortie de route : nous avons transgressé les frontières. Non seulement nous continuons d’accélérer, mais en plus nous avons quitté l’asphalte pour une piste chaotique, dans le brouillard. Nous risquons le crash.

Quels sont les obstacles à la prise de conscience ?

Il y a d’abord le déni, individuel et collectif. Dans la population, il y a ceux qui ne savent pas : ceux qui ne peuvent pas savoir par absence d’accès à l’information et ceux qui ne veulent rien savoir. Il y a ceux qui savent, et ils sont nombreux, mais qui n’y croient pas. Comme la plupart des décideurs qui connaissent les données et les rapports du GIEC, mais n’y croient pas vraiment. Enfin, il y a ceux qui savent et qui croient. Parmi eux, on constate un éventail de réactions : ceux qui disent « à quoi bon », ceux qui pensent que « tout va péter »…

L’alerte sur les limites de la croissance a pourtant été lancée il y a plus de 40 ans, avec le rapport du physicien américain Dennis Meadows pour le Club de Rome (1972). Comment expliquer cet aveuglement durable des « décideurs » ?

Quand un fait se produit et contredit notre représentation du monde, nous préférons déformer ces faits pour les faire entrer dans nos mythes plutôt que de les changer. Notre société repose sur les mythes de la compétition, du progrès, de la croissance infinie. Cela a fondé notre culture occidentale et libérale. Dès qu’un fait ne correspond pas à ce futur, on préfère le déformer ou carrément le nier, comme le font les climatosceptiques ou les lobbies qui sèment le doute en contredisant les arguments scientifiques.

Ensuite, la structure de nos connexions neuronales ne nous permet pas d’envisager facilement des évènements de si grande ampleur. Trois millions d’années d’évolution nous ont forgé une puissance cognitive qui nous empêche d’appréhender une catastrophe qui se déroule sur le long terme. C’est l’image de l’araignée : la vue d’une mygale dans un bocal provoque davantage d’adrénaline que la lecture d’un rapport du GIEC ! Alors que la mygale enfermée est inoffensive et que le réchauffement climatique causera potentiellement des millions de morts. Notre cerveau n’est pas adapté à faire face à un problème gigantesque posé sur le temps long. D’autant que le problème est complexe : notre société va droit dans le mur, entend-on. Ce n’est pas un mur. Ce n’est qu’après avoir dépassé un seuil – en matière de réchauffement, de pollution, de chute de la biodiversité – que l’on s’aperçoit que nous l’avons franchi.


3787
"Croix gammée et Croix rouge", une relation sulfureuse



VIENNE (AFP) - Les relations sulfureuses entre la Croix Rouge internationale et la dictature nazie -silence sur la Shoah, aide à la fuite de criminels de guerre et non des moindres, comme Adolf Eichmann- sont mises à jour dans un nouveau livre de l'historien autrichien Gerald Steinacher, "Croix gammée et Croix Rouge".

Fondé sur de nouvelles recherches, y compris dans les archives de la Croix Rouge, dorénavant plus aisément accessibles, le livre de Gerald Steinacher, enseignant à l'Université américaine du Nebraska, se veut cependant "non pas un acte d'accusation, mais une tentative de compréhension", a-t-il déclaré à l'agence de presse autrichienne APA.

Il relève ainsi comme une illustration du changement de mentalité son invitation par la Croix Rouge à plusieurs conférences et séminaires.

Interrogé par l'AFP, le Comité international de la Croix Rouge (CICR), qui indique n'avoir pas encore pris connaissance du livre de l'historien, "déplore que des personnes demandent des documents de voyage sous de fausses identités et avec des papiers délivrés par d'autres autorités, abusant ainsi du but humanitaire" de la Croix Rouge.

Le CICR souligne que "l'immense majorité des documents de voyage délivrés par la Croix Rouge correspondent à ses objectifs humanitaires", notamment pour "le retour de réfugiés, de personnes déplacées ou d'apatrides dans leur pays d'origine ou de résidence, ou bien encore vers un pays de leur choix disposé à les recevoir".

Il n'en reste pas moins que l'historien chiffre à "plusieurs dizaines de milliers" le nombre de nazis qui ont pu échapper aux Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale grâce à l'entremise de la Croix Rouge.

Les exemples les plus célèbres sont ceux de Josef Mengele, "le médecin" et "ange de la mort" du camp d'extermination d'Auschwitz, et d'Adolf Eichmann, l'organisateur de la machinerie de la Shoah. Parmi les preuves de l'implication de la Croix Rouge, la plus significative est le document de voyage qui avait permis à Eichmann de se réfugier en Argentine, retrouvé à Buenos Aires en 2007: il avait été délivré par la Croix Rouge internationale.

Quant aux raisons de cette attitude de la Croix Rouge, Gerald Steinacher en voit plusieurs: d'abord, pour beaucoup de responsables de l'organisation humanitaire, "les Allemands étaient surtout des victimes de la guerre et pas les criminels qui l'avaient déclenchée". Ensuite, la Croix Rouge a cédé aux pressions des autorités suisses, pays neutre, qui avaient certes dès 1942 identifié l'Allemagne nazie comme "un grand danger", mais qui, en conséquence, souhaitaient s'abstenir de tout geste hostile.

Dernier point, le président de la Croix Rouge, Carl Jakob Burckhardt, était un anti-communiste notoire et il s'était donc efforcé de faire échapper le plus grand nombre d'Allemands à la zone d'influence soviétique. Et, à partir de 1947, l'éclatement de la "Guerre froide" entre les anciens alliés anti-nazis allait encore accentuer cette tendance, et pas seulement chez Burckhardt, comme en témoignent le recours par les Etats-Unis à d'anciens responsables de la Gestapo comme Klaus Barbie ou par l'Allemagne de l'ouest au général nazi Reinhard Gehlen pour diriger son service d'espionnage.

Pour Gerald Steinacher, "c'est pourquoi il faut analyser le silence sur la Shoah et l'aide à la fuite de dignitaires nazis dans ce contexte".

Et, si au sein du CICR, "une majorité, surtout les femmes, s'était prononcée pour un appel dénonçant les crimes nazis, la direction s'était finalement ralliée à la position de Carl Jakob Burckhardt".

Par ailleurs, l'historien rend hommage au "remarquable travail" de la Croix Rouge en faveur des prisonniers de guerre et rappelle que les détenus des camps de concentration n'étaient pas des prisonniers de guerre, alors que la Convention de Genève limitait le champ d'action de l'organisation humanitaire à ces derniers.

- "Hakenkreuz und Rotes Kreuz. Eine humanitäre Organisation zwischen Holocaust und Flüchtlingsproblematik" ("Croix gammée et Croix Rouge. Une organisation humanitaire entre l'Holocauste et la problématique des réfugiés"), par Gerald Steinacher, Studienverlag, Innsbruck, 212 pages, 24,90 euros - ISBN 978-3-7065-4762-8


http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130614.AFP6222/croix-gammee-et-croix-rouge-une-relation-sulfureuse.html

3788
Haïti : la Croix-Rouge n'a construit que 6 maisons avec les 488 millions de $ collectés ...



Après le séisme dévastateur de 2010, la Croix-Rouge américaine a recueilli près d'un demi-milliard de dollars pour porter secours en Haïti. Mais, selon une enquête publiée par les sites de journalisme d'investigation ProPublica et NPR, "l'organisation a enchaîné les échecs sur le terrain", et a grossièrement exagéré les montants alloués à la reconstruction du pays. Ainsi, bien que l'organisation ait affirmé avoir fourni un logement à plus de 130.000 personnes, seulement 6 maisons permanentes auraient été véritablement construites.

Pour mémoire, après le séisme de magnitude 7 qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, les autorités haïtiennes ont dénombré 300.000 morts (chiffres contestés depuis par l'USAID dont l'estimation, de 46.000 à 85.000 personnes, reste néanmoins considérable) et 1,5 million ( 880.000 selon USAID) de sans-abri. Selon le Guardian, 60.000 personnes vivraient toujours dans des tentes...


 "Les organisations humanitaires du monde entier ont rencontré des difficultés pour aider Haïti, mais la Croix-Rouge est directement responsable de la majorité de ses échecs.", assure le journal.

Difficile de se laver les mains "lorsqu'il n'y a ni eau ni savon"

Fin 2011, un grand projet de revitalisation avait été lancé dans le quartier de Campêche, au coeur de Port-au-Prince, la capitale. " Une meilleure vie dans mon quartier", tel était l'intitulé de ce programme prévoyant la construction de plusieurs centaines de maisons permanentes. Pourtant, "aucune n'est encore sortie de terre à ce jour. De nombreux résidents vivent dans des cabanes de tôle rouillée, sans accès à l'eau potable, à l'électricité ou à des installations sanitaires de base.", affirme ProPublica.

Une grande partie de leur échec tient sur l'expertise des projets de construction, et sur l'absence d'améliorations concrètes des conditions de vie. Par exemple, la Croix-Rouge a préféré mettre en place des campagnes de sensibilisation pour l'hygiène des mains, mais en interne, ces mesures ont finalement été jugées "inefficaces lorsque les gens ne disposaient ni d'eau ni de savon".


 "Ils ont collecté près d'un demi-milliard de dollars, rapporte un parlementaire ayant pris part à la supervision des opérations en Haïti. Mais ils avaient un problème. Et ce problème, c'était leur absence totale d'expertise."

Des difficultés socio-économiques qui n'expliquent pas tout

La Croix-Rouge affirme que toutes les ONG présentes en Haïti ont été confrontées à des difficultés, notamment en raison d'un système de propriété foncière dysfonctionnel.


 "Comme beaucoup d'organisations humanitaires ayant apporté leur soutien en Haïti, la Croix-Rouge américaine a rencontré certaines complications liées entres autres à des retards de coordination gouvernementale, à des conflits d'intérêts fonciers, à la lenteur des douanes haïtiennes, à la forte demande en personnels qualifiés et à l'explosion de l'épidémie de choléra", s'est défendu le groupe.

L'enquête signée par ProRepuplica et NPR confirme que d'autres organisations ont rencontré le même type de difficultés, et particulièrement sur le plan foncier, mais "le fait qu'Haïti soit un environnement de travail complexe n'explique pas tout", puisque les autres organisations, qui ont levé beaucoup moins de fonds, auraient tout de même réussi à bâtir 9.000 logements.

"L'image du groupe", un paramètre primordial pour la Croix-Rouge

D'après Lee Malany, responsable du programme d'hébergement d'urgence en 2010, "ils s'intéressaient davantage aux projets qui leur fourniraient de la publicité qu'à ceux permettant de bâtir un grand nombre de maisons".

Par exemple, quand elle affirme avoir fourni des maisons à plus de 130.000 personnes, cela inclut en fait des milliers de particuliers qui ont simplement été "formés aux techniques de construction".

Dans sa documentation promotionnelle, la Croix-Rouge prétend avoir aidé "plus de 4,5 millions" de citoyens haïtiens à "se remettre sur pied", ne fournissant cependant aucune preuve de ce qu'elle avance. Jean-Max Bellerive, premier ministre d'Haïti au moment du séisme, doute de la véracité de ce chiffre dans la mesure où la population totale du pays ne s'élève qu'à une dizaine de millions de personnes.

Paradoxe et incompréhension

Ce vendredi, la Croix-Rouge a tout de même tenu à s'expliquer dans un communiqué. Elle affirme "qu'elle a utilisé d'autres méthodes pour améliorer la vie quotidienne des sinistrés, et que les dons ont permis de construire huit hôpitaux et cliniques, d'endiguer une épidémie de choléra, de fournir de l'eau potable et des installations sanitaires, et de réparer des routes et des écoles."

De son côté, la Fondation Thomson Reuters a appris qu'au moins 17% des fonds collectés pour Haïti avaient été dépensés en frais de fonctionnement, tandis que la Croix-Rouge américaine et la Croix-Rouge internationale affirment que pour un dollar récolté, 91 centimes doivent être consacrés à la mission humanitaire.

http://www.black-feelings.com/accueil/detail-actualite/article/haiti-la-croix-rouge-na-construit-que-6-maisons-avec-les-488-millions-de-collectes/

3789
Élise Lucet lance une pétition pour protéger le secret des sources


La journaliste de France 2 s’inquiète d’une directive européenne qui permettrait d’attaquer en justice les journalistes et leurs sources par des entreprises.

 

Élise Lucet s’alarme d’une directive que le Parlement européen s’apprête à adopter le 16 juin prochain. Son but : protéger le secret des affaires des entreprises, notamment concernant les innovations en cours de développement et lutter contre l’espionnage industriel. Mais comme l’explique Élise Lucet, cela implique que « toute entreprise pourra arbitrairement décider si une information ayant pour elle une valeur économique pourra ou non être divulguée. » Ce qui mettrait dans l’illégalité un journaliste qui révèlerait des informations sensibles. La journaliste du 13 heures de France 2, qui anime également l’émission Cash Investigation, lance une pétition contre cette directive .

 


« Si une source ou un journaliste "viole" ce "secret des affaires", des sommes colossales pourraient lui être réclamées, pouvant atteindre des millions voire des milliards d’euros, puisqu’il faudra que les "dommages-intérêts correspond(ent) au préjudice que celui-ci a réellement subi"», explique Élise Lucet. « On pourrait même assister à des peines de prison dans certains pays. »

 

Cette directive mobilise également contre elle une coalition d'ONG dont la Quadrature du Net ou le mouvement Public Citizen, mais aussi l'ensemble des syndicats français .

 

Une directive lancée en 2013



 

Lancée en novembre 2013 par la Commission européenne, cette proposition de directive définit le secret des affaires comme des techniques (procédés de fabrication, recettes, composés chimiques, etc.) ou des informations commerciales (listes de clients, résultats d’études de marketing, etc.) ayant une valeur économique pour l’entreprise. Son objectif n’est pas de créer un nouveau droit, qui existe déjà dans presque tous les États, mais de clarifier les définitions et procédures au sein du marché unique.

 

Comme l’explique le journal spécialisé Contexte, les États ont avancé rapidement sur le sujet , en proposant qu’une affaire pourrait être présentée à la justice dans un délai de six ans après l’infraction, au lieu du délai de deux ans initialement prévu. La commission des Affaires juridiques du Parlement européen doit décider le 16 juin de valider ou non le texte.

 

En France, une disposition de la loi Macron voulait également protéger le secret des affaires. Une mobilisation des journalistes et de syndicats avait forcé le gouvernement à la retirer le 30 janvier dernier . Mais si une directive devait être adoptée, elle pourra être appliquée dans l'ensemble des pays membres de l'Union européenne.

 

« Nous, journalistes, refusons de nous contenter de recopier des communiqués de presse pour que vous, citoyens, restiez informés. » lance Élise Lucet. « Et comme disait George Orwell : "Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques". »

 

http://metatv.org/elise-lucet-lance-une-petition-pour-proteger-le-secret-des-sources

3790
COP21 : « Le Costa Rica sera “le premier pays neutre”en carbone d’ici à 2021 »





Luis Guillermo Solis, président du Costa Rica, qui sera en France le 5 juin, exhorte les pays d’Amérique centrale à parler d’une seule voix lors de la prochaine Conférence de l’ONU sur le Climat (COP21) à Paris et assumer leur responsabilité dans le réchauffement climatique.

Lire aussi : A six mois de la conférence sur le climat de Paris, les négociations patinent

Vous souhaitez que l’Amérique centrale soutienne collectivement un traité légalement contraignant et propose un objectif commun de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), pourquoi ?

L’enjeu est de taille. Chez nous, les tremblements de terre, les ouragans, les sécheresses et les déluges, s’intensifient avec le changement climatique. Les phénomènes de « El Niño » et « La Niña » ont des conséquences dramatiques dans une zone, victime à la fois d’abondance et de manque d’eau. Il faut parler d’une seule voix, forte, pour être écouté en fin d’année lors de la Conférence de l’ONU sur le Climat (COP21).

Comment les dirigeants régionaux ont-ils réagi à votre proposition ?

Leur réaction a été très positive. Les négociations se poursuivent et des discussions s’ouvrent aussi au sein de l’Association indépendante de l’Amérique latine et des Caraïbes (AILAC, qui regroupe le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, Panama et le Pérou). Ces négociations ne seront pas faciles. Si la lutte contre le changement climatique est un thème fédérateur, les positions diffèrent entre des pays hétérogènes. Par exemple, le Guatemala développe une industrie polluante. C’est vrai que les coûts des énergies fossiles et du gaz naturel sont bien inférieurs à ceux des énergies renouvelables. Mais il est temps que les pays en voie développement assument leurs responsabilités.

Pour quelles responsabilités militez-vous ?

Nous ne pouvons pas jouer les naïfs. Les émissions des petits pays ne sont pas comparables à celles du Mexique ou de l’Union européenne. Idem pour de grands pays, comme le Brésil, la Chine ou les Etats-Unis, qui ont une responsabilité majeure. Ces économies sont clairement orientées vers l’usage irresponsable des ressources naturelles. Leurs émissions de CO2 sont bien supérieures à celles des petits pays, comme le Costa Rica. Cela n’annule pas pour autant nos obligations. Tous les pays produisent des gaz à effet de serre. Je milite pour des responsabilités différenciées mais partagées contrairement à d’autres qui pensent que nous n’avons pas à laver le monde que les autres salissent. Je préfère être protagoniste plutôt que victime.

Le Costa Rica, modèle de protection de la nature qui a renoncé à son armée depuis 1948, pourrait-il jouer un rôle de leader régional en vue de la COP21 ?

Le pays cherche plutôt à exercer son influence. Il en a l’autorité morale. Durant les 75 premiers jours de l’année, 100 % de notre électricité a été produite à partir de ressources énergétiques renouvelables. Forts de nos expériences positives, nous pouvons promouvoir un régime international de réduction des émissions de CO2, régi pas des traités internationaux. Le Costa Rica s’est déjà engagé à devenir un pays neutre en carbone d’ici à 2021.

2021, c’est demain. Comment pensez-vous pouvoir réussir votre pari ?

Cela dépendra de la construction d’un train électrique interurbain et de la réduction du nombre de voitures dans la zone métropolitaine de San José. Les transports sont nos premiers émetteurs de GES. Le gouvernement doit aussi dialoguer avec les secteurs productifs et les acteurs sociaux pour mettre en place un agenda d’adaptation au changement climatique. Avec un taux de chômage de 8 %, la question du développement ne peut pas être mise de côté au nom du respect de l’environnement. Il faut jouer sur les deux tableaux en même temps.

Le projet de construction d’une raffinerie, financée par des fonds chinois, ne contredit-il pas votre promesse d’arriver à la neutralité carbone dans six ans ?

En effet, le projet initial, proposé par le gouvernement précédent, est incompatible avec notre objectif. Nous évaluons les possibilités d’une raffinerie fonctionnant au biodiesel. Et même ainsi, sa construction n’est pas encore décidée. Le problème est que le pays achète son combustible raffiné. C’est une question de souveraineté énergétique. L’équilibre entre développement économique et développement durable est difficile à trouver.

Le Mexique et la Russie ont annoncé leur contribution à la COP21. Pourquoi pas le Costa Rica ?

Cela serait facile de tomber dans le populisme environnemental. Mais le pays risquerait de perdre sa crédibilité. Notre promesse doit donc être claire et réaliste. La signature d’un agenda commun au niveau régional pourrait stimuler notre objectif de baisse des émissions de GES. S’il est seul, un pays « intermédiaire », comme le Costa Rica, a peu de marge de manœuvre pour bénéficier de la coopération internationale. Mais, avec ou sans accord régional, le Costa Rica annoncera sa contribution à la COP21 en fin d’année.

Quelle place la coopération financière et technique des pays développés occupe-t-elle dans les engagements climatiques des émergents ?

Sans la coopération japonaise, le Costa Rica n’aurait pas pu construire sa première grande usine de traitement des eaux usées qui sera bientôt inaugurée. Il reste à rembourser 400 millions de dollars. Mais le prêt est à long terme avec des intérêts bas. L’aide internationale, fondamentale, ne doit pas pour autant se limiter à des actions directement liées au changement climatique. Elle doit aussi porter sur l’éducation et le développement.

La porte du club des nations riches de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) s’ouvre-t-elle enfin au Costa Rica ?

En avril, notre candidature a été acceptée par le conseil de l’OCDE. Le processus d’intégration prendra plusieurs années. Il nous faudra remplir les conditions d’entrée sur le plan des transports, du développement économique, de la gouvernance ou de la sécurité. Le 5 juin, je serai à Paris pour formaliser cette feuille de route.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/05/cop21-le-costa-rica-sera-le-premier-pays-neutre-en-carbone-d-ici-a-2021_4648260_3244.html#UY8uiDsj7DB4EGML.99

3793
Comment connaitre les mot de passes wifi des points d'accès les plus prôches


3794
Jérusalem : «A 4 heures du matin, ils sont venus avec deux bulldozers pour détruire notre maison»



La police israélienne a été filmée en train de procéder à l’expulsion d’une famille palestinienne de sa maison, construite selon elle «de manière illégale», avant de la détruire.

«Ils sont venus dans notre maison à 4 heures du matin et ils ont nous dit qu’il allaient la détruire, il y avait deux bulldozer avec eux», rapporte Emad Abu Khaled, l’un des habitants sinistré. D’après lui, les policiers ont menacés les habitants avec des pistolets. «Ils ne se soucient pas de ce que vous faites, si vous résistez et que vous restez à l’intérieur, ils peuvent démolir le bâtiment même si vous êtes dedans», a-t-il précisé.




Selon les autorités israéliennes, la construction de cette maison, de même que celle de beaucoup d’autres dans le quartier, était illégale. Mais les Palestiniens rapportent qu’il est presque impossible d’obtenir les autorisations de construire.

Beaucoup de familles ont reçu des avis de démolition et vivent maintenant dans la peur constante de l’expulsion. «Ils m’ont pulvérisé avec du gaz poivre. Je ne pouvais rien voir pendant qu’ils me frappaient», raconte Hashem Emad, l’un des autres habitants qui a subi l’intervention des policiers israéliens.

Pour le seul mois de mai, les forces israéliennes auraient détruit sept maisons et magasins dans le quartier.


http://francais.rt.com/international/2998-policiers-israeliens-ont-detruit-maison-palestinienne

3795
L’Europe veut imposer une dictature antisociale à la Grèce

Sept. C’est en autant de pages que, ce mercredi 3 juin, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a clairement affirmé que le démocratie grecque devrait, dans les faits, être supprimée.

En Grèce, deux mondes se heurtent de plein fouet, écrivait Peter Mertens, le président du PTB, dans son livre Comment osent-ils ?. Aujourd’hui, cette opposition frontale a pour enjeu le prix des médicaments et de l’électricité, tout comme les pensions et les conventions collectives de travail. L’Union européenne veut en effet imposer une hausse des prix et une baisse des pensions, et peu importe si c’est totalement contraire au résultat des élections. Il n’a jamais été aussi clairement mis en évidence à quel point la lutte menée par les Grecs nous concerne également en Belgique.

Radicalement antisocial

La proposition du mercredi 3 juin de la Commission européenne et du Fonds monétaire international est radicalement antisociale. Outre les économies déjà réalisées, Athènes devrait encore tailler 1,8 milliard supplémentaire dans les pensions. Dans un pays où un quart de la population est au chômage, mais où 9 chômeurs sur 10 ne reçoivent aucune allocation, il est pourtant fréquent que plusieurs membres d’une même famille dépendent d’une seule maigre pension. 2,5 millions de Grecs vivent sous le seuil de pauvreté.

Mais, pour la Commission, cela ne suffit pas. Les prépensions doivent être supprimées le plus rapidement possible, tout comme l’aide sociale aux pensionnés à très bas revenu et aux moins valides (EKAS). Les salaires et comptes en banques des ménages incapables de payer leurs factures doivent pouvoir être plus facilement saisis.

Pas question non plus de réinstaurer les négociations salariales collectives ou d’augmenter le salaire minimum sans l’accord de l’Union européenne.

Les institutions européennes et le FMI veulent aussi supprimer le taux le plus bas de la TVA. Cela implique entre autres que la TVA sur les médicaments passerait de 6,5% à 11%, et la TVA sur l’électricité et l’eau pourrait donc à nouveau grimper à 23%.

Les privatisations prévues doivent être exécutées entièrement et le plus rapidement possible. Les ports du Pirée et de Thessalonique doivent être mis en vente d’ici fin octobre.

Un compromis balayé de la table par l’UE

Au Parlement grec, le Premier ministre Alexis Tsipras a qualifié d’« absurde » la proposition de l’Europe. Il a demandé le soutien de l’ensemble du Parlement pour la rejeter, espérant que celle-ci ne constitue qu’une mauvaise étape dans les négociations.

Lundi dernier, la Grèce avait en effet établi un projet d’accord provisoire avec des experts techniques des institutions. Dans celui-ci, le gouvernement grec acceptait, sous l’énorme pression, un relèvement progressif de l’âge le pension et, sous certaines conditions, la poursuite de certaines privatisations – mais pas toutes.

De l’autre côté, Athènes recevait la possibilité de s’attaquer de manière plus sévère à la fraude fiscale, d’instaurer un impôt spécial sur les bénéfices des plus grandes entreprises, de réinstaurer les conventions collectives de travail et d’augmenter progressivement le salaire minimum. Un nouveau plan de relance économique serait également établi ainsi qu’un restructuration très limitée de la dette.

Mais même un tel compromis s’est donc avéré inacceptable pour les institutions européennes. « Il est temps pour les créanciers, a déclaré Tsipras au Parlement, de montrer qu’ils travaillent à une solution vivable, et non pas à l’assujettissement et à l’humiliation de toute une nation. Parce que, si c’est ce qu’ils font, ils doivent savoir qu’ils obtiendront alors exactement l’effet inverse. »

Tsipras : inacceptable pour les ménages et les pensionnés

« Les propositions européennes se lisent en fait presque comme un doigt d’honneur au gouvernement grec », commentait le quotidien De Standaard. Les mesures dictées par l’UE constituent en effet une gifle à l’électeur grec. En effet, le 25 janvier, la Grèce a opté pour une tout autre politique – pour le pouvoir d’achat et contre le cercle vicieux de l’austérité. Or la proposition de la Commission européenne fait tout simplement comme si les élections n’avaient pas existé.

Dans le journal français L'Humanité, Zoé Konstantopoulou, la présidente du Parlement grec, a parlé de « totalitarisme économique ». En févier dernier, Juncker déclarait en effet que, face aux traités européens, il n’existait pas de démocratie. Junker a désormais le soutien de la banque d’affaires Goldman Sachs, qui a entre-temps exigé la démission du gouvernement grec.

ans le journal français Le Monde, Tsipras a expliqué ce que cela signifiait si les institutions européennes arrivaient à leurs fins : « Nous serions obligés d’accepter que les Premiers ministres et les gouvernements soient désignés par les institutions internationales et que les citoyens perdent leur droit de vote (…) Ils savent que cela reviendrait dans les faits à abolir la démocratie en Europe… »

La lutte grecque a pour enjeu nos pensions, nos salaires, nos droits en tant que travailleurs, mais aussi la résistance contre la dictature des traités européens. C’est pourquoi la lutte des Grecs est aussi la nôtre.


Avec les Grecs

La plateforme Avec les Grecs appelle donc à une manifestation de solidarité, le dimanche 21 juin, 13h30, à la Gare centrale à Bruxelles (concert, en-cas…).

http://ptb.be/articles/l-europe-veut-imposer-une-dictature-antisociale-la-grece