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Messages - mike

4096
Est-il vraiment nécessaire que près de 50% de ce que les citoyens produisent soit collecté de force par l'Etat ?

Chaque année, différents organismes, comme l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), publient un chiffre, qui représente le pourcentage des prélèvements obligatoires par rapport au produit intérieur brut de chaque pays.



Le calcul consiste à faire le total de toutes les sommes que les personnes physiques et morales doivent payer, de manière obligatoire, aux pouvoirs publics. Il s'agit donc essentiellement des impôts, fédéraux, régionaux et locaux, et des cotisations de sécurité sociale obligatoires. Le calcul ne prend pas en compte les recettes de l'Etat pour des prestations contractuelles, qu'il est possible d'éviter, ni les recettes des activités des entreprises publiques. Le total ainsi obtenu est divisé par le montant du produit intérieur brut du pays pour la même année.

Contrairement à ce qu'on laisse parfois entendre, ce chiffre ne fournit pas nécessairement une image adéquate de l'efficacité de l'Etat. Il représente en revanche la part de la richesse produite au cours d'une année, que l'Etat s'approprie sous la contrainte, pour l'affecter à des services relevant de sa politique. C'est donc une bonne appréciation de la part de "collectivisation" d'un Etat. Ainsi, si le calcul était fait pour la Corée du Nord, où pratiquement toutes les richesses produites sont prélevées à la source par le pouvoir, on devrait être proche de 100 %, tandis que le taux que l'on constaterait sur un territoire sans pouvoir serait de 0 %.

Dans les chiffres de l'OCDE pour 2013, la Belgique apparaît avec un taux de prélèvement obligatoire par rapport au PIB de 44,6 %. Il est vraisemblable que ce taux est un peu plus élevé pour l'année 2014. Une comparaison montre rapidement que la Belgique se situe à la deuxième place, dans toute l'OCDE, devancée seulement par le Danemark. Une comparaison dans le temps montre aussi que ce même taux était de 30,6 % en 1965 et de 40,9 % en 1977. Le plafond précédent, soit 44,3 %, avait été atteint en 1998, avant une très légère décroissance, avec un "plancher" à 42 % en 2009, puis une remontée rapide depuis lors.

Cette croissance des dépenses et des recettes publiques se retrouve dans la plupart des pays de l'OCDE, et montre donc un renforcement constant de l'Etat : celui-ci s'occupe d'un nombre croissant d'activités, et perçoit une quotité de plus en plus importante des richesses sous forme de prélèvements obligatoires. Il serait pourtant audacieux d'en déduire que cette collectivisation croissante est nécessaire pour qu'une société progresse. Ainsi, le taux retenu pour les Etats-Unis est aujourd'hui de 25,4 seulement, par rapport aux 23,5 en 1965.




Est-il vraiment nécessaire que près de 50% de ce que les citoyens produisent soit collecté de force par l'Etat ?


Il est également difficile de soutenir que la qualité des services publics, même celle de la sécurité sociale, requiert nécessairement des prélèvements comparables à ceux de la Belgique ou des pays nordiques. Tant la protection sociale que les services publics sont par exemple réputés bien meilleurs en Suisse, malgré un taux de prélèvement obligatoire de 27,1. La comparaison de la qualité des routes, par exemple, dans les deux pays, montre de manière assez édifiante que, dans ce domaine en tout cas, le "return" reçu par le contribuable belge pour son investissement n'est pas optimal. Ces réflexions amènent à se demander s'il est vraiment nécessaire que près de la moitié de ce que les citoyens produisent soit collectée par la force par les représentants du pouvoir.

La réflexion peut d'ailleurs être poussée plus loin, parce que le poids de l'Etat sur la vie des gens est en réalité encore plus important que ce que ces chiffres révèlent. Le ratio prélèvement obligatoire/PIB nous montre en effet la proportion de sommes payées, en argent, par les contribuables à l'Etat. Or les multiples règlementations de toutes sortes imposées par celui-ci sont un coût supplémentaire non chiffré. Lorsqu'un terrain est déclaré non constructible, par exemple, ou lorsqu'une activité est interdite ou soumise à de lourdes conditions, c'est aussi une richesse que l'autorité s'approprie par la force. Il faudrait un jour calculer aussi ce coût supplémentaire, celui de toutes les obligations que les citoyens doivent assumer et celui de tous les revenus que les lois les empêchent d'acquérir. On constatera alors que le coût de l'Etat, ou, si l'on préfère, le taux de collectivisation effectif, dépasse aujourd'hui très largement les 50 %, voire beaucoup plus.

http://trends.levif.be/economie/politique-economique/est-il-vraiment-necessaire-que-pres-de-50-de-ce-que-les-citoyens-produisent-soit-collecte-de-force-par-l-etat/article-opinion-397911.html?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=vif

4097
« La dette publique est une blague ! La vraie dette est celle du capital naturel »



Alors que le chômage atteint un record, montrant l’inanité de la politique néo-libérale, l’économiste Thomas Piketty rappelle que l’inégalité est au coeur du malaise actuel. Il pourfend les croissancistes. Et appelle à une refonte de la pensée économique pour prendre en compte « le capital naturel ».




Reporterre - Quelle idée principale inspire votre livre, Le Capital du XXIe siècle ?

Thomas Piketty - Mon travail déconstruit la vision idéologique selon laquelle la croissance permettrait spontanément le recul des inégalités. Le point de départ de cette recherche est d’avoir étendu à une échelle inédite la collecte de données historiques des revenus et les patrimoines. Au XIXe siècle, les économistes mettaient beaucoup plus l’accent sur la distribution des revenus que cela n’a été le cas à partir du milieu de XXe siècle. Mais au XIXe siècle, il y avait très peu de données. Et jusqu’à récemment, ce travail n’avait pas été mené de manière systématique, comme on l’a fait, sur plusieurs dizaines de pays sur plus d’un siècle. Cela change beaucoup la perspective.

Dans les années 1950 et 1960 dominait une vision très optimiste, formulée notamment par l’économiste Kuznets, selon laquelle, une réduction spontanée des inégalités s’opérait dans les phases avancées du développement industriel. Kuznets avait en effet constaté dans les années 1950 une réduction par rapport aux années 1910. C’était en fait lié à la Première guerre mondiale et à la crise des années 1930. Kuznets en était conscient. Mais dans l’ambiance de la guerre froide, il y avait besoin de trouver des conclusions optimistes pour expliquer – en particulier aux pays en développement : « Ne devenez pas communistes ! La croissance et la réduction des inégalités vont la main dans la main, il suffit d’attendre. »

Or, aux Etats-Unis et dans les pays développés, les inégalités sont revenus aujourd’hui à des niveaux très élevés, équivalents à ceux que Kuznets avait mesurés dans les années 1910. Mon travail décompose ces évolutions, avec comme thème central le fait qu’il n’y a pas de loi économique inexorable conduisant, soit à la réduction des inégalités, soit à leur diminution. Il y a un siècle, les pays européens étaient plus inégalitaires que les Etats-Unis. Aujourd’hui c’est le contraire. Il n’y a pas de déterminisme économique.

Vous montrez l’importance de la classe moyenne. Est-ce elle qui permet que l’acceptation de la remontée des inégalités ?

Le développement de cette « classe moyenne patrimoniale » est sans doute la principale transformation sur un siècle. Les 50 % les plus pauvres de la population n’ont jamais possédé de patrimoine et ne possèdent presque rien aujourd’hui. Les 10 % les plus riches qui, il y a un siècle, possédaient tout, soit 90 % ou plus du patrimoine, en possèdent aujourd’hui seulement 60 % en Europe et 70 % au Etats Unis. Cela reste un niveau très élevé.

La différence est que vous avez aujourd’hui 40 % de la population qui, il y a un siècle, étaient aussi pauvres en patrimoine que les pauvres, a vu sa situation se transformer durant le siècle : ce groupe central a possédé dans les années 1970 jusqu’à plus de 30 % du patrimoine total. Mais cela a tendance à se réduire et on est plus près aujourd’hui de 25 %. Alors que les 10 % les plus riches continuent à voir leur richesse s’accroître.

Le fait que ce bloc central voit sa situation se contracter explique-t-il que les tensions sociales se durcissent ?

Oui. Il peut se produire une remise en cause générale de notre pacte social, si beaucoup de membres de la classe moyenne patrimoniale ont l’impression de perdre, alors que les plus riches parviennent à s’extraire des mécanismes de solidarité. Le risque est que des groupes de plus en plus larges finissent par se tourner vers des solutions plus égoïstes, de repli national, à défaut de pouvoir faire payer les plus riches. Une des évolutions les plus inquiétantes est ce besoin qu’ont les sociétés modernes à donner du sens aux inégalités d’une façon insensée en essayant de…

… de légitimer

… de justifier l’héritage ou la captation de rentes, ou le pouvoir, tout simplement. Quand les dirigeants d’entreprise se servent dix millions d’euros par an, ils le justifient au nom de leur productivité. Les gagnants expliquent aux perdants que tout cela est dans l’intérêt général. Sauf qu’on a bien du mal à trouver la moindre preuve que cela sert à quelque chose de payer les chefs d’entreprise dix millions d’euros plutôt qu’un million.

Aujourd’hui, le discours de stigmatisation des perdants du système est beaucoup plus violent qu’il y a un siècle. Au moins, avant, personne n’avait le mauvais goût d’expliquer que les domestiques ou les pauvres étaient pauvres du fait de leur manque de mérite ou de vertu. Ils étaient pauvres parce que c’était comme cela.

C’était l’ordre social.

Un l’ordre social qu’on justifiait par le besoin d’avoir une classe qui puisse se consacrer à autre chose que la survie, et se livrer des activités artistiques ou militaires ou autres. Je ne dis pas que cette justification était bonne, mais elle mettait moins de pression psychologique sur les perdants.

Ces perdants, cette classe moyenne centrale peut-elle glisser vers un repliement vers soi selon des logiques d’extrême droite ?

C’est certain. C’est le risque principal et on peut craindre en Europe le retour à des égoïsmes nationaux. Quand on n’arrive pas à résoudre les problèmes sociaux de façon apaisée, il est tentant de trouver des coupables ailleurs : les travailleurs immigrés des autres pays, les Grecs paresseux, etc.

Un aspect important de votre travail concerne la ‘croissance’ de l’économie. Il rappelle que des taux de croissance élevés de l’ordre de 5 % par an sont historiquement exceptionnels.

Il faut s’habituer à une croissance structurellement lente. Même se maintenir à 1 ou 2 % par an suppose d’inventer des sources d’énergie qui, pour l’instant, n’existent pas.

Sans énergie abondante, n’y a-t-il pas de possibilité de croissance à 1 ou 2 % ?

Il y aura un moment où cela ne va plus coller. Depuis la révolution industrielle, de 1700 jusqu’en 2015, la croissance mondiale a été de 1,6 % par an, dont la moitié pour la croissance de la population (0,8 %) et la moitié (0,8 %) pour le PIB (produit intérieur brut) par habitant. Cela peut paraître ridiculement faible pour ceux qui s’imaginent qu’on ne peut pas être heureux sans un retour aux Trente glorieuses de 5 % par an. Mais 1,6 % de croissance par an pendant ces trois siècles a permis de multiplier par dix la population et le niveau de vie moyen, parce que, quand cela se cumule, c’est en fait une immense croissance. Et la population mondiale est passée de 600 millions en 1700 à 7 milliards aujourd’hui.

Pourrions-nous être plus de 70 milliards dans trois siècles ? Il n’est pas sûr que ce soit souhaitable ni possible. Quant au niveau de vie, une multiplication par dix est une abstraction.

La révolution industrielle au XIXe siècle a fait passer le taux de croissance qui était très proche de 0 % dans les sociétés agraires pré-industrielles à 1 ou 2 % par an. Cela est extrêmement rapide. Et c’est uniquement dans les phases de reconstruction après des guerres ou de rattrapage accéléré d’un pays sur d’autres que l’on a 5 % par an ou davantage.

Les responsables politiques, la plupart de vos collègues économistes, les journalistes économiques, tous espèrent encore une croissance de 2 ou 3 % par an, certains rêvent même des 6 ou 7 % de la Chine.

Le discours consistant à dire que sans retour à 4 ou 5 % par an de croissance, il n’y a pas de bonheur possible est absurde, au regard de l’histoire de la croissance.

Pourtant, vous avez employé le terme de « croissance forte » dans un article signé avec des économistes allemands et anglais.

Pour moi, 1 ou 2 %, c’est une croissance forte ! Sur une génération, c’est une très, très forte croissance !

Sur trente ans, une croissance d’1 %ou de 1,5 % par an signifie une augmentation d’un tiers ou de la moitié de l’activité économique à chaque génération. C’est un rythme de renouvellement de la société extrêmement rapide. Pour que chacun trouve sa place dans une société qui se renouvelle à ce rythme, il faut un appareil d’éducation, de qualification, d’accès au marché du travail extrêmement élaboré. Cela n’a rien à voir avec une société pré-industrielle où, d’une génération sur l’autre, la société se reproduit de façon pratiquement identique.

Mais à l’inverse, l’idée qu’aucune croissance n’est possible me semble également dangereuse. C’est un processus qui, reproduit sur plusieurs générations, est assez effrayant, il n’y a plus d’humanité.

Cette possibilité de croissance démographique ramenée à zéro ou à des niveaux négatifs redonne de l’importance au patrimoine accumulé. Cela nous remet dans une société des héritiers que la France a connu avec acuité au XIXe siècle du fait de la stagnation de la population.

Cela a-t-il un sens de continuer à parler de croissance du PIB quand l’activité économique a un énorme impact sur l’environnement ?

Mieux comptabiliser le capital naturel est un enjeu central. La dégradation du capital naturel est un risque autrement plus sérieux que tout le reste. Cela est la véritable dette. La ‘dette publique’ dont on nous rabâche les oreilles est une blague ! C’est un pur jeu d’écriture : une partie de la population paye des impôts pour rembourser les intérêts à une autre partie de la population. Mais on n’est pas endetté vis-à-vis de la planète Mars !

Des dettes publiques, dans le passé, on en a déjà eu : 200 % du PIB en 1945 et l’inflation les a balayées. C’est d’ailleurs cela qui a permis à la France et à l’Allemagne d’investir durant les années 50-60, de financer les infrastructures et le système éducatif. Si on avait dû rembourser cette dette avec des excédents primaires - comme on demande aujourd’hui à la Grèce de le faire - on y serait encore.

Donc, la dette publique est un faux problème parce que les patrimoines financiers, immobiliers et marchands possédés par les ménages ont progressé beaucoup plus fortement que n’a progressé la dette publique. Cette augmentation des produits marchands est beaucoup plus importante que la dette publique qu’on pourrait rayer d’un trait de plume.

En revanche, si on augmente de 2°C la température de la planète d’ici cinquante ans, ce n’est plus un jeu d’écriture ! Et on n’a rien sous la main permettant de régler le problème de ce coût imposé au capital naturel.

Un PIB qui n’intègre pas le capital naturel a-t-il un sens ?

Le PIB n’a jamais de sens. J’utilise toujours le concept de Revenu national : pour passer du produit intérieur brut au revenu national, il faut retirer la dépréciation subie par le capital. Si une catastrophe a détruit votre pays, et que tout le pays est occupé à réparer ce qui a été détruit, vous pouvez vous retrouver avec un PIB extraordinairement élevé alors que le revenu national sera très faible.

Il faut prendre en compte ce qu’on a détruit, comptabiliser le capital naturel. Rendre compte de ce qu’on crée sans déduire ce qu’on a détruit est stupide.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de travail en comptabilité nationale pour élaborer cette comptabilité du capital naturel ?

On essaye d’étendre la World capital data base au carbone, avec les gens de l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales), notamment. Mais vous avez raison, pour l’instant ce n’est pas étudié. Nos catégories d’analyse restent profondément marquées par les Trente glorieuses et par l’idéal de croissance infinie.

Le capital est très puissant, il détient beaucoup de pouvoir politique, il possède les medias. N’est-on pas dans une situation bloquée ?

Les évolutions passées laissent penser que les choses peuvent changer plus vite qu’on ne l’imagine. L’histoire des inégalités, des revenus, du patrimoine, de l’impôt, est pleine de surprises. Ce qui sortira de tout cela est parfaitement ouvert et il y a toujours plusieurs avenirs possibles. Après, il y a différentes façons de s’en sortir, plus ou moins rapides, plus ou moins justes, plus ou moins coûteuses.

- Propos recueillis par Hervé Kempf


http://www.reporterre.net/La-dette-publique-est-une-blague

4098
Torture : un projet de loi pour donner priorité à la justice marocaine

Lundi 1er juin, France 3 revient sur les plaintes pour torture contre le Maroc qui empoisonnent les relations entre Paris et Rabat depuis maintenant un an et demi

video : http://api.dmcloud.net/player/pubpage/4e7343f894a6f677b10006b4/556ce30906361d04b41c1b23/b63383ac3fa74eabb3f0db3771e815e2?wmode=transparent&autoplay=1

Depuis un an et demi, des plaintes pour torture empoisonnent les relations entre le Maroc et la France. Ces plaintes sont portées par des citoyens français contre le responsable du service de sécurité marocain. Le Maroc refuse qu'elles soient jugées en France. Le gouvernement français présentera mardi 2 juin un projet de loi donnant priorité à la justice marocaine pour juger ces affaires.

173 cas de torture en quatre ans

En avril dernier, Manuel Valls s'est rendu à Rabat et a accepté un nouvel accord. Les tribunaux marocains auraient priorité pour juger les faits commis dans leur pays, même quand la victime est française. Ce projet de loi scandalise les juristes d'Amnesty, notamment car des chercheurs d'Amnesty viennent de documenter 173 cas de torture au Maroc et au Sahara occidental en quatre ans.

http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/torture-un-projet-de-loi-pour-donner-priorite-a-la-justice-marocaine_932303.html

4099
La lutte contre les pratiques fiscales abusives des multinationales cherche à s’intensifier


Alors que les pratiques des multinationales pour échapper à l’impôt sont de plus en plus contestées, la Commission indépendante pour la réforme de l’impôt international sur les sociétés (Independent Commission for the Reform of International Corporate Taxation, Icrict) a appelé, mardi 2 juin, à une vaste refonte du système de taxation des entreprises.

Dans une déclaration solennelle, cette instance, lancée en mars et composée de dirigeants internationaux, d’universitaires et de membres de la société civile, estime que les dispositifs fiscaux actuels sont « obsolètes et inefficaces dans la prévention des abus des sociétés multinationales ». Elle demande « instamment à tous les dirigeants du monde de faire preuve d’audace » pour réformer le système et les met en garde contre l’« escalade du mécontentement de l’opinion » face aux scandales qui se multiplient.

L’optimisation fiscale dans le collimateur

Dans le viseur, l’optimisation fiscale pratiquée par les grandes entreprises, notamment révélée par le scandale LuxLeaks. Grâce à des montages juridiques astucieux, qui permettent de loger les profits dans des filiales basées dans des pays où les taux d’imposition sont les plus faibles, ces sociétés occasionnent des manques à gagner pour les Etats, qui se chiffrent en dizaines de milliards.

Lire : LuxLeaks : L’évasion fiscale, un sport national pour les géants américains

Face à la pression des gouvernements et de l’opinion publique, certains groupes ont pris de timides initiatives. Amazon a ainsi promis le 27 mai de déclarer ses revenus dans chaque pays européen et non plus de regrouper sa base fiscale au Luxembourg, comme c’était le cas jusqu’à présent. Le groupe américain ne fait que se mettre en conformité avec une directive européenne sur le point d’entrer en vigueur, qui n’empêche pas des stratégies d’optimisation.

« Ce débat est une question d’équité : équité entre les bons et les mauvais contribuables, équité entre les riches et ceux qui vivent dans la pauvreté, équité également entre les pays, y compris entre les pays développés et les pays en développement », affirme le président de la Commission, Antonio Ocampo, ex-sous-secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) et ancien ministre de l’économie de la Colombie. Il déplore notamment que la question des réformes de la fiscalité des multinationales ne soit pas considérée comme un sujet relevant de l’intérêt public, mais seulement, comme c’est le cas aujourd’hui, d’un simple problème d’attractivité économique.

Absence d’une véritable gouvernance mondiale

L’Icrict estime ainsi que ces pratiques abusives alourdissent le fardeau fiscal des autres catégories de contribuables, « viole les obligations citoyennes des entreprises, prive les pays de ressources essentielles pour lutter contre la pauvreté et financer les services publics, exacerbe les inégalités de revenu ».

La Commission reconnaît que les efforts réalisés ces dernières années dans le cadre du G20 et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), notamment dans le cadre du programme Base Erosion and Profit Shifting (BEPS, « Erosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices »), lancé en septembre 2014, vont dans la bonne direction, mais sont « inadéquats » en l’absence d’une véritable gouvernance mondiale pour faire appliquer ce type de décision.

C’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’Icrict de pousser à l’émergence d’un « organe fiscal intergouvernemental au sein des Nations unies », qui s’accompagnerait de la rédaction d’une « convention pour lutter contre les pratiques fiscales abusives ». « Ce projet sera abordé à Addis-Abeba en juillet dans le cadre de la réunion de l’ONU sur le financement de l’aide au développement », assure l’ex-juge et députée européenne écologiste, Eva Joly, membre de l’Icrict.

« Criminaliser ces pratiques fiscales »

Parmi les recommandations de cette commission : la demande aux Etats de taxer les multinationales sur une base consolidée et non plus filiale par filiale ; ce qui facilite l’optimisation. « Les multinationales opèrent comme des sociétés uniques, elles devraient donc être taxées en tant que telles », estime le Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, également membre de l’Icrict.

Cette commission appelle également à mettre un frein au dumping fiscal auquel se livrent les Etats entre eux. L’idée serait par exemple de s’accorder sur un taux minimal d’imposition des entreprises. Elle estime par ailleurs que les gouvernements devraient sanctionner pénalement les pratiques fiscales abusives. « Beaucoup de montages sont illégaux de fait, mais ne sont pas testés devant les tribunaux faute de moyens », déplore Mme Joly, qui n’exclut pas que la Commission se saisisse des abus les plus flagrants pour les attaquer en justice. « Je suis persuadée que dans les dix années qui viennent, nous parviendrons à criminaliser ces pratiques fiscales sur le modèle de ce qui a été mené dans le domaine de la corruption », annonce-t-elle.

Pour l’ex-juge, ce texte est une « boussole », chargée d’indiquer la direction à suivre. « Le chemin sera semé d’embûches », prévient Mme Joly, tout en soulignant qu’au regard « de la colère légitime des opinions publiques sur le sujet », il existe un véritable « boulevard politique » pour prendre les mesures adéquates. Reste à savoir si les décideurs sont prêts à surmonter les égoïsmes nationaux, qui jusqu’à présent ont constitué un terrain de jeu idéal pour des entreprises de plus en plus mondialisées.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2015/06/02/la-lutte-contre-les-pratiques-fiscales-abusives-des-multinationales-cherche-a-s-intensifier_4645251_1656941.html#IuWbfCUTAZOy5gPa.99


4100
Internet : l’idée d’une taxation de la bande passante refait surface


Dans l’offensive qui oppose les gouvernements aux géants de l’internet, la France n’entend pas mettre les pouces trop facilement. Selon nos informations, Bercy a sollicité du gendarme des télécoms, l’Arcep, un avis technique sur la possibilité de mesurer le trafic sur la bande passante. « L’Arcep a entamé des auditions des acteurs du web et rendra son avis en juillet » a confirmé au Monde une source proche du dossier.

A Bercy, on indique que, par cette « saisine très technique », il s’agit de savoir ce que l’Arcep est « capable d'obtenir comme informations sur les flux qui transitent sur les réseaux français » : volumétrie selon les fournisseurs, types de données transmises (vidéos, musique), répartitions de ces données entre fournisseurs, etc... Voilà les informations qui pourraient intéresser Bercy. « Le tout sans contrevenir aux principes tels que la neutralité du net ou le secret des correspondances », précise-t-on évidemment au ministère.

« Serpent de mer »

Pour de nombreux observateurs, cette initiative prouve que la France n’a pas renoncé à instaurer une taxe sur la consommation de bande passante, idée défendue ardemment par la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Le scénario étudié à Bercy est celui qui permettrait de soumettre les entreprises ayant une très grosse consommation de bande passante, notamment celles offrant des vidéos ou des services de cloud, à une taxe assise sur le volume transmis de données. Seraient concernées les entreprises telles que YouTube, Netflix, Dailymotion et les sites des chaînes de télévision qui proposent du replay et de la vidéo à la demande (VOD).

Lire aussi : La taxe Internet qui oppose Paris et Bruxelles

Selon le ministère de l’économie, la finalité de cette étude technique ne serait pas de faire renaître le « serpent de mer » de la taxe sur la bande passante. Dans le cas où l’Arcep indiquerait au terme de son travail qu’une mesure sérieuse des flux n’est pas possible, l’idée de la taxation tomberait d’elle-même. Et dans le cas où techniquement et juridiquement ces informations pourraient être collectées, Bercy estime que « ces éléments d’expertise » devraient être versés au débat. Lequel devrait, selon le ministère, se dérouler au niveau européen.

Plan d’action de la Commission européenne

Une analyse qui devrait satisfaire Bruxelles. La Commission européenne va lancer prochainement un plan d’action sur la fiscalité d’entreprises dans l’idée d’établir une fiscalité plus juste afin de rétablir des conditions équitables de concurrence entre les PME et les multinationales aux politiques fiscales agressives, surtout dans le numérique. Selon Bruxelles, cette initiative « devrait avoir pour effet de décourager les initiatives législatives unilatérales dans le domaine de la fiscalité du numérique », a écrit récemment la chef de cabinet de Günther Oettinger, commissaire européen à l’économie et à la société numérique dans un courrier adressé à l’ASIC, l’Association des services Internet communautaires, qui rassemble de grandes plateformes comme Google ou DailyMotion.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/01/internet-l-idee-d-une-taxation-de-la-bande-passante-refait-surface_4645065_3234.html#TOqGuAoPSjmsr7Hu.99

4101
Attention, boire du lait n’est pas une bonne idée pour les adultes

Après le professeur Michaelsson, c'est au tour de plusieurs nutritionnistes américains de tirer la sonnette d'alarme sur le lait: à trop en consommer, il serait dangereux pour notre santé. Alors qu'il est difficile d'imaginer un meilleur petit-déjeuner pour ses enfants qu'un bol de céréales plongées dans du lait, et que le café latte est devenu presqu'aussi courant que l'espresso, faut il prendre au sérieux ces études qui mettent le lait au ban de l'alimentation?


Les campagnes publicitaires ne manquent pas de nous rappeler qu'il faut boire du lait, mais de plus en plus de voix soulignent que le lait n'est pas bon pour les adultes. Pour quelles raisons les adultes devraient éviter de boire du lait ?

Raphaël Perez : Dès l'âge de 6-7 ans, l'enzyme qui permet de digérer le lait disparaît de notre organisme, et à l'âge adulte une très grande majorité de la population ne supporte plus le lait. Dès lors, la consommation de lait devient problématique, et il faut l'éviter autant que possible. Des effets de ballonnement se font ressentir, et peuvent aller jusqu'aux diarrhées, et les impacts inhérents aux aliments mal digérés apparaissent également: problèmes ORL, cutanés.  Le lait en provenance d'élevages industriels est particulièrement mauvais pour la santé, du fait de la mauvaise alimentation des animaux.





Bien que le lait de vache soit le plus dur à digérer, une consommation excessive de lait de brebis ou de chèvre provoque également des effets négatifs.


Un des arguments évoqués pour limiter la consommation de lait chez l'adulte réside dans le fait qu'il est riche en calories et graisses saturées. Dans quelle mesure cela est-il vrai ?

Raphaël Perez : C'est tout à fait vrai. Le lait entier surtout, et le lait demi-écrèmé dans une moindre mesure, sont riches en graisses saturées car contiennent en majorité des acides gras saturés d'origine animale. Le lait d'origine industriel contient des taux particulièrement élevés et il faut donc, si vous consommez du lait, réellement privilégier le lait biologique ou d'élevages traditionnels. Le lait consommé quotidiennement est excessif, et à raison de deux à trois fois par jour, il est vraiment considéré comme problématique. Si le lait est consommé systématiquement, il faut alors diminuer la consommation de viande et de céréales pour éviter les effets cumulatifs.


Une étude suédoise a souligné que les femmes consommant plus de trois verres de lait par jour sont plus susceptibles d'être victimes de fractures. Dans quelle mesure le lien entre consommation de lait et fractures existe-t-il ?

Raphaël Perez : Avec l'augmentation de la prise de lait, et donc du processus de digestion, on remarque une déminéralisation de l'organisme. Cela est du à la présence en quantité importante de phosphore. De plus, dès lors que la consommation de lait, mais aussi de céréales ou de viande rouge, devient excessive, la structure osseuse devient plus friable et donc plus sujette aux fractures. A partir de 50-60 ans, le cas de fractures issues d'une consommation excessive de lait se multiplient. On considère comme excessive une consommation de plus de trois produits laitiers par jour, ou encore une prise de viande rouge deux fois par jour.

 

Est-il judicieux d'arrêter totalement de boire du lait ? Pour les consommateurs, un arrêt total peut-il entraîner une carence et des problèmes de santé ?


Raphaël Perez : Rien n'indique l'apparition de carences après l'arrêt du lait chez les adultes. Mais bien sûr, il y a des nutriments que l'on trouve dans le lait qui sont essentiels : le calcium bien sûr, mais aussi le phosphore (lorsqu'il n'est pas pris en excès) ou encore des protéines de bonne qualité. Or, on retrouve tous ces nutriments dans d'autres produits, notamment les produits laitiers, débarassés des effets néfastes du lait. On voit de plus en plus apparaître dans la carte des cafés l'apparition de café au lait ou de thé au lait : en plus d'apporter les inconvénients, le thé et le café ont la particularité de neutraliser le calcium, de le piéger et donc ils n'apportent rien de positif à l'alimentation.


Le lait est, dit-on, riche en calcium, et c'est la principale raison utilisée pour inciter le public à boire du lait. Quels types d'aliments riches en calcium peuvent remplacer, ou diminuer pour ceux qui ne peuvent s'en passer, la consommation de lait chez un adulte ? (amandes, orange, haricots, etc.)

Raphaël Perez : Les nutriments essentiels au lait sont les protéines d'une part, que l'on trouve dans les oeufs, la viande, le poisson, les amandes, et d'autre part le calcium que l'on trouve aussi dans les amandes et certains légumes.

Il est donc tout à fait possible de remplacer son petit-déjeuner de céréales au lait par un sandwich au jambon avec un oeuf, qui sera très complet et qui a l'avantage de ne pas provoquer de problèmes intestinaux !


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4102
Un groupe de super hackers en lien avec la NSA finalement démasqué après 14 années fastes passées dans l'impunité

Le laboratoire Kaspersky estime que l'Equation Group est certainement l'organisation d'attaques informatiques la plus élaborée au monde.


Equation Group développe des programmes espions très efficaces qui ont ciblé depuis près de 15 ans des diplomates, des responsables militaires, des organes médiatiques, des groupes industriels, des groupes de télécommunication... Le groupe est parvenu à piller les données présentes sur les ordinateurs de plusieurs gouvernements.

Parmi les douze logiciels d'espionnage mis au point par l'Equation Group, un système particulièrement efficace permet d'installer sur des disques durs un mouchard invisible, même pour les technologies militaires, et surtout impossible à supprimer.

A l'issue d'une conférence qui s'était tenue à Houston (Etats-Unis) en 2009, plusieurs chercheurs et spécialistes ont reçu par mail un document contenant des images et d'autres informations relatives à cette réunion, mais pas seulement… Les scientifiques concernés ignoraient qu'en plus de ces documents, le message qui leur était adressé contenait un programme espion.



Cette tentative d'attaque informatique était vraisemblablement le fait des hackers de l'Equation Group, identifié comme tel par le laboratoire moscovite Kaspersky.


En 2002, les membres de l'Equation Group avaient tenté une opération similaire sur le contenu d'un CD d'installation de base de données de la société Oracle afin d'atteindre différentes cibles par le biais d'un virus. Au total, les chercheurs du laboratoire Kaspersky ont recensé 500 attaques émanant de l'Equation Group, dans au moins 42 pays, dont l'Iran, la Russie, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Inde, la Syrie et le Mali en tête de la liste des pays visés.

>>> à lire aussi : NSA, et maintenant le piratage des cartes SIM : de révélations en révélations, que risquons-nous de finir par apprendre sur l’ampleur de l’espionnage d’Etat dont nous sommes tous l’objet ?

Prenant en considération le fait que ce programme espion comporte un mécanisme d'autodestruction, les chercheurs de Kaspersky supposent que ces pays ne représentent qu'un infime pourcentage des cibles visées. Au total, les victimes se chiffreraient en dizaines de milliers. Kaspersky estime que l'Equation Group est certainement l'organisation d'attaques informatiques la plus élaborée au monde, grâce à des compétences qui feraient rougir n'importe lequel de ses concurrents, tels que Stuxnet et Flame.

D'après le New York Times, Stuxnet est une opération menée conjointement par la NSA et Israël, alors que Flame serait le fruit d'une association entre la NSA, la CIA, et l'armée israélienne, estime le Washington Post.

>>>> à lire aussi : Révélations sur nos disques durs mouchards de la NSA : comment s’assurer que votre ordinateur n'est pas contaminé

"L'Equation Group partage des informations avec Stuxnet et Flame, mais applique un principe d'exclusivité dont profitent seulement ses membres. Les membres d'Equation Group sont incontestablement les maîtres du jeu, ils décident de donner ou non à leurs rivaux quelques miettes à exploiter" estime Costin Raiu, directeur de recherche au laboratoire Kaspersky.

D'après plusieurs spécialistes, les actions de l'Equation Group résulteraient d'une construction directe de la NSA. Lors d'une réunion au mois de février, le laboratoire Kaspersky a publié un long rapport qui expose les grandes lignes de cette théorie, tout en apportant des preuves de l'implication massive de la NSA dans les agissements de l'Equation Group. Pour les chercheurs, la création d'un mécanisme si compliqué ne peut avoir été menée à bien sans le concours de l'agence nationale de sécurité américaine.

"Ces personnes ont accompli quelque chose d'incroyablement compliqué, et ils ne l'ont pas seulement fait pour une seule marque de disque dur. Il s'agit d'un processus très dangereux car une fois qu'un disque dur est infecté, il sera impossible pour qui que ce soit, et particulièrement pour les fournisseurs d'antivirus, de faire quelque chose, c'est tout simplement impossible" estime Costin Raiu.

"Il serait très simple de remonter ces attaques pour parvenir à en identifier les organisateurs, et à un certain niveau, cela pourrait engendrer de sérieux incidents diplomatiques" conclut-il

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/groupe-super-hackers-en-lien-avec-nsa-finalement-demasque-apres-14-annees-fastes-passes-dans-impunite-2018068.html#r5Odf5KzvHT3O2iF.99




4103
Face à la progression de l’Etat islamique, quelle stratégie pour la coalition ?

Le premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi, est arrivé, mardi 2 juin, à Paris, déterminé à relancer la dynamique contre l’expansion de l’Etat islamique (EI). Au groupe restreint des 22 membres de la coalition internationale contre l’EI présents dans la capitale française pour leur troisième réunion depuis septembre 2014, M. Abadi a soumis un plan de reconquête de la province sunnite de l’Anbar et de son chef-lieu Ramadi, dont la chute aux mains de l’EI le 17 mai, suivie de celle de Palmyre, en Syrie, le 20 mai, a créé une onde de choc au sein de la coalition, après une série de victoires sur le groupe djihadiste. Rejetant les critiques exprimées publiquement par Washington d’un « manque de volonté à combattre » de ses forcesou par Paris sur le manque d’inclusion politique des composantes de la société irakienne, M. Abadi espère obtenir un soutien accru des membres de la coalition à son pays.

La mobilisation des tribus sunnites

La stratégie de reconquête de M. Abadi donne la priorité à la mobilisation des tribus sunnites locales et au déploiement d’unités de police dotées d’un nouveau commandement. Elle sous-tend l’entraînement et l’équipement d’importantes troupes par les membres de la coalition. Bagdad assure vouloir imposer son contrôle sur les milices chiites qui assument l’essentiel des combats dans la contre-offensive lancée le 26 mai sur Ramadi. Ces milices, réunies sous le sigle gouvernemental des unités de la mobilisation populaire (MP), cultivent leur indépendance voire, pour certaines, une inféodation à l’Iran, qui leur fournit armes et ­conseillers.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/06/02/la-coalition-anti-ei-se-reunit-a-paris-la-reconquete-de-ramadi-au-c-ur-des-discussions_4645257_3218.html

4105
Néanmoins, si nous acceptons un tel accord, nous devrions considérer qu’il sera, de manière inévitable, lié à des développements politiques. L’affaiblissement des relations de Syriza avec la base ouvrière et populaire qu’il représente – encore plus s’il est combiné avec un scénario comportant des «purges» et une rupture dans Syriza que les médias, sans vergogne, prônent – rapprochera la nécessité d’un «élargissement» du gouvernement en direction du «camp néolibéral» (To Potami, la Rivière?). Et cela sera la première étape vers un gouvernement d’unité nationale que les «institutions» veulent tellement comme une réponse au vote des masses laborieuses lors du 25 janvier 2015.

Le lendemain du Comité central de Syriza (23 au 24 mai 2015), les déclarations en la matière de Dora Bakoyanni [ex-maire d’Athènes, membre de la Nouvelle Démocratie, fille de l’ancien Premier ministre Constantinos Mitsotakis], ce gourou néolibéral de centre droit, ne laissent pas place au doute sur cette question.

Le scénario du «crochet» (coup) porté à la gauche prend aujourd’hui deux formes: 1° «Syriza-Allende»: dans ce cas de figure, le gouvernement de la gauche doit être renversé au plus vite, sous l’effet de chantages et d’un coup plus ou moins de «velours»; 2° «SYRIZA-Prodi», dans ce cas de figure, la perspective réside dans le déplacement du gouvernement vers une politique sociale-libérale, en acceptant un nouveau mémorandum, ce qui le conduit à son renversement, mais au travers d’une crise qui dissout le parti «combatif» et «social» Syriza.

Nous devons sortir de ce cercle vicieux de toute urgence. Les coordonnées pour une telle sortie sont connues de nous tous: rejet du protocole d’accord; non-paiement des intérêts de la dette en faveur des requins internationaux et locaux comme une première étape pour une orientation de défaut sur l’essentiel de la dette; lourde imposition du capital et de la richesse accumulée; nationalisation des banques; l’abolition des «libertés» de circulation des capitaux qui cherchent à échapper à ces mesures.

Il faut rassembler toutes les ressources et les compétences pour couvrir les besoins des masses laborieuses et populaires, pour sauver les hôpitaux publics et les écoles. Ces choix doivent être appliqués avec toutes les ressources gouvernementales, diplomatiques, monétaires, y compris avec la possibilité d’un conflit-rupture avec la zone euro.

Un tel changement en direction d’une sortie des négociations et orientation ouvrant la voie à une rupture stratégique doit certainement s’étayer sur un mandat populaire, ce qui signifie des élections. Non pas pour échapper aux dilemmes auxquels fait face le pouvoir gouvernemental, mais pour demander aux citoyens et citoyennes le pouvoir, l’autorité et un clair mandat pour concrétiser ces choix qui prennent appui sur une base politique radicale de la gauche. (Traduction Antonis Martalis; édition Réd. A l’Encontre, cet article a été publié dans le quinzomadaire de DEA, en date du 27 mai. Antonis Ntavanellos est membre du secrétariat exécutif de Syriza. Cette contribution reprend, sous forme d’éditorial, les thèmes présentés dans son intervention lors du Comité central de Syriza des 23 et 24 mai 2015)

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[1] Les samedi et dimanche 23-24 mai se réunissait le Comité central de Syriza dans un contexte où les «accords avec les institutions» (soit la BCE, l’UE et le FMI) font l’objet en permanence d’annonces (et rumeurs) par différents médias. Encore ce samedi 30 mai 2015, se sont réunis ceux qui, du côté du gouvernement Tsipras, doivent préparer un projet d’accord qui sera examiné et accepté ou refusé par les institutions qui tiennent le couteau par le manche. Dans ce comité convoqué par Tsipras se trouvaient Yanis Varoufakis, Yannis Dragasakis, Euclid Tsakalotos, Giorgos Stathakis, Spyros Sagias, Tasos Koronakis et Christos Mantas. Pas d’information, mais des «fuites». La césure entre ces réunions fermées dans le cadre gouvernemental et les instances de Syriza est forte. D’où la multiplication des «bruits», des hypothèses et des scénarios, certes aussi nourris par les choix peu explicites des «institutions» aussi bien sur le contenu d’un accord que sur les échéances qui pourraient s’étendre, selon certains, jusqu’en septembre.

Par contre, le déroulement du Comité central a été assez lisible. Sur les 171 délégué·e·s présents venus de toute la Grèce – sur un total de 220 – le texte général de la direction de Syriza, présenté par Tsipras, a recueilli 55,55% des votes. Celui de la «plateforme de gauche» – réunissant le Rednetwork et le Courant de gauche – 43,85%. En termes de membres: 95 pour la direction Tsipras et 75 pour la «plate-forme de gauche». Dans son introduction Tsipras n’a pas exposé avec précision les propositions de «réformes», les possibles «avancées» sur des points donnés lors des négociations. L’orientation générale peut se résumer ainsi: il faut accepter un compromis, mais quatre préconditions doivent être respectées. Ce sont les suivantes: le solde primaire budgétaire (avant paiement des intérêts de la dette) ne doit pas dépasser 1,5% du PIB (par la suite, peut-être 2%); pas de nouvelles réductions des retraites et des salaires du secteur public; une restructuration de la dette (ce qui est discuté par les «institutions»); disposer de financements pour des investissements publics d’infrastructure et dans les «nouvelles technologies». Selon Tsipras, si un accord était obtenu, une deuxième vague de négociations serait envisagée.

Le texte de la «plateforme de gauche» – portant 9 signatures: 3 du Rednetwork (dont DEA est le pivot), 3 du Courant de gauche et 3 de KOE (Organisation communiste de Grèce, d’origine maoïste) – mettait l’accent sur: 1° la nationalisation immédiate des banques pour assurer un développement productif et social; 2° la suppression de toutes les protections contre la corruption; 3° l’élimination des privilèges protégeant les importants groupes économiques; 4° l’imposition des grandes propriétés, des fortunes et des très hauts revenus ainsi que des firmes très rentables; 5° le rétablissement des droits des salarié·e·s (conventions collectives, etc.).

A cela s’ajoutait: la nécessité d’une contre-offensive du gouvernement face à la campagne des médias distillant l’idée qu’une interruption du paiement de la dette déboucherait sur une catastrophe; l’impératif pour le gouvernement dans cette période de livrer et expliquer à la population l’état concret de la situation pour battre en brèche l’idée que la droite et les «institutions» veulent imposer: il n’existe qu’une seule voie. Et dans la foulée, le besoin pour Syriza et le gouvernement de stimuler une mobilisation afin qu’un combat pour une alternative mette fin à la politique du fait accompli par les créanciers.

Un texte distribué par le Rednetwork le 22 mai – pas soumis au vote du Comité Central suite à la conclusion d’un accord dans le cadre de la «plateforme de gauche» – mettait en relief le déplacement de la direction de Syriza (et du gouvernement). D’un programme qui serait appliqué de manière unilatérale (tel que défini avant les élections en septembre 2014, à Thessalonique) le gouvernement Tsipras est entré dans une stratégie de négociations qui l’a soumis toujours plus à des chantages. Par la suite ont été proclamées des «lignes rouges» à ne pas franchir. Actuellement, le gouvernement a passé, de facto, à une politique de renégociation des mémorandums. En termes d’options, ce texte du Rednetwork, intitulé «La voie de sortie réside dans une politique radicale de gauche», présente, avec plus de détails, les thèmes qui sont développés dans l’article d’Antonis Ntavanellos. (Rédaction A l’Encontre)

4106
Syriza face à l’accord avec les créanciers. La nécessité d’une réponse claire

Par Antonis Ntavanellos

Au cours des derniers jours un tir de barrage d’articles de la presse nationale et internationale s’est effectué en faveur de «purges» dans Syriza. Ils soulignaient que l’expulsion de ses militants radicaux [1] constituait une condition pour le gouvernement Tsipras afin qu’il signe un accord avec les créanciers.

Cette demande (qui soit dit en passant aurait dû déjà recevoir une réponse appropriée de la part du «quartier général» de Syriza) met en garde contre la nature de cet accord, au moins si l’on s’en tient aux prédictions et aux estimations des créanciers.

Mais un avertissement similaire se pose à la fois sur l’état d’avancement des négociations et sur l’information (publique) les concernant.

Les «institutions», après l’accord piège du 20 février 2015, ont placé le gouvernement dans une situation d’asphyxie de liquidités. Dès lors, ayant l’initiative de la première démarche, elles semblent être en mesure de choisir entre imposer un accord-cadre (mémorandum, avec toutes ses conditions) ou déclencher une crise «temporaire» afin de contester ou même renverser la situation politique créée par les élections du 25 janvier 2015.

Le meilleur scénario, semble-t-il, ayant trait à un accord – qui pourrait être accepté par les créanciers – implique le seuil minimal suivant de «concessions» faites par le gouvernement grec: 1° un relativement faible excédent primaire (soit avant le paiement des intérêts de la dette) durant les prochaines années; 2° pas de nouvelles coupes dans les salaires et les pensions.

Un tel accord permettrait de fixer une limite à Syriza dans la gestion de la situation actuelle, autrement dit ne pas exiger formellement une aggravation de l’austérité. Mais la situation présente est celle d’une super-austérité brutale imposée par les mémorandums 1 (2010) et II (2012). Comme Syriza n’est pas un parti «adapté» à l’austérité, il ferait face à des difficultés politiques insurmontables s’il était forcé d’accepter la gestion de l’austérité, même à moyen terme.

En outre, l’accord proposé ne garantit même pas la situation actuelle. Par le biais de chemins détournés, il conduit à sa détérioration, une détérioration qui sera ressentie et comprise par les masses populaires suite à leurs difficiles expériences quotidiennes. Par exemple, leurs salaires peuvent encore ne pas être réduits, mais si les ponctions supplémentaires prévues par la TVA s’élèvent à 800 millions d’euros, il en découlera une réduction du revenu réel disponible principalement dans les ménages de salariés. Le maintien effectif de l’impôt immobilier injuste (ENFIA) – indépendamment de son nom futur – peut bien ne pas être une «nouvelle mesure», mais il va provoquer de nouvelles réductions dans les revenus des salarié·e·s et dans ceux de la classe moyenne. La consolidation financière des fonds d’assurance sociale peut ne pas aboutir à une contraction des retraites (qui ont déjà été réduites), du moins pour les fonds dits «nobles», mais peut conduire à la faillite complète de ce qui reste du système de santé. Et surtout, bien sûr, les privatisations (ports, aéroports, terrains publics, etc.) constituent des «lignes rouges» à ne pas franchir par la gauche et qui ne peuvent être levées sous aucun prétexte.

L’accord dont les créanciers parlent est un «memorandum of understanding» (soit un accord-cadre qui fixe un ensemble de conditions portant sur l’ensemble de la politique gouvernementale). Beaucoup de camarades demandent de poursuivre les négociations. Certes, nous pouvons le faire durant quelques jours de plus. Toutefois, à mon avis, il est temps d’affronter la réalité: affirmer un «Non» clair à cet accord et consacrer nos forces à la construction politique d’une solution alternative.



4107
Egypte: Le Pen loue le combat de Sissi contre le "fondamentalisme"

video  : https://www.facebook.com/video.php?v=1005376092813982&fref=nf

4108
Comment Bercy veut réduire le recours au chèque et au liquide




Les Assises des paiements qui s’ouvrent ce mardi réunissent tous les acteurs du marché.Elles entendent généraliser le recours à la carte bancaire et aux paiements dématérialisés.

Le défi relevé par les Assises des paiements qui se tiennent ce mardi matin est à la hauteur des résultats que révèle une étude de l’Institut CSA pour Bercy. Selon cette enquête menée auprès de 1.004 personnes fin avril, l’argent liquide est plébiscité par 84 % des Français quand il s’agit de régler des montants inférieurs à 10 euros. Pour les sommes de 50 à 100 euros, le chèque est devancé par la carte bancaire (78 % des Français), mais il se maintient en deuxième position (11 %) et près de trois quarts des personnes interrogées sont opposées à sa suppression.

La peur de la fraude

D’autant que les moyens de paiement alternatifs ne leur apparaissent pas satisfaisants. Pour les plus petits montants, seules 29 % des personnes interrogées n’ayant pas de carte sans contact souhaiteraient en disposer. Quant aux solutions qui permettent de régler ses achats avec un mobile, seules 17 % des personnes n’étant pas équipées de telles applications émettent le vœu d’en bénéficier. La raison principale tient à la peur de la fraude : près de 80 % des Français s’estiment davantage exposés (79 % pour le paiement mobile et 76 % pour la carte sans contact).

C’est pour inverser cette tendance que Bercy avait demandé il y a un an à Emmanuel Constans, président du Comité consultatif du secteur financier, de conduire une concertation avec les différents acteurs de l’écosystème des paiements (banques, industriels, consommateurs…). Ceux-ci ont planché sur les paiements à distance, en proximité, la sécurité et le développement d’une filière industrielle française des paiements compétitive. Outre une généralisation des solutions d’authentification renforcée, la principale annonce porte ce mardi sur la baisse sensible des commissions interbancaires de paiement réglées par le commerçant à sa banque à chaque transaction par carte. Selon le rapport Mayet de 2011, la part fixe de cette commission devait représenter 10 centimes maximum pour les montants inférieurs à 15 euros, à laquelle s'ajoute une part variable fixée par les banques selon leur structure de coûts. Idéalement, Bercy souhaite voir à terme ces commissions divisées par deux.

Le ministère des Finances tient là un puissant levier à la généralisation de l’utilisation de la carte bancaire. Selon nos informations, les banques ont été prises de court, le sujet n’étant arrivé sur la table que dans les dernières semaines, sans qu’elles puissent négocier de contreparties.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021104802913-comment-bercy-veut-reduire-le-recours-au-cheque-et-au-liquide-1124256.php?R3d2uA81bDbVWvs3.99#xtor=CS1-31

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021104802913-comment-bercy-veut-reduire-le-recours-au-cheque-et-au-liquide-1124256.php?R3d2uA81bDbVWvs3.99#xtor=CS1-31

4109
Cinq ans de prison pour tout Marocain visitant Israël




Tout Marocain qui visiterait Israël pourrait écoper d’une peine allant de deux à cinq ans de prison, assortie d’une amende allant de 10.000 à 100.000 euros, prévoit le projet de loi criminalisant la normalisation des rapports avec Israël.


Le projet de loi qui suscite une forte polémique au Parlement, divise l’élite politique et les organisations marocaines de défense des droits humains. Les uns estiment que ce "projet de loi anti-constitutionnel est influencé par des tendances nazies".

D’autres soutiennent que ce texte est une violation claire des pactes et traités internationaux des droits de l’Homme, dénonçant un projet de loi "stérile", qui porterait atteinte à l’image d’un Maroc aux identités plurielles".

Le texte proposé à l’origine par l’Observatoire marocain contre la normalisation avec Israël, est soutenu par cinq formations politiques, dont le Parti Justice et Développement (PJD), actuellement au pouvoir.

Le projet de loi condamne toutes les formes de normalisation avec l’Etat hébreux, qu’elles soient économique, politique, artistique, ou culturelle.

http://www.bladi.net/prison-marocain-visite-israel.html

4110
Tanzanie : le nombre d’éléphants divisé par deux en cinq ans



« La population d’éléphants a chuté de 63 % en cinq ans, passant de 109 000 à 43 000 spécimens », a annoncé lundi 1er juin le ministre des ressources naturelles et du tourisme tanzanien Lazaro Nyalundu lors d’une conférence à Arusha. Cette annonce officialise les résultats d’un recensement aérien réalisé en 2014 par l’Institut de recherche tanzanien de la faune en partenariat avec l’Association zoologique de Francfort, une organisation non gouvernementale allemande.

La réserve de Selous est l’une des sept zones du pays où a été effectué le recensement. Située à l’est de la Tanzanie, cette réserve naturelle de 44 000 km2, longtemps considérée comme la zone abritant la plus importante population d’éléphants d’Afrique de l’Est, est sévèrement touchée avec une disparition de 66 % de ses éléphants en cinq ans. Dans les années 1970, la réserve comptait plus de 100 000 spécimens contre seulement 15 000 aujourd’hui.

Embarrassé par cette étude alarmante dont les conclusions avaient été remises dès janvier 2015 aux autorités, le ministère des ressources naturelles et du tourisme avait alors demandé une seconde expertise arguant de chiffres faussés par des migrations animales.

Lire aussi : La moitié des éléphants décimés en cinq ans au Mozambique

En Tanzanie, la disparition progressive des éléphants a un impact économique direct. Les safaris animaliers représentent près de 16 % du produit intérieur brut et attirent chaque année plus d’un million de touristes. Selon l’Association zoologique de Francfort, « la principale cause de ce déclin est due à une dramatique recrudescence du braconnage contre laquelle la Tanzanie peine à lutter par manque de moyens pour surveiller les zones protégées ».

Organisations criminelles et corruption

Longtemps considérée comme un exemple pour le rôle joué dans l’interdiction du commerce international de l’ivoire en 1989, la Tanzanie avait réussi à augmenter et stabiliser ses populations d’éléphants autour de 150 000 spécimens au début des années 2000. Puis une résurgence du commerce illégal de l’ivoire à destination des marchés asiatiques, ­ principalement la Chine, ­ a entraîné à partir du milieu des années 2000 de nouveaux massacres.

Selon une étude publiée en novembre 2014 par l’Agence d’investigation environnementale (EIA) basée à Londres, « la Tanzanie joue aujourd’hui un rôle central dans le commerce illégal de l’ivoire. En 2013, 10 000 éléphants ont été tués, soit l’équivalent de 30 par jour. Cette crise du braconnage est due à un mélange toxique entre apparition d’organisations criminelles chinoises et corruption de certains membres de l’administration tanzanienne ».

Lire aussi : Protéger les éléphants, les cinq recettes du Botswana

Face à ces chiffres et à la disparition programmée des éléphants si le pays ne parvient pas à endiguer le braconnage, Lazaro Nyalundu s’est engagé à mettre en place un certain nombre de mesures. Le 25 mai, après avoir signé un accord de coopération à Maputo avec son homologue mozambicain Celso Correia pour lutter contre les massacres d’éléphants, le ministre des ressources naturelles tanzanien a annoncé une augmentation du nombre de rangers dans les zones affectées.

Lazaro Nyalundu a également déclaré que « la guerre contre le braconnage s’intensifierait » sur le plan judiciaire. En mars 2015, 988 affaires sur des cas de braconnages ont été ouvertes, 424 ont été traduites en justice mais seulement 18 condamnations à des peines de prison ont été prononcées. Alors que les Etats­-Unis et l’Allemagne se sont engagés à apporter un soutien à la Tanzanie, la Chine, souvent pointée du doigt comme principal acheteur d’ivoire, a annoncé elle aussi sa participation avec un apport de « 50 véhicules et autres équipements pour combattre le braconnage ».

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/02/tanzanie-le-nombre-d-elephants-divises-par-trois-en-cinq-ans_4645593_3212.html